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10 Août 2012

«Joseph Kabila» ou «L’Etat, c’est moi !»

 

"Joseph Kabila" brandit la Constitution qu’il venait de promulguer le 18 février 2006.

Le 18 février 2006, la République démocratique s’est dotée d’une nouvelle Constitution. Le président de la République, le Parlement, le gouvernement et les Cours et tribunaux ont été consacrés comme étant les «Institutions» de la République. Ce qui suppose l’instauration du principe sacro-saint de séparation des Pouvoirs : le Parlement légifère et contrôle l’action de l’exécutif ; le président de la République représente la nation et promulgue les lois ; le gouvernement gouverne et administre le pays et rend compte devant la représentation nationale ; la Justice veille au respect des lois et sanctionne les contrevenants.

Six années après, l’institution «Président de la République» usant de la corruption et de l’intimidation a fini par phagocyter les trois autres. Et ce, au détriment des
«préoccupations» qui avaient servi de balises aux rédacteurs de la loi fondamentale. A savoir : le fonctionnement harmonieux des institutions, l’Etat de droit, lutte contre l’impunité, alternance démocratique, la bonne gouvernance et la volonté de barrer la route à toute dérive dictatoriale.

Six années après, force est de constater que le Pouvoir judiciaire a perdu son indépendance - les magistrats sont nommés et révoqués au gré des caprices présidentiels et à l’insu du Conseil supérieur de la magistrature -, le gouvernement rend compte de son action au Parlement sans toutefois conduire pleinement la politique de la nation (le 29 mai 2009, le président de la République a retiré au Premier ministre la gestion du compte du trésor). A titre d’exemple, le porte-parole du gouvernement tient des points de presse pour évoquer des questions ponctuelles qui n’ont pas fait l’objet de délibération du Conseil des ministres. Le Parlement, composé en majorité des membres de la «majorité présidentielle» ne joue plus son rôle de "contrôleur" de l’exécutif. Il n’est plus qu’une "chambre" d’enregistrement.

Deux faits récents mettent à nu cette dangereuse omnipotence de l’institution présidentielle. Le premier. Depuis bientôt une année, le Parlement congolais a voté le texte légal instituant la Cour constitutionnelle conformément à l’article 157 de la Constitution. Cette nouvelle juridiction sera composée de neuf membres désignés, de manière paritaire, par le président de la République, le Parlement et le Conseil supérieur de la magistrature. Le texte a été envoyé à la Cour suprême de justice (CSJ) afin d’obtenir un arrêt de conformité à la Constitution. Ce qui a été fait. Depuis plusieurs mois, ledit texte portant organisation et fonctionnement de la Cour Constitutionnelle est «bloqué» au Cabinet de «Joseph Kabila». Celui-ci prend tout son temps pour procéder à la promulgation. Les motivations des atermoiements «présidentiels» paraissent faciles à deviner. L’homme redoute d’avaliser la création d’une haute juridiction dont le contrôle pourrait lui échapper.

Là où le bat blesse est que la CSJ n’a jamais notifié son arrêt précité aux deux Chambres du Parlement. Auquel cas, l’article 140 de la Constitution aurait été d’application. Celui-ci stipule : «Le président de la République promulgue la loi dans les quinze jours de sa transmission après l’expiration des délais prévus par les articles 136 et 137 de la Constitution. A défaut de promulgation de la loi par le Président de la République dans les délais constitutionnels, la promulgation est de droit».

Le 28 avril dernier, la composition du gouvernement du Premier ministre Matata Ponyo a été divulguée. Suite au changement intervenu dans la dénomination de certains ministères, un projet d’ordonnance portant organisation et fonctionnement du gouvernement a été sous à la sanction présidentielle. Le texte vient à peine d’être signé. La raison de ce retard est connue de «Joseph Kabila» seul. Une chose paraît sûre : Matata, à l’instar d’Antoine Gizenga et d’Adolphe Muzito, est un Premier ministre sans pouvoir. Le gouvernement n’a aucune prise sur l’administration publique, les Forces armées, la police nationale et les services de sécurité.

Que reste-t-il de la Constitution promulguée le 18 février 2006 ? Pas grand chose. «Joseph Kabila» peut bomber le torse en criant haut et fort : «L’Etat, c’est moi ! ». Jusqu’à quand ? Toute Constitution a pourtant le rôle crucial de limiter le pouvoir des gouvernants tant au sein de l’Etat que de la société. Objectif : prévenir les abus et autre excès du pouvoir. L’omnipotence de l’institution «Président de la République» n’a généré aucune efficacité. Bien au contraire. L’arbitraire est de retour. La crise de légitimité mêmement. Quel gâchis!

Baudouin Amba Wetshi
© Congoindépendant 2003-2013

 

8 Réactions

degaulle [calistomassiala1@yahoo.fr] 11/08/2012 14:50:14
Je suis d’accord avec vous mon cher westhi.le pays est dirige par un imbecile.



Dr. Marcel Kashamura [markash@yahoo.com] 11/08/2012 19:22:20
Que ce voyou Hypo Kanambe se moque de la Constitution sur laquelle il crache chaque jour n’est un secret pour peronne.

Mais, chaque tyran sanguinaire connait sa fin tot ou tard .. De Caligula.... a Hitler.... a Saddam... a Kaddafi...a Mobutu... a LD Kabila... a Kanambe... leur fin tragique est une certitude !

La question n’est donc pas de savoir "si"... mais plutot "quand" cet energumene Rwando-Tanzanien de Kanambe, un tricheur, tueur et voleur connu degagera du sommet de notre Pays pour enfin repondre de ses crimes depuis les massacres de 1997.

Le probleme qui retarde jusqu’a present la defenstration de ce criminel-sanguinaire (et de ses frangins Zoe et Jaynet) est le comportement-lache de la "crasse"-politique Congolaise que meme Paul Kagame appele sur un ton meprisant de "BMW’s".

Matata et Minaku, et avant eux, Muzito et Boshab, et meme Kengo, ne sont que des valets au service de Kanambe ! Donc, des jouisseurs qui n’ont de soucis que de se remplir les poches et le ventre en se soumettant aux injonctions d’un ex-chauffeur!

Ainsi Kanambe et sa cohorte des mafiosi - inclu le brigand-Juif Dan Gertler et le neveu de Jacob Zuma - ayant reduit la RDC en un "Paradis des Pilleurs" croient avoir encore le temps de parachever leur destruction !



J. Tonga Ndako [tongandako@yahoo.fr] 11/08/2012 21:35:24
Tout congolais doit comprendre que ce Kanambe est en mission commandée en RDC. Détruire le Congo en usant de tous les moyens afin de provoquer plus de dysfonctionnement.
En jetant un regard lucide à la marche des affaires publiques du Congo, on ne peut que se rendre à l’évidence que cet individu est plus que dangereux pour notre pays.



osombowoosombo [osombo80@yahoo.com] 12/08/2012 14:52:42


Cet illettré de Kanambe qui nargue depuis une décennie le peuple congolais ne peut survivre dans un regime démocratique normal . Il en est pleinement conscient . Sa seule planche de salut consiste à verrouiller tous les rouages de la démocratie pour régner en despote sanguinaire .



Elili [dibangu@hotmail.com] 12/08/2012 18:57:46
Cher Wetshi,
Juste une question. Quelle est la finalité de la rubrique réagir aux articles qui apparaissent ? Juste un lieu d’exutoire psychologique et de défoulement ? Je ne vois pas dans ces réactions que je viens de lire une ligne de pensée qui puisse mettre les congolais ensemble en vue du développement du pays. Je pensais que vos publications en ligne serait un lieu de rencontre dans le but de doter le pays d’une liberté d’expression qui permet l’ouverture d’esprit et la recherche du choc des idées afin qu’il y ait la lumière. Etant donné ce que je constate, je me demande pourquoi nous cherchons la démocratie et ce que cette dernière signifie pour nous. Un premier constat: Les élections au Congo ont prouvé qu’elles ne peuvent pas conduire à la reconnaissance de la volonté du peuple ou de la majorité. Deuxième constat : la liberté d’expression ne conduit qu’aux conséquences de tour de babel. Impossible de nous comprendre et de nous mobiliser pour le bien du pays. Une conclusion qui semble s’imposer: la démocratie que l’on nous brandit est un couteau à double tranchants et ne semble pas encore être une voie appropriée pour que les Congolais se réunissent pour le salut de leur pays. Que Dieu envoie son Esprit Saint aux Congolais.



Dr. Pierre Albert Mwalimu [palmwal@yahoo.fr] 13/08/2012 05:47:31
@ Elili:

Ayant lu tes critiques d’autres intervenants sur CIC, qui selon toi ne font que se "defouler" sans proposer de solutions au marasme Congolais sous Kanambe, nous nous attendions a tes propositions concretes dans ce sens...

Mais que constatons-nous en te lisant? Rien qu’une litanie pleine de memes jeremiades que tu te permets de critiquer...!

L’adage dit: Ne te precipites pas d’enlever la paille dans l’oeil d’autrui avant de te debarasser de la poutre dans ton oeil.... !



koloambele [babeha1@yahoo.fr] 13/08/2012 13:07:58
@Elili.
Au Congo,nous avons connu un régime où il y avait un guide éclairé ( en fait, un guide aveugle). Zaïre(Congo) ekolo bo?Moko!Mokonzi bo?Moko! Parti bo?Moko! Kolia mbala bo?Moko!
Le peuple congolais avait voulu le changement parce que la pensée unique et inique l’avaient conduit tout droit au mur.Il a voulu la démocratie.
Celle-ci est un système politique qui est à la base de la réussite des sociétés très avancées que les Congolais envient à mort. La démocratie, c’est pas sorcier.C’est la mise en pratique de certaines valeurs : alternance pacifique au pouvoir (après des élections libres, crédibles,transparentes,justes),bonne gouvernance, respect des droits humains, lutte acharnée contre les anti-valeurs( corruption, détournements, tribalisme ,régionalisme, égoïsme), primauté de l’intérêt général.

Le régime de Kabila est une dictature.Il faut être idiot pour le considérer comme étant une démocratie.Un pour aquis par les armes et conservé par les élections truqées,un système politique qui se caractérise par la violation des droits humains,des injustices sociales criantes,l’impunité,la corruption galopante...ça s’appelle la dictature.

La solution indiquée,consiste à la mise à l’écart des responsables de ce système hideux qui paralyse le Congo.Mieux qui nous fait reculer.On ne collabore pas avec les malfrats.On les écarte de la gestion de la res publica.



Elili [dibangu@hotmail.com] 13/08/2012 15:43:35
Merci Pierre,
Je viens de lire votre message et je vous en remercie. Avant de vous dire concrètement ce que nous pouvons faire ensemble, je voulais savoir en quoi vous êtes docteur et de quelle université. Ainsi, nous pourrons voir ce que nous pouvons faire ensemble. Car, certaines choses ne valent pas la peine d’être dites en ligne au grand public qui n’y comprendraient rien. Car, j’ai aussi un titre que je ne brandit pas à tout venant. Je retiens une chose, c’est l’attention que vous avez accordée à mes lignes. Ceci me prouve que vous avez de la patience, de l’attention et que vous voulez aussi travailler de façon efficace . Une chose est certaine, si nous voulons que le Congo aille de l’avant, ce n’est pas en écrivant de façon dispersée sans une orientation et sans une stratégie pratique que nous y arriverons, encore moins en nous insultant mutuellement. Nous devons aussi tenir compte du fait que l’ennemi en face est organisé et qu’entre nous nous avons des personnes qui ne cherchent qu’à se positionner.... Nous devons tous tenir compte de ces éléments. Ce n’est pas en nous insultant que nous allons renverser l’obstacle qui se dresse en face de nous pour notre pays qui est l’héritage inestimable pour nos enfants. Je n’ai pas écrit dans le but de me plaindre, mais d’attirer l’attention et dans moins de 24 heures, je lis avec satisfaction votre réaction. Cela me montre que j’ai atteint quelque part mon but. Maintenant, j’aimerai que ce contact aboutisse à quelque chose de concret qui ne devra pas nécessairement continuer sur la place publique, mais qui aura comme finalité la libération de notre pays pour son développement. Avez-vous suivi les jeux olympiques de Londres ? Où est le Congo ?
Mes respectueuses salutations.


 

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