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17 Mai 2017

17 mai 1997 - 17 mai 2017 :

Luc Mayolo : "L’AFDL a été une catastrophe nationale..."

 

Le colonel-médecin Luc Mayolo Mokede Akaso

Etudiant en Yougoslavie du maréchal Tito au début des années 60, Luc Mayolo va rencontrer un certain Laurent-Désiré Kabila à Belgrade. Le "katangais" suivait un stage à l’agence de presse Tanjung. Officier des Forces armées zaïroises (FAZ), "Luc" ne "piffait" plus l’autoritarisme du régime Mobutu. En octobre 1996, il apprend la naissance de l’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo-Zaïre (AFDL) à Goma. Un jour, Mayolo apprend que "l’ami Laurent" est à la tête de la nouvelle "rébellion". Il traverse à Brazzaville et prend un vol à destination du chef-lieu du Nord Kivu via Kigali. A l’occasion de la commémoration du 20 ème anniversaire de la "libération" du 17 mai 1997, l’ancien officier des FAZ livre un témoignage désabusé. Pour lui, "le 17 mai 1997, la dictature de Mobutu a été remplacée par la tyrannie des Kabila".

Rétroactes. Six années après le discours du président Mobutu du 24 avril 1990 annonçant la restauration du pluralisme politique, le Zaïre semblait empêtré dans une crise politique grave avec une "transition" sans fin. En six ans, le pays a vu défiler six Premiers ministres.

Le 1er octobre de cette même année, des hommes armés venus de l’Ouganda ont attaqué le Rwanda. C’est la naissance du Front patriotique rwandais. Après plusieurs négociations, les belligérants ont fini par signé les accords d’Arusha. Le 6 avril 1994, l’avion transportant le président rwandais Juvénal Habyarimana est abattu au moment où il amorçait l’atterrissage à Kigali. Cet attentat déclenche la guerre civile.

En juillet, les rebelles du FPR se sont emparé de la capitale rwandaise. Ce qui restait de l’armée de Juvénal Habyarimana trouva refuge dans les provinces zaïroises du Kivu. Les nouveaux maîtres de Kigali se sont plaints, à maintes reprises, des incursions menées par les exilés sur le sol rwandais.

Le 22 août 1996, on apprenait que le président Mobutu a été opéré en Suisse d’un cancer de la prostate. "La santé du Président suscite de nombreuses inquiétudes sur l’avenir de la transition démocratique au Zaïre", écrivait le quotidien français "Le Figaro" daté du 9 septembre 1996.

Et voici l’AFDL

Dès le 13 septembre, les médias internationaux font état d’une tension croissante à Uvira, province du Sud Kivu. A Bruxelles, le quotidien "Le Soir" parla d’une "épuration ethnique" menée par l’armée zaïroise. Les victimes seraient des "Tutsis zaïrois" dits "Banyamulenge". Ceux-ci auraient pris les armes pour revendiquer leur citoyenneté.

Vers la fin du mois d’octobre 1996, un certain Muller Ruhimbika commença à émettre des communiqués, depuis Kigali, via l’Agence France presse. L’homme se présentait comme étant le porte-parole des "Banyamulenge" regroupés au sein d’un parti dénommé "ADP" (Alliance démocratique des peuples). "Les Banyamulenge réclament la démission du président Mobutu", annonçait un de ces communiqués. La suite est connue avec l’apparition de l’AFDL. Le mouvement rebelle est dirigé dans un premier temps par le lumumbiste André Kisase Ngandu, ensuite par LD Kabila.

Le colonel Luc Mayolo raconte : "J’ai décidé de rejoindre l’AFDL lorsque le mouvement a annoncé ses priorités à savoir l’instauration de l’Etat de droit et l’achèvement du processus démocratique lancé en 1990". Il met aussitôt un bemol en soulignant que dès l’étape de Goma, il a pris conscience que "l’AFDL n’était pas une affaire des Congolais". Il y avait, selon lui, plus de Rwandais que de Congolais autour de "Laurent".

"L’AFDL a été une catastrophe nationale"

Après la prise du pouvoir à Kinshasa, ses appréhensions se sont renforcées. "J’ai commencé à observer les signes d’une grande catastrophe". Mayolo dit avoir perçu chez le président LD Kabila la volonté de "continuer la tyrannie mobutienne".

A l’appui de sa thèse, il épingle la suppression des partis politiques ainsi que l’interdiction des manifestations pacifiques. Sans omettre les sévices corporels infligés à la population. "Un jour, je me présente à l’entrée de la Clinique Ngaliema, relate-t-il, les enfants soldats dits Kadogos de faction s’apprêtaient à chicoter sur le ventre un taximan qu’ils ont fait coucher par terre. Je suis intervenu pour tirer d’affaire le malheureux". Il cite également le transfert à Kitona - sur décision du chef d’état-major de l’armée, James Kabarebe, alors colonel - des militaires des FAZ où certains sont morts de maladie et de mauvais traitement.

Colonel responsable adjoint du service médical de l’armée congolaise, Mayolo sera dépêché à Kitona afin de s’enquérir de la situation des anciens FAZ. "A l’issue de cette mission, j’ai remis mon rapport au président LD Kabila en appelant son attention sur la gravité de la situation".

Il s’est senti interpellé par tous ces abus imputables aux gens "venus libérer" les Zaïro-Congolais de la dictature. "J’ai commencé à éprouver une immense déception".

Selon Luc Mayolo, la situation du pays n’a connu aucune embellie après l’avènement de "Joseph Kabila" au sommet de l’Etat. Bien au contraire. "La situation s’est empirée", asséna-t-il. Et de conclure : "L’AFDL a été une catastrophe nationale. Après LD Kabila, un ’fou calculateur’ s’est emparé de la direction du pays. Les Congolais ont perdu leur dignité. Le pays ne jouit plus de sa souveraineté. Les Citoyens doivent prendre une ferme résolution afin que ce 17 mai 2017 soit le dernier que les fameux libérateurs auront célébré...".

B.A.W
© Congoindépendant 2003-2017

 

7 Réactions

KUM [kumab2009@hotmail.com] 17/05/2017 15:36:09
Il ne suffit pas d’être Citoyen pour pouvoir prendre une ferme résolution " afin que ce 17 mai 2017 soit le dernier que les fameux libérateurs auront célébré". Encore faut-il être PATRIOTE!



kabambi alexis [kabambialexis@hotmail.com] 17/05/2017 18:31:00
Si vous avez été dans le cercle proche de Laurent Désiré Kabila, dites-nous comment on a procédé pour désigner celui qui devait remplacer le président assassiné! C’est à ce niveau que réside l’énigme car ce sont ces mêmes individus qui continuent à tirer les ficelles pour que la RDC continue à tourner en rond!...



ADK [trebla.imoid@gmail.com] 17/05/2017 20:35:00
Vous devriez cesser de donner votre tribune à Mayolo car chaque fois que je revois sa face, j’ai la nausée. Je n’oublierai jamais ce qu’il nous a fait subir à moi et mes frères lors de l’arrivée de l’AFDL: Arrestations, tortures, passage à tabac, confiscation arbitraire de biens et j’en passe. Même ma fille aînée qui à l’époque n’avais que 8 ans se souviens encore de cette période qui l’avait longtemps après traumatisée. Mayolo qui s’était arrogé le titre de "médecin personnel de Kabila" et qui logeait dans une maison réquisitionnée nous a installé dans un climat permanent de terreur assisté par son ami le Dr Modia pour la simple raison que notre père (qui n’étais pas politicien) avait dû s’exiler avec le Président Mobutu. S’il est sincère, il pourra me reconnaître par recoupements.



Michel-Albert Muzungu [mmuz1@gmail.com] 17/05/2017 21:38:22
La pretendue guerre de Liberation avec son entree a Kin le 17 Mai 1997 que pilotaient LDK et son conglomerat d’aventuriers-tueurs kadogos, inclu un ceratin Hypo Kanambe qui se fait appeler "Joseph Kabila" aujourd’hui, ne fut qu’une vaste escroquerie au pofit de la MAFIA Rwando-Ougandaise qui continue a sucer ce qui reste encore de valable dans le Patrimoine national.



GERMAIN [flower200980@yahoo.de] 18/05/2017 00:13:39
Le 17 mai, c’est du THANKSGIVING DE L’AFDL AU KONGO.
Dans ce THANKSGIVING KONGOLAIS, l’OCCUPANT remercie le peuple kongolais de son hospitalite, de sa generosite, en laissant a l’OCCUPANT a s’accaparer de richesses et les terres du KONGO.
Dans ce THANKSGIVING, le seul gagnant est l’OCCUPANT, car les autochtones sont chasses de leurs terres pour les remplacer par force par les non autochtones.
PETIT A PETIT, L’OISEAU FAIT SON NID.

AFDL = FAULE BEFREIERS, LUEGENER.



Elili [dibangu@hotmail.com] 18/05/2017 05:13:13
Chers Compatriotes,
Ce que ce colonel médecin raconte est ce que toute personne sensée pouvait sentir venir. Car, pendant la période de la Conférence Nationale qui avait déjà pris les rennes du pays, bien que cela soit aussi timide, il était inconcevable qu’un compatriote prenne l’initiative d’attaquer son pays avec deux armées de deux pays voisins sans passer par une instance qui n’était pas dictatoriale: "La Conférence Nationale". Ensuite, il était inconcevable de voir que les Zaïrois s’imaginaient qu’un tel engagement d’un individu avec deux armées de deux pays se fassent sans contre partie. Un autre élément piquait ma curiosité : "la mort de Kisase Ngandu". Comment cet homme était-il mort ? L’avancée de l’AFDL ne pouvait, pour les critiques avertis, que présager de la situation que nous vivons maintenant. Enfin, l’énigme que notre compatriote Alexis relève ici dénote une certaine vision selon laquelle les Congolais sont des victimes de ceux qui tirent les ficelles. Cette vision occulte une grande question, qui concerne la responsabilité des Congolais dans ce qui leur arrive. Dès que l’on aura bien diagnostiquer cela, alors on cherchera des solutions efficaces et durables pour que le Congo sorte de ce chaos qui n’a fait que trop durer. Que Dieu nous vienne en aide.



Jo Bongos [jo.bongos@msn.com] 19/05/2017 10:14:37
@ADK

Je ne sais pas qui vous êtes. Je ne sais pas non plus qui est ce Colonel-médecin Mayolo. Si ce que vous dites est vrai, et je vous crois, vous devriez le traîner devant les tribunaux.

Cherchez à le localiser et demandez réparation par les voies de la justice. Kobanga te ndeko, faites-le au nom de votre fille.


 

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