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07 Septembre 2017

Alternance 2017 :

L’IRDH récuse le vote par voie électronique

 

Le siège de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) à Kinshasa

Dans son bulletin daté du 7 septembre, l’organisation non gouvernementale "IRDH" (Institut de Recherche en Droits Humains) s’insurge contre la proposition du vote par la voie électronique. L’annonce a été faite, mardi 5 septembre, par Corneille Nangaa, président de la CENI (Commission électorale nationale indépendante). Outre le peu de fiabilité de cette option, l’IRDH relève que le numéro un de la Centrale électorale n’a fait que relayer le "vœu" exprimé par "Joseph Kabila" dans un discours prononcé le 14 décembre 2015.

Président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), Norbert Nangaa qui dirige une institution technique se prend de plus en plus pour un opérateur politique. Très sensible aux désidérata de "Joseph Kabila", Nangaa "communique" beaucoup. Et très souvent à l’emporte-pièce. "C’est une aberration de consacrer 300 millions USD à l’organisation des élections", a-t-il déclaré, fin août, à Kananga. C’était lors de la rencontre dite tripartite "gouvernement-Ceni-CNSA". "Combien des routes et des hôpitaux aurions-nous construits avec une telle somme?", ajoutait-il.

Poursuivant sa logique, Nangaa a animé un point de presse mardi 5 septembre au cours duquel il a cru faire l’événement en proposant l’adoption du vote par la voie "semi électronique". Le but, selon lui, serait de "réduire le coût" des opérations électorales lesquelles gagneraient en célérité. Pas de chance. Suspecté pour sa "proximité" avec l’Exécutif, le Président de la CENI qui croyait réinventer la roue n’a fait que servir d’écho au discours prononcé par "Joseph Kabila" en date du 14 décembre 2015.

Le coût des opérations électorales"

Dans son bulletin daté du 7 septembre, l’IRDH que dirige l’avocat Hubert Tshiswaka Masoka écrit en liminaire que le vote par la voie électronique "n’est pas envisageable" au Congo-Kinshasa en relevant, au passage, que le Président de la CENI est resté muet sur la "faisabilité" de cette option.

Tout en admettant "l’assurance de l’obtention des résultats électoraux plus rapides et plus fiables", l’IRDH épingle néanmoins plusieurs inconvénients. A savoir notamment: le coût du matériel, l’inconstance de l’énergie électrique et le faible taux de pénétration de l’Internet dans la société congolaise.

L’IRDH de souligner, par ailleurs, que Nangaa n’a rien inventé. Il n’a fait que "réitérer le vœu" exprimé le 14 décembre 2015 par "Joseph Kabila" au cours d’un message devant les deux chambres du Parlement réunies en Congrès : « (…) Je demeure une fois de plus persuadé que l’option à lever sur les modalités de vote prévues à l’article 47 de la Loi électorale, à savoir : soit le vote par bulletin à papier, soit le vote électronique, pourrait contribuer à réduire substantiellement le coût des opérations électorales».

Inféodation de la CENI au pouvoir

"Joseph Kabila" a été "élu" en 2006 et "réélu" en 2011. Le budget électoral s’élevait respectivement à 450 et 750 millions USD. Notons que dans le premier cas de figure, la contribution de la communauté internationale représentait 80% du coût total. Lors de ces deux consultations politiques, "Joseph Kabila" et ses affidés n’avaient trouvé rien à redire. Et pour cause, ce dernier était encore éligible.

Le premier alinéa de l’article 70 de la Constitution stipule que "le Président de la République est élu au suffrage universel pour un mandat de cinq ans renouvelable une seule fois". L’article 220 interdit, dans son premier alinéa, toute révision constitutionnelle touchant notamment "le nombre et la durée des mandats du Président de la République".

Frappé d’inéligibilité après l’expiration de son second et dernier mandat le 19 décembre 2016, le Président sortant use et abuse des artifices pour retarder l’avènement de l’alternance démocratique. Les constituants de 2005 avaient prédit le risque d’une "dérive dictatoriale".

Auditionné à la Commission des Affaires extérieures de la Chambre et du Sénat belge, Apollinaire Malumalu, alors président de la CENI, avait estimé l’enveloppe globale des élections à 750.212.788 USD. C’était en janvier 2014. Le montant a été revu à deux reprises, sous Corneille Nangaa, jusqu’à atteindre la somme de 1,8 milliard USD.

Les parlementaires belges n’avaient pas manqué de stigmatiser, en termes à peine voilés, l’inféodation de la CENI au pouvoir politique. "La CENI sera jugée sur ses actes", avait bredouillé Malumalu.

Pour l’IRDH, la centrale syndicale devrait maintenir le vote au moyen du bulletin papier. Elle doit être dotée de moyens financiers pour ce faire. Aux termes de l’article 47 de la loi n°11/003 du 25 juin 2011 portant organisation des élections, le vote par voie électronique est parfaitement légale. Mais...

B.A.W
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4 Réactions

Christian [christian@yahoo.fr] 07/09/2017 16:48:06
La majorité de congolais est unanime: "kabila" n?organisera jamais les prochaines élections!
"kabila" a organisé deux élections, il a choisi déliberement de mettre en oeuvre le plan que lui a été assigné par son maître à pensée Kangamé, qui est de provoquer un chaos et déclaré un état d?urgence pour une dirée indéterminé en mettant toutes les élections en veuille.



Jo Bongos [jo.bongos@msn.com] 07/09/2017 19:53:37
Un gouvernement incapable de salarier correctement ses médecins  et ses enseignants; un gouvernement incapable de délivrer de l?aspirine aux malades par son hôpital de référence... Ce gouvernement veut nous faire croire qu?il est capable d?organiser des élections par voie électronique. Mais oui, bien sûr, certains d?entre nous savent qu?on peut acheter des kits électoraux déjà pré-programmés à New-Delhi ou à Manille. Avec les résultats souhaités.
Si j?étais le président du RASSOP, je les laisserai se faire prendre dans leur jeux. Car il est facile de déprogrammer - à distance, ces machins. Trop facile. Il suffit de dénicher un très bon programmeur. Ça court les rues de Manille et de New-Delhi.



Kolomboka [kolomboka@yahoo.fr] 07/09/2017 22:33:10
A Baudouin Amba,

Merci pour cette analyse éclairante.Il sied de rappeler à mes compatriotes congolais, qu?on organise guère une élection présidentielle dans un pays sous occupation des troupes étrangères et des ennemis de la République. Ni Kabila, ni Nanga personne ne jouit d?une légitimité légale pour tenir en main le destin de tout un peuple. Au peuple congolais qui a tant souffert de ce "Régime" moribond
d?user de l?article 64 de la Constitution pour faire ombrage au criminel et assassin Hyppolite Kanambe au nom d?emprunt de Joseph Kabila.

J?ai dit !

Kolomboka



Baka [guybaka@hotmail.com] 08/09/2017 00:06:10
A priori, on ne peut rejeter le vote électronique. C?est seulement la méfiance suscitée par l?inféodation de la CENI au régime Kabila qui engendre cette critique, alors que ce vote aura l?avantage de gagner du temps dans les différentes phases de l?élection. Même le vote sur papier est exposé à la forte tricherie et les magouilles policières et terroristes d?un régime déterminé à se maintenir à n?importe quel prix. 2006 et 2011 sont les cas patents d?exemple type de fraude et de gangstérisme électoral. Et cela peut se répéter même si Kabila n?est pas candidat. Le meilleur à faire est de lutter pour l?indépendance effective de la CENI et pour la maîtrise et le contrôle par toutes les parties impliquées de l?ensemble de l?outil informatique de la CENI. Réfuter le vote électronique sans même offrir les possibilités de contrôler efficacement le vote sur papier dénote d?une réaction épidermique. L?enrôlement en cours est déjà émaillé de beaucoup de fraudes et rien n?indique que ce sera corrigé si la CENI continue à être ce qu?elle est.


 

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