AccueilCharteQui sommes-nous?RédactionAidez votre journal
04 Juillet 2012

Extraits :

Interview exclusive du Premier ministre de la RD Congo, Augustin Matata Ponyo

 

Augustin Matata Ponyo, le Premier ministre du Congo-Kinshasa

«Le groupe armé M23 bénéficie d’un appui logistique et en hommes à partir du Rwanda»


Notre Afrik: Quelle est la feuille de route qui vous a été fixée par le président de la République?

Le président de la République, Joseph Kabila Kabange, a assigné trois missions au gouvernement: parachever la stabilisation de la situation sécuritaire et de la paix à l’Est du pays; poursuivre la reconstruction et la modernisation du pays, qui accuse un grand retard par rapport à d’autres Etats se trouvant historiquement dans la même situation que la RDC; et améliorer significativement la situation sociale de la population, notamment par une lutte acharnée contre la pauvreté et pour la création d’emplois.

La corruption est endémique dans le pays. Comment entendez-vous la combattre?

La corruption se propage là où le clientélisme, l’impunité, les antivaleurs ont élu domicile. Mon gouvernement fonde son action sur des valeurs cardinales qui seront cristallisées notamment dans la consolidation d’un Etat de droit, la garantie d’accès et d’impartialité de la justice à tout citoyen à travers la poursuite de la réforme du système judiciaire et carcéral, le renforcement des principaux outils de gestion et de contrôle. Le gouvernement gardera une fermeté sans faille et sanctionnera les récalcitrants.

L’opposant Etienne Tshisekedi continue à se réclamer président de la République. Cette situation est tout de même singulière…

Je pense que nous avons déjà tourné cette page. Les élections ont eu lieu dans des conditions difficiles certes, mais il ne faut pas oublier que le pays a des lois et est en plein apprentissage démocratique. Le rejet des résultats de l’élection présidentielle d’une part, et l’éparpillement créé autour des élections législatives d’autre part par Tshisekedi, n’ont pas servi le pays. Il me semble qu’en homme politique responsable, le vin devrait être tiré après toutes les péripéties de ces élections.

La Monusco a-t-elle encore sa place en RDC?

Le rôle et la présence de la Monusco méritent d’être rediscutés pour bien apprécier la pertinence de cette structure dans notre pays actuellement. Ce qui est vrai, c’est que son importance stratégique a sensiblement baissé. Il est question qu’on commence à examiner la fin de son mandat en RDC.

Comment se portent aujourd’hui les relations avec vos voisins, notamment le Rwanda?

Il existe une grande commission mixte RDC-Rwanda. Ce cadre permet de gérer des dossiers d’intérêt commun au plus haut niveau.

Les malentendus avec Kigali sont-ils clairement dissipés?

Je viens de vous le dire.

Vous semblez dire que les relations avec Kigali sont bonnes, et pourtant votre gouvernement accuse le Rwanda de soutenir les rebelles du M23…

Comme je l’ai déjà dit, il existe une grande commission mixte RDC-Rwanda, qui gère des dossiers d’intérêt commun. Mais au-delà des bonnes relations de voisinage que la RDC entretient avec ce pays voisin, il est préoccupant que, d’après des informations collectées et avérées par nos services et par des observateurs indépendants, notamment la Monusco, des groupes armés installent leurs bases arrière dans ce pays ou soient approvisionnés à partir de celui-ci.

Kigali dément son implication. Avez-vous présenté au Rwanda des preuves de son implication?

Le Rwanda a le droit de réfuter toute accusation concernant son implication dans l’instabilité au Nord Kivu. Cependant, des informations précises reçues de nos services et ceux de la Monusco attestent que le groupe armé M23 bénéficie d’un appui logistique et en hommes à partir du Rwanda.

L’intégralité de cette interview exclusive est à lire dans le magazine NOTRE AFRIK (Juillet-Aout 2012)

In Mensuel panafricain NOTRE AFRIK, basé à Bruxelles
© Congoindépendant 2003-2013

 

2 Réactions

Paulin Mateta [p.mateta@gmail.com] 04/07/2012 21:47:41
Merci pour l’interview,
Mais il faut rappeler à M. Matata que nous sommes censés être en démocratie donc c’est le peuple qui est le souverain primaire. M. Matata qui j’espère va me lire doit savoir que la famille politique auquel il appartient n’a cessé de bafouer les droits du peuple.
En homme instruit il ne peut faire fi de tous les rapports qui disent que les élections n’étaient pas du tout crédible, il est donc complice du coup de force de M. Kabila.

Il n’a cessé de faire des promesses sur l’action que compte mener son gouvernement qui à y regarder de plus près ressemble à de la démagogie. Bientôt son gouvernement aura fait 100 jours nous verrons s’il tiendra les promesses faites.

Il fait semblant de ne pas savoir que son président ne jouit plus de la légitimité populaire, mais qu’il sache que le peuple aura le dernier mot, et lui sera poursuivi pour haute trahison, complicité d’usurpation de pouvoir; sans oublier les différents crimes auxquels lui est tout le régime kabila se livre.



Belewono [belewono@yahoo.co.uk] 05/07/2012 09:08:52
"Il existe une grande commission mixte RDC-Rwanda. Ce cadre permet de gérer des dossiers d’intérêt commun au plus haut niveau".

Matata dit une chose et son contraire a la fois. Cher Journalistes, chaque fois que vous interviewe quelqu’un prennez soins de brocher quelques lignes de sa biographie. Ceci pour permettre aux lecteurs d’avoir une idee de la personne et aprehender ses reponses. Au trs haut niveau signifie la balkanisation du Congo. C’est cela la mission a laquelle, ni gizenga, muzito voir matata ne peuvent dire non. Le silence de ces trois et le froid de leur temperament qui ne cache pas leur amertume ne vous dit rien? Ils vivent des moment d’horreurs et g’angoisses. Bref ils manquent du courage de dire aux pays qui veullent la scission du Congo de faire de meme avec leurs etats. De toute maniere ils mourront tous mais le Congo reviendra a son unite laissee par Kimbangu, Kasavubu, Lumumba, Malula, Mobutu.


 

Tous droits réservés © Congoindépendant 2003-2013                   mkz@congoindependant.com  Tél : +32 475 22 90 65.