Le Soudan du Sud, un jeune État ruiné par ses dirigeants
Le président du Soudan du Sud, Salva Kirr
Le président Salva Kiir appelle les responsables du pays à rendre les 4 milliards de dollars qu’ils ont détournés. Il accuse ses ministres ou ex-ministres, d’être les auteurs de ces détournements.
«Environ 4 milliards de dollars ont disparu ou, pour le dire simplement, ont été volés par des responsables, d’anciens responsables et des individus corrompus ayant des liens étroits avec des responsables gouvernementaux.» Au Soudan du Sud, une telle déclaration n’aurait guère soulevé d’intérêts si elle n’émanait du président lui-même, Salva Kiir, dans une lettre des plus officielles. Datée du 3 mai dernier et révélée lundi, la missive a été adressée à 75 ministres ou ex-ministres, accusés d’être les auteurs de ces détournements. Et le chef du plus jeune État du monde, indépendant depuis juillet dernier, se fait précis. «La plupart des fonds ont été sortis du pays et déposés sur des comptes étrangers», poursuit-il. Les sommes en jeu, monstrueuses, correspondent à un tiers des aides internationales versées depuis 2005, date de la signature du traité de paix qui devait mettre fin à vingt ans de guerre civile et ouvrir la voie à la partition du Soudan.
Gros 4×4 clinquants
Un simple tour à Juba, capitale champignon du nouveau pays, suffit à le comprendre. Les gros 4×4 clinquants passent devant les gamins en loques et les pancartes délavées annonçant des projets de construction, financés mais jamais conduits à terme. La liste des entreprises connues pour leurs pratiques frauduleuses dans toute l’Afrique, mais opérant tranquillement à Juba est aussi longue que celle des scandales. Le plus connu reste celui de Dura, plusieurs milliards de dollars de céréales achetées en 2008 mais en grande partie jamais distribuées.
La brusque sortie du président, qui n’ignore rien de ce constat, démontre que les autorités sud-soudanaises ont réalisé que les malversations menacent désormais la paix et les finances du pays. «La lutte contre la corruption sera le principal défi du gouvernement peut-être avant même celui des relations avec Khartoum», soulignait un fonctionnaire de l’ONU au lendemain de l’indépendance.
Une menace pour la paix
La nouvelle liberté a en effet soulevé de vastes espoirs parmi les petites gens et les anciens combattants, dont une immense majorité végètent sous le seuil de pauvreté sans accès aux soins ou à l’éducation. Mais ils ont été déçus et le peuple menace. «La population sud-soudanaise et la communauté internationale s’alarment du niveau de corruption au Soudan du Sud (…) Nous nous sommes battus pour la liberté, la justice et l’égalité (…) Une fois arrivés au pouvoir, nous avons oublié ce pour quoi nous avons combattu», écrit le président comme pour calmer la colère populaire.
Quant aux finances, au plus mal après l’arrêt des exportations de pétrole qui représentaient 98% du budget, Salva Kiir semble compter sur le civisme pour les redresser. Il exhorte les responsables à «rendre les fonds volés» en échange d’une amnistie. Un compte a même été ouvert pour cela au Kenya.
Si l’argent ne devait pas rentrer, cette lettre polie pourrait laisser place à des mesures plus musclées. La publication de la missive est sans doute une première étape.
Jacques Mbila [jakombila@yahoo.fr] 08/06/2012 10:25:10
Je ne sais pas pourquoi, mais ça m’a directement fait penser à deux autres pays africains: la République très très démocratique du Congo et le Zimbabwe révolutionnaire de Old Bob, c’est-à-dire l’inénarrable Mugabe.
SAINT PAUL [saint.paul@yahoo.fr] 08/06/2012 20:23:25
Incroyable mais vrai Les noirs sont tous maudits, je ne pouvais jamais imaginé que le peuple de ce pays qui devait être fier d’eux, travaillé pour leur paye et en faire un petit golfe percique africain, se comporte ainsi en prédateur? Oh peuple noir souffrez que vous êtes à l’origine de votre propre malheur depuis l’époque vos ancêtres vendaient leur propre filles et fils. Nous demeurons très longtemps en occident, croyez avoir un pays, être dans son propre pays est tout ce que l’homme doit aspirer de mieux sur la terre des homme ici bas.
Je l’ai toujours dit, le mal de l’homme africain ou noir c’est lui-meme. Ne cherchons pas a accuser les etrangers. Comment comprendre qu’un peuple dont les dirigeants ont accuse Karthoum d’avoir opprime le peuple du sud du pays et les memes aujourd’hui font pire que Karthoum. Donc tous ces efforts de guerre, de pertes de vies humaines ont ete consebtis dans le but de se satisfaire soi-meme et laisser le peuple sud-soudanais croupir dans la misere. C’est ca la cruaute. Comprenne qui pourra.