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03 Mai 2012

Renforcer la République

 

Des magistrats de la Cour suprême de justice

La Republique renvoie à l’idée de l’intérêt général. Contrairement à une monarchie où le pouvoir est dévolu par hérédité, la République est un Etat gouverné pour un temps par des "élus" tenus à une obligation de résultats. L’obligation de rendre compte.

Au cours d’un point de presse qu’il a animé mercredi 2 mai à Goma, le gouverneur de la province du Nord Kivu, le PPRD Julien Paluku, a déclaré que le «gouvernement congolais» l’a chargé d’annoncer que Bosco Ntaganda est «responsable de l’instabilité actuelle dans les territoires de Masisi et Walikale». Et que l’homme "doit être arrêté" et déférer «devant la justice congolaise pour répondre de ces actes».

A Kinshasa, aucune source ne confirmait mercredi la tenue d’une réunion du conseil des ministres au cours de laquelle le «cas Ntaganda» fut évoqué. Au Congo démocratique, les questions militaires et sécuritaires sont considérées, à tort, comme des matières réservées au chef de l’Etat. Un chef de l’Etat dont l’incompétence et la mauvaise foi ne sont plus à démontrer.

Mercredi, Julien Paluku a tenté de manière malhabile de relayer la thèse soutenue jusqu’ici par la «Présidence de la République» selon laquelle "Bosco" doit être jugé par la justice congolaise. «Joseph Kabila» l’a dit lors d’une entrevue, début avril, avec des activistes de la société civile à Goma. Interdiction de rire.

Depuis l’accession de «Joseph» au pouvoir suprême, il y a onze ans, aucune énigme judiciaire n’a connu de dénouement dans cet immense pays de 2.345.000 km². Et ce, qu’il s’agisse des exécutions extrajudiciaires camouflées en crimes crapuleux (Steve Nyembo Mutamba, Aimée Kabila, Franck Ngycke et son épouse, Serge Maheshe, Didace Namujimbo, Pascal Kabulungu, Floribert Chebeya, Fidèle Bazana, Armand Tungulu etc.) ou des innombrables vraies ou fausses «tentatives de coup d’Etat». Sans omettre les attaques répétées de l’aéroport de Luano à Lubumbashi par des «séparatistes». Depuis onze ans, les enquêteurs répètent sans cesse : «L’enquête est en cours». Que faudrait-il encore comme preuve pour démontrer l’inexistence d’une justice impartiale et indépendante au Congo dit démocratique?

«Joseph Kabila» et son ex-mentor Paul Kagame sont conscients du risque encouru par leurs régimes despotiques en cas de transfert de Bosco Ntaganda à La Haye. Les deux hommes pourraient être cités à la barre ne serait-ce en qualité de «témoins». Sans oublier l’Ougandais Yoweri Museveni. A l’instar de Thomas Lubanga, Bosco Ntaganda est une «créature» née de l’occupation du Nord-Est du territoire du Congo-Kinshasa par les troupes venues du Rwanda et de l’Ouganda. Les deux ex-chefs miliciens sont poursuivis par la Cour pénale internationale non seulement pour avoir incorporé des enfants mineurs dans leur milice mais aussi d’avoir «attisé» la haine entre les membres de la communauté Hema et Lendu.

Au nom de l’égalité des Congolais devant la loi, Bosco Ntanganda doit être transféré à La Haye. Thomas Lubanga, Martin Gundjolo et Germain Katanga ont été déférés devant cette juridiction avec la collaboration très active des gouvernants en place. Ceux-ci devraient faire preuve de même zèle.

Tout en étant conscient de l’inféodation de la CPI au Conseil de sécurité des Nations Unies, on peut gager que cette juridiction internationale ne pourrait en aucun cas "faire pire" que la justice congolaise.

Depuis l’annonce du retour au pluralisme politique dans l’ex-Zaïre, il y a vingt-deux ans, les Zaïro-Congolais attendent désespérément l’avènement d’un nouvel ordre politique. Un nouvel ordre politique qui passe nécessairement par le renforcement de la République par la mise en place d’institutions fortes en lieu et place d’hommes forts.

La crédibilité du gouvernement Matata sera jugé sur pièce notamment par sa capacité à doter le pays d’une justice indépendante, d’une armée républicaine - capable d’assurer la défense des frontières - et d’une police à même de garantir la paix et la tranquillité à l’intérieur. Le Congo-Kinshasa n’est pas la propriété de «Joseph Kabila». Il est l’affaire de tous les Congolais.

Baudouin Amba Wetshi
© Congoindépendant 2003-2013

 

5 Réactions

Mbala [mbala@yahoo.ca] 03/05/2012 19:00:51
Cher Wetshi,

Le Congo-Zaïre est un état de non droit avec à sa tête un inculte qui n’a aucune notion de l’État, le problème de Bosco Tangana prouve encore une fois que le pays est dirigé par le Rwanda, pourquoi ce général d’opérette doit il être jugé au pays et non au TPI, Bemba, Lubanga ont été transférés à La Haye sans aucune protestation du gouvernement de Kinshasa, au nom de quelle paix cet individu doit être jugé au Congo-Zaïre, sachant que la justice est instrumentalisée par le «roi» du moment, jusque à quand, nous congolais resterons silencieux face à ce complot pour le contrôle de notre beau pays, où sont nos vrais militaires, personne dans cette armée ne peut prendre l’initiative de faire un coup d’état, où est le général Munene ? Peuple du Congo-Zaïre, mettons de côté nos divisions, mettons nous derrière le leader Tshisekedi et donnons lui le moyen pour libérer ce pays qui nous échappe chaque jour à cause de la complaisance de nos frères collabos. Pendant la deuxième guerre mondiale, les français qui avaient le soucis de libérer leur pays se sont tous mis derrière le Général De Gaulle oubliant leurs allégeances politiques ou régionales, pourquoi pouvons ne nous pas nous inspirer de cet exemple. Le moment n’est plus d’enregistrer nos discours et le mettre sur youtube, cela est devenu plus de la distraction et du folklore qu’un combat réel pour libérer le pays.

Amicalement.



kesongo kusa [casos_2004@yahoo.ca] 03/05/2012 19:26:46
Hyppolite Kanambe dit "Joseph Kabila" est le vrai défi pour les congolais. Son séjour au pouvoir est une véritable torture morale pour les Congolais. Le malheur est qu’il y a certains congolais qui sans vergogne ont avec mépris choisi de collaborer avec cet individu contre l’intérêt de tout un peuple...Je me demande si un jour après cette infamie, le peuple congolais ne devrait pas s’assurer que ces collabos infâmes ne s’associent plus jamais a la gestion de la chose publique.



Bois [djpcp@yahoo.fr] 03/05/2012 20:42:07
Merci cher BAW pour ton article.
Tu sais quoi ? C’est une véritable arnaque que la présidence de la République vient d’engager contre le peuple congolais.
J’en prend pour preuve, cette déclaration du PPRD Boshab, sur demande de Kabila certainement:
«Déférer un concitoyen par devant la CPI ne se fait pas de manière automatique. Nous avons nos juridictions. Mais lorsqu’un certain nombre de conditions sont réunies et qu’on estime que c’est plutôt la CPI au lieu de nos juridictions nationales, le PPRD a toujours privilégié les juridictions nationales, parce que la justice doit pouvoir faire son travail.
Cette déclaration ne fait que renforcer ton analyse. ces gens s’imaginent qu’ils ont pris le peuple en otage et qu’ils peuvent se permettre n’importe quoi ?
Lire tout l’article sur le site de radiookapi au lien suivant: http://radiookapi.net/actualite/2012/05/03/rdc-le-pprd-soppose-au-transfert-de-bosco-ntaganda-la-cpi/
Pitié pour notre pays.



Thomas [grarcrdc@gmail.com] 04/05/2012 13:27:27
Une telle analyse devrait être lue par deux docteurs : l’un vit en Allemagne et l’autre aux USA.Celui des USA m’a même écrit pour me dire,sans rire,que s’il trouvait quoi que ce soit à dénoncer dans la gouvernance de "Kabila", hésiterait pas à le faire.J’espère qu’il va me lire et,sur ce,j’attends sa dénonciation.



Merci Congo [mercicongo@yahoo.fr] 04/05/2012 18:06:34
A force de lire tout ce qui se dit sur cet homme, on finit par découvrir des incohérences. Pour preuve, Paluku dit qu’il a était chargé par Kinshasa d’annoncer la bonne nouvelle à savoir, B. Ntanganda doit être transféré au CPI à la Haye. Ce qui est une bonne chose pour un natif de l’Est qui puis est témoin de la misère des ses proches parents. Mais, alors, entendre Boshab, professeur et faiseur de loi au PPRD : il est hors de question que B. Ntanganda soit transféré à la Haye afin qu’il soit jugé au CPI. Pour notre Muluba national, l’homme au mandat d’arrêt international devrait être jugé en RDC. Et les autres criminels dont leur noms figurent sur le rapport mapping de l’’ONU les-a-t-on jugé ? Pourquoi les congolais de l’autre côté sont si médiocres alors qu’ils ont côtoyé des civilisés ?
Or, il faille souligner ici que pour juger cet homme, il faut qu’il ait une personne voire un plaignant. Qu’est-il ? Et le contenu de sa plainte. Car, Ntanganda n’a pas évolué seul et n’est pas seul dans son entreprise. La position de Boshab : est-ce qu’une manière de refuser que l’arbre qui cache la forêt soit coupé et que ce dernier balance tout ? Au CPI, tout le monde sait que les chefs d’accusations qui pèsent sur cet homme se résume sur * crime de guerre et crimes contre l’humanité*. Et à Kinshasa, quels sont les chefs d’accusation qui conduiront le général de CNDP devant ce tribunal spécial ? A ces allures, non seulement Matata est mal parti mais, une bonne chance pour tous ceux qui attendaient que le peuple se mettent sur la rue pour manifester son ras de bol. On parle de plus de 2 millions de déplacés depuis une semaine. les élus - tricheurs-fraudeurs réclament les frais d’installation. les FARDC, les minutions, les médecins en grève, sauf au PPRD où on travail. Quel travail font-ils ? Le viol massif et la balkanisation de la RDC ! BAW : vous dites renforcer la République. Je pense qu’il fallait nous instruire sur renforcer la vigilance afin de sauver la république. La RDC s’en va et n’est plus nôtre.


 

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