André Mbata: « Il n’y a pas eu de ‘Zuma Désir’ en Afrique du Sud… »

Constitutionnaliste, André Mbata Mangu enseigne dans plusieurs universités. Il est également directeur exécutif de l’IDGPA (Institut pour la Démocratie, la Gouvernance, la Paix et le Développement en Afrique). Depuis Johannesburg, il jette un regard critique tant sur la démission du président sud-africain Jacob Zuma – intervenue jeudi 15 février – que sur la situation au Congo-Kinshasa.

Quelle est votre réaction à chaud après la démission de Jacob Zuma?

Il y a d’abord le soulagement. Il y a ensuite la fierté de constater qu’il y a encore en Afrique des gens capables de poser des actes appréciables. Nous nous trouvons ici en Afrique du Sud où le Président de la République a été cité dans plusieurs cas de corruption. Le peuple sud-africain a, à plusieurs reprises, organisé des marches de protestation. Ici, il n’y a pas eu d’interdiction de manifestation. Ici, l’Internet n’a pas été coupé. Ici, on n’interrompt pas le WhatsApp. Ici, on ne tire pas de gaz lacrymogènes et on n’arrête personne. Ici, on n’entre pas dans les églises pour abattre des fidèles. Finalement, ici, les dirigeants comprennent – comme Zuma l’a si bien reconnu dans son allocution – que lorsque votre peuple vous demande de partir, il faut partir. La preuve est faite qu’il y a encore en Afrique des gens qui ont le sens de l’honneur. Hélas, cela est loin d’être le cas en Afrique centrale et dans la sous-région des Grands lacs.

Dans son allocution, Jacob Zuma a déclaré qu’il ne voudrait pas que le sang d’un Sud-Africain soit versé en son nom. Votre commentaire?

C’est une déclaration très importante qui va dans le même sens de ce que je viens de vous dire. On ne peut pas ôter la vie à un être humain pour le pouvoir. Zuma a compris que le pouvoir d’Etat n’a de sens que lorsqu’il est mis au service de la population. Ici, on n’entend guère parler de « Zuma Désir ». Ici, Zuma est parti sans qu’il y ait « inanition de la nation ». Ce vendredi 16 février à 19 heures, le discours sur l’Etat de la nation sera prononcé par le président Cyril Ramaphosa. L’ancien président Zuma pourrait se retrouver parmi l’assistance. La nation sud-africaine va continuer à vivre. Les individus, les hommes passent. Zuma est passé. Il n’y a pas de Président éternel. Voilà une leçon qui nous vient de l’Afrique du Sud. Le Congo-Kinshasa est sorti de la colonisation en 1960. Les Sud-Africains, eux, ont été affranchis du régime d’apartheid plusieurs décennies après. Au Congo-Kinshasa, on a tué des manifestants pacifiques le 31 décembre 2017 et le 21 janvier dernier. Le régime s’apprête à tuer encore le 25 février prochain. Je ne dirai jamais assez qu’il y a une vie après la Présidence. Et qu’il n’y aura jamais « d’inanition de la nation » mais plutôt l’inanition des « tambourinaires » du pouvoir et de tous ces thuriféraires.

Plusieurs affaires judiciaires ont eu raison de Jacob Zuma. On parle notamment de corruption et de racket. Au Congo-Kinshasa, plusieurs scandales (la fortune de « Joseph Kabila », passeport biométrique, Panama Papers, BGFI Bank, enquête de l’agence Bloomberg sur l’affairisme de la « famille Kabila »etc.) ont été révélés sur « Joseph Kabila » et sa fratrie sans que la justice congolaise n’ouvre la moindre information judiciaire. Ne pensez-vous que, demain, la priorité serait de doter le Congo d’un appareil judiciaire efficace et indépendant?

Vous avez parfaitement raison. Il ne peut y avoir de démocratie véritable s’il n’y a pas de justice. En Afrique du Sud, il y a une justice qui fonctionne et tout le monde est égal devant la loi. La preuve? Zuma n’a pas été lavé de toutes ces affaires de corruption qui le poursuivent. Chez nous, il n’y a pas de justice juste et indépendante qui s’applique aussi à ceux qui sont au pouvoir. Au Congo, la Cour constitutionnelle fait du n’importe quoi. Les décisions prises par cette juridiction ne sont même pas respectées. La corruption est érigée en système de gouvernement. On corrompt tout le monde et tout le monde est corruptible. A voir la vénalité des chefs des partis politiques et des membres de la majorité au pouvoir, on se trouve au paradis de la corruption. Personne ne peut gagner un marché public sans verser des dessous de table. C’est pourquoi le chef de l’Etat, les ministres et leurs familles s’enrichissent. Un jour, il y aura une justice dans ce pays-là. Nous devrons y mettre en place une justice indépendante. Je suis sûr que le discours du président Ramaphosa de ce vendredi soir sera centré sur la lutte contre la corruption. Dans notre pays, il n’y a que des scandales. C’est pourquoi, le peuple congolais a raison d’utiliser l’article 64 de la Constitution. Le peuple a non seulement la liberté mais surtout le devoir de s’opposer à tout individu ou groupe d’individus qui tentent de se maintenir au pouvoir par la force. Chez nous, il n’y a pas que la justice qui ne marche pas. On soudoie même les pasteurs. Ceux des pasteurs qui ne prennent pas le chemin de l’exil sont menacés de mort. En Afrique du Sud, il n’y a pas que la justice qui joue le rôle de contre-pouvoir. Il y a aussi la presse. D’ailleurs, j’apprécie beaucoup le travail que Congo Indépendant abat depuis plusieurs années. L’Histoire sera reconnaissante à cet organe de presse. En dehors des journalistes engagés qui font un excellent boulot, que dire de la télévision d’Etat « RTNC » et de Télé 50? Il y a des gens qui ne méritent pas de porter le titre de journaliste. En Afrique du Sud, le journaliste n’applaudit  pas tout et ne peut pas dire n’importe quoi lors des conférences de presse. Ici, la presse est indépendante. Il n’y a pas que la presse qui critique, il y a aussi les intellectuels. Que voit-on chez nous? Vous avez sans doute appris le phénomène des « diplômes politiquement transmissibles ». On n’observe même plus les règles. On se fait proclamer « docteur » et « professeur d’université ». Quelle université? Voilà pourquoi nos universités sont classées dans le peloton de queue en Afrique. Je dois vous dire que depuis jeudi, c’est la fête en Afrique du Sud. La nation sud-africaine n’est pas morte parce que Zuma est parti. La nation congolaise aussi est plus importante que Kabila. Elle survivra après le départ de celui-ci.

Après la chute du Zimbabwéen Robert Mugabe, des Congolais ne cachaient pas une certaine satisfaction. Le départ de Zuma semble susciter le même sentiment. Les Congolais ne se trompent-ils pas de front et d’adversaire?

Moi aussi je me réjouis avec les Sud-Africains. On doit se réjouir partout où la démocratie fait des progrès. Les Africains devraient se réjouir chaque fois qu’il y a un dirigeant corrompu en moins. Nous ne devons pas nous limiter à exprimer notre satisfaction. Nous devons également tirer des leçons. Le peuple sud-africain a lutté contre l’apartheid. Il n’a pas reculé. Les Congolais doivent savoir que la démocratie n’est pas un cadeau. En Afrique du Sud, Zuma a tenté de s’accrocher au pouvoir jusqu’au bout. Il n’a pas pu résister à la pression qui montait. Une seule leçon doit être tirée. A savoir : seule la lutte d’un peuple libère. Il va sans dire que notre joie n’est pas pleine. Il y a encore plusieurs milliers de « médiocres » qui gouvernent en Afrique centrale et dans la sous-région des Grands lacs.

A l’issue de la réunion tripartite qui s’est tenue mercredi 14 février à Kinshasa, « Joseph Kabila », Denis Sassou-NG’uesso du Congo-Brazzaville et Joao Lourenço de l’Angola ont « condamné toute tentative d’accession au pouvoir par la voie inconstitutionnelle ». Qu’en pense le constitutionnaliste que vous êtes?

On devrait en rire! Que savent-ils de la voie constitutionnelle? Après avoir tripatouillé la Constitution, obtenu un référendum forcé et réduit au silence l’opposition, le Président du Congo d’en face peut-il donner des leçons sur la « voie constitutionnelle »? Lorsque vous parcourrez la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance, la situation actuelle au Congo-Kinshasa constitue un changement inconstitutionnel de gouvernement. Le régime qui est en place chez nous est un régime inconstitutionnel. Pourquoi? Tout simplement parce que nul ne peut commander un peuple sans avoir reçu mandat. Kabila est hors mandat depuis le 19 décembre 2016. Le Président de la République et le Parlement sont illégitimes. J’en profite pour féliciter le député national Martin Fayulu Madidi qui a reversé ses émoluments de janvier parce que l’Assemblée nationale n’est plus légitime. Je souhaiterais que cet exemple soit suivi par tous les parlementaires « acquis au changement ». La Constitution de notre pays est très claire en son article 64 comme je l’ai dit précédemment. Nous sommes dans une situation où un groupe d’individus exerce le pouvoir en violation de la Constitution. Il est tout à fait constitutionnel de s’opposer à ce groupe d’individus pour obtenir le respect de la Loi fondamentale.

Les cadres de la « majorité » pourraient vous rétorquer que, par son arrêt daté du 11 mai 2016, la Cour constitutionnelle a réglé cette situation en autorisant au président sortant de rester en fonction jusqu’à l’élection du nouveau Président…

Vous parlez des gens de la majorité ou de la médiocrité? Que peuvent-ils dire? D’abord, la Cour constitutionnelle a violé la Constitution. Comment peut-on se baser sur un arrêt inconstitutionnel? J’ai toujours dit que l’article 64 ne s’applique pas qu’au gouvernement. Même si c’est la Cour constitutionnelle qui exerce son pouvoir en violation de la Constitution, le peuple a le devoir de s’opposer à ce groupe d’individus qui exercerait leurs pouvoirs de juges en violation de la Constitution. Ils sont dans l’erreur. Il faut comprendre et c’est normal : on ne peut pas s’attendre à l’excellence de la part des gens qui sont dans la médiocrité.

Lorsqu’on parcourt la Constitution congolaise, on a l’impression d’une nette séparation des Pouvoirs. Dans la pratique, le Pouvoir exécutif a fini par « phagocyter » les Pouvoirs législatif et judiciaire. Que faire pour empêcher la réédition d’un tel dysfonctionnement à l’avenir?

Vous avez raison de poser cette question. Dans la rubrique « Opinion & débat » de Congo Indépendant, des intervenants parlent souvent de contre-pouvoirs, de la bonne disposition des choses, de Montesquieu et de John Locke. Notre Constitution a prévu la séparation des Pouvoirs de sorte que le pouvoir arrête le pouvoir. Il n’y a pas de Constitution parfaite au monde. Comparée aux Constitutions en vigueur dans d’autres Etats du continent, la nôtre est l’une des meilleures en termes de séparation des trois pouvoirs traditionnels. Que personne ne vous dise le contraire. Le problème fondamental se situe au niveau de l’application. J’ai toujours dit à ceux qui tentent de réviser la Constitution par référendum qu’ils n’y parviendront jamais. Au lieu de se préoccuper de changer la Constitution, il faut changer l’homme l’individu ou le groupe d’individus qui dirigent dans la médiocrité car on sait que le poisson pourrit par la tête, comme disent leurs amis chinois.

En faisant quoi?

Il faut renouveler la classe politique. Nous devons aller aux élections pour doter le pays des dirigeants qui respectent les textes. Il faut travailler sur les hommes. Il nous faut un nouveau type de personnel politique. Les Congolais doivent se débarrasser des gens qui ont en horreur le respect des règles.

Comment pourrait-on se défaire d’une oligarchie qui a sous son contrôle la force publique et les finances et qui ne cesse de repousser par la ruse la tenue des élections?

Nous n’avons pas choisi la voie de la violence, de la rébellion ou de la lutte armée. Le peuple a le pouvoir de déclasser son personnel politique. Nous ne cessons de dire que le pouvoir en place ne veut pas d’élections. Nous avons dit que le train a complètement déraillé et nous devons le remettre sur le rail. Il faut une « transition sans Kabila ». Une transition animée par des personnalités dignes, intègres et compétentes qui vont renoncer à se présenter à ces scrutins. Ceux qui nous gouvernent sont des médiocres. Nous devons nous débarrasser d’eux. Le changement pourrait prendre du temps. Il reste que le peuple congolais est plus fort que n’importe quel dirigeant politique. Ce peuple peut arracher le changement.

Que répondez-vous à ceux qui soutiennent l’idée d’une transition de 5 ans? Ces cinq années, expliquent-ils, seraient mises à profit pour reformer les piliers de l’Etat – la justice, l’armée, l’administration, la police et les services de renseignements – et organiser chaque année un type d’élection en partant des locales. La présidentielle et les législatives devant servir de couronnement…

Si vous ne pouvez pas balayer votre maison en un jour, vous ne pourrez pas le faire même si vous disposiez de 54 mois. Le problème fondamental reste la présence de l’homme qu’il faut à la place qu’il faut. Il nous faut des hommes compétents et intègres.

Qui aura la charge de « sélectionner » ces « hommes compétents et intègres »?

Tout n’est pas que « médiocre » au Congo. Il y a des hommes compétents et intègres qui évoluent dans un mauvais système. C’est le cas notamment de la Cour constitutionnelle. Cette haute juridiction compte en son sein des juges qui s’acquittent bien de leur travail. On pourrait dire autant des pasteurs et des journalistes. Il y a des professeurs d’université qui ne se cassent pas devant le Léviathan. Il y a des gens compétents et intègres qui peuvent accomplir ce travail de la réhabilitation de l’Etat en 12 ou 18 mois. Pour que les choses changent, il nous faut une justice indépendante mais aussi des intellectuels engagés. Il nous faut également des intellectuels qui n’ont pas peur de perdre leurs avantages. Il nous faut des religieux qui comprennent que servir Dieu revient à servir d’abord les hommes qui vivent autour d’eux. Il nous faut une presse responsable qui ne diffuse pas n’importe quoi comme on le voit à Kinshasa. Il nous faut une jeunesse engagée qui ne prend pas des personnes corrompues comme des modèles. Nous ne voulons pas d’une jeunesse qui fredonne « Totondi yo nano te! » ou « Tokonguluma po na ye! ».

Comment pourrait-on imposer une « transition sans Kabila »?

Le peuple pourrait l’imposer. A la condition que ce peuple arrête de reculer chaque fois que le pouvoir avance. Les Sud-Africains ont-ils eu besoin des Occidentaux pour faire partir Jacob Zuma? Nullement! Je n’ai pas vu une délégation des Nations Unies atterrir à Pretoria pour obtenir le départ de Zuma. C’est le peuple sud-africain dans sa totalité qui a pris ses responsabilités. Le changement au Congo-Kinshasa viendra des Congolais eux-mêmes et non des Etats-Unis d’Amérique. Encore moins de la Grande-Bretagne, de la France ou de la Belgique. Tant que ce peuple fera un pas en avant et un pas en arrière, on pourra effectivement se poser des questions sur la faisabilité de cette transition. J’ai la conviction qu’un peuple uni et déterminé est plus puissant qu’une bombe atomique

 

Propos recueillis par Baudouin Amba Wetshi
© Congoindépendant 2003-2018

26 réflexions au sujet de « André Mbata: « Il n’y a pas eu de ‘Zuma Désir’ en Afrique du Sud… » »

  1. Etude Politique, Stratégique, Géopolitique, et Géostratégique pour la RDC.

    Thème : L’Illégalité et la Médiocrité peuvent-elles mettre fin à l’Illégalité et à la Médiocrité ?

    Soki totali esika wapi makambo ya Occupation rwandaise oyo tozali na yango lelo ewuti, tokomona tè ebandeli ezalaki koyamba na kosalisa Museveni epayi ya Mobutu, po alongola Président ya Ounganda, Tito Okello, na bokonzi na 1986.
    Lokola ndeko Honoré Ngbanda alobaki yango, Museveni ayambamaki na Mobutu grâce à Honoré Ngbanda, po ezalaki ye asalaki présentation ya Museveni na Mobutu. Lokola Museveni atindamaki na bato ya gouvernement ya Grande Bretagne, Mobutu asololaki na bango, pe andimaki kosalisa Museveni po akende kolongola Président ya bango na bokonzi na Ouganda.

    Début de l’Illégalité et de la Médiocrité dans cette affaire :

    Tango wana, Mobutu azalaki na ba Conseillers ebele ; na kati ya bango, ba Conseillers Juridiques bazalaki. Po na nini Mobutu atunaki té na ba Conseillers Juridiques ya ye po na koyeba nini elobami na « Droit International » na « Relations Internationales » etali « Kosalisa moto po akende kosala Coup d’Etat na mboka ya bango » ? -1°) Soki Mobutu atunaki motuna oyo té na ba Conseillers Juridiques ya ye liboso ya koyamba pe kosalisa Museveni, tokoki koloba tè ebandeli ya Illégalité na Médiocrité ezali Mobutu. 2°) Kasi, soki atunaki, nzongande eyano ba Conseillers Juridiques ya ye bapesaki ye ekotisaki ye na libunga, wana tokoloba tè Illégalité na Médiocrité ya Mobutu eutaki na Incompétence ya ba Conseillers ya ye. 3°) Ngabo mosusu, atuna, atuna té, tango asalisaki Museveni, Conseiller ya Mobutu en matière de Sécurité Nationale ayebaki décision ya Mobutu po na kosalisa Museveni ; po na nini ndeko Honoré Ngbanda, Conseiller du Président en Matière de Sécurité Nationale, alakisaki té na Mobutu ba conséquences ya décision ya lolenge wana sur le plan de la sécurité nationale, po wana ezalaki Spécialité ya ndeko Honoré Ngbanda ? 4°) Est-ce que ndeko Honoré Ngbanda ayebaki té tè lisalisi ya lolenge wana ezalaka na « Effet Boomerang » ?

    Principes Ignorés :

    1°) Principe ya Droit International ya « Non-Ingérance » na makambo ya mboka mosusu ezalaki ignoré. 2°) Principe Moral ya « Faites aux autres ce que vous voudriez qu’on vous fasse » ezalaki ignoré. Tokoki koloba té tè ignorance oyo ezalaki penza ya kozanga boyebi, po principes mibale oyo, ba Chefs d’Etat banso bayebi yango. – Mobutu azalaki chrétien baptisé, lokola ndeko Honoré Ngbanda, bayebaki principe moral oyo ekomami na Matthieu 7:12 « Tout ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le de même pour eux, car c’est la loi et les prophètes. » Boye, tokoki koloba tè Mobutu na ndeko Honoré Ngbanda bayebaki mabe balingaki kosala po na Président ougandais Tito Okello, pe basalaki yango na nko.

    Effet Boomerang :

    Illégalité na Médiocrité ya Mobutu na likambo oyo esengelaki kozala na « effet boomerang » ; elingi koloba tè mabe asalelaki Président Tito Okello esengelaki kozongela ye sima. Yango wana Museveni abalukelaki Mobutu.

    La Médiocrité :

    Mobutu azalaki ye moko na Médiocrité politique té, ba camarades baye banso bazalaki na médiocrité yango. Soki totali denge ba Accords oyo ekotisi biso na Occupation rwandaise endimamaki na ba politiciens ya RDC, tokomona tè bango banso bazali ba Médiocres. Accord de Lemera, Accord de Lusaka, Accord de Sun-City, Accord de Kigali, Traité de Nice, Accord d’Ibiza, Accord d’Adis-Abeba, Accord de la Cité de l’OUA, Accord de la CENCO ; nyonso oyo ezali kolakisa tè ba politiciens ya RDC banso bazali ba Médiocres en politique.
    Est-ce que l’Illégalité et la Médiocrité peuvent mettre fin à l’Illégalité et la Médiocrité ?
    Eyano na motuna oyo ezali claire : Té ! Illégalité na Médiocrité ekoki kosilisa Illégalité na Médiocrité té.

    Pourquoi ai-je traité ce sujet aujourd’hui ?

    Nasali Etude oyo lelo po nayoki masolo ebetami na Kinshasa na ba Partis politiques po na « Transition ». Ba moko balobi tè bazali na légalité na légitimité ya ko remplacer Kanambe ; ba mosusu balobi tè lokola basalaki Accord d’Ibiza, esengeli ezala bango bakosala Transition. Yango wana namitunaki motuna : Est-ce que bato bazali ba Médiocres en politique, pe bazali kosala bisalela sans tenir compte des lois, des principes, et des règles, bakoki kosilisa Médiocrité na politique na RDC ?

    La Solution doit venir de la CENCO :

    Moto azali na légitimité na légalité ya kokotisa RDC na bokonzi ya sika azali Parti politique té ; azali politicien ya Opposition té ; azali CENCO. Po na nini azali CENCO ? – Po, CENCO aponamaki lokola Autorité ya suka po na kosilisa conflit politique na RDC. Lokola Accord ya bango ezalaki Appliqué té, esengeli ba reprendre dossier po na kosilisa yango.
    Cela s’impose, po ba Institutions nyonso ya mboka ekufi ; Président azali lisusu té ; Majorité na Opposition ezali lisusu té ; Député na Sénateur bazali lisusu té. Na RDC lelo, kaka CENCO azali na Légitimité na Légalité ya kozongisa bokonzi na mboka.

    Exhortation :

    Nasengi na baye banso bazali koluka kobebisa ebongiseli ya ba Evêques po tozongisa bokonzi ya mboka na maboko ya ba Congolais, bayeba tè pardon ekozala té ; moto na moto akozua lokola alonaki.

    Bernard B.
    17.02.2018
    ———————————————-

  2. Oyez, oyez bonnes gens, le Prof soutient l’idée que c’est l’homme qu’il faut changer. Il a entièrement raison. Il faut travailler sur les hommes. Cela peut commencer au niveau de l’école primaire. Le cours de civisme ou d’éducation à la citoyenneté doit être considéré aussi important que les maths ou le français. Il est impérieux de reformer l’enseignement. Ensuite, c’est le travail des partis politiques: recruter et former le personnel avec lequel un parti va essayer de conquérir le pouvoir. Leur apprendre le respect des textes, le sens et la conscience du bien public. C’est ça le rôle d’un vrai parti politique.

    Je suis personnellement convaincu que les mentalités africaines, bien plus que le poids de l’esclavagisme et de la colonisation sont les vrais responsables du grand retard que nos pays accusent dans leur processus de la bonne gouvernance et de maturité économique. Principalement à cause de l’incongruité entre certains de nos héritages culturels et les exigences du modernisme.

    Voyez le Japon et la Corée, par exemple. Ils ont réussi le pari du développement en l’espace de 5 décennies et sont aujourd’hui mieux logés que la plupart des puissances coloniales d’Europe, en misant sur le capital humain, la bonne gouvernance économique et la démocratie.

    Au Congo, une fois les rwandais et leurs vaches renvoyés chez eux, un changement profond des mentalités est possible à travers des stratégies de développement communautaire à l’échelle des provinces. Des politiques vigoureuses d’inclusion des communautés dans le processus de développement peuvent réellement atteindre un niveau d’amélioration de la qualité de vie de nos populations. L’empowerment, donner le pouvoir de décision et la capacité du pouvoir de décision aux populations par des stratégies d’accompagnement, d’élaboration et de cogestion de projets sectoriels donnera à nos populations les moyens de libérer leur génie créateur afin d’être réellement autonome et en même temps responsables de leurs actes et actions. On peut apprendre à devenir ou redevenir des citoyens.

    1. Jo Bongos
      Tout à fait d´accord qu´il faille miser sur l´homme. Le seul point de votre post qui suscite en moi un grand malaise est l´évocation de votre profonde conviction sur les mentalités africaines (celles-ci seraient, « bien plus que le poids de l’esclavagisme et de la colonisation les vrais responsables du grand retard… »). À mon sens, c´est une affirmation qui doit réjouir les maîtres du système d´aliénation, les employeurs des Rwandais que vous critiquez à travers le concept d´ »occupation ». Elle les soulage et leur ferait probalement rire aussi.
      1. Je suis surpris de lire votre affirmation alors que de nombreuses études (cf. par exemple sur youtube les vidéos de Mbog Bassong, Fakoly, Onomutunde…) montrent que l´Afrique disposait de véritables et admirables structures de ‘la bonne gouvernance’, lesquelles ont été détruites par l´esclavagisme et la colonisation. Chirac savait de quoi il parlait quand il affirmait : « Nous avons saigné l’Afrique pendant quatre siècles et demi. Ensuite, nous avons pillé ses matières premières ; après, on a dit : ils (les Africains) ne sont bons à rien. Au nom de la religion, on a DÉTRUIT LEUR CULTURE et maintenant, comme il faut faire les choses avec plus d’élégance, on leur pique leurs cerveaux grâce aux bourses. Puis, on constate que la malheureuse Afrique n’est pas dans un état brillant, qu’elle ne génère pas d’élites. Après s’être enrichi à ses dépens, on lui donne des leçons. » (J. Chirac, entretien avec Pierre Péan, à propos des africains, en marge du sommet France-Afrique de janvier 2001, au Cameroun rapportés par Le Monde, 13 février 2007. L’inconnu de l’Élysée, Fayard, 2007).

      Et ce système d´esclavage et de la colonisation CONTINUE. Ce n´est pas du passé. Du moment où nos ressources sont continuellement pillées, avec quoi allons-nous investir pour former l´homme? Et je tiens à rappeler que même là, il faut avoir une idée de l´homme, une théorie anthropologique qui sous-tende cette formation. Et l´Afrique n´en manque pas. Son problème est qu´elle a – à la différence des autres continents – perdu son identité, voire la conscience des richesses immatérielles qu´elle possède.
      2. Vous comparez la situation de l´Afrique un peu trop vite à celle du Japon : d´entrée de jeu, comparer un continent à un pays me gêne. Par ailleurs, le Japon n´a pas eu en face de lui un conglomérat de pilleurs endurcis (pétris du modernisme ou de ses exigences !) en face de lui comme l´Afrique. Les défis ne sont pas les mêmes. Ces mots-ci de Victor Hugo, la prétendue « lumière de son siècle », disent tout de la nature du rapport entre l´Afrique et l´Occident (lequel de l´Afrique ne voit que faune et flore, pas les êtres humains) : « Allez au sud. Est-ce que vous ne voyez pas le barrage? Il est là, devant vous, ce bloc de sable et de cendre, ce monceau inerte et passif qui, depuis six mille ans, fait obstacle à la marche universelle, ce monstrueux Cham qui arrête Sem par son énormité – l’Afrique. Quelle terre que cette Afrique! L’Asie a son histoire, l’Amérique a son histoire, l’Australie elle-même a son histoire; l’Afrique n’a pas d’histoire. [A]u dix-neuvième siècle, le blanc a fait du noir un homme; au vingtième siècle, l’Europe fera de l’Afrique un monde (Applaudissements.) Refaire une Afrique nouvelle, rendre la vieille Afrique maniable à la civilisation, tel est le problème. L’Europe le résoudra. Allez, Peuples! emparez-vous de cette terre. Prenez-la. A qui ? A personne. Prenez cette terre à Dieu. Dieu donne la terre aux hommes, Dieu offre l’Afrique à l’Europe. Prenez-la. Versez votre trop-plein dans cette Afrique, et du même coup résolvez vos questions sociales, changez vos prolétaires en propriétaires. Allez, faites ! Croissez, colonisez, multipliez ! » (V. Hugo, « Discours sur l´Afrique », le dimanche 18 mai 1879)
      Sincèrement, j´aurais attendu de vous le féru du mot « occupation » une autre lecture que celle que vous présentiez sur ce point. Car, celle-ci encouragerait un Rwandais de dire : « Je suis personnellement convaincu que les mentalités congolaises (zairoises), bien plus que le poids de l’occupation (ou de l´influence rwandaise) sont les vrais responsables du grand retard que le Congo accuse dans le processus de la bonne gouvernance et de maturité économique. Principalement à cause de l’incongruité entre certains de ses héritages culturels et les exigences du modernisme. Regardez comme le Rwanda se développe. » Le cynisme de ces mots et l´indignation que vous ressentiriez sont transposables aux autres Africains quand ils liraient votre conviction sur l´esclavage et la colonisation. Un Africain vous dirait « ne faites pas à (ne dites pas sur) l´Afrique ce que vous ne voulez pas qu´on fasse (dise sur) au Congo. »

      1. Jo Bongos,
        Que chacun a un point de vue, est connu d´avance (Et ce n´est pas ca la question!). Mais du moment où vous décidez de partager votre point de vue dans un forum, vous vous inscrivez par cet acte à une logique qui dépasse vos souhaits ou préférences. Je ne m´attends pas à ce que vous me répondiez absolument, mais si vous le faites, cela ne doit pas être une réponse de la catégorie de « momemi maki »; il faut faire mieux que Kabila avec son « chaque pays du monde a ses problèmes » (Euh, mais ce n´est pas ca la question!). Si vous gardez vos points de vue pour vous, nous n´aurons pas à y réagir. Mais dès qu´ils sont publiés, ils en appellent à la réception (surtout quand ils sont – à mon sens ! – fragiles et ont des conséquences néfastes aussi bien sur l´Afrique que sur le Congo).

      2. @Procongo

        Vous êtes inutilement polémiste et complètement à côté de la plaque. Relisez mon intervention. Relisez-vous et vous verrez que votre propos reste insignifiant et vulgairement excessif. Mais libre à vous d’ergoter. Si cela vous fait plaisir.

      3. Compatriote Procongo,

        En vrac :
        Je me trompe peut-être mais pour moi vos arguments d’un passé glorieux de l’Afrique comme du vol de son identité plaident en même temps pour le contraire de votre antienne : nos mentalités ont bel ou bien ouvert la voie à notre « esclavage » et notre « colonisation » hier comme à notre « néo-colonisation », l’essentiel c’est de confirmer et d’assumer ou pas que l’Afrique est au bas de l’échelle des continents aujourd’hui, qu’elle a perdu la bataille du développement socio-économique et politique à l’issue de sa confrontation avec l’étranger… Il en va généralement ainsi sur la terre des hommes : quand deux sociétés (adverses) se rencontrent, l’issue est à somme nulle, quand l’une gagne, l’autre perd…
        Contrairement à votre défense quasi idéologique d’une Afrique idéalisée que vous brandissez ici, personnellement je privilégie une lutte réaliste pour la souveraineté politique et pour le gain social des Africains : elle commence par une reconnaissance de nos manques hier comme aujourd’hui (nos mentalités nous ont desservi et le continuent, il nous faut les ‘bonifier’ pour ‘gagner’) et passe par cette victoire socio-politique qui seule peut fructifier ou sublimer nos richesses culturelles diverses…
        C’est seulement ainsi que le continent a la chance de « refaire une Afrique nouvelle, rendre la vieille Afrique maniable à la civilisation » comme vous dites…
        Preuve encore une fois que vos charges contre les « Blancs » pilleurs de notre patrimoine et de notre identité seraient en quelque sorte plus efficaces si elles étaient portées ou en même temps contre nous-mêmes : pas d’inutile ‘victimisation’ mais pas non plus de pardon rapide envers nos ‘envahisseurs’, le prix de notre ‘libération’ c’est cet autre combat réaliste…

        Ailleurs la bataille du Japon (et même d’une Corée du Sud il n’y a pas si longtemps de niveau de développement proche) contre l’Occident est tout à fait transposable à celle de l’Afrique dans la mesure où déjà le Japon représente et a toujours représenté au niveau géo-politique et socio-culturel un continent comme l’Afrique qui malgré sa diversité représente ce bloc retardataire de notre planète…
        A noter ainsi que contrairement à vos propos, le Japon a bel et bien eu en face de lui un Occident décidé à anéantir sa force économique, géopolitique et culturelle au-delà ou à travers sa force militaire (Hiroshima/Nagasaki)… Sinon prenez(ons) votre place s’il y’en a une sur la scène de « Le Pont de la rivière Kwaï »

  3. Notre compatriote Mbata a une lecture biaisée de la situation de notre pays qu’il est erronné d’assimiler à celle de la RSA. Notre pays est sous occupation étrangère et à différence de Zuma, celui qui est de facto à la tête de notre pays est un étranger.

    Si la situation des deux pays trouve un dénominateur commun quand à la légitimité et nécessité de la manifestation populaire, ce n’est pas dans une constitution des assaillants dont les préceptes auraient été violés qu’il faut allet rechercher les raisons de notre légitimité d’action. Aussi, plus qu’en Droit Constitutionnel, c’est en Droit Imternational que Monsieur Mbata devrait se mouvoir et en tant que juriste, outre qu’il a pleine capacité en Droit Intetnational, ne doutant pas de son honnêteté intellectuelle, il comprendra certes mes propos.

    Je recommande au compatriote Mbata de lire mes réflexions inscrites en réaction à l’article ci-dessous sur l’assassin Jamil Mukulu. Par mes deux réactions (une est à publier), je crois avoir humblement fait mon apport sur les voies de Droit International de sortie de notre bourbier à notre portée que j’aimerais bien partager avec mes compatriotes.

  4. Je ne suis pas convaincu que l’éviction de Zuma dans les conditions que l’on sait ait résolu l’équation de la gouvernance et démocratie en RSA. En analysant objectivement la situation, on se rend compte que l’ANC d’où sont issus pratiquement tous les dirigeants du pays s’octroie trop facilement le bon rôle. Elle qui a la haute main sur toutes les institutions du pays pratique allègrement cette politique de la chaise musicale pour ne pas avoir à rendre des comptes. Ce parti sclérosé, essoufflé doit faire son aggiornamento, si non, il finira dans la poubelle de l’histoire. Ce jeux de massacre qui consiste à sacrifier les individus au lieu de s’attaquer au système n’est pas de nature à asseoir une vraie démocratie en RSA. Le mode de scrutin aidant, ce parti peut à loisir, et chaque fois qu’il le désir se dédouaner à peu de frais, sans autocritique, en ne rendant compte à personne. On peut se réjouir du départ de Zuma, mais qu’est ce qui prouve que demain, il n y aura pas un Zuma ou un autre Mbeki et ainsi de suite. Il faut changer de fond à comble les système politique Sud Africain qui s’apparente à une rente politique dont jouit l’ANC, si non, cette espèce de tourniquet infernal finira par s’effondrer, et c’est toute l’Afrique qui en pâtira. La RSA, c’est première économie africaine, si on tient compte du revenu par habitant, ou en terme de parité des pouvoirs d’achat. Une monnaie stable, une économie diversifiée, une formation et une main d’oeuvre de qualité qui entraîne une productivité globale susceptible d’attirer les investisseurs détenteurs de capitaux. Donc, l’éviction de Zuma n’est pas une condition suffisante pour redorer l’image de la RSA. Ramaphosa, syndicaliste devenu homme d’affaire ou affairiste prospère a du pain sur la planche, car pour endiguer le cancer qu’est la corruption dans ce pays, il faut un traitement de choc, pas de demie mesure si non, les Sud Africains risquent de se réveiller avec la gueule de bois.

  5. Merci Prof.

    Seule la lutte d’un peuple libère, en effet.

    (Et tout ce que le peuple ‘désire’ se trouve de l’autre côté de la peur)

  6. PEUT-ON COMPARER LA VOYOUCRATIE CONGOLAISE À LA DÉMOCRATIE SUD-AFRICAINE!
    c’est toujours possible; surtout que pour ceux et celles qui croient(les catholiques en particuliers) actuellement c’est le CARÊME!
    BREF: CONTINUONS, dans cette espérance, DE CROIRE QUE LA VOYOUCRATIE CONCOLAISE SE DÉMOCRATISERA!!!!

  7. Cher compatriote, merci pour votre apport. Oui, l’espoir est toujours permis surtout dans l’esprit de Cereme et de la « Resurrection » qui s’en suit.

    Mais une correction s’impose tout de meme: Il faut a priori balayer la Voyoucratie (Kabiliste) en RDC et ses racines (Mobutistes) avant d’y asseoir une vraie Democratie en « sterilisant » ses Institutions inclu la redefinition stricte des pouvoirs (et limites) de la Presidence selon les prescrits de notre Constitution..

    Bref, une Voyoucratie ne peut pas (d’elle seule) « se Democratiser », et se transformer automatiquement en un Etat de Droit.

  8. Bravo et merci Professeur André MBATA, car aucune arme, même pas la bombe atomique ne peut arrêter un peuple uni et déterminé à conquérir sa liberté. Le pouvoir de Kabila est fini et ne fait que gagner du temps, et il nous faut aussi dès à présent préparer l’après Kabila pour éviter que le pays ne sombre dans une situation semblable à celle de la RCA. Oui professeur ! Un médiocre qui n’est pas capable de balayer sa maison chaque jour, ne le fera jamais quelque soit le temps mise à sa disposition, surtout dans une société comme la notre où la médiocrité est toujours érigée en système, c’est-à-dire les choix des solutions devant les problèmes du pays se portent toujours sur les mauvais pour voler et s’enrichir très vite. Donc, une transition sans Kabila étalée sur 24 mois maximum est l’unique solution d’autant plus que ce délai est techniquement tenable et faisable grâce au concours de nos informaticiens, de nos ingénieurs, de nos démographes, de nos géographes, etc. tous très silencieux jusqu’à ce jour. Cette transition de courte durée limitée dans l’espace et dans le temps sera pilotée par des personnes de qualité choisies en fonction de leur compétence après avoir été auditionnées par une commission spéciale. Leurs taches principales seront: – effectuer de toute urgence le recensement biométrique de la population pour régler définitivement le problème de l’indentification de la population par la remise en place du Registre de l’Etat Civil réglant de facto le fameux problème de la nationalité et extraire le fichier électoral qui servira à l’organisation de toutes les élections, – procéder au déploiement de l’administration sur toute l’étendue du pays par le biais de l’organisation en premier des élections locales bases de toute démocratie dans un pays, etc. Au même moment, la mise en place également d’une commission spéciale chargée de rédiger une autre constitution mieux adaptée à la réalité du pays à la place de celle-ci qui avait été taillé à Liège à la mesure de l’imposteur Kabila qui porte les germes de toute la confusion que le pays ne cesse de connaître depuis son adoption en 2006. Cette commission devra également réfléchir sur la future forme de l’Etat, car le système unitaire centralisé actuel a montré ses limites dans un grand pays comme la RDC à dimension continentale, ce qui n’a pas empêché les guerres et les rebellions depuis 1960. Un système fédéral décentralisé reposant sur les institutions fortes comme au Nigeria un pays avec toutes les mêmes caractéristiques aux nôtres, plus de 250 tribus et en plus fortement divisé entre deux confessions religieuses Chrétiens et Musulmans, la démocratie fonctionne normalement sans problème majeure avec des élections qui se déroulent tranquillement le perdant félicite le vainqueur. Puisque leur démocratie repose sur des institutions fortes dans un Etat de droit. Comme disaient : Barak OBAMA « L’Afrique n’a pas besoin d’hommes forts, mais des institutions fortes », Cardinal Laurent Monsengwo « Il faut la force de la loi plutôt que la loi du plus fort », Etienne Tshisekedi « Etat de droit », donc le système centralisé fabrique souvent des hommes forts géniteurs de tous les abus dans le pays, contrairement au système décentralisé plus démocratique avec le partage des responsabilités. Un sujet très important qui mérite une bonne réflexion et un bon débat !

  9. L’épisode de la démission de Zuma démontre d’un côté la vitalité de la démocratie sud-africaine du moins dans la mesure où elle révèle une autorité judiciaire efficace (séparation des pouvoirs, l’avenir judiciaire de Zuma nous le prouvera sans doute davantage) et de l’autre la mainmise (excessive ?) de l’ANC dans sa vie politique…
    C’est ainsi aussi le bilan de ce parti dominant ‘noir’ de sa gestion du pays depuis l’abolition de l’apartheid (24 ans)… Le moins que nous voyions est que si de Mandela à Zuma en passant par Mbeki le pays a gagné en démocratie, les noirs majoritaires qui en étaient écartés sont aujourd’hui pleinement acteurs, les résultats (socio)économiques sont mitigés… Et c’est faute d’une ANC qui absorbée par son gain démocratique a négligé les fondamentaux économiques et sociaux à travers sa seule prédominance càd sans mettre en œuvre les conditions d’une nécessaire constitution des structures dont a besoin cette nouvelle majorité noire agissante et d’une bonne redistribution en son sein des retombées sociales et des droits et devoirs en son sein et au-delà à travers tout le pays à cause d’une corruption et d’un clientélisme galopants ?
    Le mandat de Zuma émaillé de fautes morales et gestionnaires n’y est pas pour rien, à sa place un leader plus sourcilleux de la bonne gouvernance et de meilleure ‘moralité’ aurait sans doute fait mieux même si la tâche est difficile et forcément progressive devant une frange ‘noire’ moins outillée socio-économiquement en comparaison de la partie blanche déjà et encore plus dotée en moyens de production de richesses…

    Quant à la comparaison avec notre pays faite ici par le Professeur Mbata, point n’est besoin de rappeler que la société sud-africaine dispose plus que la nôtre des gages socio-culturels d’une démocratie effective du simple fait de son histoire avec ce métissage ; au-delà des manques criants du prolétariat noir, leur culture politique n’en présente pas moins une maturité démocratique plus avancée que la nôtre. Les « hommes » encore les « hommes » au centre de tout processus de développement et de de démocratisation plus que les seuls textes institutionnels qui ne diffèrent pas significativement des nôtres : c’est la capacité et la volonté de ceux-ci amenés à les appliqués qui priment, les « contre-pouvoirs y sont effectifs » parce que d’abord la culture politique, intellectuelle et éthique des protagonistes (gouvernants et gouvernés) s’y prête davantage à l’exemple de ce qui se passe dans les vieilles démocratiques occidentales et un peu dans les anciennes colonies britanniques plus que françaises, plus que chez nous…
    Les personnages controversés de Zuma et de ceux de son genre ne sont pas à même d’y renverser la dynamique positive en faveur de l’idéal démocratique : c’est dans le fond le sens des propos de Mbata lorsqu’il compare la réalité malheureuse du Congo à celle de la RSA où il y’a moins cette facile tendance d’un « Zuma Désir » comme chez nous d’un ridicule « Kabila Désir » ou d’un rocambolesque risque d’« inanition de la nation »… Jusqu’à se consoler presque en se forçant « une fierté deconstater qu’il y a encore en Afrique des gens capables de poser des actes appréciables », quasiment un sursaut moral chez le fourbe Zuma qui « ne voudrait pas que le sang d’un Sud-Africain soit versé en son nom » et bien sûr cela devant un Etat et une cultures démocratiques qui ne s’abîment pas dans une répression barbare…
    Le Prof Mbata y défend d’abord le respect absent chez nous de la Constitution, son « application » n’est « effective » parce que les gouvernants de la place s’y dérobent impunément, et il n’a pas tort même si cette justification n’écarte pas d’autres champs à labourer pour une investigation plus exhaustive et efficace de cette tare…

    1. Compatriote Nono,
      je vous réponds aussi en vrac (sans doute, nous essayons d´échanger malgré nos nombreuses occupations).
      D´entrée de jeu, je vous remercie pour votre réaction que j´apprécie bien. Permettez néanmoins quelques mises au point, car il me semble que vous êtes allé trop vite dans la catégorisation de ma position (antienne, victimisation, idéologisation, idéalisation, passé glorieux…). Si seulement vous saviez ce que je pense de ces mots mis entre parenthèses, vous auriez évité de me ranger dans cette catégorie. Ma réaction à un point de vue n´est pas l´exposé exhaustif de ma (modeste) pensée. Je refuse d´emblée le LEXIQUE que vous employez pour évoquer ma position, car il est déjà orienté et je ne m´y reconnais pas. Et quand vous écrivez « vos charges contre les Blancs pilleurs… » pour parler à ma grande surprise de la victimisation, vous tapez à côté car j´ai cité Victor Hugo et Chirac. Et ce dernier fait une critique de sa propre société. Bref, vous opposez votre vision réaliste non pas à ma position, mais à une position que vous vous êtes fabriquée. Mes excuses, si cela annihile ou diminue un peu votre plaisir (Un peu d´humour, please!). Je tiens à souligner que la renaissance de l´Afrique (son développement…) ne peut se faire que sur base de sa culture (ses cultures). Pour savoir où on va, il faut ‘très bien’ (avec compétence) savoir d´où l´on vient. C´est seulement là que peut se traiter, par la suite (on ne commence pas par ça comme vous le dites, cher Nono!) la question quels sont nos manques réels et les manques (idéologiquement) attribués. Il n´y a pas d´autre voie possible pour une vision qui se veut réaliste.
      Attention: Vous écrivez » [une vision réaliste qui] passe par cette victoire socio-politique qui seule peut fructifier ou sublimer nos richesses culturelles diverses… Vous dissociez ici la dimension socio-politique et la dimension culturelle. C´est grave (à moins que je vous aie mal compris!). Voilà justement pourquoi il faut bien connaître les cultures africaines, car celles-ci, contrairement à la rationalité occidentale cartésienne, ne dissocient pas culture, religion, politique, économie… (la dissociation actuelle musique chrétienne et paienne est une bêtise selon nos cultures). Il n´y a pas, par exemple, de place pour un prophète de l´amour… car la loi de l´amour est prise en compte dans l´organisation même de la société (dans les structures socio-économico-politiques). La pensée africaine est plus profonde que les caricatures qu´on en fait. Il faut bien connaître l´Afrique que l´on veut critiquer.

      Par ailleurs, du point de vue LOGIQUE, la proposition « il y avait des cultures africaines riches et bien établies avant l´esclavage » n´a pas pour contraire la proposition « nos mentalités ont bel ou bien ouvert la voie à notre esclavage et notre colonisation… » (Ce que vous appelez ici « antienne » n´est qu´une pure projection, une production de votre imagination. Il y a aussi bcp à dire et à redire sur l´expression « ouvrir la voie » qui peut occulter le récit de la résistance. Les peuples ont toujours sur base de leurs cultures résisté, même si les ‘armes’ finissent par faire la différence.) Si vous avez lu de ma part l´affirmation selon laquelle les cultures africaines sont parfaites, sans failles, prière de me le faire savoir et je m´excuserai humblement.
      Ce qui me met mal à l´aise, c´est plutôt le « bien plus que » (« les mentalités africaines, bien plus que le poids de l’esclavagisme et de la colonisation sont les vrais responsables du grand retard… »). Car le « bien plus que » suppose que l´auteur de l´affirmation a enquêté avec un très grand sérieux sur la profondeur du drame ‘esclavage – colonisation’ et dispose des connaissances très approfondies sur les cultures africaines et leur histoire. Ce qui jusqu´à présent n´est pas démontré ici (Même pas un moindre début de démonstration). Sinon, c´est des bilobela. Des milliers de vies humaines ont été fauchées ici, on ne peut aborder ce sujet avec légèreté. Des chercheurs sérieux s´investissent au prix de leur vie à rétablir la vérité des faits historiques et à venir au bout des préjugés institutionnalisés. Il n´y a pas meilleure façon de se moquer d´eux que de balancer des affirmations-raccourcis. Une chose est de critiquer un trait culturel, une autre de s´aventurer dans des soupèsements qui feraient vraiment plaisir à Sarkozy avec son « L´Afrique n´est pas assez entrée dans l´histoire » et à Macron « Quand des pays ont encore aujourd’hui sept à huit enfants par femme, vous pouvez décider d’y dépenser des milliards d’euros, vous ne stabiliserez rien… Un problème civilisationnel ». Quand même des Occidentaux sincères remettent en question ce genre de raisonnement, c´est décevant de voir des Africains se délecter des affirmations ‘risquées’, qui cimentent encore les préjugés et font reculer le débat (J´espère que quelqu´un ne s´attardera pas sur l´exemple de Macron pour me dire « beuh, vous critiquez Macron, donc vous glorifiez le fait de mettre au monde des enfants n´importe comment ». Si Macron évite de se souvenir que les pays occidentaux ont proposé aux femmes l´éducation et refuse d´approfondir la ‘réflexion’ dans ce sens quand il s´agit des femmes africaines, il sait pourquoi. Il risque de mettre à nu le « système global de vol » (pas un problème «civilisationnel»?).
      Quant au Japon et à la Corée, je réaffirme l´erreur méthodologique de comparer un pays à un continent pris en plus comme une entinté homogène; cela n´a rien à voir avec un quelconque refus de voir ce qui se fait ailleurs. Les Usa qui bombardent le Japon sont encore les mêmes qui tiennent à avoir le Japon comme un allié en Asie et l´identité culturelle japonaise (socle du développement) n´est pas mise en péril. L´Afrique, par contre, fait face à un problème – pas conjocturel – de déni systématique d´être qu´Achille Mbembe analyse très bien dans sa récente publication « La raison nègre ». Il faut bien lire Victor Hugo pour comprendre la nature du problème qui se pose ici. L´invention du nègre n´est pas un petit problème de simples clichés.

      1. Vous avez longuement disserté, cher ami, mais à mon avis vous avez manqué de répondre à la question au débat : la place de nos mentalités dans le retard de l’Afrique (à moins que pour vous elle ne soit pas en retard) !
        La culture de l’Afrique est riche et méritante à maints égards n’empêche que c’est aussi elle qui explique en grande partie les déconvenues dans notre histoire, heureusement elle n’est pas statique : c’est donc aussi sur son évolution que vont aussi reposer nos prochaines victoires…
        Ma vision réaliste et pragmatique consiste en une position plus critique envers elle plutôt que de chanter à tout va ses mérites, que de n’évoquer un passé glorieux alors que face aux défis d’une planète de plus en plus globalisée et d’une Afrique nouvelle moderne forcément à (ré)inventer nous devons nous construire d’autres armes pour les affronter…

      2. PS
        Mes excuses, mon texte terminait en fait ainsi : « Vous aurez compris, je me désole qu’elles (les armes) tardent trop à venir surtout avec le genre de satisfecit rapide de l’état de l’Afrique que vous et d’autres privilégiez… »

      3. Je crois que vous manquez largement la question du débat. J´ai pris soin de bien situer le point de ma réaction (la question du « bien plus que… »). Je m´efforce toujours d´être plus fin dans mes propos que vous ne le soupçonniez. Je sais ce que je dis et ce que je ne dis pas. Si vous avez besoin de vous construire une position sclérosée et idéologique d´Afrique pour faire accorder à votre position prétendue « réaliste » un quelconque avantage, je ne peux pas vous en empêcher (bon, j´en ris quand même). C´est la position que vous vous construisez; ce n´est pas la mienne, car je défends le rôle de la critique et de l´autocritique. Si votre prétendue vision réaliste est unidimensionnelle, alors elle n´a de réaiste que le nom. Et ca ne sert à rien de chanter à tout va ses mérites, si vous n´avez pas encore compris que tout développement, toute renaissance, tout essor n´est possible qu´à partir du socle culturel. La culture n´est pas ce vers quoi on se tourne à la fin (après avoir réalisé une illusoire victoire socio-politique), mais ce dont on part. Souligner l´importance de savoir d´où l´on vient, de très bien se connaître, c´est essentiellement un acte de rejet clair de tout satisfecit, mais une invitation à des recherches sérieuses, une volonté d´agir avec sérieux et de se mouvoir dans du sérieux. La planète ‘globalisée’ n´est pas un espace de fête des OVNI, des entités sans identité particulière. La globalisation ne donne aucune chance de salut à des gens qui ne se connaissent pas eux-mêmes (et qui se désolent que les armes tardent à venir). Et l´Afrique n´a pas besoin du matérialisme sans âme dont l´Occident lui-même en expérimente cruellement les limites. Cf. Edgar Morin. Mais il ne faut pas que toutes ces considérations fassent perdre de vue le point central de ma réaction.

  10. Jo Bongos,
    « Vous êtes inutilement polémiste et complètement à côté de la plaque. » Ou c´est vous qui êtes inutilement imbu de vous-même et d´une « arrogance creuse ». Relisez mon premier post et vous verrez que vos propos sur les cultures africaines sont trop faibles et mérite dnt´être remis en question. Si vous n´êtes pas habitué à voir votre point de vue remis en question, beuh, il faut le garder pour vous. Vous n´avez pas le monopole d´indignation. Autant vous pouvez être indigné sur les propos des uns (politiciens, analystes…) sur le Congo ou l´Afrique, autant les autres peuvent être indignés sur les vôtres et vous le faire savoir. Dans le cas d´espèce, votre point de vue sur les cultures africaines est trop faible et mérite d´être remis en question. Si j´étais polémiste, je n´aurais pas approuvé l´autre partie de votre post. C´est maintenant qu´il faut apprendre la culture démocratique et non attendre le départ (j´espère) imminent du dictateur sanguinaire Kabila.

  11. Mon cher Procongo,

    Je crains que vous n’ayez fait preuve d’assez de ‘bonne foi’ pour bien me lire, je croyais pourtant avoir été clair ; qu’à cela ne tienne voilà quasiment mots sur mots ce que je disais :
    { Pour moi la question au débat est ici : « la place de nos ‘mentalités’ dans le retard de l’Afrique » ! C’est dire donc que si l’Afrique dispose d’une culture riche et méritante à maints égards c’est aussi celle-ci qui explique quelque part les déconvenues dans son histoire (esclavage, colonisation, néo-colonisation) lors de sa rencontre et dans sa compétition avec l’étranger particulièrement l’Occident…
    Nous avons ainsi besoin d’une victoire « socio-politique » dans la gestion de nos Etats face à ces derniers qui continuent de nous dominer et de nous exploiter pour mieux survivre en ce monde globalisé… Faisons le plus volontairement possible évoluer notre culture, nos mentalités pour qu’elles deviennent le terreau de cette victoire plutôt que de nous complaire qu’à chanter les mérites de notre riche culture et même d’un passé glorieux… Nous avons ainsi besoin de nouvelles armes pour affronter les défis importants d’une Afrique moderne et désolé, à mon goût, celles-ci tardent à venir et peut-être que nous n’affrontons pas les yeux ouverts nos réelles faiblesses, trop vite assis comme vous le faites sur un satisfecit de l’état de notre continent…
    Voilà mon avis qui est tout le contraire d’une idéologie souverainiste surfaite mais qui non plus n’ignore nullement les richesses culturelles qui sont les nôtres mais qui veut engager de façon réaliste le combat pour une Afrique demain moins au bas de l’échelle planétaire où elle se situe hélas aujourd’hui…
    Une victoire socio-politique largement parce que l’Afrique est peuplée aujourd’hui de potentats irresponsables et ‘mortifères’, quelque part reflets de notre société, une meilleure direction et une critique plus sévère de nos mentalités nous auraient fait gagner beaucoup de temps dans l’acquisition d’une conscience plus responsable au contraire du culte stérile de nos richesses culturelles, de notre passé, d’une identité sublimée, cher à beaucoup d’afro-optimistes rapides… }

    1. Cher Nono,
      je vous ai très bien lu et identifie très bien à quelle position vous vous opposez: une glorification (satisfecit) aveugle de l´Afrique, bref, à une position qui n´est pas la mienne. J´ai écrit et répété la grande faiblesse du point de vue auquel j´ai réagi dès le départ. Sans de connaissances approfondies des cultures africaines que l´on veut critiquer, sans de connaissances approfondies du dossier ‘esclavage’ et ‘colonisation’ , toute comparaison ici n´est qu´une démarche trop osée, risquée et ‘pepele’ (voire bilobela. On s´aventure dans des bilobela du moment où on n´a pas encore osé explorer avec compétence la profondeur d´un agir hautement destructeur que sont l´esclavage et la colonisation, la profondeur d´une histoire de plus de 400 ans). Exiger des comptétences ici, c´est tout le contraire d´un afro-optimisme ‘rapide’ (toujours des catégorisations à la va-vite!). Ce dernier est plutôt à chercher chez ceux qui veulent – peut-être par paresse ou excitation – apporter des solutions sans avoir bien mené cet indispensable travail de fond. Vous dites que nous avons besoin d’une victoire « socio-politique » dans la gestion de nos États. Je suis au regret de devoir vous rappeler qu´il n´y a pas de victoire à signer ici, si on n´apprend pas avant tout à se connaître, à connaître son histoire, sa rationalité, sa pensée profonde. Quand on maîtrise celle-ci, la renaissance devient possible, même quand on est bombardé etc. Éprouver de l´allergie à ce travail fondamental et noble, c´est dénuer à sa propre démarche toute pertinence et tout crédit, et c´est faire des recommandations telles que ‘faire évoluer notre culture’ de purs slogans. Évoluer pour aller où, alors qu’on ne sait pas d´où on vient et ne maîtrise rien de son identité? Inventez-vous vos armes (proclamées déjà « nouvelles ») alors, on attend. En outre, si l’Afrique est peuplée « aujourd’hui » – comme vous le dites – de potentats irresponsables et ‘mortifères’, « quelque part » reflets de notre société, mon esprit de chercheur soulève immédiatement la question des ‘autres quelque part’ pour que l´analyse soit complète, sérieuse et convaincante. Ou alors, vous utilisez des mots sans en mesurer la teneur sémantique, la signification ? Évidemment, ramener au coeur du débat ‘ces autres quelque part’, par exemple, la question du système global de domination, spoliation et strangulation, voire la question des méfaits et des limites de la rationalité occidentale, ce sera pour vous faire oeuvre de victimisation; mais curieusement, vous ne voyez pas que l´on peut (si on met toute courtoisie de côté) balayer d´un trait vos propos en les considérant comme oeuvre d´autoflagellation des esprits naïfs et en régime de sous-alimentation épistémologique.
      J´aurais pu vous reprocher aussi un manque de ‘bonne foi’ flagrant, car vous parlez de « satisfecit » (« se complaire à chanter »…) au moment où j´ai pris soin de parler – dans ce que vous avez qualifié de longue dissertation – de la place de la critique et de l´autocritique et souligner, par exemple, la nécessité d´examen approfondi pour cibler les manques réels dans les cultures africaines et ceux qui leur sont (idéologiquement) « attribués ».
      Enfin, un problème de LOGIQUE pour revenir à la question du départ : Entre les propositions suivantes, la différence est claire :
      – « Les mentalités afric. sont – ‘bien plus que’ l´esclavage et la colonisation – responsables du retard du continent… »
      – « Les mentalités afric. expliquent ‘quelque part’ les déconvenues… »

      1. Un tout dernier mot, cher ami ; et j’en aurais fini car nous nous sommes déjà racontés nos positions divergentes !
        Que vous dirais-je de plus sinon peut-être vous renvoyer à la célèbre phrase de Soyinka : « Le tigre ne proclame pas sa tigritude, il bondit sur sa proie et la dévore » ! Et cette autre citation moins connue : « Quand les feuilles tremblent, ce n’est pas l’affaire des racines ».
        Faites votre choix quant à moi je persiste à faire ce constat d’actualité selon lequel les Africains ne se sont pas montrés assez capables de construire et de prouver leurs forces à la face du monde, du coup permettez que je porte moins une ‘identité toute heureuse’ de mon Afrique ! Nos Etats ont suffisamment démontré leur gestion « socio-politique » défaillante fût-ce depuis un demi-siècle pour ne pas avoir besoin de tout le recul que vous sollicitez, nos ‘feuilles tremblent’ non pas tant à cause de leurs ‘racines’ mais parce qu’elles ne peuvent pas toujours résister à la bourrasque ambiante à laquelle peut-être elles ne s’attendaient pas, adaptons-nous c’est déjà ça et c’est possible et cela se fait ici et là sans toujours faire appel à notre socle culturel traditionnel…
        Et je lis le contraire dans votre position : lorsque vous vous attardez sur le « bien plus » moi je ne vois pas que ce sont « nos mentalités bien plus que l’esclavage et la colonisation qui nous ont causé des torts », j’en fais un détail, mais simplement que « nos mentalités d’hier expliquent quelque part les déconvenues de notre histoire et celles d’aujourd’hui nos errements contemporains »…
        C’est mon angle de vue de citoyen africain qui ne s’embarrasse pas de « connaissances approfondies du dossier ‘esclavage’ et ‘colonisation’ et de quelque autre ‘comparaison’ » mais qui veut garder les pieds sur terre et vous laisse volontiers sinon à vos ‘spéculations’ au moins à vos ‘détails’ de ‘chercheur’. Et encore je suis convaincu qu’il y’a des ‘chercheurs’ qui ne sont pas loin de partager mon ‘entrée’ !

  12. Cher Nono,
    « Le tigre ne proclame pas sa tigritude, il bondit sur sa proie et la dévore ». Eden Kodjo a fait sien cet adage. Et tout le monde sait ce que cela signifiait : Rien. Nullité. Le Congo l´a jeté aux poubelles. Quand vous dites que les Africains ne se sont pas montrés ‘assez’ capables de construire et de prouver leurs forces à la face du monde, vous ne faites que souligner la pertinence de ma recommandation à un travail heuristique sérieux (qui est tout le contraire des bilobela, des affirmations légères, superficielles). Personne ne vous demande de porter une identité ‘heureuse’ de votre Afrique. Chercher avec du sérieux. Bien connaître l´Afrique et bien comprendre le système global de domination qui n´est pas en ‘face’, mais à l´’intérieur’ même de ces États (y compris africains) que vous critiquez. Même quand une certaine paresse ou une certaine allergie vous empêcherait de mener patiemment et sérieusement ce travail indispensable, il n´est pas difficile de déceler l´imbrication entre ce système global et les États africains en ne considérant que le dernier demi-siècle de l’histoire. Ce qui oblige à bien réfléchir sur l´adjectif possessif « nos » (nos États, qu´est-ce qui est ‘vraiment’ nôtre ici? Une question pour des chercheurs sérieux et épris de vérité). Pour voir la fausseté de votre lecture et comprendre un peu le système global, prière de lire le discours de Harry Truman lors de l’investiture de son deuxième mandat à la Maison-Blanche le 20 janvier 1949.

    Cher Nono, vous sabordez complètement votre prestation dans cette discussion quand vous concluez : « adaptons-nous c’est déjà ça et c’est possible et cela se fait ici et là sans toujours faire appel à notre socle culturel traditionnel… » Pourquoi commencer (dans une discussion) si haut pour finir si bas? Vous m´avez déçu. Prière de bien maîtriser les mots – en l´occurrence ‘adapter’ – que vous utilisez. Que voulez-vous adapter si vous ne connaissez pas bien ce que vous êtes ou là où il y a vide de connaissance ? Depuis quand adapte-t-on un vacuum, un vide? Par ailleurs, vous ne savez pas – me semble-t-il – ce que signifie vraiment le ‘socle culturel’. Il est possible que vous ne vous êtes pas penché sur ce concept; ça peut arriver. Mais donnez-vous un peu de peine d´approfondir vos connaissances là-dessus, plutôt que de balancer des affirmations qui diminuent le crédit qu´on aimerait bien donner à votre statut. QUICONQUE NE PEUT PAS S´APPUYEZ SUR SON SOCLE CULTUREL EST INDIGNE DE PARLER D´ESSOR SOCIO-POLITIQUE. Il faut vraiment baigner dans une confusion épaisse pour dissocier culture – société – politique. Mais vous allez faire rire (si ce n´est pas déjà tard) les gens dans l´espace globalisé. Le lien étroit, ‘inextricable’ entre CULTURE et DÉVELOPPEMENT est une lapalissade aujourd´hui. Plus personne (de sérieux) dans les 5 continents n´ose dissocier les deux concepts de nos jours. Où avez-vous finalement vos pieds ? Voilà le sort de ceux qui s´aventurent sur des sujets dont ils refusent d´explorer la profondeur. Et avec ça, on se plaint du retard de l´Afrique (sans gêne de la contradiction qu´on entretient) et on souhaite désespérement la ratification de ses ‘digressions osées’ par d´autres ‘chercheurs’. Beuh, ça sera la ratification ou le soutien dans la ‘médiocrité’ (comprise ici comme refus tenace d´aimer la vérité et de la chercher patiemment et avec sérieux). Et la vérité n´est pas d´ordre sociologique. Ce n´est pas le nombre d´adhérents qui rend quelque chose vrai. Même si le grand Wole Soyinka n´a pas dit ça, vous auriez pu le savoir.

  13. J’avais raison de vous signifier la divergence de nos vues et d’en finir là où nous en étions ! Et je maintiens mon avis : celle-ci n’est pas pour moi là où vous la situez si cavalièrement pour ne pas dire prétentieusement, entre un « chercheur » et un « non-chercheur » mais entre un « afro-optimiste entêté » et un « afro-réaliste », et puis il y a des chercheurs qui ne trouvent rien ou couchent des illusions !
    Sinon la preuve flagrante de notre divergence : lorsque je fais appel à des références (Soyinka) qui nous forcent à « vivre » donc combattre, vous vous livrez à des spéculations livresques stériles ou des réponses tout à côté (en quoi Kodjo représenterait-il le combat théorisé par Soyinka ?).
    Et lorsque j’évoque l’’acte vital’ par excellence de l’homme qu’est l’« adaptation », son premier cri à la naissance n’est rien d’autre que sa nécessité à ajuster son corps à son nouveau milieu, le passage de son fonctionnement utérin à la respiration aérienne (j’y peux rien, cette illustration imparable je la puise volontiers dans la science qui est mon métier !), vous y voyez le contraire, un asservissement aux conditions ambiantes…
    Dites-moi donc si l’Africain ne s’adapte avec succès au nouvel environnement de son existence au XXIème, accroché à son seul socle culturel traditionnel, comment le voyez-vous s’en sortir ? Des tonnes des recherches comme celles-là risquent de l’enfoncer davantage…
    Bon j’attendrais quand même le compte-rendu des vôtres, (je m’instruis régulièrement sur l’Afrique, méfiez-vous), qui démontrent, que tout en nous condamnant à notre passé sans chercher à rendre nos « mentalités » plus conformes aux exigences et divers défis d’une Afrique forcément plongée dans l’ère mondialisée, nous gagnerons quand même… Et surtout faites-moi une faveur de me les communiquer…
    En attendant je ne trouve rien d’autre sur quoi discuter sur ce sujet, nous nous sommes dit l’essentiel !

  14. Cher Nono,
    vous avez commencé par des projections (jouissance effrénée de votre liberté d´imagination) et vous finissez par des projections. Avez-vous vu quelque part cette catégorisation ‘chercheur et non-chercheur’? Pure invention comme votre image de l´Afrique. Dans ce contexte, votre vision prétendue réaliste est aussi illusoire. Fuyant la réalité qui est dans l´histoire, vous vous construisez vos réalités à vous et prétendez apporter des solutions d´un afro-entété et épistemologiquement en sous-alimentation.
    Kodjo autant que vous représentez bien ces personnes qui citent de grands noms, mais restez bloqués dans votre monde d´illusions.
    Vous avez visiblement mal utilisé le mot adaptation dans le contexte de la globalisation. Maintenant que vous essayez d´en fournir une interprétation sociobiologique, vous restez aveugle: un BÉBÉ qui doit s´adapter au nouveau milieu a, par exemple, ÉCOUTÉ et enregistré beaucoup de choses dès le ventre de sa maman, il a un NOM qu´il a recu des autres… Il a donc une CULTURE. Il y a un jeu complexe d´interaction entre le bébé et le monde environnant qui fait que plus tard ce bébé sera un homme avec une personnalité établie. L´adaptation ne se fait pas dans le vide. Il y a la nature et la culture, une culture à ssumer. Il faut savoir qui on est et d´où l´on vient. Vous restez dans les insuffisances à cause de votre refus entêté de comprendre ou de chercher à comprendre la signification, la valeur et la place de la culture.
    Vous demandez:
    – « Dites-moi donc si l’Africain ne s’adapte avec succès au nouvel environnement de son existence au XXIème, accroché à son seul socle culturel traditionnel… »: question biaisée, car personne ne vous a parlé de « accroché à son seul socle culturel ». On vous demande de bien connaître votre socle culturel pour ne pas débiter des inepties à son sujet. Vous ne saississez pas toujours la teneur du sujet.
    « Des tonnes des recherches comme celles-là risquent de l’enfoncer davantage… » ou l´expression de la paresse. L´Occident, le Japon… que vous voulez embrasser comme des gamins âgés ont leurs tonnes de recherche. Le développement ne s´improvise pas et ne se décrète pas à coup des slogans. Optimisme béat. Le chemin est long, mais indispensable.
    – « … qui démontrent, que tout en nous condamnant à notre passé sans chercher… »: Pas besoin de faire une recherche pour savoir qu´on ne se condamne pas à un passé. FAUSSE PRÉMISSE des vendeurs des solutions illusoires. Qui ne sait pas d´où il vient, est mal parti pour bien savoir où il va (Même pour montrer sa tigritude, il faut commencer par savoir que l´on est un tigre et non un chat). La connaissance de l´histoire et de sa culture est indispensable pour le développement. Il n´y a pas d´autre chemin. N´en déplaise aux vendeurs d´illusions. L´Occident, le Japon … n´y ont pas fait exception. Et l´Afrique non plus ne peut pas y faire exception. Parler ici de ‘se condamner au passé’ est une caricature qui cache mal une mauvaise foi et un refus de travail.

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