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09 Janvier 2014

Insécurité :

Sénat : question d’actualité sur les événements du 30 décembre 2013

 

Le sénateur Modeste Mutinga Mutuishayi (MSR). Photo d’archives

Cinq questions posées par le sénateur Modeste Mutinga Mutuishayi ont été au centre de la "question d’actualité" adressée au ministre de la Défense et des Anciens combattants, Alexandre Luba Ntambo, et au ministre de l’Intérieur et de la sécurité, Richard Muyej Mangez. Les deux responsables politiques appartiennent à la "mouvance kabiliste". Les questions ont porté sur les attaques menées le 30 décembre dernier contre quelques sites importants simultanément à Kinshasa, à Lubumbashi et Kolwezi (Katanga), et à Kindu (Maniema).

Tous les observateurs sont unanimes à reconnaître que les forces dites de sécurité n’ont pas fait preuve de "capacité d’anticipation". Elles ont été pris au dépourvu par les "assaillants". On imagine que les parlementaires ont fait une analyse identique. D’où la question orale initiée par le sénateur Modeste Mutinga.

S’adressant aux deux membres du gouvernement, le sénateur Mutinga s’est interrogé sur l’incapacité manifeste des "services de défense et de sécurité" à "étouffer ces attaques dans l’œuf" et la facilité avec laquelle les "assaillants" ont pu pénétrer au siège de la Radio-télévision nationale congolaise (RTNC) "comme dans un moulin". Il a demandé aux deux ministres "si on a pu identifier les assaillants" et s’ils ont pu déterminer "les responsabilités des services" et arrêter des "mesures" afin que "de pareils événements ne se produisent plus".

Répondant le premier, le ministre de la Défense nationale a soutenu, pour sa part, "que les assaillants n’avaient nullement surpris les forces de défense". Il cite en guise de "preuves" le fait que "les services de sécurité ont perquisitionné bien avant les habitations et l’église" du pasteur Joseph Mukungubila, fondateur de l’Eglise de restauration de Jésus-Christ. Des fouilles ont été effectuées, selon lui, à Lubumbashi et à Kolwezi. Le ministre Luba d’estimer que l’attaque qui a eu lieu à Kindu, au Maniema, relève, par contre, "d’une action téméraire de quelques inciviques illuminés". Il en est de même en ce qui concerne l’aéroport international de N’djili. Sans broncher, le ministre de la Défense a déclaré que "le cas de la RTNC et du siège de l’état-major général des FARDC font l’objet d’investigations". Pour lui, "le système de défense a fonctionné avec promptitude". Avec un aplomb surprenant, Luba Ntambo de conclure par ces mots: «La situation est jusque là sous contrôle».

Ancien président de la fédération du PPRD/Katanga, l’actuel ministre de l’Intérieur et ...de la sécurité, Richard Muyej Mangez, a commencé par donner le bilan macabre des événements notamment avec cinq éléments commis à la RTNC abattus, treize "inciviques" tués, quinze autres arrêtés. A l’état-major général des FARDC, un officier supérieur des FARDC - non autrement identifié - a été tué, dix-sept assaillants tués et un capturé. Il a fait également état de deux blessés à l’aéroport de N’djili et de vingt et un morts parmi les civils. A Kindu, on a enregistré deux tués d’un groupe conduit parmi un certain Amisi Kimba Caesar, un blessé et des armes saisies. A Lubumbashi, quarante morts parmi les insurgés et quarante-cinq capturés, dont 25 femmes. Quelques adeptes de l’Eglise de Mukungubila ont été arrêtés. Ouvrons la parenthèse pour noter qu’au chef-lieu de la province du Katanga, des habitants n’hésitent plus à parler de massacre des adeptes de ce mouvement religieux. Fermons la parenthèse.

Selon le ministre Muyej, les services de sécurité "étaient bien informés". Il tient pour preuve ce qu’il appelle "la riposte des forces de défense". Muyej qui semble ignorer qu’une riposte ne peut intervenir qu’après coup a par ailleurs indiqué qu’une "commission ad hoc" a été mise sur pied, tandis que d’autres mesures, ont été prises, telles que le lancement du mandat d’arrêt contre le pasteur Mukungubila et la fermeture de son église. Sans omettre l’amélioration des conditions de travail des services et la poursuite de la mise en place de la police nationale congolaise. Comme pour avouer les lacunes du "système sécuritaire", Muyej a demandé à l’assemblée nationale "de doter les services de défense et de sécurité de moyens appropriés". Titulaire d’un ministère régalien, Richard Muyej Mangez semble ignorer qu’il incombe au ministre qu’il est de présenter les besoins de son secteur et les moyens à fin.

Issa Djema (avec ACP)
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3 Réactions

Mbuaki Lokoho [lokuli2007@yahoo.fr] 09/01/2014 11:40:38

Je m’intéresse toujours à la situation de mon pays et j’estime que ces deux ministres n’affichent aucune compétente pour diriger de tels ministères.
Le Ministre de la défense a déjà fait piètre figure lors d’une séance de question orale au sénat initiée par le Prof Mukunda. Il ne purge rien en matière de défense et sécurité.
Quant à celui de l’intérieur, ceux qui l’ont connu à Lubumbashi peuvent témoigner.
Je pense que l’appartenance à une province n’est pas le vrai critère pour accéder à des postes ministériels aussi importants comme la défense et l’intérieur.



Bois [djpcp@yahoo.fr] 09/01/2014 18:07:30
Merci Issa pour ce bref rapport.
Je reconnais en Mutinga pour ce qu’il a été avant d’être à la mangeoire kabiliste, sa très grande culture générale et son goût pour la recherche de l’information. Et donc je suis convaincu qu’il a eu connaissance de l’interview risquée réalisée par notre compatriote Eliezer de Congomikili, à travers laquelle un officier, juste après les faits, a dénoncé la présence des gardes du corps de Biensgimana nouvellement promu, parmi les assaillants abattus à l’Etat Major.
J’ai lu intégralement les cinq questions d’actualité de Modeste Mutinga. Curieusement, silence radio sur cette révélation alors qu’elle devrait faire partie des questions si pas sous questions de la question 3, du moment que cette révélation devrait toujours demeurer hypothétique en attendant les résultats de l’enquête dont on peut déjà douter de leur crédibilité. Mutinga ne nous dira pas qu’il n’en est pas informé.
Affaire Ă  suivre cher Issa!



R U M A L I Z A [rumaliza1979@hotmail.com] 10/01/2014 11:27:29
A la lecture des leurs réponses, il paraît que ces deux ministres semblent n’avoir pas très bien compris les questions qui leurs étaient posée.
ils disent que les services étaient au courant, mais ils n’expliquent pas pourquoi les troubles ont eu lieu et causé tout ces mort.
Les ministres semblent ne pas comprendre que leurs services n’ont pu empêcher les événement d’avoir lieu. C’est peut être de la mauvaise fois, sinon de l’incompétence ou la complicité qui les a toujours caractérisés tous et leur chef "joseph kabila" . conglomérat d’aventuriers !!


 

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