État de la démocratie et du développement en RD Congo
Le député national Gilbert Kiakwama kia Kiziki. Photo d’archives C.I.C
Conférence-débat organisé par le Bureau d’études pour la Paix et le développement (BIEPD), la Communauté congolaise de Montréal (COCOM) et l’Association des Congolais de Québec (ACQ).
Contribution du député national Gilbert Kiakwama kia Kiziki.
Chers amis,
Permettez-moi d’abord de vous dire à quel point je suis heureux d’être parmi vous aujourd’hui, après une première occasion ratée. En effet je n’aime rien tant qu’un robuste débat et je remercie le bureau du BIEPD/ISBPD qui me donne l’opportunité de confronter mes analyses et mes espoirs aux vôtres.
Chers amis,
Il y à peine 5 décennies, moins qu’une vie d’homme, quelques fils de notre pays, nos ainés, les pères de notre Indépendance, mus par la soif de Justice et de Liberté, entreprenaient de prendre en mains les destinés de la Nation. Ils étaient forts de leur volonté de s’affranchir, ensemble, du carcan dans lequel l’ordre colonial les maintenait, animés par la tranquille confiance en leur capacité de mener leur peuple vers un avenir prospère.
Malheureusement, presqu’aussitôt, leur optimisme s’est trouvé confronté à leur propre inexpérience, aggravée par l’égoïsme de certains d’entre eux. A peine la Nation congolaise célébrait-elle les espoirs de Liberté et de Justice qui s’annonçaient, que déjà les germes de la division et de l’exclusion la plongeaient dans la tourmente.
Cinquante années de déclin s’en sont suivies. Le Congo n’a cessé de sombrer. Nous y vivons des réalités révoltantes : marasme socio-économique, violations graves des droits de l’homme et des principes fondamentaux de l’État de Droit, incertitudes quant à l’avenir, et j’en passe. Que d’élans interrompus, que d’espoirs suscités et amèrement déçus.
La Nation congolaise n’a cessé d’aller de rupture en rupture, sans jamais capitaliser les efforts fournis, sans jamais tirer les leçons du passé et se réconcilier avec lui.
Aujourd’hui la Nation se trouve rompue, pleine de méfiance, mais le génie congolais nous pousse à garder chevillé au corps l’espoir de lendemains meilleurs.
Chers amis,
Vous m’avez convié à un exercice difficile en me demandant de vous parler de l’État de la Démocratie et du Développement au Congo. Je suis un homme politique, pour moi ce thème comporte un double défi : il s’agit de poser un regard sans complaisance sur le présent, mais surtout, j’insiste là-dessus, le défi est d’identifier dans le présent les chances d’un avenir meilleur et de définir les voies réalistes pour y parvenir. Car en effet, une de mes maximes préférées est la suivante : « La Politique, c’est une action, pour un idéal, à travers les réalités ». Trois termes successifs : Idéal – Réalité – Action.
Sans me lancer dans des définitions oiseuses, je vous entretiendrai tout au long de mon exposé de quelques principes qui guident mes analyses et mon action politiques.
Démocratie et Développement – Etat de la situation
Démocratie et Développement ne sont pas des états statiques. Des sortes de ports de relâche tranquilles qui, une fois atteints nous préserveraient de tout péril, nous dispenseraient de tout effort. Vous qui vivez dans ce pays dit développé, vous savez qu’on n’a jamais fini, ni de se développer, ni de se battre pour maintenir son rang.
Démocratie et Développement sont donc des processus dialectiques, au cours desquels on passe d’équilibres instables en équilibres instables. L’essentiel est le mouvement vers l’avant et la capitalisation à chaque étape. Il faut continuer d’aller de l’avant et engranger un acquis à chaque étape, partir d’une position toujours plus forte. Dans cette optique, ne plus avancer, serait déjà reculer, car pendant ce temps, le monde, lui, change et évolue.
Qu’en est-il de la Démocratie dans notre pays, et pourquoi est-elle nécessaire ?
Nécessité de la Démocratie :
Je suis un intégriste de l’instauration de la démocratie au Congo. La Démocratie comme pratique quotidienne, la Démocratie comme exigence, car au vu de l’histoire de notre pays, le système démocratique est le seul à mes yeux, qui permettent d’obtenir que les responsables, à tous les niveaux, soient comptables de leurs actes. Ceci a trois implications :
1. Les responsables doivent convaincre que les idées qu’ils veulent mettre en œuvre sont les mieux adaptées aux besoins de la population et au contexte de notre pays. J’ai été ministre des Finances dans les années 80, chargé de l’application des Programmes d’Ajustement Structurels du FMI et j’en ai tiré cette conclusion : vous ne pouvez pas avoir toujours raison, seul contre tout un peuple. Vous devez avoir un plan, pas seulement une vision à peine esquissée. Mais surtout, vous devez obtenir la participation du plus grand nombre. Car, vous pouvez vous tromper lourdement en n’ayant qu’une vision partielle des problèmes. De plus, une action sans adhésion suscitera des résistances qui vous mèneront à l’échec, tôt ou tard, car vous sèmerez sur le sable. En clair, rien de grand, rien de vrai, rien de beau ne se fera au Congo sans l’avis et l’adhésion de la majorité des Congolais, jour après jour. On ne gouverne pas de droit divin.
2. Les responsables doivent être contrôlés dans leur action au fur et à mesure. Dans un pays tel que le Congo, si grand, si difficile à gouverner après tant d’années de destruction, où la culture de la prédation, de l’irresponsabilité et de l’impunité est si ancrée, aucun pouvoir ne s’exercera durablement pour le bien, s’il n’est pas soumis incessamment à des contraintes et à des pressions de toutes parts. Les bonnes intentions ne font pas, seules, la bonne politique, surtout au Congo.
3. Les responsables doivent rendre compte de leur action à son terme. Ils doivent pouvoir être sanctionnés pour n’avoir pas accompli leur mission. Pour moi ce sont les deux faces d’une même médaille ; Responsabilité et Acomptabilité vont de pair. On ne gouverne pas impunément.
Où en est-on aujourd’hui au Congo?
A la lumière de ce qui précède, il apparait clairement que la Démocratie est affaire de Culture – c’est-à-dire, des schémas mentaux, du savoir, et des actions – des hommes qui sont chargés de la pratiquer au jour le jour, mais elle est aussi affaire de Structures – c’est-à-dire, des institutions et des règles – qui offrent l’opportunité à tous les acteurs, je dis bien tous, d’agir selon leur responsabilité .
Les Structures – Institutions et Règles :
Au mois de février 2008, dans un discours à l’UDPS que j’ai ensuite partiellement repris à la tribune de l’Assemblée Nationale lors des deuxièmes massacres du Bas-Congo, j’expliquais qu’il y avait à mon avis 5 institutions, 5 Piliers dont le bon fonctionnement conditionnait la vie démocratique de notre pays.
Il s’agit :
1. Une Justice forte et indépendante, régulée par un Conseil Supérieur de la Magistrature digne de ce nom ;
2. Une Commission Nationale Electorale Indépendante, exempte de tout soupçon d’incompétence et de partialité ;
3. Un Conseil Supérieur de l’Audiovisuel, garant de la libre expression de tous dans les médias, et de l’égal accès de tous les Congolais à une information contradictoire, libéré d’un Ministère de l’Information aux missions redéfinies ;
4. Un appareil sécuritaire (Armée, Police, Services de Renseignement) véritablement républicains, garant de la paix et de l’intégrité du territoire national et de ses habitants ;
5. Un Parlement fort, doté des moyens d’exercer pleinement ses missions de Contrôle et de Sanction de l’Exécutif, mais aussi de Législation.
Où en sommes-nous sur ces fronts?
1. La Justice ; le CSM a été mis en place, certes, mais il est pour le moment une coquille vide car il dispose de moyens insuffisants, et les schémas mentaux et les actions des hommes qui l’animent n’ont pas changés ;
2. La CENI tarde à être mise en place. Le Parlement en porte une bonne part de responsabilité car la loi instaurant la nouvelle commission électorale a fait l’objet de nombreux débats entre Majorité et Opposition, pour finir par être votée en des termes différents par les deux chambres. Ceci illustre à quel point il s’agit d’une institution sensible. Il n’en reste pas moins qu’à ce jour, les animateurs de la CENI ne sont pas désignés, et surtout ses moyens ne sont pas débloqués ;
3. La loi portant création du CSCA (Conseil Supérieur de la Communication et de l’Audiovisuelle) a été adoptée, mais n’a pas encore été promulguée ;
4. L’Appareil sécuritaire n’a pas encore fait l’objet de la moindre réforme, aucun moyen significatif n’a été dégagé pour lui permettre d’assurer ses missions, par conséquent, la formation et la culture qui règnent en son sein laissent toujours gravement à désirer ;
5. Le Parlement quant à lui dispose bien d’outils réglementaires de contrôle et de sanction de l’Exécutif, mais dans sa pratique quotidienne il refuse de les mettre en œuvre, il refuse de rationnaliser son mode de fonctionnement pour accroitre son efficacité, et enfin, il refuse de se doter d’outils et de moyens additionnels pour agir. Quant à sa mission de législation, la vérité est que, même si un travail appréciable a été abattu, le manque de capacités d’étude et de recherche approfondies à la disposition des législateurs obère la qualité de notre travail.
Voilà pour les 5 piliers de la Démocratie, les structures. Mais je disais par ailleurs que la Démocratie est affaire de culture et d’hommes. Ces derniers appartiennent, soit à la majorité gouvernementale (pléthorique) , soit à l’opposition. Qu’en est-il ?
Les Hommes et leur Culture
De la Majorité parlementaire et de son émanation, le Gouvernement :
Au-delà de sa structuration et de son organisation, qui ne correspondent pas aux défis actuels posés par la démocratisation et surtout le développement de notre pays, notre gouvernement est affligé d’une tare congénitale et rédhibitoire ; il pense être de droit divin, et agit comme tel. Ceux qui nous gouvernent pensent tout savoir mieux que personne. Ils ont tout compris, font tout à la perfection et refuse donc toute critique, tout débat contradictoire public, tout contrôle, toute remise en question. Le Gouvernement et sa majorité au Parlement développent une mentalité de forteresse assiégée qui induit une crispation des rapports politiques, néfastes à la construction d’une démocratie apaisée. A mon sens, l’instauration des 5 piliers de la Démocratie dont je ne cesse de parler devrait faire l’objet d’un consensus minimum, mobilisateur de toutes les énergies, car ils sont des conditions nécessaires à la Démocratie et au Développement, mais certainement pas suffisantes.
De l’Opposition :
Elle aussi souffre d’une tare congénitale qui met en péril l’avenir même de notre pays car jamais le cadre du combat démocratique n’est posé correctement : notre opposition se dit d’abord « Opposition à Quelqu’un » avant de se définir comme « Opposition Pour Quelque chose ». Si notre opposition se définissait « Pour Quelque chose », elle se battrait alors pour des valeurs inspirants des réformes, des mesures concrètes, et non pas simplement pour que son champion arrive au pouvoir, avec obligation à tous de le soutenir, contre promesse hypothétique de récompense – pécuniaire ou autre.
Entendons-nous bien. Je suis démocrate-chré tien et je me bats pour le respect des valeurs de Vérité et de Justice, de Liberté et de Responsabilité dans le souci de l’épanouissement de chaque Personne humaine. Je suis aussi assez réaliste et pragmatique pour savoir que les valeurs et les idéaux s’incarnent dans les hommes. Ce n’est pas à un chrétien que l’on doit apprendre l’importance du Signe et du Symbole. Mais je suis un chrétien engagé en politique. En tant qu’homme politique je dois m’assurer que l’Espérance à laquelle je me rallie est porteuse de fruits. Autour de quoi nous rassemblons- nous, pour quel changement, mis en œuvre de quelle manière, avec quelles garanties de bonne fin ? Voilà les questions que je pose. Voilà les questions que chaque Congolais doit poser à tout politicien qui sollicite son suffrage.
A tous les Congolais sympathisants de l’opposition je dis : « Si le seul programme de l’Opposition est : qu’il s’en aille, et que le notre le remplace, tout ira mieux ! », alors nous ne bâtirons pas le Congo. Nous avons mis cette logique en œuvre en 1960 à l’indépendance, en 1965 à l’avènement de Mobutu, en 1997 à son départ, en 2001 à la mort de Laurent Kabila … sans résultat probant.
A la CDC nous abordons la question de la manière suivante ; quel est l’objectif, comment y parvenir, quel sera l’apport de chacun, quelle est la meilleure personne pour incarner le combat et susciter le soutien ? Inverser la logique reviendrait à instaurer un parti unique façon 2ème République, dans lequel les courants étaient soi-disant reconnus. La géographie du Congo nous oblige à apprendre la mise en œuvre de Coalitions politiques, faites de l’apport de différentes composantes dont l’identité propre serait reconnue et respectée, et les éléments essentiels du programme pris en compte.
Ainsi donc, en conclusion sur l’état de la Démocratie dans notre cher pays, je voudrais revenir sur une phrase citée en liminaire : Ne plus avancer, c’est reculer. La vérité est que sur le front de la Démocratie au Congo, nous n’avons pas avancé ces deux dernières années.
1. Les piliers, les Structures de base, ne sont pas toutes mises en place,
Mais surtout, plus grave,
2. Les Schémas mentaux des acteurs de la Démocratie congolaise n’ont pas changé, loin de là.
Les murs sont dans nos têtes, Chers amis, et les lignes n’ont pas bougé … ou si peu. Il existe une dangereuse dichotomie entre le discours et la pratique politique dans notre pays. Beaucoup disent que la démocratisation est un processus, qu’elle prend du temps, … On nous enjoint à la patience. A tous je ne cesse de dire que la démocratie, et son apprentissage, sont affaires de pratique quotidienne. A cela j’ajoute que l’expérience du Congo indique clairement que sans exigence, sans pression de tous les jours, sans demande permanente de résultats, les meilleures volontés s’émoussent, les plus grands efforts se relâchent. Le combat de la Démocratie doit être un combat de tous les instants et, paraphrasant Eluard je dirais que la Démocratie n’existe pas, il ne peut en exister que des preuves.
Qu’en est-il du Développement socio-économique du Congo
Tous nous connaissons l’état de déliquescence socio-économique de notre pays 50 ans après son indépendance.
Dans le cadre des Grandes Conférences du Cinquantenaire j’ai été appelé à faire une communication sur « La Mobilisation des Ressources financières pour le Développement ». De même, lors du débat sur l’investiture du premier gouvernement de la Législature, en même temps que je critiquais, je me suis astreint à proposer les axes prioritaires d’un véritable programme de gouvernement. Ce sont des interventions relativement techniques que je vais vous faire distribuer pendant que je m’appesantis sur ce que je considère être les composantes essentielles de toute politique de développement pour notre pays : La définition d’un programme réaliste et La bonne gouvernance, manifestation de la volonté politique de développement.
Il serait irresponsable de prétendre que le Congo peut se développer comme par un coup de baguette magique. Ce qui me semble primordial, vital, est d’engager notre pays dans un cercle vertueux pour le Développement.
De ce point de vue il faut reconnaitre que l’obtention par la RDC d’une réduction substantielle de sa dette extérieure est une excellente chose. C’est un bon point de départ. Je reste persuadé qu’en vérité nous ne la méritions pas, mais je me réjouis, pour le peuple congolais, que nous ayons passé cette étape. Ceux qui sont au pouvoir aujourd’hui, et ceux qui y seront demain, ne pourront plus invoquer la dette odieuse pour justifier leurs échecs.
Je l’ai dit en introduction, le Développement est un processus dynamique, et de long terme. Le défi des gouvernants congolais est de créer le cadre qui permettra de libérer l’énergie entrepreneuriale des Congolais, leur permettra d’exprimer leur créativité, et assurera la pérennité des millions d’efforts individuels consentis chaque jour par nos compatriotes.
Tout ceci suppose d’abord la définition d’un programme réaliste et adapté :
J’entends par programme, des axes d’actions prioritaires et structurants qui rendront tout le reste possible. Je ne considère pas par exemple que les 5 chantiers dont nous entendons tous tant parler, constituent un programme pour le développement. Ils sont au mieux une vision du développement, à peine adaptée à une campagne électorale. Ils n’expliquent en rien la succession des actions que nous devons entreprendre, ni les réformes que nous devons mettre en œuvre pour nous engager vers le développement et voir l’initiative privée prendre sa juste place.
Or je pense profondément qu’aucune réforme d’aucune sorte, aucune action durable pour le développement ne sera possible dans notre pays sans une moralisation et un assainissement drastiques de l’Etat, de sa gestion, et de son outil privilégié, l’Administration. Ces différents aspects sont réunis sous le vocable, un peu passe-partout aujourd’hui, de Bonne Gouvernance, c’est-à-dire une gestion saine et honnête par un Etat humble et réaliste, via une administration moderne, avec des procédures et des moyens publics et transparents. Aujourd’hui, l’opacité et l’arbitraire règnent dans la gestion de l’Etat congolais. Au prix de pressions incessantes des bailleurs de fond étrangers, des réformes sans âmes sont adoptées par des gouvernants sans convictions et les outils techniques instaurés sont immédiatement vidés de leur substance pour permettre la continuation des pratiques prédatrices de la 2ème République. Je cite simplement quelques cas pour illustrer mon propos :
- Les Contrats chinois et leur négociation à la fois secrète et défavorable,
- Le Code minier et son application erratique et incomplète,
- La Convention pétrolière Congo-Angola, mal négociée et jamais appliquée à ce jour,
- La question du pont Brazza-Kinshasa et le manque évident de pensée stratégique sur la nécessité vitale d’un port en eaux profondes congolais, au nom d’une prétendue Intégration africaine,
- L’attractivité perdue du potentiel d’Inga du fait du manque de transparence et de l’arbitraire des procédures bureaucratiques,
- Les principes d’ordonnancement des dépenses publiques opaques et laxistes malgré les outils et les procédures informatisés,
- La fiscalité et le Code douanier kafkaïens, principalement focalisés sur le capital, et destinés à amener l’entrepreneur à transiger, à frauder, ou à se réfugier dans l’informel. (…) et j’en passe.
Au-delà de toutes les instances techniques à créer, au-delà de toutes les réformes à adopter, trois conditions sont à mon avis indispensables pour initier le développement de notre pays :
1. Une politique économique qui intègre pleinement la Décentralisation ; il faut cesser de voir les Provinces comme des concurrentes pour l’accès aux maigres ressources existantes, mais plutôt les promouvoir comme les partenaires essentielles à la mise en place des conditions propices à la création des richesses futures. Les Provinces doivent être des Pôles d’excellence, des Pôles de Production, des Pôles de développement. Après tout, lorsque les Belges sont arrivés, ils y ont trouvé encore moins que ce qu’il y a aujourd’hui.
2. La modestie et le réalisme de l’Etat dans la définition de ses capacités d’actions propres. L’Etat démocratique moderne doit savoir dégager clairement ses priorités sur base des données réelles, se concentrer sur ses métiers essentiels, et conclure des partenariats ambitieux mais responsables. Les partenaires sociaux sont là, dont les entreprises privées locales et étrangères, qui chacune peuvent contribuer au projet dans une part justement définie.
3. L’acomptabilité et une volonté politique sans faille. L’acomptabilité est un néologisme forgé de l’Anglais pour dire la nécessité pour tout responsable d’obtenir des résultats et de rendre compte. Quant à la volonté politique sans faille, je crois que ça se passe de commentaires.
Qu’en est-il de l’organisation et de la tenue des élections au Congo très démocratique?
L’avant-veille de mon départ, dans une interview télévisée, l’Abbé Malu-Malu annonçait que le gouvernement congolais et ses partenaires ont conclu un accord sur le financement des élections.
L’enveloppe est de 700 millions de dollars américains, financée pour 400 millions par le Congo (on se demande comment) et pour 300 millions par la Communauté internationale. L’Abbé Malu-Malu ajoutait que cet accord permettrait l’organisation des élections en 2011 et 2012.
En clair, élections générales et 2011, en principe au plus tard en septembre, et élections locales en 2012, au 1er trimestre j’imagine.
Votre Bureau m’a demandé de parler des facteurs de succès et des risques d’échec du processus électoral. A ce stade je vois surtout des risques d’échec. Quels sont-ils, brièvement ?
1. Les contraintes de temps ; pour les élections locales le temps imparti est déjà dépassé. La révision des listes n’a pas eu lieu à ce jour, or elle devrait prendre 6 à 12 mois, ce qui laisse à peine assez de temps pour organiser les élections générales à la limite constitutionnelle de septembre 2011.
2. Les contraintes physiques ; le gouvernement congolais ne pourra jamais à lui tout seul déployer le matériel et les hommes à travers tout le pays. Or la Monuc devenue Monusco est tenue en suspicion et n’est pas associée à l’effort comme elle l’a été en 2006. Vive le Nationalisme !!
3. L’exactitude et la transparence des listes électorales révisées ; les partis politiques et la Société civile ne disposent pas des capacités de surveiller la révision des listes électorales dans toute la République, faute d’avoir assez de militants formés, et vu le manque à gagner que représente le temps consacré à cette surveillance. Or si déjà le corps électoral n’est pas connu de tous …
4. La surveillance et la publicité des opérations de vote, de décompte et de publication des résultats ; en 2006, les témoins électoraux étaient défrayés en moyenne à 20 dollars par personne. Prenons trois témoins par bureau de vote, sur 40.000 bureaux. Total 2.400.000,- USD. Même s’il s’agissait de militants bénévoles, il faudrait au moins les acheminer au bureau de vote et leur permettre de se restaurer. Lors de mon élection, mes témoins étaient défrayés 10,- USD. Cela donnerait 1.200.000,- USD pour toute la République. Où les trouver, qui les gérerait ?
5. La surveillance du contentieux électoral ; lors des dernières élections, une corruption à grande échelle s’est manifestée à cette étape, tant au sein de la CEI que dans la magistrature. De quelles parades disposons-nous ?
Voilà des problématiques concrètes pour l’opposition ; la formation des témoins électoraux et leur mise en commun, car la transparence et la publicité de toutes les opérations électorales sont primordiales. Cela suppose beaucoup de travail, beaucoup d’éthique dans le chef des témoins, et quelques moyens. Nous n’en disposons pas à ce jour et peu de gens nous font confiance. Sans cela au minimum, nous ne bâtirons pas la Démocratie au Congo, 2011 sera un échec.
La dernière question qui m’est posée concerne la diaspora congolaise. Comment la mobiliser et comment l’impliquer dans le développement de la RDC ?
Mettons-nous d’accord. Beaucoup parmi vous se délectent de ma franchise au Parlement, et dans les médias, face aux gouvernants de la RDC et à mes collègues politiques. On me reproche même de ne pas être plus dur. Souffrez donc que j’applique la même médecine aux membres de la Diaspora.
D’abord je note que la moitié à peu près des dirigeants de la RDC est issue de la Diaspora. Et avant cela, ceux de l’AFDL et des rébellions. Il est important de le noter, pas pour stigmatiser et se dédouaner, mais pour souligner le fait que la diaspora est diverse, les motivations de l’émigration de ses membres sont nombreuses et différentes, les niveaux de formation, au départ et à l’arrivée aussi, et de ce fait enfin, le regard sur le Congo et les motivations quant à la participation à son développement.
Pour ma part je vois dans tout membre de la diaspora, quel qu’il soit, trois choses potentielles :
1. Le noyau de l’Opinion publique congolaise, capable d’exercer des pressions, non seulement sur les dirigeants congolais, mais aussi sur les partenaires du Congo et sur les compatriotes au pays.
2. Un expert dans son domaine. C’est-à-dire quelqu’un qui sait et peut transmettre, rompu aux méthodes modernes, doté de professionnalisme, et surtout d’éthique citoyenne.
3. Un entrepreneur au Congo, ou à tout le moins, un contributeur à l’entreprenariat au Congo.
Je pense cependant que pour que ce potentiel devant moi puisse se réaliser dans l’une des trois formes que j’envisage, il faut en appeler à John Kennedy : Ask not what your country can do for you, ask yourself what you can do for your country.
Chers amis de la diaspora vous ne pourrez pas contribuer pleinement au développement du Congo si vous ne remplissez pas les exigences suivantes :
1. Connaissez la réalité du Congo. Sa réalité chiffrée – vous avez plus facilement accès aux sources documentaires pour cela -, mais aussi sa réalité humaine.
2. Ne vous croyez pas sortis de la cuisse de Jupiter. Souvenez-vous que vous avez aussi réussi dans vos pays d’accueil parce que le cadre était porteur, au-delà de vos qualités propres.
3. Ne vous croyez pas tous destinés à être ministres. Vous le pouvez, bien entendu, mais ce n’est pas la seule voie possible. D’ailleurs vous ne l’êtes pas ici, et vous n’en êtes pas moins heureux.
4. Tournez vos regards vers l’intérieur du Congo, quel que soit votre projet.
Parlant du pays et de ses partis politiques, j’aimerais entendre les membres de la diaspora répondre à deux questions que je ne cesse de poser à nos compatriotes au Pays.
S’agissant des partis politiques et des hommes qui les animent ; Qu’attendez-vous concrètement d’un parti politique, en terme d’organisation, en terme de proposition ?
S’agissant du pays, pour vous y investir ; Qu’attendez-vous concrètement en terme de cadre institutionnel et réglementaire (je pense notamment à la politique fiscale et douanière), dans quels domaines d’intérêt pour vous, quel est la profondeur d’investissement pour vous (vous pouvez souhaiter être sur place, être propriétaire d’une entreprise gérée par un délégué, etre actionnaire d’une entreprise, être contributeur à une mutuelle de santé, d’assurance-maladie, ou d’assurance scolaire).
Dans ma Conférence du Cinquantenaire sur le Développement, j’aborde la question de la contribution de la diaspora, notamment via une Banque de l’Habitat. Je crois indispensable de canaliser l’apport de toute la diaspora congolaise à travers le monde. Diable, les estimations basses sont de 2 millions de Congolais à l’étranger, formés pour la plupart, dynamiques. Je souhaite ardemment que notre pays offre à tous ces compatriotes le cadre pour qu’ils s’y réinvestissent, d’une manière ou d’une autre. Je pense que la possibilité d’obtenir la double nationalité ainsi que celles de participer aux élections seraient un bon début. Malheureusement, l’histoire récente de notre pays et la sensibilité sur l’appartenance des populations frontalières à la nation congolaise rendent ces deux questions très difficiles à résoudre. Ce sont des problèmes d’importance, auquel seul le temps et la sagesse nous permettront d’apporter des solutions satisfaisantes.
Voilà donc mes chers amis et compatriotes, mes contributions au débat qui nous réunit aujourd’hui, et pour longtemps encore j’espère, sur le Démocratie et le Développement en République démocratique du Congo. Après avoir pu si longtemps vous dire ce que je pense, il est temps pour moi d’entendre vos réactions et vos suggestions.
Je forme le vœu cependant qu’au-delà des débats et des échanges, nous pourrons enfin commencer à agir et apporter très concrètement l’espoir à notre peuple. Un autre américain que nous connaissons tous, Barak Obama a parlé pendant sa campagne électorale de l’impérieuse urgence d’agir maintenant. Suivons l’exemple.
CHAPEAU HONORABLE, CHAPEAU BAS. Par rapport a ce que j’ai l’habitude d’attendre, KIAKWAMA est un excellent opposant.
mamale [ma.male@live.fr] 28/07/2010 19:42:41
Par son discours, Monsieur Kiakwama prouve son rang de grand intellectuel congolais, mais, avec la petite tare d’intelligence caractéristique chez l’élite à penser de notre pays. En toute chose, il faut considérer la fin dit-on. Dès lors que les accords de Pretoria de décembre 2002 ont été vidés de leur contenu et n’ont servi subtilement que de base légitime aux deux acteurs des accords pirates de Sun City, "Kabila" et Bemba, pour faire passer leurs plans initiaux, l’un pour se maintenir à la tête de l’Etat, et l’autre pour devenir coûte que coûte numéro 2 avec l’idée à terme de prendre la Présidence, considérant ensuite la gestion désastreuse de l’horrible gouvernement de transition 1+4, Monsieur Kiakwama qui, à différence de plusieurs de ses collègues du Parlement qui se sont lancés en politique pour avoir juste un salaire, n’a pas de carence criante de matériel, devait-il accepter d’aller aux élections viciées au départ et dont il énumère si bien les graves conséquences? Monsieur Kiakwama dit que "ne plus avancer, c’est reculer". Faux! Nous sommes plutôt en train de reculer directement, et le fait que lui se présente aux assises de Montréal comme "honnorable député du Congo", donnant ainsi l’apparence d’existence des institutions démocratiques dans notre pays contribue le plus à ce recul.
ekila [ekila@caramail.com] 29/07/2010 03:52:35
Merci Congoindependant pour cette publication. Anecien inspecteur des finances au Zaire et exile en europe l hon. kiakwama a ete mon patron dans les annees 80. A l epoque il etait deja patriote, courageux, educateur et tres reformateur. il n a pas change et reste vraiment un cadre, un politique, un pere, un vieux respectable...vraiment chapeau
patrick ebale [patrickebale@yahoo.fr] 29/07/2010 04:00:27
.....je crois que Mamale n a pas saisi l hon kiakwama. Relisez cher Mamale car l hon.kiakwama dit clairement que la RDC A RECULE. Ouvrez bien les yeux et relisez sans sauter de lignes. Chaque mot et virgule comptent dans l ecriture de cette intelligence kiakwama.A za makasi...
Monsieur Kiakwama est-il de l’opposition ou de la mouvance kabiliste?Personnellement je n’ai pas vu la démarcation.Il a dit qu’il refusait des définitions oiseuses, paradoxalement,c’est à cela qu’il s’est excercé.Son discours est métempirique pas celui d’un homme de terrain,très évasif ,craignant pour son retour à Kinshasa.Nous avons senti à peine la démarcation chez Kamerhere que chez l’élu du Bas-Congo.N’a-t-il pas mordu l’haméçon Kanambiste?L’avenir nous le dira?Même là où il a essayé de parler du développement du sous développement du Congo,Kiakwama n’a rien dit en substance.Il n’a évoqué aucun plan de développement manqué de 1960 à ce jour.Monsieur Kiakwama a deçu nos attentes.Dorenavant,le BIEPD doit revoir ses choix
C’est toujours intéressant de lire, d’écouter, et d’entendre Kiakwama Kia Kiziki qui, par moment, sait profiter des opportunités pour s’attirer la sympathie du public. Tant son parler de démocrate-chrétien envoûte. Malheureusement le beau discours qu’il a tenu et développé à Montréal le 24 juillet dernier, a péché par un manque de courage politique indigne de son rang et de son niveau intellectuel. Je fais abstraction de son analyse, quoique pertinente et de ses propositions heureuses qu’il suggère pour développer notre pays. J’estime que la situation actuelle de la RDC est tellement désastreuse que n’importe qui aujourd’hui est capable de diagnostiquer les problèmes du pays et d’y proposer des solutions comme voies de sortie. La situation chaotique et calamiteuse de notre pays ces 2 dernières décennies est tellement visible qu’elle ne requiert plus forcément l’avis des "initiés", comme ce fut le cas dans les années avant l’indépendance. Je note que l’analyse et les propositions de Kiakwama faites sur la situation de la RDC rentrent dans la montagne où s’entassent critiques et propositions depuis la CNS. Ma réaction sur le discours de l’honorable Kiakwama part de son statut de politicien et de membre de l’Opposition congolaise. En effet, c’est à ce titre de membre de l’Opposition congolaise que l’honorable Kiakwama a été invité par les 3 associations congolaises : BIEPD, COCOM et ACQ. À ce propos, voici ce que l’honorable Kiakwama dit de l’Opposition congolaise, dans son discours de Montréal : « Elle (Opposition, c’est nous qui soulignons) est aussi souffre d’une tare congénitale qui met en péril l’avenir même de notre pays car jamais le cadre du combat démocratique n’est posé correctement : notre Opposition se dit d’abord «Opposition à Quelqu’un» avant de se définir comme «Opposition pour Quelque chose». Il poursuit « Si notre Opposition se définissait « Pour Quelque chose», elle se battrait alors pour des valeurs inspirant des réformes, des mesures concrètes, et non pas simplement pour que son champion arrive au pouvoir, avec obligation à tous de le soutenir, contre promesse hypothétique de récompense- pécuniaire ou autre». Plus loin Kiakwama déclare :« Si le seul programme de l’Opposition est : qu’il s’ en aille, et que le nôtre le remplace, tout ira mieux! », alors nous ne bâtirons pas le Congo. Nous avons mis cette logique en oeuvre en 1960 à l’indépendance, en 1965 à l’avènement de Mobutu, en 1997 à son départ, en 2001 à la mort de Laurent Kabila ... sans résultat probant». Évoquant comment la question de l’Opposition est abordée au sein de son propre parti, CDC, Kiakwama s’interroge : « Quel est objectif, comment y parvenir, quel sera l’apport de chacun, quelle est la meilleure personne pour incarner le combat et susciter le soutien? Inverser la logique reviendrait à instaurer un parti unique façon 2ème République, dans lequel les courants étaient soi-disant reconnus». À voir la position de Kiakwama, affichée à travers ses déclarations contenues dans son discours de Montréal, on n’a aucune crainte de conclure que Kiakwama ne peut se considérer comme politicien, encore moins prétendre être membre de l’Opposition congolaise. Alors que le contenu de son discours charge clairement Kabila Joseph et démontre éloquemment la responsabilité de ce dernier, en tant que dirigeant numéro 1 de la RDC, dans la situation catastrophique que connait le pays depuis 2001, Kiakwama se réfugie derrière une rhétorique ridicule qui ne cite ni ne reprend nulle part, le nom de Kabila Joseph et qui fait apparaitre irréfutablement son manque de courage politique. Un manque de courage politique qui le disqualifie en tant que politicien et en tant que membre de l’Opposition congolaise et qui le range parmi les politiciens opportunistes et irresponsables. Un véritable zélateur de Kanambe qu’est Kiakwama en quête perpétuelle des postes pour assouvir ses appétits gloutons. Surtout que le moment s’y prête bien : l’imminence du prochain remaniement, la nomination des mandataires des entreprises de l’État et surtout le poste de porte-parole de l’opposition resté toujours vacant. En déclarant que le cadre du combat démocratique pour l’Opposition n’est pas correctement posé, Kiakwama confirme que sa place n’est pas au parlement. En effet, la Constitution en vigueur en RDC depuis le 18 février 2006, dans son article 8, stipule :« L’Opposition est reconnue en République Démocratique du Congo. Les droits liés à son existence, à ses activités et à la lutte pour la conquête démocratique du pouvoir sont sacrés. Ils ne peuvent subir des limites que celles imposées à tous les partis et activités politiques par la présente Constitution et la loi. Une loi organique détermine le statut de l’Opposition». Dans ce contexte, Kiakwama qui est parlementaire est censé savoir que cette loi organique qui détermine le statut de l’Opposition dont parle la Constitution a été votée et promulgée sous le numéro 07/008 du 4 décembre 2007 avec comme intitulé :« Loi portant statut de l’Opposition». Dans le chapitre 1, article 1 de ladite loi organique, il est libellé :« La présente loi organique a pour objet d’instituer, conformérment à l’article 8 de la Constitution,un statut juridique de l’Opposition, ayant pour objet de définir l’Opposition, de déterminer les droits et devoirs liés à son existence, à ses activités et à sa lutte pour la conquête démocratique du pouvoir. Elle a pour but de renforcer et de consolider la démocratie pluraliste et de favoriser la participation de l’ensemble des forces politiques à la construction nationale. Elle vise à fixer le débat politique dans les limites de la légalité et du respect réciproque et assurer l’alternance acceptée, pacifique et apaisée». Quel autre cadre du combat démocratique cherche Kiakwama? Alors qu’il siège au parlement, pourquoi n’a-t-il pas lutté pour que le cadre de combat démocratique dont il rêve aujourd’hui figurât dans ladite loi? Plus grave, lorsque Kiakwama affirme sans vergogne que nous ne bâtirons pas le Congo, si le seul programme de l’Opposition est qu’il s’en aille et que le nôtre le remplace, tout ira mieux. Car selon lui, cette logique n’a pas donné des résultats escomptés depuis 1960 jusqu’ à ces jours. Par cette déclaration, l’honorable fait preuve de l’ignorance de l’histoire du Congo. L’unique fois où les Congolais se sont librement donné des dirigeants démocratiquement élus, remonte en 1960. Malheureusement, ces derniers n’ont pu démontrer de quoi ils étaient capables et les Congolais n’ont pu, eux aussi, les sanctionner par une alternance démocratique à cause des troubles issues de l’ingérence de la communauté internationale, les Belges et les Américains, notamment, dans les affaires internes congolaises, quelques jours seulement après l’accession de notre pays à l’indépendance, suivies de l’arrestation et de l’assassinat du premier ministre P.E.Lumumba et de ses compagnons Maurice Mpolo et Okito. De là, déduire que la logique n’a pas donné des résultants probants en 1960 est une hérésie. Cependant, la situation macabre du Congo de 1965 à ces jours se justifie principalement par la présence à la tête du pays, des dirigeants que la communauté internationale impose au pays et qui ne rendent compte plutôt qu’ à cette dernière qu’au peuple congolais. Le pis pour les Congolais c’est que ces dirigeants imposés s’appuient sur les Congolais corrompus pour bien mener et réussir leur mission. Kiakwama est-il devenu une taupe au service de Kabila qu’il appuie pour l’aider à mener et à réussir sa mission alors qu’il sait que Kabila nous a été imposé par la communauté internationale à travers des élections truquées? Face à la présence de la Cei et à la situation dramatique que celle-ci présente pour la transparence des élections de 2011, comment expliquer que Kiakwama se contente seulemnt d’évoquer la situation sans prendre position contre la tenue des élections de 2011 et sans dénoncer et condamner l’inconstitutionnalité qui frappe la Cei. Par ailleurs certaines choses dont parle l’honorable Kikwama telles que «Opposition à Quelqu’un», « Opposition pour Quelque chose» me poussent à douter de sa maitrise de certaines notions politiques. Dans le système démocratique, l’opposition va de pair avec la démocratie et s’impose pour marquer l’alternance. Celle-ci peut se définir comme succession au pouvoir de deux tendances politiques par le jeu du suffrage ( Le Nouveau Petit Robert, 2009). Dès lors, parler de «l’Opposition à Quelqu’un» ou de « l’Opposition pour Quelque chose» , n’a aucun sens. Tout n’est pas perdu pour Kiakwama qui peut toujours se rattraper et être utile pour la RDC et son peuple. Pour cela, il doit s’armer du courage qu’ avaient jadis ses compatriotes : Simon Kimbangu, Paul Panda Fernana et Joseph Kasa-vubu pour ne citer que ceux-là. À défaut de suivre l’exemple de ces derniers, sa mort politique est certaine, car il aura trahi les siens pour servir des prédateurs. À bon entendeur, salut !
Maurice-Blondel BOKOKO ELOLO Journaliste Québec, le 28 juillet 2010.
REACTION SUR LA CONFERENCE- DEBAT DU DEPUTE KIAKWAMA.
Je saisi cette occasion que l’orateur m’offre pour m’exprimer en toute liberté au sujet de la Démocratie et du Développement de notre pays qu’est le Congo. Je salue monsieur le député qui est un homme intelligent et avec beaucoup d’expérience en matière de la chose publique. Je salue également l’effort fourni par cet intellectuel qui a fait un exposé clair, précis mais incomplet selon ma pensée. Le Congo est en arrière d’au moins deux siècles sur tous les plans pour atteindre cet idéal qu’il préconise. L’occasion lui fut donnée par cette conférence-débat pour exprimer à haute voix ce qui se dit à voix basse. Je vais rappeler brièvement les points sensibles qui n’ont pas été malheureusement soulevés par l’orateur dans son exposé.
Le pays doté des institutions issues des élections de 2006 qui étaient d’ailleurs organisées dans un climat de terreur avec la présence d’une force militaire de la communauté internationale semble incapable d’amorcer par les actes palpables un commencement d’exécution vers un Etat de droit ou la « DEMOCRATIE ». Il y a eu un événement brutal et d’une grande importance qui est survenu dans le pays et il me semble que les hommes politiques toutes tendances confondues essaient souvent de l’escamoter. Et je ne pense pas qu’on puisse arriver à la démocratie si on se réserve volontairement a dénoncer publiquement les raisons qui ont pour conséquences les massacres des populations sans raison aucune et la misère extrême que continuent de vivre ces populations dans les provinces de l’Est. Cette situation d’une catastrophe humanitaire insoutenable a pour origine l’arrivée inattendue dans notre pays des forces étrangères sous le label AFDL. Une guerre qui, en fait était une invasion des forces étrangères conduite apparemment par un fils du pays et camouflées en « Forces de libération » mais en réalité une pseudo libération. Et ces massacres sont souvent imputables aux pseudo rebelles « Banyamulenge » tutsis vivant au Congo et qui se sont mus par la suite en un mouvement politique et dont les dirigeants sont des purs Tutsis de sang rwandais. Une tactique qui a permis aux rwandais de s’infiltrer dans les institutions du pays. Cette infiltration massive va peser lourd en faveur des rwandais au pouvoir dans notre pays et d’autant plus qu’ils ont tous les moyens tant financiers que militaires pour remporter les élections futures de 2011. Les événements ont évolué et les congolais connaissent la réalité des faits cachés par ceux qui peuvent être tenus responsables de ces massacres du siècle. Mieux, une justice n’a jamais été rendue à ces pauvres victimes.
Monsieur le Député,
Souffrez que je vous dise ceci. Votre Assemblée Nationale où vous évoluez avait connu un coup de force pour avoir dénoncé par le Président de ladite Assemblée de l’époque l’entrée des forces étrangères sur notre territoire sans aucun débat sur ce sujet très important dans un pays qui se veut souverain et qui se bat pour un Etat de droit. Mais ce fut le contraire qui se produisit. Le bureau fut contraint à la démission et depuis lors l’opinion tant nationale qu’internationale ignoraient la suite par le fait que la Représentation Nationale s’était rendue coupable de ce que nous pouvons appeler le déni de débattre le sujet pour que le peuple soit au courant. Ce que cette opinion sait aujourd’hui, des populations entières dans le Kivu sont décapitées, déplacées forcement et continuent de vivre dans l’errance totale dans la forêt fuyant leurs habitations incendiées par les forces venant sans doute du Rwanda au vu et au su de notre Représentation Nationale et de la Communauté Internationale.
En votre qualité vous connaissez très bien que le Chef de l’Etat n’est pas congolais mais plutôt un sujet Rwandais. Il s’est hissé à la tête du pays par des moyens peu honorables pour quelqu’un qui est appelé à exercer les plus hautes fonctions de l’Etat. Mais à ce sujet je ne vous demande pas à faire l’héroïsme sur place à Kinshasa en dénonçant publiquement cette imposture. Car je sais qu’à un moment donné vous étiez inquiété par les nervis de sécurité et vous aviez failli perdre votre vie pour la cause nationale. Néanmoins vous connaissez aussi très bien que notre armée est infiltrée par beaucoup d’étrangers notamment des rwandais que l’on trouve a la tête de certaines unités de l’armée. Que cette armée a cessé d’être nationale et qu’elle n’est pas républicaine non plus.
La Représentation Nationale a sacrifié la préférence nationale en faveur de l’option étrangère pour une armée d’un pays qui se dit souverain !!Les services de sécurité sont aussi infiltrés par les étrangers Tutsis et autres. Toutes les douanes du pays sont contrôlées par l’OFIDA et que celui-ci se trouve présentement entre les mains d’un rwandais qui le contrôle tranquillement.
En résumé donc, toutes les institutions de souveraineté en commençant par la présidence de la République sont entre les mains des rwandais au détriment de la préférence nationale. En votre qualité de député national vous êtes sensé connaitre ce qui se passe dans notre pays avec la présence de nombreux étrangers armés dont leur but consiste à piller dans l’illégalité totale les minerais, en bref les richesses minières, forestières, pétrolières et autres du Congo. Ces pillages qui s’opèrent à un niveau industriel privent l’Etat congolais des revenus aussi importants que nécessaires pour le développement du pays. C’est la loi de la jungle où tout se règle par la force. A cet environnement pourri s’ajoutent les tracasseries policières, les arrestations arbitraires, les assassinats ciblés, les viols qui frappent indistinctement les congolaises et que sais-je encore ? Le tout dans l’impunité totale et inacceptable de leurs auteurs.
Il appert de ce qui précède que l’exigence de l’Etat de droit est avant tout le respect de la loi suprême et lois ordinaires par tout le monde y compris le Chef de l’Etat. Que ce respect doit être observé mutatis mutandis par les autres pays et surtout nos voisins conformément au Droit International. Dès lors que le Chef de l’Etat se met à violer la constitution constamment, je ne pense pas que le pays puisse un jour s’acheminer véritablement vers un Etat normal. Cette violation à répétitions par celui qui est sensé protéger les lois du pays constitue ni moins ni plus l’incompétence notoire dans son chef. Des tricheries en tricheries depuis son installation à la tête du pays dans les circonstances connues de tout le monde, les élections futures sont déjà pipées. Il n’y aucun espoir que le pays accède a un Etat de droit.
Mieux encore, comment voulez-vous dans l’état actuel du pays où la corruption est devenue comme un sport national que les investissements tant étrangers que nationaux puissent être garantis dans la mesure où les magistrats vivant dans des conditions épouvantables et inacceptables « oublient » de dire le droit ?Or comme vous le savez en votre qualité d’économiste si je ne me trompe pas, la garantie qu’un pays puisse donner, c’est une justice impartiale. Votre société commerciale à titre d’exemple obtient l’agrément par voie d’ordonnance présidentielle et pour des raisons qui ne plaisent pas à un ministre ou a l’occasion d’un conflit avec lui, ce dernier procède à l’annulation pure et simple de votre acte par un arrêté ministériel. C’est impensable et c’est pourtant la réalité dans notre pays actuellement.
Tout a l’heure j’avais invoqué la question des populations déplacées et errant dans la forêt dans leur propre pays par les faits des forces armées « obscures » que vous ne voulez pas dénoncées. Si notre armée est incapable de faire face a cette situation, ce que l’armée que l’on prétend être congolaise n’existe que de nom et notre territoire est tout simplement occupé par une armée étrangère qui terrorise les populations innocentes.
Monsieur le Député,
Je ne vois pas un pays occupé après les massacres en masse de plus de 6 millions des congolais puisse un jour recouvrer l’indépendance et la liberté de ses populations par la voie des urnes. Vous et moi sommes obligés de dire la vérité que notre pays est occupé par les étrangers en l’occurrence les Tutsis. Nous vivons dans un climat d’occupation et il nous est impossible d’aller aux élections organisées par l’occupant tant que le rapport des forces reste inégal sur le terrain. L’occupant contrôle tout au moyen de ses forces armées, de sa police et de ses services de sécurité. Nous n’allons pas attendre que les étrangers nous le disent à l’instar de Monsieur Charles ONANA qui a même publié un livre sur ça. Pendant votre exposé devant des citoyens congolais et d’autres nationalités étrangères, l’occasion fut très belle et propice pour dénoncer l’occupation du pays, les pillages des richesses et les déplacements forcés des populations par les rwandais et que ces déplacements continuent toujours.
Notre pays a connu au moins deux génocides, un perpétré par les Belges a l’époque coloniale où plus de 10 millions furent massacrés pour n’avoir pas apporté suffisamment du caoutchouc et de l’ivoire au roi Léopold II et l’autre par les Tutsis avec la complicité de la Communauté Internationale au cours duquel plus de 6 millions des congolais furent massacrés comme des chiens. Un silence macabre du côté de la Représentation Nationale sur ces génocides congolais.
Je voudrais terminer en disant et vous conviendrez avec moi que vos suggestions relatives à l’instauration d’un Etat de droit et à la bonne gouvernance ne peuvent se réaliser dans un environnement de terreur et d’occupation du pays. Aussi, à quoi aura servi l’effacement de la dette extérieure du pays quand les mêmes « bienfaiteurs »continuent à piller illégalement et dans l’impunité totale nos richesses minières, forestières et pétrolières ? Donner et retenir ne vaut, dit un adage juridique. Les occidentaux effacent la dette extérieure mais ils confisquent nos richesses par un pillage en règle !