Le silence de Joseph Kabila. Est-ce un atout pour un bourreau? :
La classe politique de la RDC au crible de la critique
Bamba-di-Lelo
S’il pouvait encore chanter aujourd’hui pour notre peuple, le musicien saxophoniste Kiamuangana-Mateta Verckys (Vévé) chantonnerait à l’intention du peuple congolais, en prenant à témoin l’Afrique entière, "Nakomitunaka" (je me demande souvent!). Mais cette fois, il ne se demanderait plus si Dieu est blanc ou noir, et pourquoi dans nos églises les statues sont toutes représentées par des hommes et des femmes de couleur blanche! Non, aujourd’hui, observant l’agonie du peuple congolais, il se poserait la question de savoir où sont ses leaders et que font-ils! Le silence, l’inconscience, l’inaction et l’absence totale sur l’échiquier politique tant national qu’international, voilà où le bât blesse. On peut donc s’en expliquer dans les quelques lignes qui suivent.
1. Le silence n’est pas l’habit d’un vrai leader politique
Joseph Kabila n’est pas aimé par le peuple congolais, dans sa grande majorité. Son silence n’est pas un silence d’or, comme pour faire l’économie d’un discours politique abondant. Non, un leader véritable est l’homme de la parole; il se met au service de son peuple d’abord par le contact et la complicité qu’il doit établir avec lui, et il lui propose un projet qui met en valeur les intérêts de la population. Ce n’est pas en décrétant les cinq chantiers qu’on lui a fabriqué et qu’il n’a pas été capable d’incarner que Joseph Kabila peut être appelé leader politique. Il ne l’est pas, il ne l’a jamais été, parce qu’il n’a pas le gabarit d’un homme politique. L’habit dont il a été habillé est trop grand pour lui. N’étant donc pas porteur d’un message à son peuple, Kabila est une fabrication du monde des multinationales et des prédateurs, dont le rôle n’est pas de diriger, mais de semer la terreur par la mort et l’insécurité permanente, la paupérisation, la liquidation de l’élite intellectuelle congolaise, le massacre de l’éducation de la jeunesse afin qu’il n’y ait pas d’avenir pour la République Démocratique du Congo.
Pour bien comprendre ce que nous disons là, rappelons que le rêve politique de Patrice Lumumba pour son pays était dans la force de la parole et de ses convictions face au peuple; par contre, le premier président Joseph Kasa-Vubu aurait pu mieux faire, mais son mutisme l’a éclipsé totalement devant le monde et devant son électorat. Par contre, Joseph-Désiré Mobutu savait tenir les foules en haleine par ses discours fleuve; et on a retenu de lui qu’il fallait aimer son pays et ses chefs pour pouvoir exister sur la scène internationale. Ce fut une parole audible et cela a fait de lui un grand leader africain, l’un des plus écoutés de son temps dans le monde.
Laurent Désiré Kabila qui a vécu l’espace que vit la rose, l’espace d’un matin, a fait peur, car il avait une parole de chef digne de représenter le grand Congo, bien qu’aujourd’hui la communauté internationale l’a mis à genoux.
Aujourd’hui, la classe politique congolaise, toute tendance confondue, en dépit de quelques mots qui nous parviennent comme en écho, reste muette; car elle n’a pas de projet véritable, crédible et mobilisateur. Au contraire, à cause d’une certaine inconscience invétérée, nos politiciens ne se comportent pas en vrais leaders; ils sont malgré eux, poussés à se comporter comme des clients qui doivent mendier un espace politique non pas auprès du peuple, mais auprès d’un dictateur, d’un tueur à gage, d’un bourreau qui est payé pour cela.
2. Agir comme des hommes libres et adultes
L’opposition congolaise peut trouver une certaine crédibilité et légitimité à travers le seul Etienne Tshisekedi, car ce dernier est resté un farouche opposant au dictateur Mobutu. Avec ya Tshitshi, comme on dit, l’opposition congolaise unie aurait pu avoir un destin plus heureux, car elle a un discours audible et mobilisateur: le projet d’une nation démocratique et libre, travaillant à son progrès social! Et cela était bien l’attente d’un peuple congolais après tant d’années de dictature et de gabegie en matière de gestion de la chose publique. Le dernier rendez-vous électoral du 28 novembre 2011 en est la preuve: le peuple a sans aucun doute porté son choix sur Etienne Tshisekedi, mais en politique et surtout en temps de crise, il eût fallu à toute l’opposition, de prendre option pour un combat d’union qui ferait la force d’une nation cherchant à se ressaisir. Ce ne fut pas le cas. Ici, il ne faut pas trop s’en prendre au leader de l’UDPS qui est resté constant dans sa lutte; mais on aurait pu, avec lui, préparer une bonne transition qui devait faire émerger des jeunes politiciens épris de liberté, d’amour patriotique et de maturité politique. Au lieu de tout cela, chacun a cru que pour guérir la République Démocratique du Congo de son cancer, il lui fallait quelques aspirines seulement. Grossière erreur de stratégie, dont le peuple paie cruellement aujourd’hui les pots cassés.
Le "nakomitunaka" évoqué au début de ces réflexions peut aussi nous interpeller sur ce que les Congolais et Congolaises sont et représentent comme humains. Un diplomate occidental a dit que "les Congolais n’ont pas le sang arabe", et à partir de cela, une autopsie des comportements a été réalisée: on est peureux, amnésiques à notre histoire, qui pourtant devrait nous donner courage et fierté pour poursuivre notre lutte de libération, sans fatalisme et sans trahisons. Au fond, on peut se demander si la préoccupation majeure des Noirs de l’époque coloniale n’a pas élu domicile dans nos mentalités, à savoir: ne nous préoccuper que du manger et du boire. On a écrit cette sentence qui fait la honte à notre peuple: "NIGRI SEMPER DE CIBO LOQUNTUR"
Les Congolais et les Congolaises seraient dès lors les fidèles porteurs-étendard des Noirs, parce qu’ils sont reconnus pour des gens qui aiment jouir et qui se contentent, sans travailler, d’avoir l’argent facile. Et ceci ouvre la porte à la paresse, où l’on devient plus vulnérable, proie facile aux sollicitations des corrupteurs, même s’il faut trahir son pays. En outre, on se comporte comme si le colonialisme a fait des ravages en nous, jusqu’au point de vivre encore aujourd’hui comme aliénés, tremblant devant l’homme blanc et mettant sa tête dans sa poche.
"Nakomitunaka", quel genre d’humains sommes-nous et comment sortir de la zone de mort où nous nous sommes précipités nous-mêmes?
3. Bannir toutes les formes d’égoïsme
L’égoïsme tue l’idéal et l’amour patriotique. La R.D.C. est loin de ce qu’elle fut il y a quelques années: elle a eu une armée républicaine qui était respectée tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de nos frontières. Ce sont les Congolais eux-mêmes qui ont largement contribué à son démantèlement, et nous voilà du coup sans défense aujourd’hui. Tshisekedi a beau être le vainqueur des élections, mais que ferait-il pour imposer son leadership sans imperium! Quant à Joseph Kabila, bien que n’ayant pas gagné les élections, c’est pourtant lui que des Congolais aident à asseoir son pouvoir d’oppression pour quelques sous!
On n’est pas des aliénés, on n’est plus des mineurs, on n’est pas des imbéciles et des sots, on n’est pas des lâches, mais on fait comme si on était ainsi dans la réalité. Oui, la R.D.C. est orpheline de Lumumba et de tant de ses fils et filles valeureux, qui avaient une voix audible, une voix de liberté, de fierté et de dignité. Oui, elle est orpheline de ses hommes de devoir, d’amour et de travail consciencieux; avec leur disparition, ont disparu aussi notre compagnie nationale aérienne, notre compagnie maritime, notre armée arc-en-ciel, nos prestigieuses universités, et nos parcs respectés. Tant de sang a coulé, cela ne suffit pourtant pas aux Congolais d’aujourd’hui pour une relève digne de ce nom. On préfère lécher les pieds d’un prédateur qui distribue des miettes de ce qu’il nous vole, on préfère devenir le chantre d’un raïs incompétent et traître pour ne dire que cela! A quand le réveil, à quand la prise de conscience et l’engagement définitif pour la cause du Congo notre famille, notre maison, notre territoire tant convoité! A quand la fin de l’imposture dans l’imposture de Joseph Kabila?
"Nakomitunaka": pourquoi sommes-nous si bavards pour rien, et que l’action reste aux mains de nos ennemis?
Bamba-di-Lelo Docteur en Sciences politiques de l’UCL Analyste des questions politique du Congo
SAINT PAUL [saint.paul@yahoo.fr] 04/05/2012 23:56:11
EH bien donc, Le docteur daniel se découvre un congolais qui écrit des bonnes choses pour son pays confisqué par les multinationales ? Alors que à la veille des élections controversées du 28 novembre il soutenait un étranger à la présidentielle, je nomme vital kamherere lwa kabuanji. Tant que les congolais ne prendrons jamais conscience pour voir qui et qui dans ce pays, eh bien, nous mêmes continuerons à vendre notre pays aux premiers venus. Un docteur, femme du même village que le Président Tshisekedi soutenait vital kamherere, elle s’est tue à présent, pittoyables docteurs congolais de titre.
Bonjours monsieur, votre message est bien capté, mais on pouvait pas echanger les idée par le Net ou le Téléphone. A ce niveau, la RDCongo a besoin des sacrificateurs comme les arabes qui peuvent se donner pour accomplir la tá che essentiel dans un premier lieu... L’ amour, la confiance, la conscience et la détermination.
Analyse vraie,pertinente et convaincante de Monsieur Bamba di Lelo. Qu’en pense la classe politique congolaise devant ce réquisitoire non complaisant?L’auteur de cet article mérite toute notre considération. Bravo Prof.Bamba di Lelo.
Il est temps que nos leaders se remettent en question afin de changer leur comportement politique pour sauver une fois pour toute la Nation Congolaise en péril. C’est maintenant qu’il faille tout mettre en ordre de bataille pour faire triompher la vérité des urnes. Nous ne pouvons admettre à être géré par défi. L’inacceptable n’est pas un concept révolutionnaire.Kabila dégage sans plus........
Je suis souvent ravi de lire vos écrits.Que de fois, je tente de vous joindre par votre portable mais sans succès.Pourrai je vous rencontrer très prochainement, pour discuter avec vous sur les questions essentielles de notre pays?Votre enrichissante expérience dans le domaine politique me serait fort utile dans la poursuite de mes recherches scientifiques.Toute ma sypathie et courage.
KOPERE [Amon-ka@hotmail.com] 05/05/2012 15:47:19
C’est très profonde, l’analyse qui nous a été contée par M.Bamba. Car, il a posé de bonnes questions dans son analyse. L’appel que nous lançons au peuple congolais,c’est qu’il devait rester confiant et déterminé. Car, aucune force ne peut résister face à la détermination d’un peuple. Nous vous invitons à observer attentivement le changement des cartes qui s’opère dans certains pays qui ont la fâcheuse habitude d’avoir la mise sur les pays du tiers-monde. Pour être entendus, nous devons nous organiser afin d’avoir notre mot à dire(...).
kaka [kaka@hotmail.com] 05/05/2012 18:34:52
""Nakomitunaka": pourquoi sommes-nous si bavards pour rien, et que l’action reste aux mains de nos ennemis?"
Je vous retourne cette question. Ne pensez-vous pas que l’on a assez ecrit? Que vous avez assez ecrit? N’est-il pas temps maintenant de songer a agir? Va-t-on laisser J.K nous gouverner 5 ans encore?
Je partage à 100% les arguments soutenus dans le présent article.Notre pays,la RDC n’a plus d’hommes politiques courageux et capables de dire non à Joseph Kabila en face. Tous ont peur de mourir.Et,le petit Rwanda ne cesse de malmener le grand baobab,la RDC.Dommage........Mais,je crois à la libération prochaine de mon pays.La machine est en marche. Qui vivra verra.........
Politiciens congolais mawa na bino.Ndenge nini bondimi koteka ekolo Congo na mipaya.Joseph Kabila akoti na mboka na biso na botte ya ba jardinier.Epayi awuti azalaki na effectif ya armée ya FPR na commandement ya Paul Kagame.Na moyi ya lelo bondimi akoma Président ya mboka Congo.Po na lokoso ya mbongo?Bosala makasi car bientôt bokokende bino banso na exil na Asie,particulièrement na Afghanistan
katubile [kac@otmail.com] 06/05/2012 16:29:38
Le questionnement de notre compatriote est fondé et son agumentaire l’est tout autant. La vraie problématique demeure cependant. Le vrai et grand problème est la définition même de la notion de ’’leader’’. qu’entend-on par être leader? Un compatriote qui, un matin s’affiche et expose les idées sur la situation socio politique du Congo de façon claire parcequ’il vit les effets de la situation devient-il leader pour autant ? Ceux qui, par le concours des circonstances se sont retrouvés dans les couloirs des pouvoir successifs au Congo et qui n’ont fait que se servir et ou jouir le deviennnent-ils? Ceux qui sont instrumentalisés, refusant jusqu’à voir l’évidence, mais à qui on fabrique une audience pour vendre le vent et défendre les intérêts des autres sont-ils des leaders spontanés ?La culture du plaisir qui n’est pas un péché et celle du gain facile doublée les déclarations ’’exhubitionnistes’’ qui ne reposent sur aucun idéal pour lequel leur auteur est prêt à s’assumer jusqu’au bout sont entre autres raisons qui justifient le fait que nous Congolais ne franchissons jamais le cap de la parole. Depuis la table ronde de Bruxelles en 1960 en passant par le dialogue de Sun City en Afrique du sud jusqu’à ce jour, beaucoup de roitelets ont été créés et certains parmi eux ont occupé les postes des responsabilités à leur propre surprise. La raison en est simple, comme on le fait avec les artistes comédiens, les fanatiques ont mordu à l’hameçon en confondant le show à la gestion de la chose publique. Ainsi, comme on dit au Québec ’’la mayonnaise a pris’ la magie a réussi.’ CHANCE ELOKO YA PAMBA résume cet état d’esprit qui dénote d’une légerté suicidaire. Trouvons-nous responsable que pour les questions essentielles de l’avenir du Congo les points de de Francis Kalombo, Papy Tamba - pour ne citer que ces deux prototypes - retiennent l’attention des Kinois? Même si en démocratie les points de vue de tout citoyen mérite d’être respecté, il y a des échantillons responsablement représentatifs d’un peuple. C’est de cette façon que les grands peuples créent leur mémoire collective, observatoire de leur quotidien collectif à consulter en cas de (crise) besoin. Chez nous c’est le contraire. Les voix qui comptent sont étouffées et ou tourner en dérision par les chantres des antivaleurs et autres fous de roi...
À quelque chose malheur est bon. Nous avons, par les marches et autres manifestations, expliqué ce que nous voulons pour notre pays et notre peuple. En face de nous, l’ennemi analyse tout en profondeur cherchant à anticiper nos actions s’il ne réussit pas à débaucher les meneurs. Malheureusement, pendant ce temps, nous oublions tout à la fin de la marche jusqu’aux incidents survenus lors des marches. Les cellules d’études devaient revenir sur l’après-marches et les stratégies subséquentes si nous voulons que les lignes bougent. C’est le travail des technocratiques et autres penseurs qui par leur travail sous l’ombre pourront devenir les leaders de la race pure au service des générations futures car, ils l’auront ainsi bien mérité.
J’ai souvent eu le privilège de lire les articles de Monsieur le Professeur Bamba di Lelo.La profondeur du style et la cohérence de son raisonnement me donne la fierté de reconnaître à cet écrivain le mérite d’un grand intellectuel que regorge la République Démocratique du Congo.Son implication dans le traitement des dossiers sensibles au sein de l’Exécutif congolais pourrait aider nos autorités à tracer la véritable voie à suivre pour sortir la République Démocratique du Congo du carcan dans lequel le pays se trouve plongé.Dommage que des universitaires comme lui, l’ayant précédé dans le monde politique ont peur de présenter les éléments de cette trempe.Au risque de les supplanter.Où se trouve le sens de l’émulation?
Mami wata Albert [albermamiwat@yahoo.fr] 07/05/2012 14:45:19
Vous avez raison tant sur la forme que sur le fond. Prenez soins de vous car la République aura besoin de vous dans un avenir proche.Acceptez avec modestie,mon appréciation que vous êtes un brillant politologue.Je vous préviens que vos articles ainsi que ceux de Mayobo Tippo Tippo ,de Baudouin Amba et Mbelu font l’objet d’une collection pour mes enseignements d’éducation civique.Nous espérons que nos leaders politiques comprendront sans haine ni rancune le sens profond de votre dialectique. A plus
Chers amis lecteurs, Cet article peut susciter beaucoup de polémiques vu son auteur et son activité assez riche en écriture de toutes sortes. Nous n’allons pas invoqué le fait qu’il pense à Monsieur Tshisekedi après les élections alors qu’avant les élections, il soutenait l’insoutenable. Soit ! Nous n’allons pas lui faire un procès d’intention, encore moins un jugement sur ses écrits et leur logique. Mais centrons notre pensée sur ce qu’il vient d’écrire. Il suggère l’action des hommes politiques. Mais une action sans réflexion est aveugle et une réflexion sans action est vide, pour paraphraser E. Kant. C’est dire que, le début d’une action est la réflexion sur cette action et la mise au point d’une cellule stratégique pour pouvoir agir efficacement. L’auteur de cet article a et est encore conseiller de Monsieur Kamerhe R. a-t-il rapporté cette réflexion à la personne qu’il a soutenue pendant la période des élections alors que tous ceux qui voulaient un changement souhaitaient que les opposants de la dernière heure qui avaient collaboré avec le président sortant s’aligne derrière celui que l’auteur traite actuellement d’un opposant sérieux. Je ne veux pas mettre dans des considérations qui pourraient nous éloigner de notre objectif: "le changement de régime pour que le Congo retrouve sa place au concert des Nations et cesse d’être considéré d’Etat défaillant". Cette dernière expression je la prends de Lester Brown. L’action ne concerne pas seulement les politiciens, elle concerne tous les citoyens et chacun à son niveau, mais l’action doit être réfléchie, coordonnée et orientée vers le résultat. On a beaucoup écrit et souvent, certains écrits ne visent pas la libération des Congolais mais constituent une exhibition des connaissances sans finalité autre que l’orgueil des écrivains. Le Congo a besoin actuellement des réflexions qui doivent aboutir à des actions pour atteindre le but qui est l’intérêt du pays. Que Dieu aide le Congo.