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28 Mars 2008

Débat houleux à l’Assemblée nationale sur l’affaire «Bundu dia Kongo»

 

Une vue de l’hémicycle du Palais du peuple

Les députés ont longuement débattu, mercredi 26 mars, au cours d’une séance plénière, sur l’affaire « Bundu dia Kongo », mouvement politico-religieux dirigé par le député Zacharie Badiengila (Ne Muanda Nsemi), accusé d’être à la base des événements sanglants survenus dernièrement dans la province du Bas-Congo. Plusieurs élus du peuple ont reproché à l’Etat congolais d’avoir négligé la situation qui date de longtemps. Le manque d’autorité de l’exécutif national a aussi été relevé. Certains députés ont déploré la rébellion de « BDK ».

La séance qui était dirigée par le président de l’Assemblée nationale, Vital Kamerhe, était consacrée à l’audition du ministre d’Etat en charge de l’Intérieur, la décentralisation et de la sécurité, Denis Kalume Numbi, et du chef spirituel de « BDK », conséquemment à la question orale, avec débat, du député Gilbert Kiakwama Kia Kiziki de la Convention des démocrates chrétiens (CDC). Dans son intervention, M. Kalume Numbi a présenté à l’Assemblée nationale les événements survenus dans cette province à la suite des affrontements entre des adeptes de « Bundu dia Kongo » et des éléments de la police nationale congolaise (PNC). Il a fait une présentation en images des faits délictueux de « BDK ». Cette présentation a été appuyée par la lecture des textes démontrant que le chef spirituel de « BDK », Badiengila Ne Muanda Nsemi, a projeté la partition de la République Démocratique du Congo, contrairement à la Constitution qui a été violée par ce fait.

Bilan officiel : 27 morts

27 morts dont 3 policiers, tel est le bilan officiel de ces incidents. 34 adeptes de « BDK » sont en détention à Matadi, alors que des enquêtes judiciaires s’avèrent nécessaires. Pour M. Kalume Numbi, entre l’Etat et le BDK, il n’y a pas une crise, mais plutôt une rébellion. Le ministre d’Etat a souligné que le gouvernement va mener une opération pour assister la population en détresse. La Police nationale congolaise est à la disposition des institutions de la République et a besoin de voir la formation de ses éléments renforcée et ses équipements modernisés.
Le chef de l’Administration du territoire congolais, qui a répondu aux 16 questions posées par l’auteur de la question orale, Gilbert Kiakwama Kia Kiziki, a fait valoir que Badiengila ne Muanda Nsemi entretient une milice, défie et nargue l’Etat. Dans la présentation en images, il y a eu des témoignages de violations massives des droits de l’homme et des tracasseries sur des paisibles citoyens attribuées aux adeptes de « BDK ». M. Denis Kalume a fait la lecture d’une série de documents pour renforcer sa thèse sur l’auteur de ceux-ci, Badiengila Ne Muanda Nsemi. Quant à la question de savoir où la Police d’intervention rapide (PIR) est intervenue, il a parlé des territoires de Luozi, dans le district des Cataractes, et de Seke-Banza, dans celui du Bas-Fleuve, où la vie a été troublée, ainsi que du centre de Muanda (également au Bas-Fleuve). Les éléments de la PIR, formés par la France et l’Union européenne, avaient reçu des consignes de protection des populations. Ils ont reçu la mission de quinze jours renouvelables.

Intervention de Ne Muanda

Le chef spirituel de « Bundu dia Kongo » est intervenu pendant près de 02h30’, en commençant par une mise au point selon laquelle il ne s’était jamais proclamé demi-dieu, indiquant que toute personne consciente, arrivée à un certain niveau élevé, peut déclarer se rapprocher de Dieu. Le chef de « BDK » a également parlé de la restauration de l’autorité de l’Etat, en arguant qu’il s’agissait d’un montage à l’égard de ce qui s’était passé en Roumanie de Ceausescu. Il a prétendu qu’il était très populaire au Bas-Congo, soulignant les principes de justice d’une infraction qui est individuelle et que tout accusé devait jouir de présomption d’innocence.
Badiengila a également évoqué son interview à RFI qui aurait été fractionnée au sujet du tracé de frontières (artificielles) par les colonisateurs) avant d’argumenter qu’il n’avait jamais demandé l’établissement d’un Etat unique Kongo en Afrique centrale et la suppression des frontières. Ne Muanda Nsemi a réfuté le fait qu’il a créé une milice dans la mesure où des armes ramassées aux forces de l’ordre avaient été restituées.
Le député Ne Muanda Nsemi a aussi parlé des éléments armés ayant porté des tenues de la police qui auraient, selon lui, violé et brûlé des villages. Il a souligné que le «génocide du peuple Kongo » était financé et préparé par l’extérieur, avant de se défendre sur des menaces et des exactions des prêtres et autres religieux.
Concernant les symboles de « BDK », il a rappelé que les partis politiques comme l’ANC, le PALU, le MLC avaient leurs drapeaux. Le chef spirituel de « BDK » s’est en outre penché sur des frustrations infligées à la communauté Kongo, avant d’exiger une commission d’enquête internationale et qu’une fois les responsabilités établies, que les coupables soient traduits devant la Cour pénale internationale. Le chef spirituel de « BDK » a conclu son intervention par demander le départ des deux gouverneurs du Bas-Congo et l’organisation d’une table – Ronde pour permettre à la population de cette province de laver ses linges sales en famille.
Le président de l’Assemblée nationale déplore le manque de collaboration du gouvernement. Le président de l’Assemblée nationale avait, en introduction du débat, relevé le manque de collaboration du gouvernement avec son institution sur certaines questions d’importance nationale, en prenant notamment certaines décisions qui intéressent la chambre basse du Parlement sans s’y référer. M. Vital Kamerhe a cité en exemples les affaires « Kahemba et BDK » pour lesquelles le gouvernement a pris position sans se référer à l’Assemblée nationale. Il en est de même de la révocation des mandataires de l’Etat à la Société nationale d’électricité (SNEL) et à la REGIDESO et de l’éviction du ministre des Transports et voies de communication dans l’affaire du crash de Kingasani.
« L’Assemblée nationale n’est pas une caisse de raisonnance du gouvernement. Il faut que dans l’avenir, des précautions soient prises dans ce sens », a-t-il indiqué.
L’interpellateur appelle les députés à se déterminer selon les exigences de la vérité et de la justice. Ouvrant le débat après l’intervention du ministre d’Etat, le député Gilbert Kikwama Kia Kiziki, auteur de la question orale, a rejeté les conclusions du ministre qui, a-t-il affirmé, n’a pas apporté les éclaircissements attendus sur des crimes allégués et leurs auteurs présumés. « Que chacun des élus qui viendra à cette tribune apporte sa pierre à la construction d’un Congo véritablement républicain et véritablement démocratique en se déterminant selon les exigences de la vérité et de la justice, hors de tout clivage partisan », a-t-il déclaré. Les députés se retrouveront ce jeudi à l’hémicycle du Palais du peuple pour auditionner le ministre d’Etat Kalume qui répondra aux nombreuses préoccupations des élus du peuple.

(D’après ACP)
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5 Réactions

NGIMBI DIA KONGO [ngimbi2@hotmail.com] 28/03/2008 15:47:47
37 morts, mais pas de responsabilités !!! Présider une République, chers compatriotes, ne s’improvise pas. Il ne faudrait pas seulement être d’obédience Kongo pour compendre que le malaise est pronfond et généralisé, en outre il serait injuste ou réducteur de limiter ces derniers événements au phénomène BDK.
Depuis la légitimation théatrale de Joseph, nous n’avons pas cessé de compter les morts, le Kongo central en particulier, caracole en tête de la liste macabre. Aucune enquête n’a cependant établi, clairement, les faits et désigné les véritables responsables, si ce n’est d’accabler de manière éhontée et imaginaire les victimes. L’Etat est irresponsable . Comment ne pas susciter des comportements inciviques ou extremistes dans certaines souches de la population? Et surtout quand on observe la façon dont le gouvernement traite avec les groupes armés, responsables de tous les maux à l’est du pays.
J’espère que l’assemblée nationale se désolidarisera du gouvernement, et que pour une fois les têtes tomberont. Une vie n’est peut-être rien au Congo, mais rien ne vaut encore une vie au royaume des irresponsables!!



Teddy Mfitu [teddymfitu@yahoo.fr] 28/03/2008 19:50:41
Le Gouvernement irresponsable,despotique et sanguinaire de Mr Kabila confond surement sa mission belliqueuse et guerrière aux aspirations du peuple congolais.
Sa mission n’est pas celle de tuer en premier lieu et se livrer à la guerre statistique du decompte des morts à chaque fois avec l’opposition politique,la société civile et les Ongs mais celle de protéger toutes les vies congolaises.

Que des morts depuis l’avenement de l’AFDL et l’homme à la grande capacité d’écoute au pouvoir en 1997.
Ils ne se comptent meme plus en unité ni en dizaine mais en centaine et en millier.Déjà 6 millions à son actif en ce jour.
Ceux qui meurent ne sont pas des chiffres.Ce sont des etres humains,des pères de familles.

Déjà Mr Kabila est incapable d’offrir un minimum vital à sa population malgré l’immense richesse avec une varièté indescriptible des ressources minières que regorge notre pays.
Il ne peut pas se permettre de détruire des vies et l’avenir de tout un peuple comme bon lui semble.

En usant toujours de la force disproportionnée pour rétablir l’autorité de son pouvoir,tuant pour la cause des congolais comme des mouches pense t-il au moins aux veuves ? aux orphelins ? aux innocents ?
Quelle structure Mr Kabila a déjà créé pour s’occuper des victimes de sa folie meurtrière ?

La plus grande gloire d’un peuple n’est pas de ne jamais tomber,mais de se relever à chaque fois pour affronter l’adversité et tailler son destin.
Ce que Mr Kabila et ses sbires ignorent,c’est justement ce genre des situations dramatiques qui vont souder toute la nation pour les mettre hors état de nuire.

Vivre ou mourir pour la patrie nous vaincrons.

Teddy Mfitu



Mayoyo Bitumba Tipo-Tipo [mayoyobitumba@hotmail.com] 28/03/2008 20:34:46
Il ne sert a rien d’affirmer ce que tout le monde connait, a savoir que l’Assemblée nationale n’est pas une caisse de raisonnance du gouvernement. Mais puisque la realite de Assemblee nationale congolaise est telle que celle-ci n’est pas le contre pouvoir que l’on attendait et qu’elle joue effectivement le role de caisse de raisonnance du gouvernement, il convient de reflechir sur les voies et moyens de mettre un terme a cet etat des choses. Quand, sur des questions d’importance nationale, le gouvernement prend des décisions qui intéressent la chambre basse du Parlement sans s’y referer, cela signifie que la democratie n’est qu’un vernis de surface. Cela demontre une fois de plus les limites du mimetisme politique dont les Africains sont si friands. Au lieu de s’extasier chaque fois face aux institutions democratiques importees de l’Occident et a la tenue des elections, les Africains doivent observer attentivement la scene politique et concevoir des mecanismes appropries pour controler et arreter, le cas encheant, le pouvoir des uns et des autres. Car la democratie, c’est avant tout l’existence des freins reels a l’exercice du pouvoir.



Chantal Kabekulu [chankab@msn.com] 28/03/2008 23:15:19
Chers compatriotes, le plus grand danger que court la RDC est la présence de flatteurs du régime - inclus de pseudo-généraux et pilleurs tels que Denis Kalume, John Numbi et Raus Chalwe -, qui tentent de restaurer la tyrannie à travers de répressions sanglantes. A noter que ce groupe de generaux-corrompus a de la peine à exhiber ses prouesses militaires à l’Est face à 4000 hommes de Nkunda! Bref, à l’Ouest, ce groupe de tueurs-kabilistes travaille d’arache-pied afin d’enraciner une "présidence à vie" au profit de leur petit parrain... Une tyrannie qui leur garantirait la jouissance de privilèges de leur kleiptocratie. Les massacres qui viennent de se dérouler au Bas Congo - et antérieurement à Kinshasa en Mars 2007 - ne sont qu’une manière d’intimider et réprimer ceux qui osent encore "bouger" au sein de l’Opposition. Nous ne sommes necessairement d’accord avec toutes les methodes du BDK inclu ses tendances xenophobes. Mais, entre le BDK et la "Mafia Kabila-Katumba-Kalume" au sommet, le pire demon pour les Congolais est le maintient de la bande a Kabila au sommet. Car ce groupe est responsable d’une longue liste de crimes contre l’humanité en RDC! Mais qu’ils se rassurent: La justice internationale leur rendra la monnaie bientôt! Charles Taylor se croyait untouchable!



Jacques [jclukogholwita@yahoo.fr] 29/03/2008 13:46:41
La faute revient au dirigeants de la RDC. Ils sont incompetants
Ies familles victimes doivents etres assister le plutot possible


 

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