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09 Septembre 2017

Mesquinerie :

Congo-Kin : Ne dites surtout pas que «Kabila» est fin mandat…

 

"Joseph Kabila" photographié lors de l’inauguration de son second et dernier mandat, le 20 décembre 2011.

Défenseur judiciaire près le Tribunal de Grande Instance de Lubumbashi, Jacques Kapanga Nyembwe est détenu, depuis le 6 septembre dernier, au cachot des services spéciaux de la police congolaise. Il lui est reproché d’avoir déclaré dans un cyber café que "le mandat de Joseph Kabila est terminé depuis décembre 2016". Interdiction de rire!

Dans son bulletin daté du 9 décembre, l’ONG de défense des droits humains "IRDH" (Institut de recherche des Droits Humains) se dit "vivement préoccupé par l’arrestation et la détention" du défenseur judiciaire Jacques Kapanga Nyembwe.

Tout se serait passé le mercredi 6 septembre dans un cyber café situé sur l’avenue Mama Yemo à Lubumbashi. Un capitaine de la garde prétorienne de "Joseph Kabila" dite Garde Républicaine y a conduit deux militantes d’une association dénommée "Groupe de soutien au président Joseph Kabila". Les deux femmes devaient photocopier des messages de "soutien au raïs Kabila".

C’est ici que le fameux capitaine s’est cru en droit d’arrêter Jacques Kapanga Nyembwe. Au motif ubuesque qu’il aurait entendu ce dernier clamer que "le mandat du Président sortant a expiré depuis le 19 décembre 2016".

On se demande bien la base juridique à l’appui de laquelle ce sous-officier a "inculpé" ce concitoyen qui n’a fait qu’exprimer ses opinions. Des opinions qui se fondent au demeurant sur le premier alinéa de l’article 70 de la Constitution qui stipule : "Le Président de la République est élu au suffrage universel direct pour un mandat de cinq ans renouvelable une seule fois". Rien à fouetter un chat.

Les Congolais sont prévenus : désormais l’évocation de l’expiration du second et dernier mandat de " Joseph Kabila" est érigée en "infraction".

Soixante-douze heures après cette arrestation pour le moins arbitraire, "l’inculpé" n’a toujours pas été présenté devant une autorité judiciaire. La "garde à vue" dépasse ainsi le délai constitutionnel de 48 heures.

"Un homme mesquin et médiocre"

L’ONG de défense des droits humains "IRDH" dit sa vive préoccupation" de voir un membre des forces armées s’impliquer "dans des activités politiques" et user "de son statut, pour influencer la répression policière des personnes exprimant des opinions contraires au parti au pouvoir".

Depuis 2014, "Joseph Kabila" semble prendre un plaisir cynique à persécuter tous ceux qui osent faire allusion à la fin de ses deux mandats et clamer leur opposition à un troisième mandat en violation de la Constitution.

Jacques Kapanga Nyembwe vient d’ajouter son patronyme sur une longue liste. Outre les personnalités regroupés au sein du G7, on peut citer notamment : Jean-Claude Muyambo Kyassa, Vano Kiboko Kalembe, Georges Mawine, Eugène Diomi Ndongala, Franck Diongo Shamba. Sans omettre le cas emblématique de l’ancien gouverneur du Katanga Moïse Katumbi.

Dans un communiqué daté du 2 janvier 2015, "JUSTICIA Asbl" annonçait l’arrestation, sans mandat, au chef-lieu du Haut-Katanga de Mukaz Tshikomba A Tshing, vice-président des "Jeunes katangais". L’homme avait dit haut et fort son hostilité à la révision de la Charte fondamentale du pays pour permettre au Président sortant de se succéder à lui-même.

Inaugurant son second et dernier mandat, "Joseph Kabila" avait juré "devant Dieu et la nation" notamment "d’observer et de défendre la Constitution et les lois de la République". C’était le 20 décembre 2011. Du 20 décembre 2011 au 19 décembre 2016, cela fait exactement cinq ans. Jacques Kapanga n’a rien inventé.

On ne peut que comprendre la démarche de l’IRDH demandant au procureur général près la Cour d’appel de Lubumbashi de se pencher sur ce "dossier judiciaire". De deux choses l’une : le défenseur judiciaire doit être remis en liberté ou "déferrer devant la juridiction compétente". "Depuis 2014, sentant la fin prochaine de son second et dernier mandat, Joseph Kabila n’a cessé de montrer sa vraie face. Celle d’un homme mesquin et médiocre", commente un confrère lushois.

B.A.W
© Congoindépendant 2003-2017

 

5 Réactions

KUM [kumab2009@hotmail.com] 10/09/2017 07:01:14
Honnêtement là nos frères Shabiens doivent désormais commencer à perdre leurs illusions au sujet de celui qu?ils avaient appelé "M?toto yetu"; maintenant que cet individu lugubre se révèle n?être qu?un fauve, un tigre qui a commencé à les dévorer un à un.
Il n?est pas trop tard pour les Katangais de se lever pour défendre la cause commune avec le restant des Congolais.



MAYOYO BITUMBA TIPO-TIPO [mbtt10092017@hotmail.com] 10/09/2017 16:34:38
Qui de l’élite congolaise et de Joseph Kabila est « mesquin et médiocre » ? Est-ce Joseph Kabila qui tire profit d’un système politique boiteux ou l’élite congolaise qui a mis en place un tel système croyant, dans sa naïveté immense, que celui-ci ouvrirait la voie à l’Etat de droit tant recherché depuis l’indépendance ? Quand des crimes se commentent dans une société et que leurs responsables ne sont pas arrêtés et déférés devant la justice, on ne blâme pas ces derniers. On blâme les forces de l’ordre qui se montrent ainsi incapables à faire leur devoir. Il est temps que les Congolais comprennent leur erreur collective consistant à se jeter à l’eau au lieu de réfléchir sur la démocratie s’ils ne veulent pas voir quelqu’un d’autre occuper le fauteuil présidentiel demain et faire exactement ce que l’on reproche aujourd’hui à Joseph Kabila. Oui, malheur aux peuples conduits par des élites sans boussole.



Jean-Paul Majambu [pmaj@yahoo.fr] 10/09/2017 18:52:52
Voila la definition d?une VOYOUCRATIE, ce au service d?un intru, jadis chauffeur de taxi a Dar-es-Salaam, aujourd?hui planquant des milliards aux paradis fiscaux et revant de presidence-a-vie.

Et pendant ce temps son farfelu 1er Ministre (sur papier), Bruno Tshibala Nzenza, dont le Mandat pretendanit s?inscrire autour de l?organisation des Elections, et donc l?Alternance au Sommet d?ici 31 Decembre 2017, lui est en tourisme a Paris et Bruxelles.

Bref, pour les Congolais qui ont marre de ce Voyou sanguinaire et voleur se cramponnat au pouvoir sans merite depuis 16 ans, l?application de l?Article 64 est d?urgence d?ici 31 Decembre.

Une tres courte Transition s?en suivra alors avec un digne fils du Pays, tel Dr Denis Mukwege, pour mener le Pays aux Elections.



Christian [christian@yahoo.fr] 11/09/2017 14:11:08
Cher BAW,
ne nous fatiguons pas de continuer à reclamer le départ de monsieur Kanambe alias Kabila; c?est l?unique et seule manière de l?envoyer aux oubliettes de l?histoire.
Kanambe remplira les prisons, après les avoir vidé par une manipulation d?évasions successives dont celle de Makala, l?objectif est de le remplir à nouveau avec des hommes comme Kapanga, qui défieront son pouvoir.
Je le redis ici, cher BAW, Kanambe n?organisera jamais des élections par ce qu?il a peur de se retrouver derrière les barreaux tellement il a commis tant des crimes en RD Congo; de l?assassinat de M?zee en passant par celui d?Armand Tungulu et de Floribert Cebeya et tout récemment des nombreux kasaiens à leur tête Kamuina Nsapu, Kanambe ne peux en aucun cas échaper à la justice de la nouvelle RDC.
Les congolais sont la risée du monde aujourd?hui au vue de toutes les souffrances que Kanambe et les occupants rwandais nous font voir.
Si nous voulons rester l?unique peuple en Afrique sous la domination de son petit voisin, alors taisons nous, sinon suivons l?exemple de Kapanga et allons le rejoindre en prison en criant haut et fort, Kanambe alias Kabila est fin mandat depuis le 31 décembre 2016!



Bella T [bella70243@yahoo.com] 12/09/2017 16:26:06
Il n?est pas fin mandat, il est hors mandat donc illégal et illégitime, passible d?emprisonnement dans les pays où prime la loi.


 

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