Quid des armes de guerre récupérées par le «Parec» ?
Daniel Mulunda Ngoy Nyanga lors d’une conférence tenue à Bruxelles. Photo C.I.C
Bénéficiant d’un important soutien financier du «raïs» congolais Joseph Kabila, l’Ong «Parec» du très influent Pasteur Daniel Mulunda Ngoy Nyanga poursuit son opération «Arme à feu contre 100 USD» à travers les 24 communes de la ville de Kinshasa. Plusieurs milliers d’armes ont été reprises. Tout en saluant cette action, des observateurs soulèvent des questions notamment sur la destination donnée à l’armement recupéré dans la mesure où le ministère de la Défense n’est pas impliqué à ces actions. L’état-major général des Forces armées de la RD Congo, non plus.
Dans une dépêche datée 10 décembre dernier, l’Agence congolaise de presse (ACP) rapporte que les «notables» du quartier Kingabwa (Commune de Limete) «ont salué» lundi 8 décembre l’opération «arme contre 100 dollars américains» menée par le «Parec» (Programme oecuménique de paix, transformation des conflits et réconciliation). «Cette opération va atténuer la criminalité dans le quartier, vu le nombre d’armes récupérées», ont estimé ces «notables». Selon un membre du Parec non autrement identifié, l’association a pu récupérer près de 300 armes à feu rien que dans cette banlieue de la capitale. Elle s’est fixée pour ambition d’atteindre le chiffre de dix mille armes aux quatre coins de la mégalopole kinoise. Un petit calcul mental laisse apparaître qu’il faudrait au bas mot un million de dollars américain en guise de budget. L’objectif avoué par Daniel Mulunda paraît louable : lutter contre l’insécurité. Signalons que des opérations identiques ont déjà été menées au Nord-Katanga et dans les provinces du Kivu. Elles ont connu des fortunes diverses. Après avoir battu campagne dans les communes de Barumbu, Kitambo, Limete et de Ngaliema, le Parec a pu se saisir, au total, contre espèces sonnantes et trébuchantes, de plus de trois milles armes et divers équipements militaires. Cela va du fameux kalachnikov (AK47) aux chargeurs et autres tenues militaires. Dans ce Congo démocratique où le solde du «petit soldat» atteint à peine les 20 USD, des observateurs joints au téléphone à Kin redoutent que certains militaires et officiers – alléchés par la prime – soient tentés de recourir à des amis ou parents pour «restituer» quelques fusils et grenades des FARDC pour empocher les 100 USD. Les mêmes observateurs soulèvent des questions tant sur l’intégrité morale du président du Parec que sur le risque de voir l’arsenal saisi se retrouver entre les mains de nombreuses milices «pro-opérant dans les deux provinces du Kivu.
«Gédéon»
Qui est Daniel Mulunda? «Kabiliste, père et fils» devant l’Eternel, Daniel Mulunda Ngoy Nyanga est né le 1er novembre 1959 à Lubumbashi. Sa famille est originaire du territoire de Malemba Nkulu (Nord-Katanga). Théologien de formation, l’homme serait proche de l’évêque sud africain Desmond Tutu. C’est en 1997, lors des négociations Mobutu-Kabila, sous la médiation du président Nelson Mandela, que Mulunda est entré dans le sillage de LD Kabila. Celui-ci a été heureux d’apprendre que «Daniel» était serait un peu son neveu dans la mesure où son père avait épousé en seconde noce une de ses «cousines éloignées». Le 17 mai 1997, LD Kabila est porté au pouvoir suprême grâce à une aide des armées rwandaise et ougandaises. Une année après, c’est la rupture entre le «Mzee» et ses mentors d’hier. Selon certaines sources, le pasteur Mulunda a été un des initiateurs de la création, en 1999, d’une milice dénommée «Forces d’autodéfense populaire» (FAP). Craignant la prise de Lubumbashi par les rebelles du RCD-Goma, LD Kabila avait mis sur pied cette organisation paramilitaire. Des armes ont été ainsi distribuées à des jeunes désoeuvrés du Katanga. Après la signature de l’Accord de cessez-le-feu de Lusaka en juillet 1999, les miliciens des «FAP» ont été livrés à eux-mêmes. La force paramilitaire s’est éclatée en plusieurs factions dites « Maï Maï ». Le chef milicien Mutanga Kyungu alias «Gédéon» est un pur produit des «FAP». On le dit proche du «général» John Numbi Banza, l’actuel patron de la police nationale.
Pré-dialogue
C’est en 2000, que le Pasteur fait son apparition sur la scène politique congolaise en jouant le rôle de «modérateur» lors du «pré-dialogue intercongolais» organisé à Kinshasa. Le 16 janvier 2001, LD Kabila meurt. Il est remplacé par Joseph. Mulunda reprend du service. Selon ses propres dires, le nouveau président le charge de convaincre le facilitateur Ketumile Masire de reprendre sa «facilitation». En décembre 2002, c’est l’organisation du Dialogue intercongolais à Sun City. Daniel Mulunda figure dans la délégation du gouvernement de Kinshasa. Il serait, selon ses déclarations à la presse, un de ceux qui avaient suggéré à Joseph Kabila de créer un parti politique, en l’occurrence le Parti du peuple pour la reconstruction et le développement (PPRD). « Regardez sur la liste des membres fondateurs du PPRD, mon nom y figure», déclarait-il dans une interview accordée à notre confrère «Le Soft» daté 28 septembre 2005. Le Parec a-t-il reçu mandat du gouvernement pour accomplir les opérations de récupération d’armes ? La réponse tient en un mot : non. La raison est simple. Après l’installation des institutions de la transition fin juin 2003, un organisme a vu le jour. Son nom : Commission nationale de désarmement, démobilisation et réinsertion (Conader). Financée par des bailleurs de fonds extérieurs, la Conader a pu démobiliser près de 100.000 combattants en 2006. Malgré l’existence de cette Commission, le «Parec» s’est cru en droit de lancer une opération parallèle de récupération d’armes dite «Vélo contre arme» dans le Nord Katanga. Motif invoqué : la Conader n’avait élaboré aucun plan pour cette partie de l’ex-Shaba. La Mission de l’Onu au Congo s’est empressée de prendre ses distances vis-à-vis de l’initiative du Parec suspecté de travailler dans l’opacité.
Financement présidentiel
Depuis deux ans, la Conader a été remplacée par le PND (Programme national de désarmement). Ce nouvel organisme attend désespérément de recevoir du gouvernement congolais un budget estimé à 85 millions USD pour son fonctionnement. D’où proviennent les moyens financiers du Parec? Daniel Mulunda Ngoy n’a jamais fait mystère du fait qu’il reçoit une assistance de Joseph Kabila. Celui-ci puiserait dans «ses propres moyens». La hauteur de l’intervention présidentielle n’est pas connue. «Au Katanga, Daniel Mulunda avait demandé un million de dollars pour désarmer Gédéon, dit une source onusienne jointe à Kinshasa. La Monuc a pu mettre la main sur le fameux Gédéon sans demander un sou». Signalons qu’après son arrestation en mai 2006, le chef milicien Kyungu Mutanga a été « détenu » en véritable « Vip » dans le Messe des officiers à Lubumbashi. Chaque semaine, l’ancien gouverneur « Maï Maï » du Katanga, Kisula Ngoy, remettait une somme de 150 000 FC pour la nourriture de Gédéon, sa femme et son fils. Selon des indiscrétions, les fonds venaient de la Présidence à Kinshasa. Où est entreposé l’armement repris par le Parec? Quelle autorité en assure la garde ? Pour avoir posé toutes ces questions, la représentante de la Monuc au Katanga d’alors, la Colombienne Magda Gonzalez, a été invitée par… le pasteur Mulunda, en juin 2006, à quitter la région accusant la diplomate onusienne de rédiger des «rapports mal intentionnés pour étouffer le travail du Parec». C’était au cours d’une conférence de presse tenue à Lubumbashi. Pour la petite histoire, Joseph Kabila se trouvait en tournée à Kamina. Pouvait-il ignorer les «débordements» illégaux de ce pasteur qui se fait passer pour son «conseiller spirituel» ? En fait, Mulunda a plusieurs casquettes dont celle de "conseiller privé" du «raïs» congolais. C’est sous ce titre qu’il a effectué, en 2006, un voyage en Belgique. Accompagné de l’avocat bruxellois Philippe Chansay-Wilmotte, l’homme clamait avoir été mandaté par le chef de l’Etat afin de négocier le rapatriement des soldats et officiers ex-Faz réfugiés en Europe en général et en Belgique en particulier. L’affaire a fait «flop». Question finale : Quid de la destination donnée aux armes reprises par le Parec? Seul Daniel Mulunda Ngoy Nyanga pourrait répondre à cette question cruciale. Interrogé samedi 13 décembre par notre confrère «Papa Jules» de «Radio Panik» de Bruxelles (FM 105.4), le politologue belgo-congolais Bob Kabamba a laissé entendre qu’outre le CNDP de Laurent Nkunda, vingt-deux autres groupes armés seraient présents au Nord Kivu. D’où proviennent les armes détenues par ces milices?
Aujour’hui le congo va mal, les congolais sont massacres, violes ,pillage de nos resources,...une guerre qui vient d’ailleur comme tout le monde le sait dont le gouvernement est responsable de ccertains problemes....mais d’une maniere ou d’une autre l’enemi de congolais c’est le congolais lui meme.la presse doit faire de son mieux pour donner a notre population la vrai information et sure au lieu de se lancer dans des critiques sans fondement et objective parcequ’on aime pas telle ou telle personne et tout cela cree une division parmis les congolais. Aujourd’hui c’est l’interet de notre nation qui compte de plus. Avec tout ce que Katebe katoto fait( trahir son pays) qui est l’enemi numero 2 de notre peuple? Et la presse reste muette A ce sujet??? Un autre point, congo independant n’affiche pas des reactions qui le mettent en cause..,si vraiment votre site se bat pour la democratie de notre pays pourquoi ne pas afficher les messages qui mettent en cause votre information puisque c’est ca la democratie ou pour vous etre independant c’est d’ecouter tout le monde qui lance des reaction injurieux contre le regime en place et je me demande si M. Bemba serait president aujourd’hui, est ce que vous serai a mesure de denoncer certains derapages ou votre site se transformerait en digital congo qui ne parle que du bien au quotidien du pouvoir en place. je sais que vous n’afficherez pas ma reaction mais quand meme j’ai passe le message. vive l’unte du congo!!!!!!!
Avoir comme pays leCongo ou Zaire est une source malédiction. Depuis que je suis né, ce pays ne connait que des problèmes. A mon enfance, ce sont les Katangais qui sont entrés en rebellion contre le pouvoir central. Après, c’est Mobutu et les Bangala qui s’accaparent de tout. Et puis ce sont les Kabila avec les Katangais et les Kivutiens qui dirigent tout. La vérité est bien simple: nous ne sommes pas capables de diriger ce pays sans pouvoir tomber dans nos instincts tribaux. La soulution est bien simple: DIVISONS LE CONGO ET CHAQUE PROVINCE POURRAIT SE DEVELOPPER INDIVIDUELLEMENT. Cela ne sert à rien de forcer les gens qui ne s’aiment pas de vivre ensemble! Les Belges nous ont forcés d’être un pays sans nous consulter! Et comme ils sont partis il y a cinquante ans et que nous n’arrivons pas à bâtir ce pays ensemble, alors DIVISONS-NOUS.
Kape [Kapepel@yahoo.fr] 16/12/2008 18:38:08
Serait hypocrite, la personne qui se croit porter de casquettes afin qu’on le découvre pas alors qu’il vit grâce aux perdiem qui lui vient de l’autre côté ! Donc, vouloir que Congo Indépendant publie les réactions qui n’apportent rien à sa rédaction ou à son lectorat afin qu’on te majore la bourse parce que tu as contredit, c’est prendre tout le monde pour enfant de la maternelle. J.P. Bemba président , Bordel! Il est déjà! mais pas chef de l’Etat ! Mettons-nous à la place des peines et douleurs qui vivent nos compatriotes du grand Kivu. Qu’on te viole ou qu’on viole ta maman, tes soeurs et/ou tes enfants et qu’on t’oblige de faire idem à tes propres filles parce qu’on est en temps de guerre! Au lieu de se limiter à ces sales gestes, ils introduisent des engins dans l’appareil génital de la femme! C’est un féminicide que subisse nos compatriotes afin qu’il n’y ait plus des Kivusiens dans leur propre sol ! Même du temps de l’apartheid, les blancs ne l’ont pas fait à des villages entiers de noirs sud africains. Et, de gens qui se cachent derrière la bible, se complaisent en disant qu’ils agissent au nom de la paix alors qu’ils sont de collabos ! Franchement, ma crainte voire ma peur que l’alternance arrive en douceur ou de force. Quelle sera alors le sort de tous ces collabos ! Voilà pourquoi il faut débuter par avoir ce cadavre de leur chef. Mort ou vif, il nous faut ce corps. C’est une référence du plus jamais de rwandais à la tête du Congo.
Vous dite vrai que Gédeon fut arrêté et consigné au mess des officier avec 150 000 FC quotidiens pour son répas, mais vous qui étès si bien renseigné, vous ne nous dite pas où il est maitenant, serez-vous seulement fort dans tous ce qui peut faire tomber le pouvoir RD congoalis actuel.
l’intellectuel congolais est un poison pour le Congo quand il fonctionne comme en manipulateur comme vous le faite là.