AccueilCharteQui sommes-nous?RédactionAidez votre journal
05 Août 2017

RĂ©cit d’un retour au pays natal

 

Mayoyo Bitumba Tipo-Tipo

Depuis notre dĂ©part du ZaĂŻre en 1991 pour des Ă©tudes postuniversitaires en Europe, nous sommes retournĂ©s quatre fois au pays dans un but touristique, question de profiter de nos congĂ©s d’une semaine aprĂšs six semaines consĂ©cutives de travail pour dĂ©couvrir d’autres coins de la rĂ©publique. La premiĂšre fois, en 2013, n’était pas la bonne. AprĂšs vingt-deux ans d’absence, nous avions foulĂ© le sol de nos ancĂȘtres pour aussitĂŽt nous voir refoulĂ©s. Nous Ă©tions placĂ©s devant un choix difficile. Soit exhiber une carte d’électeur en plus de nos documents de voyage alors que nous rĂ©sidions en Belgique, preuve Ă  l’appui, et que de ce fait nous ne pouvions participer aux Ă©lections de 2011. Soit verser un pot-de-vin de $200. RĂ©voltĂ©s qu’on nous chercha ainsi des poux juste pour nous extorquer des cacahouĂštes, nous Ă©tions retournĂ©s Ă  la case dĂ©part nous envoler vers de lointains horizons dans un autre pays africain.

La deuxiĂšme fois eut lieu en juillet 2014. Nous avions choisi de dĂ©couvrir Libenge pendant une semaine. Ce fut peu avant le JT de TV5 Monde Afrique du 9 aoĂ»t 2014 qui avait diffusĂ© les images des PygmĂ©es manifestant Ă  Kinshasa pour leur dignitĂ© longtemps bafouĂ©e par leurs compatriotes bantous que nous sommes. Qu’il est loin le temps oĂč un reprĂ©sentant de ce peuple accueillait le prĂ©sident Mobutu Ă  Mambasa, au sud-ouest de Bunia dans la Province Orientale, dans un français approximatif. La politique de discrimination positive du rĂ©gime Mobutu envers les premiers citoyens a eu un impact positif. A l’instar de leur porte-parole lors de la manifestation dont il est question ci-dessus, la communautĂ© pygmĂ©e compte aujourd’hui de nombreux lettrĂ©s. Mais la route vers la dignitĂ© est encore longue comme nous avons pu nous en rendre compte Ă  Libenge oĂč les PygmĂ©es se sont semi-sĂ©dentarisĂ©s dans le village Kambe, Ă  10 kilomĂštres, dĂ©signĂ©s sous le vocable Ă  connotation pĂ©jorative de “Mbenga”.

Libenge est une localitĂ© situĂ©e Ă  la frontiĂšre entre les deux Congo et la Centrafrique, sur la rive gauche de la riviĂšre Ubangi, et servant de chef-lieu au territoire de mĂȘme nom dans l’actuelle province du Sud-Ubangi. La citĂ© est reliĂ©e au reste du monde par le rĂ©seau de tĂ©lĂ©phonie mobile Airtel, un vĂ©ritable cauchemar tant les ruptures sont frĂ©quentes. Le rĂ©seau Move de la Centrafrique sert Ă©galement tout aussi difficilement. On ne trouve que trois magasins dans la localitĂ© dont l’un est tenu par un trio de Chinois. Aucune grande compagnie de transfert d’argent. Mais depuis fĂ©vrier 2014, un compatriote semble bien se dĂ©brouiller dans le domaine aprĂšs avoir ouvert des agences de sa “PrĂ©destinĂ©e Sprl” Ă  Kinshasa Barumbu, Mbandaka, Gemena, Dongo, Bwamanda, Budjala, Akula, Binga, Bobito, Karawa et Zongo. Les visiteurs ne peuvent trouver de logement dĂ©cent que dans les deux couvents des SƓurs oĂč les gĂ©nĂ©rateurs fournissent de l’électricitĂ© de 18h30 Ă  21h30. On doit se munir de lampes rechargeables pour ne pas rester dans l’obscuritĂ© le restant de la nuit. Les traces de l’éclairage public et de l’approvisionnement de la population en eau potable sont toujours lĂ  pour rappeler que jadis, la vie valait la peine d’ĂȘtre vĂ©cue ici. Jean-Pierre Bemba a voulu restaurer l’éclairage public, nous a-t-on appris. Mais son immense gĂ©nĂ©rateur est aujourd’hui une vĂ©ritable piĂšce de musĂ©e.

Les enfants de Libenge n’ont sans doute jamais vu de voiture. Rien que des camions et des pickups. Pour se dĂ©placer sur place comme dans les environs, on a recourt aux mototaxis. Ceux-ci ont fait leur apparition en 2012 quand la localitĂ© est sortie de son agonie avec l’arrivĂ©e d’une agence des Nations Unies, le HCR, pour s’occuper des rĂ©fugiĂ©s congolais en Centrafrique. Avant, ce sont les “Toleka”, vĂ©lotaxis, qui faisaient la pluie et le beau temps en matiĂšre de transport. Depuis que les rĂ©fugiĂ©s congolais ont Ă©tĂ© rapatriĂ©s, le HCR s’occupe dĂ©sormais des refugiĂ©s centrafricains aux sites de Boyabo, Ă  19 kilomĂštres de Libenge, et de Mole, Ă  35 kilomĂštres de Zongo. Cette derniĂšre bourgade est elle-mĂȘme situĂ©e Ă  113 kilomĂštres de Libenge et en face de Bangui, capitale de la Centrafrique. Il faut trois heures pour parcourir cette derniĂšre distance en 4x4 et 4, en mototaxi. Comme d’habitude, le HCR attire dans son sillage nombre d’ONG. Ce sont ces organismes, comme on aime a les appeler ici, qui boostent l’économie locale. Ce sont eux qui, il y a encore peu, rĂ©habilitaient la route et reconstruisaient les ponts. Avant leur arrivĂ©e, des ponts pouvaient rester impraticables pendant plus de six mois. Un vĂ©ritable calvaire pour la population.

La petite Ă©cole que frĂ©quenta jadis Mobutu est toujours aussi petite avec le nom du Guide Ă©clairĂ© encore bien Ă©crit en grandes lettres. La villa du commandant de la DSP sous Mobutu, le gĂ©nĂ©ral Nzimbi Ngbale, n’est plus que l’ombre d’elle-mĂȘme. Nombreux Ă©taient les bureaux des partis politiques. Tous transformĂ©s en habitations. Le drapeau du PPRD sert mĂȘme de rideau Ă  l’une d’elles. Ainsi va la vie politique quand le peuple est guidĂ© par des Ă©lites sans boussole. Deux grandes attractions touristiques Ă  Libenge. D’abord, l’aĂ©roport en ruine et utilisĂ© seulement sur une partie de sa piste par les petits porteurs du systĂšme des Nations Unies. Touristique parce que ce fut un temps le plus important aĂ©roport du Congo-Belge. Plus important que celui de Ndolo Ă  Kinshasa. Des vols partaient de Libenge non seulement pour la Belgique mais aussi vers bien d’autres destinations africaines. Notre guide avait connu cette belle Ă©poque. Il nous murmure combien il est difficile Ă  l’antenne de la RVA de rĂ©habiliter un petit bĂątiment pour servir de bureau. Les maigres recettes versĂ©es par les petits porteurs prennent la direction de Kinshasa. Centralisation Ă  outrance quand tu nous tue !

Vient ensuite le collĂšge ultra-moderne construit sous Mobutu avec les conseils pressants de Nzondomio Adokpe Lingo dont le mausolĂ©e est sĂ©parĂ© d’un autre de celui de la mĂšre de Jean-Pierre Bemba. Pour rappel, Nzondomio fut prĂ©sident de l’AssemblĂ©e nationale d’avril 1980 Ă  mars 1984. Il succĂ©da Ă  IlĂ©o Songo Amba (Mars-DĂ©cembre 1979) et fut le prĂ©dĂ©cesseur de Kasongo Mukundji (Mars 1984-Octobre 1987). A la chute de Mobutu, l’inauguration du collĂšge Ă©tait proche. Dix homes d’un Ă©tage chacun pour les Ă©tudiants. Cinq superbes bĂątiments d’un Ă©tage aussi pour les salles de cours et les bureaux. Un magnifique thĂ©Ăątre en plein air. Comme du temps des Romains. Une grande centrale Ă©lectrique vandalisĂ©e. De nombreuses villas pour enseignants et professeurs visiteurs. LaissĂ©es Ă  l’abandon, elles sont complĂštement envahies et enfouies dans la verdure forestiĂšre au point d’ĂȘtre invisibles de la route qui mĂšne vers le site. ExceptĂ© un bĂątiment partiellement occupĂ© par l’extension de l’ISP de Gemena, avec un contraste saisissant entre l’imposante modernitĂ© du bĂątiment en ruine et le mobilier de fortune des Ă©tudiants et professeurs, tout est Ă  l’abandon. Plus irresponsables que les dirigeants congolais, cela n’existe certainement pas. La continuitĂ© de l’Etat ? Connait pas ! C’est Ă  croire que les dictatures des Kabila se vengent de celle d’un fils de l’Equateur en laissant l’argent public pourrir ainsi au lieu d’achever l’Ɠuvre et la mettre au service de la nation.

A la maison d’accueil des SƓurs, la SupĂ©rieure attire notre attention sur le sort injuste des PygmĂ©es. Elle nous fait visiter Kambe, leur village. Nous touchons du doigt leur extrĂȘme vulnĂ©rabilitĂ©. En dĂ©pit des efforts de sa communautĂ© depuis des dĂ©cennies et avec des moyens du bord, se confesse la SƓur SupĂ©rieure, aucun enfant de Kambe n’a rĂ©ussi Ă  terminer des Ă©tudes primaires. Il y a certes la semi-sĂ©dentarisation des parents. Mais il y a aussi et surtout les discriminations des Bantous. Des parents sont indignĂ©s que des enfants “Mbenga” frĂ©quentent la mĂȘme Ă©cole que les leurs. Une fillette “Mbenga” sortie premiĂšre de sa classe dĂ©clenchera mĂȘme la colĂšre de certains parents contre l’enseignant. Comment une “Mbenga” peut-elle ĂȘtre plus intelligente que leurs enfants ? En classe, Ă  la rĂ©crĂ©ation comme dans la rue, les enfants “Mbenga” doivent raser les murs. Se voir balancer Ă  la figure le mot “Mbenga” produit sur eux le mĂȘme effet que le mot “NĂšgre” sur les Noirs. Dans l’AmĂ©rique sĂ©grĂ©gationniste. Sous l’apartheid lĂ©gal en Afrique du Sud. Ou encore au rĂ©gime d’apartheid qui refusait de porter son nom au Congo-Belge. Et dire que tout cela se passe dans l’ex-Congo-Belge devenu indĂ©pendant et souverain. Au 21Ăšme siĂšcle ! Pendant que les Ă©lites congolaises continuent Ă  pourfendre le mĂ©pris des Blancs pour les Noirs.

Il Ă©tait Ă©vident que la SƓur SupĂ©rieure portait ce dossier Ă  notre connaissance dans le secret espoir d’interpeller notre conscience. Comment rĂ©agir positivement sinon en prenant sous nos ailes le destin d’au moins un enfant “Mbenga” d’autant plus que nos propres enfants Ă©taient tous majeurs ? Nous avions avancĂ© un chiffre et dĂ©terminĂ© le sexe : un maximum trois fillettes. Les SƓurs ont fait le choix. En consultation avec les parents. Nous avions ensuite financĂ© la rĂ©habilitation et l’ameublement d’un local abandonnĂ© du couvent. Pour servir de dortoir aux heureuses Ă©lues qui devaient ainsi sĂ©journer au sein de la communautĂ© religieuse. Moyennant paiement, de notre part, pour leur restauration, frais et fournitures scolaires, habillement, blanchisserie et soins mĂ©dicaux. AprĂšs une annĂ©e scolaire, les mĂšres des trois pensionnaires, conscientes de la saga africa en cours, nous ont demandĂ© de les adopter carrĂ©ment. A la grande joie de la SƓur SupĂ©rieure qui s’empressera de nous recommander un avocat du Barreau de Kinshasa Matete. Le 2 mai 2015, le Tribunal de Paix de Libenge rendait le jugement d’adoption. Etait-ce un signe du destin ? Les fillettes sont du village Kambe dans la province du Sud-Ubangi. Nous-mĂȘmes, nous sommes du village Kamba dans la province du Kwilu. Nous les avions prises en charge au nombre de trois. Sans savoir que nous allions ĂȘtre appelĂ©s un jour Ă  les adopter lĂ©galement et que la loi congolaise en la matiĂšre autorise l’adoption d’un maximum de justement trois enfants.

A suivre, avec le rĂ©cit du troisiĂšme et quatriĂšme retour au pays natal. Toujours de petits sĂ©jours d’une semaine.

Mayoyo Bitumba Tipo-Tipo
© Congoindépendant 2003-2017

 

14 Réactions

Chryso [chryso45@hotmail.com] 06/08/2017 02:08:24
Je ne pige rien de ce texte! Sauf un recit de deux sejours touristiques. Quel est le message que son auteur tente d?envoyer? Je ne saisis pas jusqu?ici la pertinence de l?article. Que quelqu?un puisse m?edifier!



mamale [mamale@live.fr] 06/08/2017 12:21:30
Émouvant rĂ©cit certes, et un progrĂšs substantiel de la part de Monsieur Mayoyo qui, plutĂŽt que de nous parler comme par le passĂ© et de maniĂšre rĂ©itĂ©rĂ©e d?un lointain pays, le LibĂ©ria, raconte ici le vĂ©cu quotidien des populations de notre Congo profond.

Néanmoins, la focalisation dudit récit sur des vrais compatriotes déjà décédés dénoteraient un pacte de silence sur la gestion actuelle des colons rwandais qui parasitent notre terre. Il est indéniable en effet que les Mobutu et consorts ont commis des fautes grùves. Etienne tshisekedi, par sa haute trahison de renoncer à sa victoire de 2011 d?abord et son autorisation récente de la signature des accords dits de Saint Sylvestre consacrant la continuité de la colonisation rwandaise du Congo, n?échappe pas au cycle de grùves erreurs de nos compatriotes. Mais en Droit, par leur mort, ils sont acquittés de leurs "délits". Qu?ils reposent donc en paix!

Il serait intéressant pour votre prochain voyage, compatriote Mayoyo, de fouler le sol d?Hewa Bora II, la supposée localité de naissance de Monsieur Kanambe, et d?y visiter l?école primaire que ce sujet rwandais aurait fréquentée. Avant d?y aller, Monsieur Mayoyo, prenez soin de téléphoner à Monsieur Kamerherhe, celui-ci qui par son opuscule "pourquoi j?ai choisi Kabila", dressa une large biographie du monsieur précité.

A votre retour en occident, veuillez vous rendre Ă  la Haye afin d?y rencontrer d?abord Monsieur Jean Pierre Bemba et lui demander quel conseil il prodiguerait Ă  ceux de l?UDPS qui ne jurent que pour le poste de premier ministre laissant la chasse-gardĂ©e de PrĂ©sidence de la RĂ©publique aux rwandais, comme lui-mĂȘme l?a fait en violation de l?esprit d?accords de Sun City. De passage par cette prison de la Haye, veuillez profiter aussi de l?occasion pour demander Ă  Ntaganda combien il doit rembourser Ă  l?Etat Congolais des Ă©moluments indĂ»ment perçus par lui comme gĂ©nĂ©ral congolais, alors que sa nationalitĂ© rwandaise a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©e auprĂšs de ce tribunal. Etant en occident aussi, merci compatriote Mayoyo de vĂ©rifier la fiabilitĂ© du diplĂŽme obtenu par Kanambe dans une UniversitĂ© AmĂ©ricaine selon les Ă©crits de Monsieur Kamerherhe.



Auguy Bilolo [abilolo33@gmail.com] 06/08/2017 12:47:31
Bonjour cher Mayoyo,
Quel récit poignant et révoltant ! Merci pour nous avoir brossé
ce paysage socio-Ă©conomique Ă  la fois pittoresque (de ce que cela
aurait pu ĂȘtre) et pittoyable (de ce que cela est).
Je suis un grand indigné de la tragédie congolaise.
Face à des tels récits, j?ai le haut-le-coeur.
Merci quand mĂȘme.



Roger Murhuza [rogermurhuza@yahoo.fr] 06/08/2017 14:50:04
Bjr cher compatriote Mayoyo,votre recit est trÚs percutant et bien raconté comme vs avez toujours l?habitude ds toutes vos publications que j?apprecie beaucoup



MAYOYO BITUMBA TIPO-TIPO [mbtt30062017@hotmail.com] 06/08/2017 20:52:57
Chers Mamale, Augy Bilolo, Roger Murhuza et Chryso,

J’ai Ă©crit ce rĂ©cit au retour de mon voyage Ă  Libenge en 2014. Mais je l’avais complĂštement oubliĂ© dans mes documents jusqu’à mon dernier retour au pays natal en juillet dernier. Merci pour les rĂ©actions encourageantes. Je sais que le RĂ©dacteur en chef de CIC est demandeur de pareil tĂ©moignage.

Mamale,
O tinda nga mpo na nini ? Bato mosusu, ata yo moko, bakoki kokende bipayi o tinda nga. N’est-ce pas ? Tinda bango.

Auguy,
Heureux de te savoir toujours en vie. Qu’on me permette de te prĂ©senter. Auguy Bilolo est un « ngwashi » rĂ©sidant au Canada. Il Ă©tait le patron du site web Kikwitonline.com, site dans lequel j’avais fait mes premiĂšres armes comme lecteur-contributeur, vulgarisant ma vision politique et critiquant les lumumbistes de la mouvance Gizenga qui sont pourtant de chez nous au Kwilu. Batu pamba!

Roger,
Merci pour votre compliment.

Chryso,
B’a tind’o ? Balle à terre !





Elili [dibangu@hotmail.com] 07/08/2017 05:43:36
Cher Mayoyo TT,
Je viens de lire attentivement votre rĂ©cit et je vous en remercie de tout coeur. Je comprends bien votre engagement et surtout je vous fĂ©licite pour l?acte de compassion que vous avez posĂ© Ă  l?endroit de ces trois fillettes pygmĂ©es. sur ce point crois-moi, nous avons un point commun. Je ne donnerai pas trop de dĂ©tails me concernant, pour ne pas me faire dĂ©voiler, mais sachez que je chercherai Ă  vous rencontrer parce que je pense que nous pouvons faire beaucoup de choses ensemble pour des raisons humanitaires. Vous savez que parmi les combattants, il y en a qui s?engagent pour des raisons de positionnement, d?autres pour justifier leur prĂ©sence sur une terre Ă©trangĂšre, d?autres encore en vue d?une certaine promotion sociale... et il y en a d?autres tout simplement parce qu?ils veulent apporter quelque chose de plus Ă  l?humanitĂ©. Si tout le monde pouvait avoir votre regard sur ce qui se passe dans notre pays, on aurait moins de dĂ©gĂąts et le pays avancerait quand mĂȘme bien que lentement, car, il faut que les initiatives privĂ©es soient protĂ©gĂ©es par l?Etat. Je dois vous dire que j?ai vu des projets Ă©touffĂ©s tout simplement parce que les concernĂ©s se battaient pour la rĂ©alisation de ces projets lĂ  plutĂŽt dans une communautĂ© que dans l?autre, et cela pour des raisons sĂ©grĂ©gationnistes. Cher MBTT, le plus grand problĂšme chez nous est que nous faisons souvent ce que nous condamnons chez autrui. Le tribalisme est un grand flĂ©au qui dĂ©truit le pays et qui nous a amenĂ©s Ă  ce que nous dĂ©plorons aujourd?hui. La discrimination dont les pygmĂ©es font l?objet Ă  Libenge est la mĂȘme que celle des Bayaka ailleurs, les Ngombe (Ngombe alonga te), des babindi, etc.. tout cela dans notre pays. Et si nous en sommes actuellement lĂ , c?est parce que nous avons ce problĂšme. Je n?irai pas dans les dĂ©tails. Si vous organisez une rencontre ou confĂ©rence pour parler de vive voix de votre expĂ©rience qui peut en inspirer beaucoup, lancez l?appel sur Congoindependant.com, vous pourrez rencontrer des personnes capables de faire avec vous quelque chose de plus important et de durable. Que Dieu nous vienne en aide.



Okitundu [papapierreok@yahoo.ca] 07/08/2017 09:17:36
Monsieur Mayoyo
Merci pour ce récit émouvant.
Voici un exemple qui doit susciter l?envie de rentrer de temps en temps dans nos lieux d?origine non seulement pour nous acquérir de la situation sur place, mais aussi voir ce que l?ont peut faire pour contribuer aussi à l?amélioration de la situation sociale de nos proches et ou d?autres compatriotes.
Il ne suffit pas seulement de se décharger sur les autres, alors que nous avons tous bénéficier des contributions des générations précédentes soit par la formtion et l?éducation, soit par des différentes infrastrutures.
Souvent, je ne partage pas ceratines analyses de la situation du pays que vous publiez dans Forum, mais ici, je vous dis chapeau bas.
En effet, la plupat des nos compatriotes qui saventque jamais ils ne remettront plus les pieds en RDC, cherchent toujours à jetter la responsabilité de tous ce qui ne va pas sur les autres et sur l?Etat (je ne disculpe pas celui-ci de son absence dans ceratins coins de l"étendu du Territoire national), oubliant que l?Etat c?est ausi la responsabilité d?un chacun de nous.



Jo Bongos [jo.bongos@msn.com] 07/08/2017 11:59:48
Ba mpangi Auguy Bilolo et Mayoyo,

Effectivement, c?est un récit poignant, de vérité et de tristesse.
Justement, puisque vous vous ĂȘtes retrouvĂ©s, pourriez-vous nous republier le papier de Mayoyo qui Ă©tait disponible sur http://kikwitonline.com/KikwitWeb.nsf/Article/RegionsGrands... ?

Il s?agit de l?article : ??Vous avez dit <>. Je ne le retrouve plus, nulle part.

D?avance, merci.



Raz [rkawaya@yahoo.co.uk] 08/08/2017 09:10:03
Merci monsieur Mayoyo pour ces trois pauvres filles. Si nous qui sommes obliges de retourner au pays chaque annee a cause de nos affaires nous nous mettons a ecrire nos recits, vous allez pleurer! C?est bien d?aider les gens comme nous le faisons aussi, mais ou se trouve la responsabilite de tous ces bandits, ces kuluna en cravate qui gouvernent ce pays? Pouvez vous vous imaginer un ministre qui compte 100 villas dans la simple ville de kinshasa? Trouvez-vous cela normal? L?ecart entre ceux qui ont et ceux qui n?ont rien au Congo est comme le paradis et l?enfer. Tous ces bandits ministres, deputes,ceux qui travaillent a la presidence, etc.. pretendent qu?ils travaillent pour le pays. C?est un MENSONGE car ces bandits travaillent pour leurs familles et leurs ventres. La politique du social, les orphelinats, homes des vieillards etc n?existent pas dans cet enfer, c?est du chacun pour soi. Si vous etes une ame sensible, n?allez pas au Congo. Je me demande de fois si nous arriverons a former une nation one day.



MAYOYO BITUMBA TIPO-TIPO [mbtt11042017@hotmail.com] 10/08/2017 09:00:48
Cher Raz,

Nous visons notre Moyen-Age. Nous ne devons pas dĂ©sespĂ©rer. Nous avons l’obligation de construire un Etat dans lequel les affligĂ©s, qui aujourd’hui broient du noir, seront satisfaits, et les satisfaits, comme le Ministre ayant 100 villas Ă  lui seul, seront affligĂ©s. Mais pour cela, nous devons faire ce que nous n’avons jamais fait des lors qu’il s’agit de construire un Etat digne de ce nom, c’est-Ă -dire rĂ©flĂ©chir. Quant Ă  vos retours au pays natal, il faut en parler mĂȘme en signant les articles sous un pseudonyme.



Jean-Marie Mabiti [jmabiti@yahoo.fr] 10/08/2017 10:59:41
Cher Chryso,
Dans le jargon journalistique, ce genre de papier s?appelle "grand reportage ". Á la petite différence, - et elle est de taille - que l?auteur insÚre subrepticement des réflexions personnelles et des interrogations tendancieuses. Salut !



Mayoyo Bitumba Tipo-Tipo [mbtt28072017@hotmail.com] 11/08/2017 16:13:21
Cher Elili,

Oui, il serait mieux qu’on se retrouve autour d’autre chose que de nous limiter à ce forum, si toutefois nos obligations professionnelles et familiales nous le permettent.



Mayoyo Bitumba Tipo-Tipo [mbtt17062017@hotmail.com] 11/08/2017 16:13:52
Chers Okitundu, Jo Bongos et Jean-Marie,

Ce serait une bonne chose de sortir de temps en temps de nos rĂ©flexions qui sont la suite obligĂ©e de notre indignation face Ă  ce qu’il convient de qualifier de scandale, c’est-Ă -dire le contraste abyssal entre les immenses potentialitĂ©s de notre pays et la grande misĂšre de notre peuple. Mais pour qui y pense, une telle sortie ne peut se faire Ă  100%. Car tout nous ramĂšne Ă  ce scandale.



Alex Mbongo [nambongo@csdd-quebec.org] 14/08/2017 05:08:20
Votre texte nous rappelle que les grandes injustices dans l?histoire de l?humanitĂ© ont fini par ĂȘtre bannies et corrigĂ©es par l?Ă©volution des idĂ©es nouvelles, par le sentiment de la dignitĂ© et l?excellence qui grandissent au sein des nations et des peuples.

Il est plus que temps que les pays d?Afrique Centrale et particuliÚrement la RDC rÚglent la situation de la dignité de nos frÚres Twa avant que d?autres viennent le faire à notre place.

C?est le mérite que je donne personnellement à ce texte. Natif de Mbandaka, je connais bien le traitement dégradant qui a toujours été réservé aux Batwas. Dieu seul sait si hélas cette situation continue, et s?est empirée avec le délaissement des moeurs et la quasi disparition des rÚgles sociales et ethiques dans le Congo s?aujourd?hui.

Vivant actuellement à Montréal, au Canada, pays qui connait actuellement une grande prise de conscience sur l?émancipation des peuples autochtones, dites premiÚres nations, ayant été victimes de grandes injustices au Canada que leurs homologues Twas en RDC; Responsable d?un organisme de bienfaisance enregistré et basé au Québec, je me mets à la disposition de frÚre Mayoyo pour qu?on continue s?il y a lieu à grandir nos idées.

Dr Mbongo


 

Tous droits réservés © Congoindépendant 2003-2017                   mkz@congoindependant.com  Tél : +32 475 22 90 65.