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17 Mars 2015

La chute de l’euro et son incidence sur l’économie

 

Noël K. Tshiani Muadiamvita

La zone euro, communément appelée euro zone, est une zone monétaire qui regroupe les pays de l’union européenne qui ont adopté l’euro comme monnaie unique. Sur les 28 Etats membres de l’union européenne, les 19 Etats qui utilisent l’euro sont : Allemagne, Autriche, Belgique, Chypre, Espagne, Estonie, Finlande, France, Grèce, Irlande, Italie, Lettonie, Lituanie, Luxembourg, Malte, Pays-Bas, Portugal, Slovaquie, et Slovénie. Depuis plusieurs mois maintenant, l’euro semble être en chute libre. Il faut désormais débourser seulement 1,0495 dollars pour se payer 1 euro. Il en fallait presque 1,40 dollar il y a juste quelques mois. Une perte de valeur de près de 25 pour cent. Que se passe-t-il ? Quelles en sont les conséquences tant pour les pays européens qu’africains et pour la République Démocratique du Congo en particulier ? Quelles leçons pouvons-nous tirer en tant que pays de cette expérience ?

Causes de la chute de l’euro et du retour en force du dollar américain

La cause de ce retour en force du dollar (ou de la chute de l’euro) est désormais connue : l’action vigoureuse de la Banque Centrale Européenne (BCE) qui est prête à tout pour faire repartir une économie européenne en panne et ce avant que la déflation ne s’installe aux quatre coins de l’Europe. Pour éviter ce danger aux conséquences incalculables, la BCE a multiplié les remèdes pour sortir la zone euro de l’ornière. Si la monnaie chute, c’est d’abord en raison de taux d’intérêt toujours plus bas dans la zone euro. La BCE n’a, en effet, cessé de multiplier ses soutiens aux banques commerciales pour qu’elles financent l’économie en utilisant l’arme classique de la baisse des taux d’intérêt. Ceux-ci sont pratiquement nuls à 0,05%. Pour éviter de donner l’impression d’entretenir la moindre ambiguïté, le Président de la BCE a parlé clairement et sans ambages : «les taux d’intérêt resteront bas aussi longtemps que nécessaire ». Ces mots sortant de la bouche de l’un des banquiers centraux les plus puissants du monde ont permis d’amorcer un premier mouvement de repli de la devise européenne. Mais pas assez pour entrevoir le bout du tunnel. Il fallait donc frapper plus fort pour plomber encore plus la valeur de l’euro.

Au début de l’année 2015, le patron de BCE décide de sortir la grosse artillerie à sa disposition. Il s’agit d’augmenter la taille de son bilan en injectant à partir de ce mois de mars pendant les prochains 18 mois (jusqu’en septembre 2016), 60 milliards d’euros mensuels sous forme de rachat de titres de dette publique. Au total, 1 000 milliards d’euros (1.100 milliard de dollars) seront injectés dans les rouages de l’économie de la zone. Cette simple perspective a suffi à accentuer fortement la baisse de l’euro. La zone euro est de toute évidence sur la bonne voie car les choses semblent se passer comme le souhaite la BCE qui, en injectant de la liquidité dans l’économie, vise à accélérer la croissance économique, accroitre les exportations, augmenter la production intérieure et réduire le chômage même au risque d’un peu plus d’inflation. Il n’y a donc pas de doute que c’est la BCE qui conduit la politique monétaire de la zone et qu’elle a un arsenal d’instruments à déployer pour atteindre ses objectifs.

De l’autre côté, il y a aussi la perspective de l’augmentation des taux d’intérêts aux Etats-Unis dans la deuxième moitié de l’année 2015 qui attire des investissements étrangers et en particulier en provenance de l’Union européenne et entraine la baisse le taux de change de l’euro contre le dollar. Une telle perspective accélère la chute de la monnaie européenne surtout lorsqu’on sait que les taux d’intérêt de la BCE se trouvent à un niveau extrêmement bas (0,05 percent). Il faut enfin attribuer la chute de la monnaie européenne à l’incertitude créée par la crise de la dette publique de la Grèce.

Conséquences de la baisse de l’euro pour les économies européennes

Une baisse de l’euro va permettre aux économies de la zone d’augmenter leurs exportations. Qui dit baisse de l’euro dit hausse du prix des importations payées en dollars. La BCE devrait permettre aux économies de la zone euro de renouer avec un peu d’inflation importée. Toutefois, cet avis est loin d’être unanime. Certes, en voyant la valeur de rendement de l’euro baisser, des centaines de milliards de dollars ont quitté la zone euro pour s’abriter sous des cieux plus cléments : notamment aux Etats-Unis, où le taux de croissance devrait dépasser les 3% cette année (1,3% en zone euro) et où l’économie flirte avec le plein-emploi.

En théorie, cette belle santé de l’économie américaine devrait se traduire par une hausse prochaine des taux d’intérêt de la Fed, la banque centrale américaine. Mais nous ne sommes pas dans un monde aussi mécanique que cela. En réalité, les Etats-Unis affichent un taux de croissance élevé, un taux de chômage bas, mais sans le moindre signe d’inflation. Alors, il y a peu de raisons de parier sur une hausse prochaine des taux américains. Et je pense pour ma part qu’une hausse précipitée des taux d’intérêt aux Etats Unis d’Amérique pourrait même compromettre la poursuite de la reprise économique qui reste encore très fragile.

Pour bien illustrer mon raisonnement quant à l’incidence de la chute de l’euro sur l’économie d’un pays membre de la zone, je vais utiliser l’exemple de la Belgique. En tant que pays exportateur, plus l’euro est faible, plus l’attractivité de la Belgique augmente. La dépréciation de la monnaie européenne augmente l’attractivité de ce qui est produit en Europe pour les acheteurs en dehors de la zone euro. C’est ainsi que le touriste américain qui hésite entre la Belgique (pays membre de la zone euro) et la Turquie (qui utilise sa propre monnaie nationale : la livre turque) va maintenant obtenir plus d’euros pour le même nombre de dollars. Le choix sera donc vite fait. Il préférera l’Europe (la Belgique par exemple). La baisse du cours de l’euro est donc très positive pour les exportations qui deviennent plus compétitives, et permet aux entreprises de la zone euro de vendre davantage au reste du monde. Il faut toutefois noter qu’à l’intérieur de la zone euro, différents pays profiteraient de façons variées de la chute de l’euro. L’Allemagne qui a une très grande base industrielle profiterait le plus dans la mesure où ses entreprises produiraient davantage et exporteraient plus vers d’autres pays de la zone et en dehors de l’euro zone. Par contre, les pays tels que l’Espagne, le Portugal et la Grèce dont la base industrielle est comparativement petite ne profiteraient de la chute de l’euro que de manière très limitée en comparaison à l’Allemagne par incapacité d’augmenter considérablement la production intérieure et d’exporter vers d’autres pays et en dehors de la zone euro.

Par contre, la chute de l’euro amène aussi l’effet inverse: la détérioration des termes de l’échange ; ce qui provient du reste du monde coûte forcément plus cher dans la zone euro. Les importations reviendront donc plus chères. Soit les importations sont compensées par les productions locales par effet de substitution, soit on dépensera plus cher en voulant importer des produits étrangers. Si ce qui est importé de l’étranger n’est pas compensé par ce que l’on produit, il y aura en effet plus d’argent qui va quitter l’Europe. En d’autres termes, pour tirer avantage de la baisse du taux de change, il importe que l’effet de substitution sur la balance commerciale soit supérieur à celui induit par la détérioration des termes de change.

La baisse de l’euro favorise bien l’inflation de manière générale, mais d’autres facteurs peuvent aussi jouer en sens contraire. Plusieurs éléments autres que la chute de la devise européenne peuvent influencer l’inflation, comme le prix du pétrole, l’état de santé de l’économie et le taux de change. S’il chute, ou que l’économie européenne connait une croissance faible de sorte que plus personne ne veut consommer ou acheter, les prix vont forcément baisser, ce sera alors la déflation. Par conséquent la chute de l’euro ne veut donc pas forcément dire inflation.

L’inflation est-elle une mauvaise chose ? Dans l’imaginaire commun, l’inflation est associée à la montée du chômage. C’est pourtant ce que cherche la BCE : obtenir une légère inflation, autour de 2%. A mon avis, c’est la situation économique idéale car l’idée est surtout d’éviter une baisse des prix, ou des prix qui stagnent de manière permanente, ce qui entraînerait une baisse de la consommation, une baisse des salaires et une croissance qui reste plate : la déflation.

La chute de la valeur de l’euro est donc une bonne chose, car cela permettrait aux pays européens comme la Belgique de sortir de leur situation de déflation. Car si les prix baissent au cours d’une déflation, en réalité le consommateur postpose sa consommation et devient plus prudent, les gens épargnent davantage, des problèmes de chômage se posent. L’Etat doit donc jouer un rôle de stimulation pour s’en dépêtrer.

Il convient tout de même d’émettre une petite réserve quant aux mesures de la BCE pour relancer la croissance et au signal qu’une faible devise pourrait donner à l’étranger. Une chute de l’euro d’une telle envergure est inquiétante car pouvant entrainer un risque de sentiment de défiance par rapport à la monnaie communautaire. En dehors de la zone euro, on pourrait penser que la devise n’est pas fiable. À l’étranger, on pourrait alors devenir frileux quant à investir en zone euro, vis-à-vis d’une devise qui n’inspire plus totalement confiance.

Par ailleurs, il importe que les firmes exportatrices de la zone euro saisissent l’opportunité qu’offre la baisse du taux de change, donc la compétitivité, en réagissant dans les plus brefs délais à travers l’augmentation de la production et de leurs exportations, pour autant que les économies importatrices demeurent dynamiques et consomment davantage les produits de la zone euro.

Effets de la chute de l’euro pour les économies africaines

La monnaie européenne est au plus bas. Face à cette situation, quelles sont les conséquences d’une telle dépréciation de l’euro sur les économies des pays africains?

Il faut faire la distinction entre pays africains utilisant le Franc CFA et les pays africains utilisant leurs propres monnaies nationales. Les pays utilisant le Franc CFA sont : le Benin, la Côte d’Ivoire, le Mali, le Burkina Faso, le Sénégal, le Togo, la Guinée Bissau, le Niger, le Congo Brazzaville, le Gabon, le Cameroun, la République Centrafricaine, le Tchad et la Guinée Equatoriale. Ces pays utilisent une monnaie commune (franc CFA) qui est liée à l’euro dans un rapport fixe (1 Euro égal 655,957 francs CFA). La convertibilité du franc CFA est garantie par le Trésor français.

Parce que le franc CFA est arrimé à l’euro par un rapport fixe, la chute de l’euro a sur les pays africains membres de la zone CFA les mêmes conséquences que sur les pays européens de la zone euro. Par conséquent, une baisse de l’euro va permettre aux économies de la zone CFA d’augmenter leurs exportations. Qui dit baisse de l’euro dit hausse du prix des importations payées en dollars par les pays membres de la zone CFA. La Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) et la Banque des Etats d’Afrique Centrale (BEAC) qui agissent par mimétisme à La BCE, devraient alors permettre aux économies de la zone CFA de renouer avec un peu plus d’inflation importée. Mais prendre avantage de la chute de l’euro et donc du taux de change du Franc CFA par rapport au dollar exige que les pays membres de la zone CFA aient une capacité de production suffisante et flexible pour augmenter la production intérieure afin d’exporter davantage. Mais dans la mesure où les exportations de ces pays sont en grande partie des matières premières brutes vers l’Union européenne et que la plupart des contrats sont en euro, il y a lieu de craindre l’absence d’un mécanisme adéquat pour prendre avantage d’une politique monétaire conduite ailleurs (par la BCE) et qui ne tient pas compte de la situation spécifique de chacun de ces pays africains. Il faudra, dans une certaine mesure, compter avec une éventuelle embellie du marché international des produits de base originaires de la zone CFA pour voir ces pays tirer davantage profit de cette compétitivité importée.

En dehors de la zone CFA, les autres pays africains utilisant leurs propres monnaies nationales se trouvent dans des situations diverses. Je ne parlerais ici que du cas de la République Démocratique du Congo (RDC) qui utilise sa monnaie nationale (le franc congolais), mais dont l’économie est dollarisée à 95 pour cent. Du fait de la dollarisation, 95 pour cent des dépôts bancaires sont libellés en devises étrangères (le dollar américain), la majeure partie des transactions bancaires se fait en dollar, et la plupart des contrats commerciaux sont libellés en ou indexés au dollar. De ce point de vue, la RDC, en tant que pays exportateur de produits de base en général (matières premières), se trouverait, toutes choses égales par ailleurs, dans une position moins compétitive que celle des pays de la zone CFA. Cependant, pour les matières premières dont il est le principal producteur en Afrique ou au monde, notre pays peut profiter actuellement de la chute de l’euro par rapport au dollar si ses exportations vers les pays de la zone euro demeurent libellées en dollar . Une telle situation même si elle profite à la RDC, ne devrait nullement nous faire perdre de vue qu’elle démontre une fois de plus le fait que la RDC ne peut pas raisonnablement conduire sa politique monétaire de façon responsable et crédible sans avoir le contrôle sur la masse monétaire en circulation, mais subit les conséquences (bonnes et mauvaises) de la politique monétaire américaine du fait de la dollarisation à outrance de son économie.

Pour des raisons de souveraineté et d’exclusivité monétaires nationales, je n’ai cessé de souligner que la dollarisation est mauvaise pour la RDC non seulement à cause de la perte des revenus de seigneuriage, mais aussi et surtout parce qu’elle ne permet pas à l’autorité monétaire de conduire une politique monétaire nationale crédible et responsable, et de jouer pleinement le rôle de banquier de dernier ressort en cas de crise bancaire. Un programme sérieux de dedollarisation doit s’accompagner, dans un pays où la part des capitaux nationaux dans les banques commerciales demeure insignifiante sinon nulle, d’une réforme profonde du système financier, de la banque centrale dans le sens d’une plus grande indépendance et responsabilité, et de l’économie pour redonner davantage de confiance au secteur privé et promouvoir l’actionnariat national dans le cadre d’une réforme du cadre légal et règlementaire qui rendrait l’environnement des affaires plus attrayant et plus sécurisant.

Leçons à tirer

A tout prendre donc, la chute de l’euro montre que les autorités monétaires d’un pays ou groupe de pays peuvent déployer efficacement les instruments de politique monétaire disponibles pour atteindre les objectifs assignés à la banque centrale.

Dans le cas de l’Union européenne, la BCE a usé de la combinaison des taux d’intérêt bas et du programme de rachat des dettes publiques pour injecter de la liquidité dans l’économie, susciter la chute de l’euro dans le but de relancer la croissance économique, créer des emplois et réduire le chômage même au risque de provoquer la hausse des prix ou de l’inflation dans la zone.

La chute de la monnaie communautaire européenne illustre la nécessité pour un pays comme la RDC de prendre son destin entre ses mains en se dotant d’une monnaie dont elle a effectivement le contrôle de sa politique ainsi que de la masse monétaire en circulation. La politique monétaire est un levier important de la gestion d’un pays pour atteindre les objectifs ayant un impact sur le vécu quotidien de la population.

Pour un pays aux dimensions continentales, richesses naturelles immenses et avec une population nombreuse, je me permets encore une fois de plus de relever la pertinence d’une monnaie nationale crédible comme étant l’un des préalables au développement économique et social équilibré. Aucun pays ne peut se développer en utilisant des monnaies étrangères dont il ne contrôle pas l’émission et la politique monétaire. Dans un pays où les salaires des fonctionnaires et des employés du secteur privé sont libellés en monnaie nationale, cette dernière devient l’élément principal de paupérisation si elle se déprécie constamment sur une longue période par rapport aux principales monnaies étrangères. Je ne peux souligner suffisamment l’importance de la gestion de la monnaie nationale et de la bonne gouvernance dans la gestion des finances publiques dans un pays.

Outre les préalables de stabilité politique et de transparence dans la gestion de la chose publique, il est essentiel d’aborder avec sérénité et en profondeur les questions de réformes synchronisées de l’économie et de la finance (banque centrale, système financier national et monnaie) qu’il convient d’amorcer simultanément avec les autres réformes multisectorielles (éducation, santé, énergie, transport, infrastructures, télécommunication, agriculture, tourisme, justice, affaires foncières, mines, fiscalité et environnement des affaires, Etat, administration, sécurité, police et armée) pour asseoir davantage la souveraineté nationale et créer les bases d’une croissance économique soutenue, durable et inclusive dans le cadre d’une vision de développement jouissant d’une forte appropriation nationale.

Une économie inclusive est importante pour la paix sociale, pour le développement économique et social, et pour améliorer le niveau de vie de tous les 75 million de nos compatriotes, sans exclusion, dans un Etat de droit, de respect de la vie humaine et de libertés individuelles. Pour réussir, il est primordial d’amorcer une lutte sans merci contre la corruption (dans ce pays où d’après Koffi Annan, 85 pourcent des ressources minières ne vont pas au trésor public, mais dans des poches privées), pour l’intégrité et la bonne gouvernance, et pour le respect absolu des lois en vigueur tout en traitant tous les citoyens du pays de la même manière quelle que soit leur province d’origine. C’est à ce prix que la RDC s’élèvera au rang de grandes nations et se mettra assidument sur le chemin du développement soutenu et durable.

Dr. Noël K. Tshiani Muadiamvita
© Congoindépendant 2003-2018

 

7 Réactions

Mayoyo Bitumba Tipo-Tipo [mayoyobitumba@hotmail.com] 17/03/2015 10:30:02
Cher Tshiani,

Pourriez-vous m’éclairer sur les interrogations ci-dessous ?

1. Je ne pense pas que ce soit par altruisme que le Trésor français garantit la convertibilité du franc CFA. Concrètement parlant, que gagne la France dans tout cela ?

2. Que faut-il faire concrètement pour dedolariser l’économie congolaise ? Si plusieurs procédures doivent être amorcées, pourriez-vous les énumérer par ordre de priorité en vous mettant en tête que vous vous adressez à un profane en économie ?

3. Dans mon milieu professionnel, nous sommes légion à voir nos émoluments payés en dollar aussitôt convertis en euro du fait d’avoir des comptes bancaires en zone euro et non aux USA. Pour nous, la chute de la valeur de l’euro est donc une très bonne chose. Pensez-vous que cette situation va durer longtemps ?



Pashito [pashito@gmail.com] 17/03/2015 11:06:07
Merci Ă  Noel K Tshiani,

Matata et Deogracias Mutombo devraient venir prendre cours ici ...



Alphonse Mwila [amwila@yahoo.fr] 20/03/2015 02:18:57
Voila au moins un economiste congolais qui raisonne sur des questions importantes et analyse l’impact sur l’economie du pays. Bravo, Dr. Tshiani. Nous sommes fiers de vous !



Ruth Bomba [Rbomba@yahoo.com] 20/03/2015 09:04:40
Monsieur le Redacteur,

Merci pour cette publication de haute facture. Tres instructif et educatif. J’y ajoute: Ecce Homo ! Voici un bel homme intelligent pour notre pays !



Jacques Kabeya Tenda [jtendakabeya@hotmail.com] 20/03/2015 15:34:32
Bravo M. Tshiani pour cet article de grande facture.

Le Dollars Vs. l’Euro

On notera qu’à sa création l’Euro affichait un taux plus faible que le $US. Alan Greenspan et Ben Bernanke ont instauré une politique délibérée de baisse de la valeur du dollar. L’Euro a pris le dessus avec un taux de change supérieur au dollar. Les conséquences sont que l’économie américaine, bien que connaissant quelques soubresauts, s’est toujours mieux comportée par rapport à celle des Européens. La Chine n’est pas loin de cette même stratégie de faible valeur du Yan. La stratégie actuelle de la BCE a l’avantage d’assurer un nivellement raisonnable par rapport à la devise américaine et ramener l’économie européenne vers la compétitivité avec les autres économies du monde par l’encouragement des exportations, la création d’emplois et oublier les années sombres de chômage galopant par exemple. La régulation de l’économie commande une intervention suivie de la banque centrale. La baisse du taux d’intérêt, par exemple, stimulerait la consommation. Au Canada, il y a quelques années, le gouverneur de la banque du Canada de l’époque Mark Carney, aujourd’hui gouverneur de la banque d’Angleterre, a laissé un taux directeur très bas, et continue à être bas, aujourd’hui il est à 0.75%. Les conséquences sont que les Canadiens achètent beaucoup et l’économie va bien avec un taux de chômage bas.

La RDC et le yoyo Dollar-Euro

La monnaie congolaise devrait se départir des variations des taux des monnaies étrangères et assoir sa propre crédibilité sur la situation de l’économie nationale de la RDC dont les préalables comme le relève M. Tshiani sont notamment la lutte contre la corruption, la transparence et la bonne gouvernance de la gestion des finances publiques avec une banque centrale indépendante. La volonté politique et des dirigeants politiques dignes en sont le préalable.

Jacques Kabeya Tenda
Économiste - financier, MBA
Ottawa, Canada



Magloire Ntomono [mag_ntomono@yahoo.fr] 20/03/2015 21:31:14
Woaw, coup de chapeau Au Dr. Tshiani.

C’est une très grande fièrté d’avoir un fils digne de cette trampe! J’apprecie la qualité ainsi que la contribution de cet article d’une très grande facture scientifique á l’effet d’avoir expliquer les théories avec bcp de clarté. C’est plus qu’un course.



Gustave Bula [Gustave.bula@yahoo.fr] 21/03/2015 20:48:28
Je ne suis pas economiste, mais j’ai lu et compris l’article tres facilement. L’auteur a su concilier la theorie et la pratique. Il analyse une situation therorique europeenne et l’applique au reste de l’afrique et meme au pays de Lumumba. Un veritabel coup de maitre !

Professeur Bula
Docteur en Philosophie


 

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