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22 Juillet 2010

Les indépendances africaines: Cinquante années plus tard. Où en sommes-nous?

 

Jean Ping, président de la Commission de l’Union africaine. Photo d’archives

Chers messieurs,

Profitant de cette année 2010 où beaucoup d’Etats africains ont célébré pour les uns, et d’autres encore le feront les jours à venir, le cinquantenaire de leur accession à l’indépendance, je viens apporter ma contribution aux festivités liées à ces commémorations des indépendances africaines, en me posant cette question qui constitue l’intitulé de cet article: Les indépendances africaines, cinquante années plus tard où en sommes-nous?

Beaucoup d’Etats africains célèbrent avec faste en cette année 2010 le cinquantenaire de leur accession à la souveraineté internationale et juridique qui devait leur donner un nouvel essor socio-économico-politique que les servitudes coloniales ne pouvaient favoriser d’aucune manière. Ces indépendances étaient en tout cas chez les Africains synonyme d’un avenir radieux et prospère empli de liberté. Elles représentaient aussi c’est vrai chez l’homme noir, la victoire sur l’homme blanc qui l’avait réduit au stade intolérable du sous-homme.

De toutes les attentes et aspirations légitimes par ailleurs, où l’on en est un demi siècle plus tard? Je pense qu’à tout point de vue, le bilan est largement négatif. Politiquement et économiquement, l’Afrique reste dépendante ou presque de l’Occident qui lui impose généralement tout dans le cadre des accords et coopérations entre Etats. La plupart de matières premières exploitées en Afrique sont exportées et traitées en Occident faute d’équipements appropriés permettant leur transformation et mise en valeur. L’ossature industrielle étant encore à un stade rudimentaire, l’Afrique se voit obligée de recourir à l’Occident pour acquérir les produits finis d’équipement, chose qui l’expose davantage à la dépendance. En outre, les règles économiques et commerciales internationales telles qu’établies, très souvent à l’avantage des intérêts occidentaux du fait que le continent est financièrement exsangue, partant politiquement faible, ne pouvant peser dans de grandes rencontres mondiales où sont prises de grandes décisions sur la conduite du monde.

A l’intérieur même de l’Afrique, ces indépendances qui miroitaient la chère liberté que l’homme blanc avait privée l’homme noir des décennies durant, n’ont pas non plus permis l’expansion de systèmes démocratiques au centre desquels la liberté d’expression et les droits humains allaient être garantis, au contraire des régimes dictatoriaux et iniques se sont succédé, si ce n’est pas la pérennité d’un potentat au pouvoir. Au pouvoir colonial injuste et profiteur s’est substitué un système despotique profitant à lui seul de toutes les ressources étatiques entrainant d’un côté l’enrichissement sans cause des dirigeants et la paupérisation de la majorité de populations; et de l’autre la déliquescence des Etats que le piteux état des infrastructures publiques et sociales ne peut escamoter.

Au total, l’Afrique n’est pas encore entièrement indépendante dans la mesure où, dans l’état actuel des choses, elle ne remplit pas les conditions qui permettent la jouissance d’une pleine indépendance. Les causes de cet échec sont tant exogènes qu’endogènes. Du fait que dans les relations entre Etats ne priment que des intérêts, l’on ne se fait guère de présents, il en infère que l’Afrique devrait se constituer d’abord une santé politique et économique pour qu’elle pèse comme entité indépendante, à même de produire tout dont elle aurait besoin; et cela passe par l’éradication de tous les écueils endogènes, qui sont entre autres la dictature, la mal gouvernance, la prévarication, la fuite de cerveau, la corruption, des guerres...sans laquelle elle continuera sa pérégrination dans les abysses de la dépendance, partant du sous-développement.

Freddy Matundu Lengo, fredlengo@yahoo.fr
© Congoindépendant 2003-2010

 

9 Réactions

mbombo [mbombo.louise@yahoo.fr] 22/07/2010 10:52:30
Quelle est la différence entre Chinois et Congolais ? Japonais et Congolais ? Le Zoulou et le Kxosa en Afrique du Sud vivent mieux que les Congolais pourquoi ? Commentez ?



Mayoyo Bitumba Tipo-Tipo [mayoyobitumba@hotmail.com] 22/07/2010 12:11:55
Elles sont legion les analyses qui soutiennent que le reveil de l’Afrique "passe par l’éradication de tous les écueils endogènes, qui sont entre autres la dictature, la mal gouvernance, la prévarication, la fuite de cerveau, la corruption, les guerres"; ce qui est vrai. Pour redresser la barre, des processus de democratisation ont eu lieu un peu partout en Afrique depuis la fin des annees 80. Aujourd’hui, trois decennies plus tard, force est de constater que rien de fondamental n’a change. Dans ce contexte, il serait plus benefique pour le continent que ses fils et filles expliquent pourquoi les processus de democratisation conduisent tout droit au desenchantement. Seule une bonne explication pourrait indiquer aux Africains le(s) chemin(s) a suivre pour enfin eradiquer les dictatures.



Maitre Lokombe [Lokombe@yahoo.fr] 22/07/2010 13:13:41
Je pertage parfaitement cette analyse. J’y ajouterais un example de ce que les independances africaines nous ont donnes: le manque de respect de la vie humaine par l’autorite publique africaine. Sinon comment expliquer la mort de Flori Chebeya dans les locaux de la police sur invitation du chef de la police nationale agissant sur instruction de la haute hierarchie? C’est ca l’independance?

Aussi, la gabegie financiere se materialisant par des cadeaux de valeur aux occidents pour se maintenir au pouvoir: sinon comment expliquer le cadeau fait par Kabila ou son epouse a la reine de belgique, cadeau qui s’evalue a un million d’euros?



Masudi Uchudi [mlu1@cornell.edu] 22/07/2010 16:55:41
Mon cher Mayoyo Tipo-Tipo,

Je suis completement d’accord avec l’analyse de notre frère Freddy et ta réaction à son article. Dans toute la region sub-Saharienne (en dehors de l’Afrique du Sud), le process de developpement national est bloqué par des écueils endogènes que sont la dictature, le non respect des droits de l’homme, la mal gouvernance, la prévarication, la corruption, la fuite de cerveau, et la persistence des guerres et conflicts.

En utilisant le language du "logic model framework," je dirai que, parce que le developpement national est le but à atteindre dans le long term, tous les factors endogènes qui doivent être éradiqués parce qu’ils constituent des obstacles au developement doivent être considerés comme des "objectifs specifiques." Dans la perspective du "logic model," après avoir formulé les objectifs à atteindre, il faut identifier les activités qui doivent être menées dans le but de traduire ces objectifs en results ou "outcomes." C’est cela qui fait defaut dans beaucoup d’analyses de la question du developpement en Afrique. On garde silence sur cet aspect de la question parce que c’est l’aspect le plus difficile. Quelles sont les activités à mener et comment mettre en oeuvre des activités qui dans leur ensenble touchent à la souveraineté des Etats?



Sam Luaka [sluaka@yahoo.fr] 22/07/2010 17:23:39

Pour répondre à Mbombo Louise.
Ce n’est pas tous les congolais ou africains qui vivent mal.
On trouve des Africains qui "roulent carosse" mieux que les américains. Exemple, ceux qui sont trempés dans les guerres et vendent frauduleusement chaque jour des minérais. En fait, il y a des africains qui tirent profit de la misère des autres et qui souhaitent que la situation actuelle de continuer.
Tenez, pour énerver ou ridiculiser Bill Clinton qui ne cessait de le harceler à demissionner, Mobutu a offert cash à son ami ancien président d’un pays africain malade en Suisse, 200.000,00 $US, qui était le salaire annuel d’un président américain.
Jeune Afrique en avait fait échos.




Kape [kapepel@yahoo.fr] 22/07/2010 19:43:33
Où voulons-nous que l’Afrique toute entière voire ses composantes soient ? L’histoire de notre continent se joue selon qu’on parle des opposants opposés.
Il sied de constater que la culture qui habite ce monde n’est pas une et ne sera pas une. Pour preuve, lorsqu’on apprenait aux jeunes Africains que leur continent était le berceau de l’Humanité, cela supposait que les premiers occupants de ce berceau avaient une connaissance propre à chaque société , une culture à la fois individuelle et commune selon les sociétés, les groupements voire les agglomérations. Malheureusement et selon les intérêts des uns et des autres, les premiers explorateurs de terres africaines ont taxé nos aïeux des acculturés, des barbares, d’incultes, de non chrétiens, ...bref des gens qui ne les ressemblaient pas. D’où il leur fallait une évangélisation, un apprentissage voire une culture. On assimilait les Africains aux .....
Le choc des cultures a permis aux visiteurs d’user la violence, le mensonge et même la corruption. Ce qui veut dire que les méthodes et techniques utilisées depuis 1885 ( cfr Conférence de Berlin) pour imposer une culture étrangère en Afrique et aux Africains restent et demeurent les m^mes. Sauf qu’à ces jours, on use les principes de la modernité pour que les Africains avalent tout ce qui est fait et conçu en Europe.
Voici 4 exemples qui confirmeront les hypothèses sur ce que j’appelle ici opposants opposés.
1. Les Africains furent des chasseurs avec les armes, les flèches et même la chasse traditionnelle avec les chiens. Les Occidentaux, vu leur avance, ont proposé des armes qui détruisent tout ( hommes, bêtes, maisons, villages, environnement et même leur continent. Destruction massive).
2. les Africains avaient les familles, les royaumes, les empires,..
comme mode de gouvernement et d’administration, les visiteurs occidentaux ont apporté et opposé les républiques, les Etats, les régions, ... bref malgré qu’il existait quelque chose, on a imposé quelque chose qui répondrait à la volonté des visiteurs occidentaux. les coups d’état illustrent tout.
3. Aux croyances et religions africaines, on apporta le christianisme et surtout la mains mise de l’église dans les politiques africaines. L’or et le diamant dans les églises en....
4. Aux commerces et échanges ( trocs) comme mode de commerces et marchés africains l’homme blanc a imposé la coopération, l’aide internationales et même l’assistance.
Lire à cet effet les analyses des :
1. La Thèse du complot contre l’Afrique. Pourquoi l’Afrique ne se développe pas. de Fweley Diangitukwa, l’Harmattan, Paris, 2010, pp317.
2. L’aide fatale. Les ravages d’une aide inutile et de nouvelles solutions pour l’Afrique. France, JC Lattès, 2009, pp 250. de Dambisa Moyo
3. Les gagneurs : leurs stratégies, leurs entreprises et leurs réussites de Carter Henderson, Paris, les Echos, pp 257.
Que conclure ?
En lieu et place des négociations voire d’un marché où les égalités et les excellences pouvaient se comprendre, on assiste à des conférences du genre " Enseignants-Enseignés *. Or, il se fait qu’au fur et à mesure que l’Enseigné assimile sa matière, il songe à devenir * enseignant pour les futurs enseignés* Cfr la genèse du formateur-formé.
Les Africains réalisent que les armes qui ont été utilisées pour leur autonomie peuvent s’utiliser pour leur propre compte et en devenir des éternels gouvernants.
Et dans ce jeu de cache-cache, l’Occident propose la démocratie, le développement, la coopération, la santé publique aux nouveaux dirigeants sans se dévoiler. L’africain, qui copie tout, se rend compte qu’en cas de rébellion, les armes qui sauveront son pouvoir viendront du Nord. Un cadeau, un crédit ? Personne n’en parle. Lorsqu’on évoquera le remboursement des dépenses ayant sauvé le pouvoir, l’homme blanc propose l’exploitation des ressources sol et sous-sol. Résultat : pendant que l’Africain ronfle, l’Européen, étudie la cartographie et la géologie du continent.
En douceur, on peut conclure que l’Europe s’est transformé en école de dictateurs et pilleurs des africains et de l’Afrique. A son tour, l’Afrique est devenue une zone de non droit où tout opérateur peut se faire des sous. Rompre ne sera pas une solution, continuer, un désastre alors . Que faire ? Apprendre et surtout comprendre les enjeux qui fondent ce monde.
Vous avez appris que le Kossovo, nouvelle république n’ a pas violé le droit international selon la CIJ ?
Vous savez que de nombreux pays africains sont sur la liste de pays *balkanisables* selon les agendas cachés des Occidentaux ?
Vous avez appris qu’on exige Idriss Deby, président Tchadien d’arrêter, le président soudanais. Pourquoi on se sait pas arrêter le président Kaddafi ?
Il faille que les Africains s’interrogent sur leur avenir et sur l’avenir de leurs pays. Ce monde n’est gouverné que par trois familles ? Qui sont-elles ? Les Riches, les brigands et les pauvres . A chaque africain de choisir sa famille. Jusqu’ici, l’Afrique n’est pas encore affichée. On l’assimile selon qu’on donne ou on laisse l’une des familles se servir chez nous.



jojo [jojo@yahoo.fr] 22/07/2010 23:50:00
les occidentaux ont donné à l’afrique l’independance mais la colonisation continue sous une autre forme, bref l’afrique est toujours dependente des occidentaux, ce les occidentaux qui forment les dictateurs en Afrique et ne veulent pas que les africains puissent progresser, ils veulent toujours l’echec de l’afrique. et font sembler d’être amis des africains, l’afrique est entièrement detruite à cause d’eux. la festivité de l’independance est une negative, plus de millions des morts en RDC qui a battu le reccord mondial même la seconde guerre mondiale. en mettant 3 criminels en afrique, KANAMBE, KAGAME, MUSEVENI et du BURUNDI qui ont massacré plus de 7 millions de congolais à caus de leurs richesses...



muadia [gilt90@yahoo.fr] 23/07/2010 05:34:47
Sans faire de l’intellectualisme, je crois retenir une chose essentielle des propos de Mr Jean Ping:le problème est profondement d’ordre éthique. Il y a eu par-ci par-là des tentatives de démocratisation sous la contrainte des populations et de certaines forces extérieures qui ont souvent échoué parce que la volonté politique manque cruellement. Il n’y a pas d’étique politique à proprement parler. C’est un problème d’homme. C’est l’homme qui fait le choix d’un système politique et non l’inverse. C’est pourquoi contrairement à la croyance de Mayoyo, j’estime qu’il n’y a pas eu de processus de démocratisation qui ont conduit à l’échec, il y a eu plutôt des processus qu’on a arrêtés à un moment ou à un autre. Tout simplement parce que ceux qui le font croient ne pas trouver leur compte dans la démocratisation du pays. C’est ni plus ni moins du banditisme. Pour s’en sortir, il faut trouver les moyens d’empêcher ces gens de nuire. C’est possible. En Amérique latine, en Asie, on est entrain de gagner le pari. La situation a été la même.Il faut que la population sache se prendre en charge. C’est ça la souveraineté et c’est ça l’indépendance. Une population qui ne sait pas se prendre en charge politiquement, n’est pas encore indépendante.



Malu Joseph [bans07@bigpond.com] 23/07/2010 16:45:36
Monsiuer,
Je voudrai vous faire voir que " etre independant " ne signifie pas etre develope,ou etre intelligent, ou encore etre en bonne sante.
C’est plutot une expresion qui vient du dedans de soi meme qu’on est libre de l’oppression, de l’injustice, en un mot de la loi du plus fort. Malheureusement l’expression avant l’independance egale apres l’independance est reste une formule strategique des oppresseurs.
Est-il possible de s’en sortir de cette equation? La reponse est oui. comment? Il ya dans l’histoire humanine des situations models. Lisez SVP l’histoire des anciennes civilisations. Car l’histoire du developement humain se repete. Et c’est dans le passe, tres recule parfois qu’on peut trouver les reponses a nos presents maux.
Bien sur il ya 50 ans que l’Afrique est libre de l’oppression mais a un certain degre certainement car l’homme african moins evolue repond facilement aux manipilations des oppresseurs. Lorsque le mental de l’homme africain sera organise, le tout finira par bien marche. Merci.


 

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