Communiqué de presse conjoint N°03/ONGDH/KATANGA/2010
Les défenseurs des droits de l’Homme une fois de plus en insécurité au Katanga
Maître Michel Kayembe échappe à une tentative d’assassinat
L’Association Africaine de Défense des Droits de l’Homme, section du Katanga (ASADHO/Katanga), l’Action Contre l’Impunité pour les Droits Humains( ACIDH), le Centre des Droits de l’Homme et du Droit Humanitaire( CDH), la Fédération des Droits de l’Homme( FDH), le Comité de Suivi pour la Contribution des Communautés et Eglise à la Transformation Humaine (COSCCET), l’Humanisme et Droits Humains(HDH), le Mouvement pour les Droits de l’Homme et le Réconciliation ( MDR) et la Commission Justice et Paix Catholique (CJP/Catholique), ONGs de Défense des Droits Humains basées à Lubumbashi en RD Congo, sont vivement préoccupées par l’agression physique et les menaces de mort dont Maitre Michel Kayembe, avocat au Barreau de Lubumbashi et membre du CDH, vient d’être victime de la part des quatre hommes armés non autrement identifiés habillés en tenue de la police nationale congolaise de l’unité Police de Police (P.P).
Il nous revient que dans la nuit du 27 juillet 2010, vers 20 heures, alors qu’il s’apprêtait à prendre un taxi à la place de la Poste de Lubumbashi en vue se rendre à sa résidence, Maître Michel Kayembe remarquera un mouvement suspect des gens qui filaient autour de lui et voulaient monter à bord du même taxi que lui. S’étant rendu compte de cette situation inhabituelle, Maitre Michel Kayembe s’est résolu de changer d’itinéraire en prenant un taxi de la ligne Centre Ville-Commune de la Kenya.
Quelques minutes après sa descente à l’arrêt bus Cinq Paillottes situé sur le Boulevard Katuba, il sera appréhendé par quatre hommes armés non autrement identifiés habillés en tenue de la Police Nationale Congolaise de l’unité Police de Police (PP) sur l’avenue du cuivre prolongé au quartier Salama.
Ces quatre inciviques lui administreront des gifles et lui extorqueront son téléphone portable et une somme d’argent de 60 USD après lui avoir déclaré qu’ils avaient une mission spéciale de le tuer ou de le laisser infirme parce qu’il est opérateur judiciaire. L’un de ces quatre hommes a ainsi tiré deux balles entre les jambes de Maitre Michel Kayembe en lui demandant verser la somme de 1500 USD pour sauver sa vie.
Par la suite, Maitre Michel Kayembe sera menotté aux mains, le visage bandé à l’aide d’un linge par ces bandits à mains armées qui ont une fois de plus tiré deux autres balles en l’air en menaçant de le tuer ou de lui tirer sur les jambes. Ce dernier n’a eu la vie sauve que grâce aux cris d’alarme lancés par une Dame qui assistait impuissante à cette scène macabre et à un autre Monsieur qui, arrêté puis relaxé par ces inciviques, a eu le réflexe de saisir la police du sous commissariat du quartier Salama.
Craignant la présence imminente des éléments de la police sur ce lieu et la mobilisation des habitants du quartier alertés par ces tirs de balles, ces quatre malfrats se sont volatilisés en prenant fuite l’un après l’autre et la police a pu récupérer les douilles des balles tirées ; Maitre Michel Kayembe a pu regagner son domicile vers 21 heures.
Les ONG ci-haut citées condamnent fermement cette tentative d’assassinat et constatent que ces actes de barbarie sont liés à la profession d’avocat et de défenseur des droits de l’Homme que Maitre Michel Kayembe exerce avec dignité et professionnalisme depuis plusieurs années.
Les ONG précitées s’insurgent également contre les nombreux abus dont les défenseurs des Droits de l’Homme sont victimes en RD Congo et fustigent l’impunité dont jouissent les auteurs bien identifiés de ces atteintes aux droits garantis par la Déclaration des Nations Unies sur les Défenseurs des Droits de l’Homme. Elles rappellent les récents et ignobles assassinats de Monsieur Floribert Chebeya, président de la Voix Sans Voix, et de Monsieur Muhindo, activiste des droits de l’homme de Beni et de multiples autres intimidations, tracasseries dont les présumés auteurs sont toujours en liberté et dont l’organisation des procès demeure incertaine à ce jour.
Les Organisations signataires du présent communiqué craignent que cette tentative d’assassinat perpétrée contre Maître Michel Kayembe ne soit liée au dossier instruit sous le RPA 6296 devant la Cour d’Appel de Lubumbashi, dossier dans lequel il occupe contre Monsieur Kossi Djangar Manga Christian, agent de la Direction générale des Impôts du Katanga (DGI/Katanga) poursuivi pour viol d’enfant.
Eu égard à la gravité des faits ci-haut décrits et à l’insécurité dans laquelle travaillent les défenseurs des droits de l’homme en RD Congo, les Organisations ci-haut citées recommandent :
A l’Auditeur Supérieur près la Cour Militaire du Katanga
De diligenter une enquête rapide et objective afin de découvrir, d’arrêter et de traduire en justice les auteurs tant matériels qu’intellectuels de cette agression qui continuent à courir.
Au Gouvernement Congolais
D’assurer la sécurité des défenseurs des droits de l’homme conformément à ses engagements internationaux, régionaux et nationaux ; De faire montre de la volonté politique de lutter contre l’impunité des violations des droits garantis aux défenseurs des droits de l’homme en accordant aux cours et tribunaux tous les moyens nécessaires pour l’organisation des procès justes et équitables.
Au Bâtonnier du Barreau de Lubumbashi
De militer pour la protection tant physique que légale de tous les avocats du Barreau de Lubumbashi ; D’accorder à Maitre Michel Kayembe toute l’assistance nécessaire pour l’aboutissement de ce dossier qui porte atteinte une fois de plus à l’image de marque et à la considération de tous les Avocats du Barreau de Lubumbashi.
A la victime
De se prévaloir devant les instances judiciaires afin d’obtenir la condamnation de ces inciviques et la réparation de tous les préjudices subis.