AccueilCharteQui sommes-nous?RédactionAidez votre journal
17 Juillet 2017

Banditisme d’Etat

Kinshasa : Chantal Mboyo victime d’un « meurtre sur ordonnance » ?

 

Chantal Mombi Mboyo, la défunte administratrice du Grand Marché de Kinshasa

Membre du parti présidentiel, le PPRD, l’administratrice du Grand Marché de Kinshasa a été abattue dans son bureau. C’était le vendredi 14 juillet. L’acte criminel ressemble à un meurtre prémédité. Dans son JT de 20.00, dimanche 16 juillet, la télévision d’Etat, RTNC, n’a pas dit un mot sur le sujet. Les Congolais sont passés maîtres dans l’art de passer vite à autre chose. Selon des sources, la dame Mombi Mboyo a été victime d’un "règlement de comptes". Qui en est le commanditaire ?

Quarante-huit heures après l’attaque de vendredi 14 juillet qui a coûté la vie à l’administratrice du grand marché de Kinshasa, la mouvance kabiliste a enfin rompu le silence en « condamnant » l’«assassinat » de Chantal Mombi Mboyo par des individus « non identifiés ». La déclaration a été faite dimanche 16 juillet par Joseph Kokonyangi.

Secrétaire général adjoint de cette mouvance, ce dernier s’est contenté de lancer quelques vociférations en promettant aux tueurs des « sanctions exemplaires ».

Il semble bien que la gérante de ce marché était la principale cible des assassins. Après leur arrivée au marché, ceux-ci se seraient rendus directement dans le bureau de l’intéressée. Des sources kinoises indiquent que Chantal Mombi Mboyo aurait reçu trois balles dont une à la tête.

Ces sources contredisent les propos tenus par Kokonyangi. Celui-ci a fait état d’égorgement. « A midi vous égorgez des femmes en pleine ville », s’était-il écrié.

Jouant la carte de la dramatisation, le secrétaire général adjoint de la MP d’inviter la population kinoise "à la vigilance". A quoi servent la police et les services de renseignements dont les agents sont payés pour surveiller les menaces éventuelles sur la paix civile ?

Dans une déclaration télévisée, samedi 15 juillet, le gouverneur de la ville de Kinshasa, André Kimbuta Yango, presque souriant, a imputé l’attaque du Grand Marché à des « inciviques ». Il a, par la suite, invité la population à jouer les délateurs. « Nous confirmons que toutes les dispositions sont prises pour la sécurisation de la ville de Kinshasa, a-t-il souligné. Nous demandons à la population de s’impliquer dans cette sécurisation de la ville de Kinshasa en dénonçant ces inciviques qui partagent les mêmes rues, le même quartier que l’ensemble de la population (…)».

Kimbuta Yango qui n’exerce aucune compétence en manière sécuritaire ne s’est pas empêché de « rassurer » les Kinois en promettant que « les équipes provinciales et l’ensemble des services de sécurité feront tout pour mettre ces inciviques hors d’état de nuire ».

Crise de confiance

Porte-parole de la police nationale, le colonel Pierrot Mwanamputu n’a pas osé, se présenter, samedi, au studio de la RTNC pour lire son communiqué intervenu après celui de Kimbuta. Le texte a été lu par un journaliste.

On apprenait que « lors de l’échange des tirs, quatre présumés auteurs de l’infraction en garde à vue ont cassé la porte du cachot et se sont déversés dans la nature », indique le communiqué.

S’agissant du bilan, Mwanamputu fait état de deux tués ( l’administratrice et un sous commissaire de police adjoint) et de six policiers grièvement blessés.

Le porte-parole de la police nationale précise que les agresseurs étaient munis d’armes à feu. Sans rire, il conclut que « les forces de la police sont à la poursuite des dits assaillants ».

Une grave crise de confiance règne actuelle entre les Congolais et leurs gouvernants. A tort ou à raison, les citoyens suspectent "Joseph Kabila" et ses oligarques de manigancer tous ces actes dignes d’un banditisme d’Etat pour créer une sorte de psychose.

Le 17 mai dernier, plusieurs prisonniers se sont évadés de la prison centrale de Makala. Deux mois après, la population attend toujours de connaître les conclusions des enquêtes ouvertes par la police et la justice. D’autres cas d’évasion ont lieu au Kongo Central et au Nord Kivu.

Revenons au Grand Marché. Des observateurs s’étonnent de la facilité avec laquelle les présumés tueurs ont pu opérer. Il semble que les éléments de la garde prétorienne de « Joseph Kabila » sont déployés au marché. Il en est de même de ceux de la police. Où étaient-ils ? C’est la question qui revient dans toutes les bouches.

D’aucuns n’hésitent pas à soutenir que l’administratrice Chantal Mboyo a été victime d’un «meurtre sur ordonnance». Bref, un assassinat. Qui en est le commanditaire ? Quid du mobile ? Double mystère ! Une chose paraît sûre : les tueurs ont bénéficié des complicités pour opérer et repartir. Sans heurts.

Du "grand art" dans ce qui ressemble bien à un cas de "banditisme d’Etat".

B.A.W
© Congoindépendant 2003-2017

 

9 Réactions

Elombe [Odimba@hotmail.fr] 17/07/2017 04:11:51
La révolution finit par manger ses enfants avait déclaré un apparatchik communiste à son époque. Cette dame paie le prix du sang de la mafia Kabiliste. Pour ce qui est du sieur Kokonyangi, ce personnage médiocre et incompétent, ses déclarations sont d?un cynisme sans pareil. En y regardant de plus prêt , c?est le chant de cygne qui annonce la fin cette pantalonnade qui sévit chez nous.



Barnabé Tchikaya [bartcik@hotmail.com] 17/07/2017 04:35:26
Le commanditaire de cet ignoble assassinat et connu, c?est bien cette personne dont le mandat a pris fin le 19 décembre 2016 et qui ne veut pas organiser les élections au Congo et, qui se maintient au pouvoir pas défi. C?est ce même commanditaire qui est en train de mettre le feu, en faisant couler le sang des Congolais à l?Est du Congo. Il doit quitter le pouvoir pour permettre au peuple congolais de se choisir un président congolais qui fera régner la paix au Congo. Le Congo n’a pas connu et, ne connaitra pas de développement avec ce président illégal dont le pouvoir se trouve dans son lit de mort.



JJ [jjbamur@gmail.com] 17/07/2017 07:40:23
Kolya biloka ya mbwa, preparer mbiyo!



Congolais [email@email.com] 17/07/2017 08:24:44
Il semble que les éléments de la garde prétorienne de « Joseph Kabila » sont déployés au marché. Il en est de même de ceux de la police. Où étaient-ils ?

« Où étaient-ils ? », Vraiment ?
Ne savez-vous pas qu?ils étaient très très occupés à rançonner les commerçants et clients du grand marché?



Elili [dibangu@hotmail.com] 17/07/2017 21:17:32
Chers Compatriotes,
Quand on décide d?avoir part à la table des personnages sans foi ni loi, c?est l?issue la plus logique que l?on puisse avoir; Pauvre femme, qu?elle repose en paix. Que ceux qui ont commandité ce rime hodieux ne s?imaginent pas qu?ils échapperont à tout regard et qu?ils ne paieront jamais, en commençant par l?exécutant jusqu?au commanditaire. Que Dieu nous vienne en aide.



Elili [dibangu@hotmail.com] 18/07/2017 05:44:39
Cher BAW,
Vous écrivez : "Une grave crise de confiance règne actuelle entre les Congolais et leurs gouvernants. A tort ou à raison, les citoyens suspectent "Joseph Kabila" et ses oligarques de manigancer tous ces actes dignes d’un banditisme d’Etat pour créer une sorte de psychose."
Si les Congolais avaient encore de la confiance envers leurs gouvernants jusqu?à cet assassinat, c?est que nous avons un peuple vraiment aveugle. Le règime du Raïs commence par un crime : "l?assassinat de son Père"; le fils prend le pouvoir et rien n?avance dans ses investigations pour ce crime. Depuis le Raïs est au pouvoir, dites-moi combien des nuits paisibles les habitants de Béni ont eu. Nous avons le pouvoir qui a fait sortir un néologisme "tombe commune"(dixit son Excellence Bushab, ancien ministre de l?intérieur. Le pouvoir a brillé par les assassinats de toutes sortes, parmi lesquels l?assassinat d?un député national à Kinshasa. Jusque là, nous n?avons jamais entendu parler de l?avancement des investigations à ce propos. C?est l?exécution de cette pauvre dame qui fera l?objet d?un traitement différent ? Mais Chef BAW, nous ne sommes pas tous naïfs. Seulement ceux qui se sont approchés de la table du Raïs, et qui sont en conflit d?intérêt avec d?autres participants à cette même table, ayant dans leurs mains les armes et les services paieront toujours de la sorte leur participant aux banquets macabres de cette association des criminels. Ceci est un avertissement pour ceux qui sont allés dans ce camps sans penser à leur environnement immédiat, ni à leur échelon dans la hiérarchie de ce camp. Quoiqu?il en soit que la pauvre Dame repose en paix, il existe une autre justice à laquelle les commanditaires et les exécutants ne vont pas échapper. Que Dieu nous vienne en aide.



Jo Bongos [jo.bongos@msn.com] 18/07/2017 10:28:01
Face Ă  la barbarie, la civilisation finit toujours par vaincre. Ce sera Ă©galement le cas au Congo. Quoiqu?en pensent ces gens.



Bois [djpcp@yahoo.fr] 18/07/2017 12:47:04
Bonjour BAW pour cette analyse.
Pourrais-tu explorer avec tes fins limiers l?information ci-dessous et nous en dire plus stp ?

Il parait que le meurtre de la regrettée Chantal ne serait que le début d?une série qui suivra, et motivée par son refus de céder face à l?expropriation de plusieurs périmètres du marché déjà vendu depuis un certain temps à divers hommes d?affaires libanais et indo pakistanais qui s?impatientent pour commencer les destructions et entamer leurs constructions.

Au vu de la manière dont elle a été tuée, comme ce qui se passe à l?Est depuis longtemps et au Kasaï, on peut bien deviner les meurtriers, car les congolais, quelques soient leurs provinces ou ethnies n?ont pas la culture du sang dû aux tueries à la machette. Il n?y a que les rwandais qui se sentent à l?aide dans cette manière de tuer. Ils se s?yhabillent en bana mura, se transforment en je ne sais quoi pour arborer des bandeaux rouges que l?ont peu se procurer à tout coin de rue. et se font baptisés makesa de Muanda Nsemi ou Kamuina Nsapu.
Non que l?on cesse de se moquer de nous comme cela!!!



ngekabakabange [kabangu@gmail.com] 18/07/2017 20:30:05
bjr ezali problem ya kabila ye ateki zando ya monene yango alingi alongola batu maman wana aboyaki yango abomi ye


 

Tous droits réservés © Congoindépendant 2003-2017                   mkz@congoindependant.com  Tél : +32 475 22 90 65.