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09 Novembre 2017

Les Ă©lections en RDC replongent AU COEUR DES TENEBRES.

 

Marcel Yabili

Il convient de lire mon livre “Deux saisons, sans la troisième république”. Tout est entretenu par une culture de la ruse et le rejet de la lecture de textes, qu’ ils soient constitutionnels ou même conventionnels.

Sur le terrain:

1. L’ absence d’ organisation d’ élections est une faute. Grave. Il n’ y a pas eu de scrutin depuis toujours pour les villes et communes , depuis 2006 pour les provinces et le Sénat et depuis 2016 pour le parlement et la présidence. Si ces fautes de gouvernance ne sont pas dénoncées ni sanctionnées, ce sera un mauvais précédent qui rendra incertaines la tenue régulière de scrutins. L’ enjeu n’ est pas Kabila, mais la stabilité future du pays.

2. Le rejet de bon sens.

2.1. Les caisses sont vides, mais on garde le format coûteux des élections de 2006 qui avaient été financées par la Communauté internationale. Personne ne propose de formule peu coûteuse.

2.2. Il y a des dépassements de délais, mais on ajoute la participation aux élections des Congolais de l’étranger. On veut terminer les inscriptions pour répartir arbitrairement les 500 sièges des députés. Etc.

2.3. On se cristallise sur Kabila, mais on regroupe tous les trois scrutins le même jour. Cela recule les échéances. La présidentielle seule aurait pu se tenir déjà.

3. Les élections avaient été acceptées par tous les intéressés pour 2018. On vote à 18 ans, et depuis deux ans, on inscrit sur les listes électorales les jeunes nés en 2000. Ils savent tous cela...

4. On rejette les institutions. La Constitution est remplacée par l’ accord de la St Sylvestre. Le départ précipité de Kabila ouvre la fonction au président du Sénat, mais on imagine un président de transition. Les questions qui fâchent relèvent de la Cour Constitutionnelle, mais elle est écartée. Etc.

5. Actuellement, on entend parler de l’ article 64 qui justifierait la descente dans la rue. Comme si on n’ avait pas d’ autres voies, comme s’il n’ y avait pas assez de violences dans le pays. On oublie que c’ est la Cour Constitutionnelle et pas un groupe de gens qui peut vérifier si une situation viole la Constitution. Surtout, le fameux article 64 est du genre “légitime défense”. Jamais la légitime défense n’ a autorisé de passer à l’ action... L’ article 64 permet tout simplement aux “insurgés” de bénéficier du pardon des juges.

Etc

Marcel Yabili
© Congoindépendant 2003-2017

 

3 Réactions

Elili [dibangu@hotmail.com] 10/11/2017 06:13:00
Chers compatriotes,

Il n?existe pas de culture de la ruse, ni de rejet de la lecture des textes "Convetionnels" ou "constitutionnels. Les Zaïrois, en acceptant l?arrivée de l?AFDL, ne pouvaient pas s?attendre à autres choses. Et pour cause, on accepte un maquisard qui avait passé son temps plus dans les bistrots au mieux, et au pire dans des activités que nous ne connaissons pas. Ce maquisard, homme de paille est assassiné au vu et su de tous, ceux qui l?ont accompagné trouvent qu?il était sage, prudent de prendre son fils pour lui succéder afin de sauver le pays. Mon oeil ! Toutes les personnes, qui avaient essayé de remettre en cause cette manière de procéder ont été réduites au silence même par ceux des nôtres ayant une culture très élevée dans la matière. Maintenant nous nous plaisons à faire des analyses pour comprendre ce qui nous est arrivé, ce qui se passe et où cela nous amène, alors que la question fondamentale serait pratique. Que faire pour nous réunir afin de faire partir par tous les moyens, celui qui nous amène un mode de vie de Hewa Bora. Nous devons nous regarder en face, faire taire nos différences, et nos différends afin de faire partir ce que nous appelons maintenant par pudeur "culture de la ruse, et de rejet de la lecture des textes". Sans texte, aucune société sérieuse ne peut fonctionner actuellement. Le contrat social qu?on accepte cette théorie ou non ne peut exister que s?il y a respect de texte et de la parole donnée. Qu?est-ce qu?un texte sinon une parole fixée sur un support matériel résistant, et qu?est-ce que la parole sinon un texte existant dans l?oral, et pas encore matérialisé. Les diplômés des universités en matière stratégique devraient bien comprendre le mode de fonctionner de ceux qui ont choisi de suivre leur Raïs" pour l?encoder et de lui trouver un antidote au profit du pays. Que Dieu nous vienne en aide.



Mozangba Petelo [mozangba28@hotmail.com] 10/11/2017 08:33:42
Oh, Monsieur Yabili Ă©crit comme s?il n?avait pas les deux pieds sur terre.

Quelle confiance doit-on faire à une cour constitutionnelle qui n?en est pas une, une Cour constitutionnelle qui travaille pour protéger le pouvoir de Kabila, une Cour constitutionnelle corrompue, une Cour constitutionnelle qui constitue la chambre haute du PPR, de la MP, de Kabila et sa famille!

c?est dommage de lire de telles analyses et Monsieur Yabili se moque du peuple.

Cette réflexion est un chiffon!



Jean-Marie Mabiti [jmabiti@yahoo.fr] 10/11/2017 14:25:33
Et si on osait, enfin, réfléchir comme si Kabila n?existait pas.
Avant Kabila, il y avait le Congo; après Kabila, le Congo sera toujours
lĂ .
On doit oser se poser la question fondamentale: "Pourquoi, rien ne va au Congo ?" Après avoir identifié les causes de notre mal-vivre ensemble et de mauvaise gestion de la chose publique, alors, on s?appliquera à trouver des solutions efficaces et efficientes.
D?emblée, on devrait se poser les questions suivantes:
1) La Constitution du 18 février 2006 est-elle adaptée, d?bord au pays et ensuite aux nécessités et impératifs de bonne gouvernance ?
2) La Constitution du 18 février 2006 est adaptée aux exigences du développement du pays ?
3) La forme des institutions publiques est-elle pro-développement ,
4) Les élections devraient-elles organisées de la manière quui a cours actuellement ?
5) Pourquoi Ă©lire un Chef de l?Etat, irresponsable devant le Parlement et le peuple, au suffrage universel direct ?
6) Y a-t-il un Congolais capable de se payer, HONNETEMENT, sans soutienextérieur ou mafieux, une campagne éléctoral à travers le vaste Congo ?
7) Pourquoi organiser les scrutins le mĂŞme jour ?
8) A quelle logique répond l?organisation des élections provinciales, locales, à la même date sur l?étendue de la République ?
9) A qoui sert la CENI, dès lors que l?Administration du Territoire est déployée à travers le pays , et dispose des effectifs capables d?identifier les habitants et d?enrôler les élections, de manière routinière et à moindre coût ?
Etc.
Ce sont lĂ  des questions existentielles, qu?il faidrait se poser un jour.
Et ce jour viendra...


 

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