Dos Santos chasse les Congolais, Kabila se réjouit de « bonnes relations » entre les deux pays
J. Kabila et J. Edouardo Dos Santos
L’expulsion de plusieurs milliers de ressortissants congolais n’a pas sorti les gouvernants congolais de leur impassibilité. En dépit de plusieurs expulsions de ses concitoyens de l’Angola, Joseph Kabila continue à se féliciter de bonnes relations existant entre lui et son homologue angolais, devenu plus qu’un « parrain ». Un protecteur.
Une fois de plus plusieurs milliers de citoyens congolais ont été expulsés, sans ménagement, le week-end du 6 juillet des régions diamantifères de la République populaire d’Angola. Nul ne peut décemment contester à l’Etat angolais d’exercer la compétence exclusive sur son territoire. Un bémol cependant. Interrogés par la radio Okapi, à leur arrivée aux postes frontières de Dilolo (Katanga) et de Mwene Ditu (Kasaï oriental), plusieurs refoulés congolais portaient de traces de sévices corporelles. Ils ont affirmé avoir subi de « mauvais traitements » avant d’être dépouillés de leurs biens par les forces de sécurité angolaises. Il se pose dès lors un devoir d’assistance à une population en danger. Les autorités provinciales à Lubumbashi ou à Mbuji-Mayi n’ont fait aucune déclaration. Pas un mot de protestation. Le vice-gouverneur Yav Tshibal, joint à Lubumbashi, s’est contenté de déclaré à l’AFP que les refoulés « étaient des milliers ». A Kinshasa, le gouvernement du Premier Antoine Gizenga se tait comme à son habitude. On l’a vu dans l’affaire Bundu Dia Kongo. Il en a été de même dans le dossier Kahemba examiné au demeurant à huis clos par les « élus du peuple » à l’Assemblée nationale. Le « Premier » Gizenga s’est dérobé également lors des affrontements des 22 et 23 mars derniers entre les membres de la garde présidentielle et les soldats attachés à la sécurité de l’ancien vice-président Jean-Pierre Bemba. Joseph Kabila, lui, fait mieux.
Bonnes relations
Dans l’interview qu’il a accordée à l’hebdomadaire « Jeune Afrique » n°2424, daté 24-30 juin 2007, Kabila fait l’éloge de l’excellence des rapports qui existeraient entre Kinshasa et Luanda. « (…). Nous avons de très bonnes relations avec les autorités de Luanda ». Très bonnes ? Joseph répondait à une question sur l’occupation, par l’Angola, de plusieurs villages du territoire de Kahemba dans la province du Bandundu. Selon lui, pour les raisons citées précédemment, ce différend frontalier ne pourrait « absolument pas » dégénérer en un conflit ouvert. Ce que le numéro un Congolais ne dit pas ce que ce discours autant mou que diplomatiquement correct découle du fait que son pouvoir est assis sur un siège éjectable dont le bouton se trouve au palais présidentiel angolais. Boutade ? Nullement. Depuis la « libération » du 17 mai 1997 ayant porté LD Kabila au pouvoir, le régime angolais de José Edouardo Dos Santos traite les dirigeants du « Grand Congo » avec la plus grande condescendance. Pour causes ? La force aérienne angolaise dû intervenir en mai 1997 pour permettre aux « libérateurs », composés essentiellement des soldats rwandais et ougandais, de faire sauter le verrou de Kenge et ouvrir le chemin de Kinshasa. En août 1998, les forces armées angolaises, encore elles, ont mis en déroute, dans la province du Bas-Congo, un commando conduit par le général rwandais James Kabarebe dont l’objectif était d’évincer L-D. Kabila. Ainsi faire payer à celui-ci son « ingratitude » suite à la rupture avec ses ex-parrains rwandais et ougandais. Depuis cette dernière intervention, les dirigeants congolais –Joseph Kabila, en tête - sont devenus débiteurs, à l’égard de l’homme fort de Luanda, de leur survie politique.
Acte hostile et inamical
Cette dépendance politico-militaire a pris des dimensions préoccupantes depuis l’élection présidentielle de 2006. La veille du second tour, tenu le 29 octobre dernier, Joseph a fait un saut dans la capitale angolaise. Quel était le but du voyage ? La réponse est venue la veille du scrutin par le déploiement des policiers angolais sur tous les points stratégiques de la capitale congolaise. La « communauté internationale », prompte à donner des leçons en matière d’élections « libres et transparentes », a brillé par un mutisme complice. Lors des affrontements des 22 et 23 mars, un contingent de l’armée angolaise est venue à Kinshasa pour épauler les éléments de la garde de Kabila. Tous les observateurs s’accordent à reconnaître que Joseph n’a pu sauver son fauteuil que grâce au précieux concours de Dos Santos. Les hommes de Bemba ont été battus par des soldats aguerris, bien entraînés et bien équipés. L’information relative à la participation angolaise aux combats a été diffusée par l’AFP citant des témoins à l’aéroport de Ndjili. Joseph continue à nier cette évidence. De bonnes sources, on apprend que les diplomates angolais confient en privée que toute volonté congolaise de porter l’affaire Kahemba devant la Cour internationale de justice serait perçue comme « un acte hostile et inamical ». Est-ce pour cette raison que le ministre des Affaires étrangères, Antipas Mbusa Nyamuisi, soutient le contraire de ce qu’il affirmait par rapport à son collègue en charge du ministère de l’Intérieur ? Rappelons que depuis 2004, pas moins de 300.000 citoyens de la RD Congo ont été expulsés des provinces minières d’Angola. Kabila, lui, continue à clamer : les relations entre Kinshasa et Luanda sont excellentes. Pour qui ?
Patrick Ilunga [epenetusa@yahoo.fr] 11/07/2007 13:45:14
A quoi sert un gouvernement qui n’est pas capable de proteger ses ressortissants qui sont en danger dans un pays etranger???
KOPERE [Amon-ka@hotmail.com] 11/07/2007 16:54:59
Je reconnais toute la pertinence de vos analyses. Cependant, j’attire votre attention sur le mal dont souffre le Congolais à savoir; ’le fanatisme délirant". C’est pourquoi, je vous previens d’avance: "Ne soyez pas étonné de recevoir des partisans appartenant à l’écurie de la mouvance présidentielle, un autre son de cloche". Inutile de vous étonner, car le malheur du peuple congolais réside du fait de ne voir que l’intérêt immédiat du groupe auquel, on appartient(Cf.le regretté Pasteur Albert Lukusa). Par ailleurs, l’attitude de l’Angola ne m’étonne pas. Je me souviens encore à propos de l’aide apportée par l’Angola pour mettre en déroute la bande à James Kabarebe. Nous étions alors à la maison Internationale chez Ludo Martens, l’omnipotent président du PTB(Dieu sait auprès de qui, il se trouve actuellement à Kinshasa ?)Passons !!! Lors de mon intervention, j’ai attiré l’attention des congolais en leur disant: "l’intervention de la république populaire d’Angola pour sauver la RDC risque de nous coûter cher un jour". A ma grande surprise, j’ai été véhément pris à parti par l’auditoire me taxant carrément :" d’oiseau de mauvais augure". Près de dix après, j’entends encore des cris d’un certain Valentin(le kivutien) résonné dans mes oreillles.Ce genre d’attitude illustre bien un autre mal dont souffre le Congolais, c’est celui de l’absence "d’esprit d’anticipation".Le congolais tout comme ses dirigeants sont des "Suiveurs et/ou Suivistes". A l’allure où vont les choses, tous les compteurs sont au rouge vif. A ceci s’ajoutent les disparitions "sans traces" des émminentes personnalités comme le Docteur SOSO, médecin personnel de Jean Pierre Bemba dont personne ne veut se souvenir de lui.Nous avons d’ailleurs rencontrée le 30 juin dernier, sa maman inconsolable face à la disparition de son fils bien aimé. Nous sommes tous comptables de tout ce qui se passe en RDC.
Salutations panafricanistes distinguées.
KOPERE kopere kongolo. Enseignant et Membre du collectif SANKOFA. Bruxelles, le 11/07/07.
Eva Masamba Keta [eketa@hotmail.com] 12/07/2007 15:23:41
Je regrette LD Kabila. Un Léopard qui a accouché un mouton. Joseph Kabila est un mouton qui n’a rien de son géniteur de Léopard qu’était LDK. Alors qu’on dit tel père tel fils, du moins sur l’essentiel. LDKabila est héro par sa vision de la grandeur du Congo et sa capacité de dire non à la manipulation des pays voisins et autres quelle que soit la contribution dans son arrivée au pouvoir. De même manière, LDK avait de l’ascendence sur ses ministres qui ne pouvaient pas s’écarter du cap de la reconstruction du pays et surtout ne pas donner le signe de l’intelligence avec les puissances étrangères hostiles aux intérêts et à la dignité des Congolais. Les accointances de l’entourage de Kabila et de certains de ses ministras avec l’Angola est une menace pour le Congo et pour Joseph Kabila lui-même. Un ministre des Affaires étrangères bidon et incompétent comme Mbusa ne mérite pas la place qu’il occupe. En plus du dossier angolais, à la conférence d’Accra, il a affiché une attitude inqualifiable face aux élucubrations de Museveni. C’est lui qui doit être le "porte parole du Président de la République et du Premier Ministre". Sinon, pourquoi il va dans toutes ces rencontres. On voit manifestement, comme l’a affirmé un diplomate, que Mbusa ne comprend rien de la complexité du monde diplomatique et de toutes les théories qui régentent ce domaine. La honte. Il se contente d’offrir la mine de bon enfant, comme si la diplomatie se limite à la politesse-courbette à l’égard des puissance étrangères. Surement pour se ménager des sympathies de sa future candidature à la présidence en 2011 comme il a fait sans succès en 2006. Non. C’est plutôt un combat d’arguments de défense de la politique étrangère de la République. Mbusa connait-il ce qu’est la politique étrangère? Qu’il rentre dans le commerce, terrain de prédilection des Nande et les intrigues de la rébellion où Kakolele prépare le terrain à côté de Nkunda. Comme l’ a dit une compatriote, on attend Septembre, la date promis par le Président de la République pour nétoyer tous ces incomptents et sauver son mandat. Je suis en colère. Les Congolais ne vont pas être tournés en bourrique durant les 5 années du mandat de Kabila pas Dos Santos, Kagame, Museveni. Et après par les autres qui suivront. Parce que ces gens placent au gouvernement, dans l’armée, au service de sécurité leurs pions congolais assoiffés d’argents et de pouvoir et faire constamment des chantages au Chef de l’Etat et au Premier ministre. Ces ministres disent à ceux qui veulent leur entendre que Kabila ne peut rien contre moi, sinon il a affaire avec le parrain Dos Santos. A septembre.
à la lecture des événements de kahemba,je me pose la question de savoir si l’honneur a un sens pour nos institutions.pourquoi cette propension à reflechir comme des serfs?