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16 Mai 2017

Politique nationale :

Assemblée nationale : le gouvernement Tshibala investi sans convaincre

 

Le Premier ministre Bruno Tshibala Nzenzhe lors de son discours-programme prononcé mardi 16 mai 2017 à l’Assemblée nationale

Le Premier ministre Bruno Tshibala Nzenzhe a obtenu mardi 16 mai l’investiture de son gouvernement à l’Assemblée nationale. Le successeur de Samy Badibanga Ntita n’a pas échappé à la facilité consistant à présenter un catalogue de bonnes intentions. Des projets sans chronogramme ni moyens à fin. Certains parlementaires lui ont fait le reproche de vouloir embrasser tous les secteurs - sans préciser la provenance des moyens à mobiliser - alors que la mission de son équipe se limite à la tenue des élections. Sans omettre la stabilisation de la situation socio-économique.

L’ordonnance portant nomination du Premier ministre Bruno Tshibala fait référence à l’Accord du 31 décembre 2016 ainsi qu’à l’Arrangement particulier. L’Accord a fixé la date de la tenue des élections à la fin du mois de décembre prochain. Le nouveau "Premier" a affirmé qu’il considère l’organisation de ces consultations politiques comme sa "principale priorité".

Devant les députés nationaux, l’ancien secrétaire général adjoint de l’UDPS a évoqué sa détermination à stabiliser le fameux cadre macro-économique. Pour la petite histoire, le taux de croissance qui avoisinait les 7% atteint difficilement 3%.

Tshibala a promis d’améliorer les "conditions de vie" de la population. Celle-ci a perdu 50% de son pouvoir d’achat avec la dépréciation continue de la monnaie nationale face au dollar américain. Un dollar est échangé contre 1450 à 1500 FC. Il y a six mois, la parité était de 1 USD pour 930 FC.

Le "Premier" est loin d’ignorer que la "communauté internationale" conditionne sa contribution aux élections à l’application intégrale de l’Accord de la Saint Sylvestre ainsi que de l’Arrangement particulier conclus au Centre Interdiocésain. En dépit de tout, il compte sur les "partenaires extérieurs" pour boucler le budget destiné aux scrutins.

Dans leurs interventions, des députés ont exhorté le "chef du gouvernement" a centré l’action de son équipe à quelques objectifs bien limités. Outre la tenue des élections, il y a la stabilisation de la situation socio-économique et la sécurité des personnes et des biens.

L’Ecolo Didace Mpembe a déploré le silence du gouvernement sur l’insalubrité dans la capitale. Il en est de même ainsi des mesures destinées à réduire le train de vie de l’Etat.

Membre de la MP au "parler vrai", Henri-Thomas Lokondo a exhorté le Premier ministre à mettre l’accent sur la cohésion nationale et les mesures de décrispation politique. Selon lui, il y a une réelle "fracture" à ne pas "minimiser" estimant qu’il importe de rester dans la "logique de paix" afin de réconcilier les "deux tendances" du Rassemblement.

S’agissant des apports extérieurs, Lokondo a rappelé que "nos partenaires" posent des conditions avant de libérer leur quote-part. Il a conclu son propos en conseillant au Premier ministre de faire auditer le pays. "Ce qui tue ce pays, c’est le manque de contrôle, l’impunité".

L’UNC Baudouin Mayo a ironisé en qualifiant les mesures économiques et sociales contenues dans le discours de Tshibala de "Matatisme". Une allusion à l’ancien Premier ministre Augustin Matata Ponyo. Pour Mayo, le gouvernement Tshibala ne dispose que de six mois. Il est donc inutile d’inscrire l’amélioration du climat des affaires et la stabilisation du cadre macroéconomique dans le programme.

Le député Clément Nzau a déploré les tracasseries administratives aux quatre coins du pays tout en insistant sur la nécessité de transmettre aux provinces ce que l’autorité budgétaire a prévu pour elles. Tanzi Madrandele a abondé dans le même sens. Il a souligné la nécessité de réformer la justice.

Au total, le gouvernement Tshibala I a obtenu son investiture dans un flots de critique. Au motif qu’il a énuméré un "catalogue de bonnes intentions" sans chronogramme ni précision sur les moyens à mobiliser.

B.A.W
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1 Réaction

Jean-Marie Mabiti [jmabiti@yahoo.fr] 18/05/2017 13:50:06
"En dépit de tout, il (Bruno Tshibala) compte sur les "partenaires extérieurs" pour boucler le budget destiné aux scrutins." Le Premier ministre semble oublier que tout ce qui se fait en RDC, c’est selon "l’inspiration du président Joseph Kabila". Comment ose-t-il contredire le Chef de l’Etat qui a déclaré récemment que le gouvernement allait assumer toutes les dépenses et charges de l’État, en particulier celles liés à l’organisation des élections. En toute souveraineté, rejetant vigoureusement toute intervention extérieure. Le gouvernement Tshibala risque de faire long feu avec ce premier faux pas.


 

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