La Commission économique pour l’Afrique (CEA) prévoit pour l’année en cours un taux de croissance de 5,8% pour le continent noir qui doit cependant diversifier son économie et transformer ses produits de base.
La Commission économique pour l’Afrique vient de rendre public mardi 3 avril à Addis-Abeba, en Ethiopie, son dernier rapport économique sur l’Afrique intitulé : "Accélérer le développement de l’Afrique à travers la diversification". L’Afrique connaît encore cette année un taux de croissance élevé. Il ressort de cette analyse que les économies africaines vont connaître un taux de croissance moyenne de 5,8% en 2007 contre 5,7% en 2006. En comparaison, selon le FMI, la croissance mondiale sera de 4,9%. Les Etats-Unis verront leur taux de croissance augmenter de 2,2% contre 2,3% dans l’Eurozone et 2,3% au Japon. La Chine connaîtra une augmentation de son PIB réel de 10% en 2007 et l’Inde, 8,4%. Selon un communiqué de la CEA, "les récentes performances de l’Afrique en matière de croissance se fondent sur une amélioration de la gestion macro-économique dans plusieurs pays ainsi que sur une forte demande mondiale pour les principaux produits africains d’exportation. Cette forte demande s’est traduite par des prix à l’exportation élevés, en particulier pour le pétrole brut, les métaux et les minéraux." Malgré ce taux de croissance économique en hausse, l’Afrique ne parvient toujours pas à se développer. La pauvreté continue à y règne. Cela est imputable, selon les auteurs du rapport, au manque de diversification de l’économie et de transformation des produits de base. La plupart des économies sont basées sur un ou deux produits primaires alors que la lutte contre la pauvreté recommande le passage vers les nouvelles technologies. Selon des experts, le continent noir doit créer ses propres marchés pour accompagner cette diversification qui passe par l’amélioration des infrastructures de base. La CEA estime que "le processus de diversification en Afrique est considérablement influencé par l’investissement, le revenu par tête, le degré d’ouverture du commerce, l’orientation de la politique macro-économique ainsi que le cadre institutionnel." Le Rapport recommande en conséquence la mise en place des politiques macro-économiques, commerciales et sectorielles en vue de favoriser la diversification ainsi que le renforcement institutionnel. Selon la CEA, "des politiques de diversification souples permettant aux Etats de réaliser des niveaux élevés d’investissement public sont essentielles pour la réussite de la diversification. Par ailleurs les pays africains doivent accroître le financement pour la recherche et le développement pour encourager l’innovation, augmenter la productivité et accélérer la croissance économique." Le développement de l’Afrique passe par l’accès au commerce mondial. Mais à ce jour et en dépit des accords préférentiels, la part de l’Afrique dans le commerce mondial est toujours marginale. Ses exportations ne dépassent pas 3% du total mondial alors que l’Asie compte pour 29%. Cela provient de l’incapacité à mettre sur les marchés des produits compétitifs tant du point de vue de la qualité que des prix. Il en est de même du non-respect des contrats commerciaux. Signalons qu’après 30 ans de relations commerciales bilatérales avec l’Europe, les experts européens constatent que les pays ACP (Afrique, Caraïbes, Pacifique) n’exportent toujours que quelques produits de base qui affichent pour la plupart des prix plus bas qu’il y a vingt ans. Selon eux, les vieilles recettes n’ont pas favorisé la diversification, la compétitivité et la croissance, sans compter qu’elles sont incompatibles avec les règles de l’OMC (Organisation mondiale du commerce). Notons que l’Union européenne vient de proposer aux régions de l’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP) un accès illimité à son marché. Ceci, dans le cadre des négociations des Accords de partenariat économique (APE). Cette offre s’étend à tous les produits, y compris les produits agricoles tels que le bœuf, les produits laitiers, les céréales et tous les fruits et légumes. Il n’y a que le sucre et le riz qui ne sont pas concernés et pour lesquels une période transitoire (jusque 2015) a été mise en place.