Examen d’Etat et guerre à l’Est : Qui se moque de qui?
Le Premier ministre congolais Augustin Matata Ponyo. Photo d’archives GLM
Les jeunes congolais finalistes des humanités estimés à 506.000 sont occupés à passer l’examen d’Etat ou le baccalauréat. Quelle est la situation des élèves dans la partie orientale du pays? A en croire le Premier ministre Augustin Matata Ponyo, "la situation est sous contrôle". Une surprenante déclaration alors que la guerre continue de faire rage dans la province du Nord Kivu. Dans un communiqué daté du 24 juin, le numéro un du "M23", le "colonel" Sultani Makenga, se découvre des sentiments "humanistes" en parlant implicitement de trêve pour "garantir la libre circulation des élèves et autre personnel du secteur éducatif concernés" par les "épreuves" d’examen d’Etat. Les deux camps peuvent donc faire la guerre qu’ils le souhaitent et observer la trêve quand ils veulent bien?
Selon l’agence congolaise de presse, le Premier ministre, Augustin Matata Ponyo, s’est rendu lundi 25 juin au centre de passation d’examen au collège Boboto à la commune de la Gombe. Il était accompagné du ministre de l’Enseignement primaire et secondaire (EPSP), Maker Mwango Famba, et du gouverneur de la ville de Kinshasa, André Kimbuta Yango. Matata a transmis aux participants aux examens d’Etat ce qu’il a qualifié de "message fort" de "Joseph Kabila", un chef d’Etat dont l’invisibilité étonne au moment les habitants des provinces du Kivu en général et ceux de la partie boréale en particulier sont confrontés à la guerre menés par des mutins étiquetés CNDP soutenus par l’armée rwandaise. Le message dont question est pour le moins télégraphique. Il se limite en une exhortation aux élévès finalistes à "prendre leurs études au sérieux".
"Situation sous contrôle"
«Nous venons nous assurer que l’examen se déroule très bien et qu’il n’y a pas de problème majeur, non seulement pour vous, mais pour l’ensemble de la République», a déclaré Matata Ponyo aux participants. A-t-on bien entendu "l’ensemble du territoire national"? Quelle est la situation des finalistes à l’Est? A en croire le chef du gouvernement, «la situation est sous contrôle». Et que «des dispositions ont été déjà prises pour que ceux qui font l’examen le fassent avec le maximum de sérénité». Quelles sont ces dispositions au moment où les armes automatiques et lourdes continuent à crépiter au Nord Kivu?
Par un hasard de calendrier, le M23 publiait dimanche 24 juin, depuis Rutshuru, sous la signature de son mystérieux et invisible chef, Sultani Makenga, son communiqué n°0017 demandant aux FARDC une sorte de "trêve". Que lit-on? "En raison de la tenue des épreuves d’examen d’état édition 2011-2012 organisées du 25 au 27 juin 2012 sur toute l’étendue du territoire national, la Coordination du Mouvement du 23 mars demande au Commandement militaire des Forces Armées de la République Démocratique du Congo d’adopter une attitude responsable pour donner la chance à nos enfants et élèves concernés d’affronter paisiblement ce test national dont dépendent leur avenir ainsi que celui du Pays tout entier". "De ce fait, poursuit le texte, elle invite l’armée nationale à s’abstenir de toute initiative de guerre pendant toute la période susmentionnée pour créer des conditions de quiétude susceptibles de garantir la libre circulation des élèves et autre personnel du secteur éducatif concernés par ces épreuves". Etrange." A cette même occasion, la Coordination du M23 invite les animateurs de toutes les institutions politiques de la République à consacrer cette période à des réflexions positives sur des nouveaux choix politiques pacifistes, judicieux et responsables susceptibles de transformer le bilan chaotique de cette autre guerre injuste et inutile imposée aux citoyens meurtris du Kivu en une opportunité de paix durable et définitive pour le mieux-être des générations présentes et futures de l’Est de la République et de toute la Région des Grands-lacs".
"Cobra Matata"
La sérénité affichée par Augustin Matata et les propos conciliants tenus par le chef de la nouvelle "rébellion" pro-rwandaise laissent suggérer que les deux camps n’auraient pas rompu tout contact. En ajoutant la récente déclaration du ministre congolais des Médias Lambert Mende Omalanga selon laquelle "nous ne sommes pas en guerre avec le Rwanda" - alors que des officiels rwandais sont nommément cités parmi les soutiens du M23 -, il y a de quoi se poser la question de savoir si les gouvernants congolais ont dit toute la vérité à la population.
Au moment où Matata parle de "situation sous contrôle", on apprenait l’ultimatum donné par le chargé des opérations des FARDC dans l’Ituri, le général major Dieudonné Amuli, à l’endroit du "colonel déserteur" dit ‘’Cobra Matata’’. Il est demandé à celui-ci "de ne pas bouger de là où il se trouverait présentement avec ses miliciens des FRPI" (Front de résistance populaire de l’Ituri). Dans le cas contraire, le fameux Cobra Matata "s’exposera à la puissance de feu des FARDC". A l’instar des mutins du M23, ce chef milicien exercerait du "chantage" au gouvernement pour des promesses non-tenues comme le suggère le général Amuli : ‘’Cobra Matata’’ n’a pas le droit de s’imposer et doit attendre les dispositions finales qui sont entrain d’être arrêtées par le gouvernement de la République pour des solutions en sa faveur ainsi qu’à ses hommes". Dans quel pays vit-on?
Au Sud Kivu, des combattants présumés FDLR ont pillé quatre villages à Kasanza dans la collectivité chefferie de Wakabango1 (Shabunda). "Une partie de la population a été contrainte de se déplacer dans les localités Kitindi, Kabambare et dans la forêt de Kasanza", précise une dépêche de l’ACP. A Walungu, quatre personnes ont été tuées dont un officier des FARDC par "un groupe d’hommes armés" non autrement identifiés. A la lumière de ces quelques faits, peut-on décemment affirmer comme l’a fait le Premier ministre Matata Ponyo que "la situation est sous contrôle"? Les gouvernants congolais - "Joseph Kabila" et Matata Ponyo - vivent-ils dans le même pays que les 60 millions des Congolais?
Merci cher BAW pour tes réflexions auxquelles j’adhère parfaitement. Mon cher nous allons de trahison en trahison. Qu’a t-il choisi comme école ? Le collège Boboto. Pour qui nous prend t-il ? Il n’avait qu’à se rendre dans une école du fin fond de Kingasani ya suka où les élèves étudient par terre, où il n’y pas de bancs. Par rapport à nos jeunes se trouvant dans les zones de combat, la logique responsable aurait voulu que pour eux, parce connus, que les examens d’Etat soient reportés et qui soit organisée une session spéciale. Quelle injure de faire participer des jeunes malgré leurs soient disant dispositions prises, à des examens dans ces conditions psychologiques de psychose, de peur, d’incertitude etc ? Non! Que ce gouvernement cesse de nous prendre pour des naïfs. Aucune compassion pour ces jeunes qui sont troublés par les tirs des armes lourdes et légères, par la vue des corps sans vie, par la perte de leurs membres de familles, par les déplacements des populations ? Quel sadisme ? Je crois que Matata et son Gouvernement sont en train de sonner le glas de la fin du pouvoir Kabila. Wait and see!
P.K.K.M [p.k.k.m@yahoo.com] 26/06/2012 18:46:36
La communication du gouvernement de Kanambe alias Joseph Kabila s’est fait rattrapée par les faits réels cachés quand il dit :la situation sécuritaire est calme sur toute l’étendue du pays ,c’est qu’il ment pour manipuler l’opinion nationale, pire encore le nouveau Matata repète cela comme un perroquet :" la situation est sous contrôle" alors que des miliers des congolais sont déplacés à l’est dans les forêts,d’autres vivent sans travail,ni être payés,sans nourriture,sans eau potable,ni énergie, avec des moyens de tranports de fortune délabrés,l’insécurité des biens et des personnes bat son plein dans ce pays,c’est triste pour ces gouvernants qui ne remplissent pas leurs rôles sur les fonctions assumées en commençant par la tête,maintenant il faut les déboulonner pour faire respecter la constitution qui doit protéger tout citoyen congolais;un congolais mort dans des circonstances de non protection par l’Etat: c’est une partie de la terre du CONGO qui meurt, en attendant l’impunité est devenu le sport rénumérateur parmis les KULUNA en cravate,soi disant COLLABOS.
UNITED STAND UP CONGOLAIS pour un tshunami révolutionnaire qui partira par une gachette de la côte de la RDC pour tout changement maintenant en Afrique après tant d’humiliation des congolais noyés dans la musique, bières, femmes pour ne pas s’occuper de la stuation de leurs pays ,à présent plus personne n’arrêtera le vent qui souffle la libération et le départ de celui qui est la cause de la misère des congolais portée dans un panier de discorde de la mésenttente de nos partenaires qui ne savent plus parler la même langue sur la RDC.
Ces élèves finalistes ont préparé les examens dans quelles conditions psychologiques ? Certainement sans eaux potables, sans électricité , sous la peur des tirs croisés des Fardc et des mutins qui - tous ensemble - malmènent les pauvres civiles .
Matata, Mende et Jo . Ka . sont - ils parents sérieux et responsables ? Ont - ils eux mêmes passer les ex . d’état ? Comment peuvent - ils envoyer ces malheureux jeunes gens dans les centres d’ex .état situés dans les territoires occupés par les mutins rwandais du Cndp ou M23 ?
Dans 2 mois, je serai curieux de découvrir les résultats des-dits examens pour les 2 régions du Kivu où règne le chaos et l’insécurité . Gageons que par la volonté du Raïs , tous les élèves du Kivu réussiront et la République comptera 60 000 nouveaux détenteurs d’un diplôme d’Etat , un diplôme au rabais . . .