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13 Juin 2012

La grande responsabilité des institutions dans la débâcle généralisée

 

François Hollande et Nicolas Sarkozy photographiés dans leur bureau de vote respectif dimanche 6 mai 2012. Photo AFP

Désemparés de ne vivre qu’un mirage de démocratie, les Congolais, ceux-là mêmes qui en 1990 criaient à la face du monde qu’ils étaient mûrs pour piloter un appareil politique démocratique, sont désormais gagnés par le doute. Comme au lendemain de l’indépendance, la débâcle généralisée est mise sur le compte de la médiocrité des élites et/ou de l’immaturité politique des masses. Ainsi, non seulement le destin du pays se joue dans un cercle vicieux allant de la dictature à la dictature, en passant par une petite parenthèse d’ouverture démocratique, mais la pensée des élites suit également la même trajectoire, allant de l’afro-pessimisme à l’afro-pessimisme, en passant par une faible lueur d’euphorie et d’espoir.

Est-ce une fatalité ? D’autres diagnostics et remèdes ne seraient-ils pas envisageables ? Est-ce la qualité d’homme ou des institutions qui détermine avant tout le caractère démocratique d’un Etat ? En d’autres termes, est-ce le démocrate ou les institutions démocratiques qui imposent l’Etat de droit ? Les démocrates existent-ils ou il n’y aurait sur terre que des êtres humains capables de donner le meilleur d’eux-mêmes dans une structure démocratique et le pire de ce qu’il y a dans la nature humaine dans un cadre différent ?

Pour les Congolais, les réponses aux questions ci-dessus semblent aller de soi. Leur pays souffrirait de la médiocrité de ses dirigeants ou d’un manque criant de démocrates. Comme ailleurs en Afrique, le sport favori des gouvernants est de s’accrocher et de s’éterniser à tout prix au pouvoir. A cet égard, ces derniers ont beaucoup à apprendre des dirigeants occidentaux. Ils devraient s’inspirer, par exemple, de la récente alternance française d’autant plus que celle-ci contraste avec les mœurs politiques en vigueur en Afrique. Arrêtons-nous un instant sur cet exemple et voyons quelle leçon les élites congolaises devraient en tirer.

Le double visage du démocrate

Avec ses malheureux 48,38% au deuxième tour, Nicolas Sarkozy fut le premier à reconnaître la victoire de son adversaire. Mieux, il avait aussitôt téléphoné à François Hollande pour lui souhaiter bonne chance. Faut-il conclure pour autant que la leçon que l’Afrique devrait apprendre de cette expérience réside dans l’acceptation de la défaite ; phénomène effectivement rare dans ce continent ? Pour savoir si le fair-play du président sortant et vaincu est la leçon que l’Afrique devrait retenir du dernier scrutin présidentiel français, on doit se poser des questions simples. Sarkozy avait-il d’autre choix que de s’incliner face au verdict des urnes ? S’il l’avait voulu, aurait-il réussi, à l’instar de Joseph Kabila vis-à-vis d’Etienne Tshisekedi, à se servir de l’appareil de l’Etat pour voler la victoire à François Hollande ? Aurait-il réussi à donner des ordres à la police nationale française d’assigner François Hollande à résidence ? Aurait-il réussi à faire main basse sur les médias publics afin qu’ils chantent les louanges de son hold-up électoral, transformé en victoire éclatante ?

La réponse aux questions ci-dessus est connue de tous. Non. Cette réponse signifie d’abord que Sarkozy n’avait aucun mérite en reconnaissant la victoire de son adversaire, car il n’avait pas d’autre choix. Si on l’a félicité de par le monde, c’est par simple courtoisie. Cela signifie ensuite que si Joseph Kabila était le président sortant de France, lui, le voleur de victoire électorale mondialement connu, n’aurait pas eu la possibilité de voler sa victoire à qui que ce soit. Ce n’est pas tout. Cela signifie enfin que si le duel Sarkozy-Hollande s’était déroulé dans le contexte des institutions boiteuses d’Afrique, tout semble indiquer que Sarkozy n’allait pas hésiter à s’accrocher au pouvoir. Croyant maîtriser les affaires d’Etat mieux que son adversaire, on l’a vu se débattre pour changer les règles du jeu en exigeant trois débats au lieu d’un seul. Alors que son grand-père immigré venu de Pologne n’avait rien fait pour la France, Sarkozy ne s’est pas gêné de tendre la main au diable (l’extrême droite) en vouant aux gémonies les immigrés africains dont les grands-pères avaient versé leur sang pour libérer la France de l’Allemagne nazie.

Il y a mieux. Là où les institutions républicaines restaient muettes ; là où Sarkozy pouvait donner libre cours à ses plus bas instincts, c’est-à-dire quand il se sentait à l’abri des regards de la France toute entière, il ne s’est nullement gêné non plus de se conduire comme les potentats africains tant décriés. Pour preuve, dans son article « Une passation de pouvoir pas normale », Le Canard enchaîné a révélé que « tout le courrier envoyé à l’Elysée et destiné François Hollande depuis son élection avait été broyé ». (France 24, 10 juin 2012). Quelle est alors la véritable nature de Sarkozy ? Est-il le démocrate qui a refusé de se servir des moyens de l’Etat pour voler sa victoire à François Hollande ou le délinquant primaire qui a broyé le courrier de ce dernier ?

On peut multiplier les exemples pour démontrer que les « démocrates », dont les Congolais attendent impatiemment la naissance chez eux, ne sont rien d’autre que des êtres humains, capables du meilleur comme du pire. Du meilleur dans un environnement institutionnel démocratique. Et du pire dans le cas contraire. On pourrait penser à Dominique Strauss-Kahn sur qui la gauche française avait fondé tous ses espoirs pour la présidentielle dernière et que le président Nicolas Sarkozy avait éloigné de la France, en le hissant au sommet du FMI, sans doute pour lui donner goût à autre chose qu’au fauteuil présidentiel français. DSK était alors perçu comme un grand démocrate ; l’un des plus grands que pouvait compter la France. Mais la beauté de la femme noire, femme africaine si bien incarnée par Nafisattou Diallo révélera au monde entier un délinquant sexuel aux antipodes des valeurs républicaines si chères aux « démocrates » occidentaux. Quelle est alors la véritable nature de DSK ? On pourrait également penser à tous les « démocrates » occidentaux et aux crimes de tout genre qu’ils commettent ailleurs, notamment en Afrique et plus particulièrement au Congo. Quelle est leur véritable nature ?

La solidité institutionnelle

S’il y a une leçon de démocratie que la France a donnée aux potentats africains à travers sa dernière alternance, cette leçon réside non pas dans ce qu’on a vu et entendu, c’est-à-dire l’acceptation de la défaite par le président sortant et vaincu, mais plutôt dans ce qui a permis ce qu’on a vu et entendu et qui n’existe malheureusement pas en Afrique. Sarkozy n’a pas accepté sa défaite parce qu’il serait un démocrate qui a refusé d’utiliser les instruments du pouvoir à sa guise. Même s’il avait voulu utiliser ceux-ci dans un intérêt égoïste, il lui aurait été impossible de réussir son coup. Ce n’est donc pas le fair-play de Sarkozy qui mérite d’être souligné, mais la solidité des institutions républicaines. Celles-ci ont été conçues de telle manière que leur manipulation à des fins personnelles par le magistrat suprême est tout simplement inimaginable.

L’impossibilité d’utiliser les instruments de la souveraineté nationale à sa guise ne tombe pas du ciel. Elle se crée. D’abord, contrairement à ce qu’on vit en Afrique, le parti politique n’est la propriété de personne. Mieux, toujours contrairement à ce que l’on peut observer en Afrique, la démocratie est déjà à l’œuvre au sein de chaque parti. Ensuite, quand un parti ou une coalition des partis arrive au pouvoir, il ne lui est pas possible d’entretenir des relations clientélistes avec les piliers du pouvoir que sont l’appareil judiciaire, l’armée et les forces dites de sécurité. Le contraire est vrai en Afrique, car la grande capacité de patronage que les institutions dites démocratiques laissent au chef de l’Etat lui permet de placer ses pions ou clients à tous ces niveaux. Enfin, quand un membre du parti ou de la majorité présidentielle arrive au perchoir du parlement, ce contre-pouvoir par excellence, il n’entretient pas une relation clientéliste avec le chef de l’Etat. La démocratie interne aidant, il arrive même que ce membre soit un fervent ennemi de celui-ci au sein du parti. Qu’on pense ici, par exemple, aux propos désobligeants que Laurent Fabius et Martine Aubry tenaient au sujet de François Hollande lors des primaires socialistes. Le cas français va certainement nous édifier une fois de plus. Ne pouvant devenir Premier ministre, Martine Aubry a refusé tout poste ministériel. En prenant les commandes de la campagne socialiste pour les législatives, elle se profile comme prochaine présidente de l’Assemblée nationale. Et ce ne sera pas un cadeau du président François Hollande, mais un poste mérité suivant la dynamique interne du parti.

Par ailleurs, non seulement le chef de l’Etat n’a pas la possibilité de nommer qui il veut comme il veut dans tous les corps constitués de l’Etat, mais en plus il n’a pas la possibilité de démettre les hauts commis de l’Etat par simple claquement des doigts comme en Afrique. On peut également ajouter que contrairement à l’Afrique, le jeu électoral ne se joue pas au rythme de la célèbre chanson des ABBA « The winner takes it all ». En Occident, le vainqueur ne gagne pas tout et le perdant ne perd pas tout. En sa qualité de président sortant et vaincu, Sarkozy conserve de nombreux privilèges. Quant à son parti, il aura à gérer des moyens financiers presqu’aussi importants que ceux du parti du vainqueur François Hollande.

Quand les pays africains imitent aveuglement la démocratie occidentale, ils restent tout aussi aveugles face aux énormes différences soulignées ci-dessus et qui expliquent justement que la démocratie ne soit qu’une simple façade en Afrique. Même si Sarkozy l’avait voulu, il lui aurait été impossible de déployer des chars et des véhicules blindés autour de la résidence de François Hollande à Tulle. Parce que les structures de l’armée ont été conçues de telle manière que celle-ci reste au service de la république et non à celui d’un individu. Même s’il l’avait voulu, il lui aurait été impossible d’obtenir du ministère de l’intérieur - pouvoir organisateur des élections - de procéder aux bourrages des urnes pour changer l’ordre d’arrivée des prétendants. Parce que le Ministre de l’Intérieur n’a aucun moyen de contrainte sur les fonctionnaires, la carrière de ceux-ci se déroulant suivant des règles bien établies que le ministre ne peut violer impunément.

Conclusion

En matière d’organisation politique, l’Afrique a un grand travail à faire sur le plan conceptuel. Ce travail que le continent doit abattre, lors de grands rendez-vous que lui fixe l’Histoire, c’est-à-dire pendant les consultations populaires, les conférences nationales, les périodes de transition ou encore les gouvernements d’union nationale, ne consiste pas à produire des dirigeants démocrates, patriotiques, nationalistes, intègres ou encore honnêtes, car une telle usine n’existe nulle part au monde. L’Afrique ne doit pas non plus réinventer la démocratie. Elle doit plutôt concevoir et mettre en place des institutions républicaines appropriées qui, au regard du pouvoir tel qu’il se vit en Afrique, minimiseraient, à défaut de l’éradiquer, le phénomène clientéliste, mettant ainsi tout chef d’Etat dans l’impossibilité de manipuler à sa guise l’appareil de l’Etat et surtout les piliers par excellence du pouvoir que sont le parlement, l’appareil judiciaire, l’armée et les services de sécurité. C’est parce que les Africains ne se sont jamais rendus compte de la nécessité d’un tel travail qu’ils vont de désillusion en désillusion même quand des opposants historiques arrivent enfin au pouvoir après de longues luttes contre la dictature.

Que ceux qui persistent à croire que la démocratie deviendra effective au Congo et ailleurs en Afrique avec l’émergence des dirigeants «démocrates» expliquent comment les produire et en combien d’années. Dire qu’il faut que Songolo ou Mpakala arrive au pouvoir ne convainc pas, car, pour ne donner qu’une seule preuve, il n’y a déjà pas de démocratie à l’intérieur du parti de l’un comme dans celui de l’autre. Qu’ils expliquent comment un potentat brutal et jouisseur tel que le nouveau Roi du Congo, devenu un voleur de victoire électorale mondialement connu, allait s’y prendre pour rééditer son exploit s’il était candidat à la dernière élection présidentielle française. Quels leviers du pouvoir allait-il actionner pour parvenir à ses fins ? A défaut d’explication claire et convaincante, le refrain sur l’émergence des leaders démocrates, patriotes ou encore honnêtes comme préalable à l’instauration de l’Etat de droit ne devrait pas retenir l’attention des Congolais désireux de bâtir un Congo nouveau sur les cendres du despotisme néocolonial toujours en vigueur.

Nkwa Ngolo Zonso
© Congoindépendant 2003-2013

 

13 Réactions

Bajos [bajbajos@gmail.com] 13/06/2012 17:50:25
Pour que la démocratie devienne effective il faut qu’il y aie des leaders ’éclairés’ qui puisse conduire le reste de la population vers elle. Avant la révolution française, il y a eu les humanistes comme Érasme, ensuite les philosophes (Rousseau etc.) qui ont montrés les chemins et préparés la révolution.
L’effectivité de la démocratie ne tombera pas du ciel, mais il faut que des hommes politiques visionnaires, charismatiques, ayant un haut sens du sacrifice puissent mener le combat de son installation.

Les européens que vous citez ont mis 1000 ans pour passer du modèle féodal au système actuel. Nous n’avons pas besoin d’attendre tant d’années puisque nous avons la connaissance que eux n’avaient pas et plus des capacités matérielles (imprimerie, radio, etc.) pour propager les idées et influencer ’la masse’.

Donc nous y parviendrons, ce n’est qu’une question de temps, d’avoir de personnes qui acceptent de sacrifier leurs vies pour cet idéal démocratique.

Je vous remercie.



Sauv [kusauv@googlemail.com] 14/06/2012 11:38:02
Autant vous avez raison, autant Il faut quand même un certain profil, caractérisé par la capacité de vouloir des institutions républicaines, dans le chef de ces hommes, appelés à mettre en place les institutions.

Entre Njoli et Mulunda Ngoy, on peut sentir une certaine différence de la perception de la gérance des élections, quand bien même les deux seraient "pourris"



S. Kikunda [wkpierre@yahoo.fr] 14/06/2012 12:35:54
Une démocratie ne peut etre effective que quand la conscience de l’Homme arrive à etre touchée par des valeurs républicaines.

Commençons d’abord par changer nos sociétés parce que tous nos dirigeants sont issus de cette société civile remplis des personnes qui disent un mot le matin et dans quelques séconde le contraire. Le respect de la parole donnée n’existe plus dans nos modes de vie. Nous élaborons des lois que nous meme nous piétinons au fur et à mesure que nous avaçons et enfin de compte nous nous rétrouvons en rétard par rapport aux autres.

S’agissant des élections démocratiques que nous appelons de tous nos voeux sur cette terre des Hommes n’ont jamais existaient pratiquement. J’y reviendrai prochainement.
Merci.



kolomabele [babeha1@yahoo.fr] 14/06/2012 12:58:26
Nkwa Ngolo Zonso,
Les institutions fortes, les dirigeants démocrates et un peuple politiquement éveillés, voilà les trois piliers d’un Etat de droit, source d’un bien-être collectif. C’est ce qui manque cruellement au Congo.
Les institutions solides, impersonnelles(et pas conçues sur mesure) et animées par des hommes politiques visionnaires sont les deux revers d’une même médaille. L’un ne peut pas aller sans l’autre. Des hommes charismatiques peuvent persuader l’ élite intellectuelle,politique et les masses et les tirer vers le haut.
Comme vous l’avez si bien dit,l’actuelle débacle de notre pays a comme source,la médiocrité de notre classe politique et l’analphabétisme politique du peuple.
Ce qui est pire,c’est le fait que nous nous complaisons dans cette situation de misère abjecte.Le bilan de 10 ans de pouvoir de Kabila est déastreux : un pays ravagé par des guerres interminables et la misère.
Quand on suit la RTNC,Joseph Kabila a toutes les qualités de Dieu le Père. C’est inimaginable.



Mbila [jakombila@yahoo.fr] 14/06/2012 13:37:16
Monsieur Nkwa Ngolo ,
Vous avez épinglé là le vrai problème de l’Afrique et particulièrement de la RDC. Dans ce pays, depuis 1965, le président de la République est en même temps le propriétaire de la République. Il dispose de la République comme d’un bien propre et c’est là tout le problème. Tous les pouvoirs, financier, judiciaire, militaire, etc... sont à son service et à sa disposition! Que voulez-vous attendre d’une telle situation?



J. Tonga Ndako [tongandako@yahoo.fr] 14/06/2012 14:46:37
En effet, la démocratie est un combat de longue haleine devant lequel se réfuse les congolais voire les africains, comme on peut en faire le constat. Comme l’a si bien souligné l’auteur de l’article ci-dessus, l’envirronement joue un rôle primordial. Mais là aussi, il faut qu’une prise de conscience pousse dans cette direction les mentalités afin que son acceptation soit possible et en devient en fait un compromis qui trouve son équilibre à travers les institutions qui les reflètent ensuite socialement.

Mais retenons ausi que la démocratie passe par un bien-être matériel; autrement dit il faut disposer d’un certain niveau des moyens économiques pour déjà avoir la liberté de garder une certaine indépendance d’esprit. C’est là le tendon d’achille dans une Afrique en proie à la pauvreté. C’est le point de déséquilibre qui fait que les T-shirt distribués, la boisson, le tribalisme ou autres promesses inconsidéres sont des arguments les plus forts pendant les campagnes électorales et, de ce fait, font le lit du clientélisme.

Dans l’exemple français, on peut aussi noter que les ministres du gouvernement sortant continuent de percevoir pendant six mois leurs salaires. Ce qui leur laissent le temps de voir venir. En plus la plupart sont bien formés et n’ont pas beaucoup de mal à trouver un autre emploi, s’il le faut, dans le domaine de leur préférence.



J. Tonga Ndako [tongandako@yahoo.fr] 14/06/2012 16:56:48
La démocratie a mis du temps à s’imposer en occident à cause de la pauvreté. Cela a été un frein considérable et aussi conditionné les fonctionnements des institutions et des sociétés occidentales.
Il n’échappe à personne que le poid de l’économie a fait vaciller des empires, des monarques, des civilisations, les équilibres sociologisques internes des nations, D’ailleurs, les véritables révolutions, à travers les siècles, ont été celles accompagnées par les pouvoirs économiques. Sur ce fait, on ne se tromprerait pas de beaucoup, si on proclamait que c’est l’économie qui commande la politique.
Donc c’est en raisonnant à partir de cette primauté que ces mêmes pays qui se reclament de la démocratie et du droit de l’homme, sont par ailleurs, les mêmes qui soutiennent les dictatures. Leurs moeurs institutionnelles ne les empêchent donc jamais à avoir des comportements à l’opposé. C’est là que l’absence de tous ces grands principes est un paradoxe.
Quant à nous aussi longtemps que nos pays n’auront pas atteint un certain seuil de bien-être les principes des démocraties ne resteront que de veine proclamation.L’économie est la condition vers la démocratie.Donc, à mon avis, notre combat passe par là d’abord.



kolomabele [babeha1@yahoo.fr] 14/06/2012 20:23:44
@S.Kikunda.
Le changement de société ne vient pas comme ça,comme par enchantement.C’est le fruit d’un travail.Il faut s’y mettre.
On dit:la crainte du gendarme est le commencement de la sagesse .Une société ne peut changer que si ses dirgeants appliquent la loi.
Un élu qui détourne les deniers publics doit être traduit en justice,mis en pris s’il est reconnu coupable et ne plus être éligible pendant 5 ou 10 ans. Un officier général qui détourne les soldes des militaires au front doit être écarté,mis en prison et au bout révoqué de l’armée. Un meurtrier, un violeur ,un corrompu et corropteur doivent passer par la prison.
Je ne dis pas que c’est une panacée.Je ne dis pas aussi que les crimes seront éradiqués par l’application de la loi. Au moins cela pourra décourager les criminels potentiels. C’est comme ça se passe ailleurs.
Que fait Joseph Kabila?Les élus détourneurs des deniers publics qui appartiennent à sa famille politique ne sont pas du tout inquiétés.C’est le cas de Baende,Gouverneur de l’Equateur.Ceux qui sont de l’opposition sont tout simplement écartés de responsabilités, sans comparaître devant un juge.C’est le cas de José Makila,ancien Gouverneur de la même province. Les généraux affairistes se la coulent douce.
La démocratie ne rime pas avec l’impunité.



Nkwa Ngolo Zonso [nkwangolozonso@yahoo.fr] 14/06/2012 20:44:02
Bajos & Kolomabele,

Il nous faut des leaders eclaires, des hommes politiques visionnaires ou encore des dirigeants democrates? D’accord. Comment les avoir? Comment les fabriquer? Et pendant combien d’annees? En attendant qu’ils naissent, que fait-on? Par ailleurs, comment justifiez-vous les grandes messes que furent les consultations populaires, la conference nationale, le sommet de Sun City?

S. Kikunda,

Il faut changer la societe congolaise? D’accord. Mais comment?



Ezed Musheng [eliezihindula@yahoo.fr] 15/06/2012 11:41:25
L’analyse est correcte: il nous faut un système où les contre-pouvoirs fonctionnent. Que le pouvoir exécutif n’étouffe les autres pouvoirs tels que le judiciaire ou le législatif. MAIS le problème est qu’il faut un début; c’est-à-dire qu’il faut au départ un pouvoir exécutif qui laisse fonctionner les autres jusqu’à leur consolidation et leur maturité de manière à pouvoir jouer leur rôle. MA conclusion est qu’au Congo (RD), ce qu’il nous faut c’est D’ABORD UN HOMME FORT. Et NON des Institutions fortes, car ces dernières ne vont pas apparaître par "génération spontanée". C’est plutôt par un long processus qu’on finira par avoir un sytème politique où le pouvoir exécutif ne phagocite pas les autres. Ce processus doit être encadré et même initié; c’est à ce stade qu’on a besoin d’un homme ou des hommes "providentiels" au pouvoir. On peut opposer à ma conclusion (qui semble voguer à contre-courant) le fait qu’il n’ y a pas d’algorithme permettant de distinguer le dictateur -qui cache bien son jeu avant la prise du pouvoir- du véritable homme d’Etat qui va favoriser l’émergence des contre-pouvoirs. Mais dans les petites entités comme les quartiers ou même les communes où les gens se connaissent, il est possible de se choisir des bons dirigeants. Une des solutions serait donc de partir de la "base" vers le sommet... Cela rejoint une des thèses chères à Monsieur Nkwa Ngolo Zonso



Felicien Ngubidi Kilola [fely.ngubidi70@yahoo.fr] 16/06/2012 11:03:26
Nkwa a raison de dire que notre probleme est le manque d’intelligence. Regardez les interventions. Tout le monde botte en touche. Personne ne veut repondre aux questions (1) Comment Sarkozy allait voler la victoire de Hollande s’il avait voulu?; (2) Comment Joseph Kabila allait faire pour voler la victoire de Tshisekedi si leur election avait lieu dans le cadre democratique de la France? L’essentiel de cet article est pourtant la. Non seulement on ne repond pas, mais en plus on persiste a croire que l’affaire d’homme et autres democrates sans expliquer. Nous avons vraiment un probleme d’intelligence. Certains disent qu’il faut d’abord une economie forte. Comment avoir cela quand les potentats, leur travail ce n’est pas de developper le pays mais de se servir? D’autres soutiennent qu’il faut d’abord des hommes forts. Mais Mobutu, laurent Kabila et Joseph kabila, ce sont tous des hommes forts. Est-ce que nous sommes arrives a la democratie oui ou non? Et puis, Nkwa demontre bien que les democrates n’existent pas parce que les democrates occidentaux sont des criminels en Afrique. Essayons de bien reflechir avant. Parce que sans bonne reflexion, c’est toujoutrs soufrance sur soufrance.



J. Tonga Ndako [tongandako@yahoo.fr] 16/06/2012 14:37:54
A Mr. Nkwa Ngolo Zonso, vos questions pour rebondir aux commentaires de Mr Bajos et Kolomabele.
D’abord une chose. Je pense que vous le savez, les formations politiques modernes sont apparues à la suite de la révolution puis du développement industriels en occident. De là découle toutes les théories politiques des luttes de pouvoir dans un envirronement où les gens se sont déterminés en fonction de leurs classes sociales, modes de création de richesse c’est-à-dire de leurs intérêts (corporation) etc.. mais aussi, à une autre échelle l’impérialisme politique et économique.
Avant cette période, c’était, en gros, le système féodal qui a longtemps prévalu persque partout dans le monde et avait aussi d’ailleurs ses propres théories.
Ainsi, si le tribalisme ou l’ethnisme chez nous a été disons le socle de base pour nos "partis polilitiques", c’est parce que nos polilticiens n’avaient que cela comme référence. Ce qui démontre aujourd’hui que là aussi il y a déjà un changement qui arrive.
A l’heure actuelle, la révolution numérique, les nouvelles technologies bouleversent déjà les mentalités même dans nos villages. En plus elles amorcent aussi des grands changements de mentalité avec d’autres modes de création de richesses lesquels entrent en jeu voire en concurrence et donc pas nécessairement contrôlés par les mêmes. Ce qui me conforte à penser que les gens qui ont améné cette vision dans les domaines technologique ou économique peuvent aussi se retrouver en politique. Donc, il n’est pas impossible que nous ayons de ce fait la chance de connaître ce type de changement gràce à des hommes dont le coeur est habité par cette vision.



Joseph Masudi Uchudi [mlu1@cornell.edu] 16/06/2012 20:27:59
Bien cher compatriote Nkwa Ngolo Zonso,


Je suis totalement avec vous lorsque vous dites que les institutions republicaines sont le socle de la democratie parce qu’elles ne peuvent pas etre manipulees par le magistrat supreme qu’est le Chef de l’Etat. La realite est que la mise en place de ces institutions est un travail de longue haleine qui a besoin des intelligences et des energies de toutes les forces vives de la nation. Le schema institutionnel 1+4 sorti de l’Accord Global de Sun City avait été un bon debut. A mon avis, nous devrions continuer sur cette piste. Nous avions commence a avoir des mecanismes institutionnels qui permettaient au pouvoir d’arreter le pouvoir. Cet argument est vrai parce durant cette periode de transition, il y avait plus de d’espaces de liberte, plus de democratie, et plus de protection des droits de base des citoyens. Je peux dire sans avoir trop peur d’etre contredit que si on avait organise des elections legislatives en ce moment, on allait avoir des resulats qui reflectent la realite.

Apres Sun City, par le bias de l’Accord Politique Global et Inclusif, le schema 1+4 avait été experimente a la tete de l’Etat en RDC. Selon plusieurs obsevateurs, le minimum de democratie que nous avions eu pendent ces quelques mois s’est evapore depuis 2006. Tout ce qu’on avait eu comme liberte de presse et democratie sous le schema 1+4 a disparu. A mon avis, une version amelioree de ce schema (avec une presidence rotative tous les deux ans) devrait rester en place meme pendant plus de 10 ans pour reconstruire les institutions et permettre au pays de rebondir. Et d’avoir des institutions solides. Qu’en dites-vous ? N’est-ce un bon debut de la mise en application du modele que vous proposez ?

Merci et a bientôt,
Joseph Uchudi


 

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