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13 Juin 2015

Diplomatie :

Congo-Kin/Belgique : Dominique Kilufya, futur ambassadeur Ă  Bruxelles ?

 

Dominique Kilufya Kamfwa, actuel ambassadeur du Congo Ă  Ottawa (Canada)

Dès le lendemain du changement intervenu à la tête du cabinet présidentiel à Kinshasa, le directeur sortant, Gustave Beya Siku, a été présenté comme étant le futur ambassadeur du Congo démocratique auprès du Royaume de Belgique. C’était mi-mai dernier. Depuis quelques jours, des médias kinois annoncent le plus sérieusement du monde que le gouvernement belge "a refusé" la candidature de Beya. Plus surprenant, les autorités belges, disent ces confrères, auraient même motivé leur refus. Ce qui est inhabituel en diplomatie. Les Etats étant souverains, ils n’ont pas à justifier leur décision. Et pourtant. Vendredi 12 juin, les sources contactées à Kinshasa et à Bruxelles étaient catégoriques : l’Etat congolais n’a jamais introduit une demande d’agrément en faveur de l’ancien « dircab » Beya. Certains analystes parlent de rumeurs qui dissimulent en réalité un «règlement des comptes» entre «katangais».

Près d’un mois après la désignation de l’ambassadeur Henry Mova Sakanyi au poste de secrétaire général du parti présidentiel, le PPRD (Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie), chacun essaie de pronostiquer le nom du prochain locataire de l’imposant immeuble sis au numéro 30, rue Marie de Bourgogne à Bruxelles.

En attendant que Mova quitte définitivement le poste à l’issue de l’audience d’adieu auprès du souverain belge, l’ancien directeur du cabinet présidentiel Gustave Beya Siku a été annoncé précipitamment comme étant le futur représentant du Congo démocratique en Belgique. Et ce, avant même la transmission d’une demande d’agrément. Un geste considéré dans le monde diplomatique comme «inamical». Une manière de forcer la main en mettant le pays d’accueil devant le fait accompli.

Selon des sources bien informées à Kinshasa et dans la capitale belge, « la République démocratique du Congo n’a jamais introduit une demande d’agrément en faveur de Gustave Beya Siku auprès des autorités belges ». Les mêmes sources avancent, par contre, les noms de deux prétendants à la succession de Mova. Il y a d’une part, Dominique Kilufya Kamfwa, l’actuel ambassadeur congolais à Ottawa, au Canada. Et de l’autre, Thomas Nkoko. Proche, semble-t-il, du ministre de la Justice Alexis Thambwe, ce dernier diplomate assumerait les fonctions de chargé d’affaires à La Haye, aux Pays-Bas.

On ne sait pas grand-chose sur l’ambassadeur Kilufya. Sauf qu’avant de prendre la direction de la Mission diplomatique congolaise à Ottawa, il a assumé les fonctions de directeur du Protocole d’Etat au ministère des Affaires étrangères. La procédure diplomatique serait, en ce qui le concerne, en mouvement. « Dominique Kilufia est un vrai administratif, confie un ancien diplomate. Il fait partie des fonctionnaires du département qui ont été élevés au rang de directeur par l’Etat-AFDL. Il est l’auteur d’un ouvrage sur le Protocole.»

A Kinshasa, des analystes allèguent que Beya, proche d’Evariste Boshab, serait victime de «règlements des comptes» entre «katangais». « Les rumeurs annonçant la nomination de Beya à Bruxelles étaient sans doute destinées à le nuire en le faisant passer pour un bavard...»

Un poste à problèmes

Kilufya ou Nkoko, le futur ambassadeur congolais va hériter d’un poste à problèmes. On pourrait citer notamment : personnel pléthorique; insuffisance de moyens financiers; endettement important.

Depuis le 17 mai 1997, les «libérateurs» ne cessent d’envoyer des diplomates en poste. Les fonctionnaires « fin terme » sont rarement rapatriés. Ils sont « assignés à domicile» et livrés à eux-mêmes dans l’ancien pays d’accueil. Sans le sou ni titre de séjour. «A l’époque du ministre Alexis Thambwe, commente un fonctionnaire, dès que vous étiez fin terme, vous n’aviez plus de droits. Plus de salaires. Plus de paiement de votre loyer. Vous êtes rayé de la liste diplomatique... ».

Il faut bien reconnaitre que la «rotation» des diplomates (Ndlr : quatre ans à l’étranger et deux ans à la Centrale) a commencé à « poser problème » à partir de 1992. En cause, le transfert irrégulier de frais de fonctionnement. La situation s’est empirée après les bouleversements institutionnels de 1997. Les nouveaux maîtres du pays se sont évertués à fouler aux pieds tous les règlements d’administration qui régissent le déroulement de la carrière diplomatique. De "nouveaux diplomates" sont envoyés. Les "anciens" sont jetés dans la rue. La situation perdure depuis dix-huit ans.

Autres problèmes : les relations de méfiance existant entre l’ambassade et les membres de la communauté congolaise. Il est vrai que la Belgique est loin d’être une exception. Les Zaïro-Congolais ont l’habitude d’entretenir des rapports heurtés avec leur ambassade.

"Traitement de choc"

Pour les observateurs avertis, la diplomatie congolaise est malade du «népotisme». Elle est également malade de l’indéfinition d’une politique étrangère. Après la fin de la Guerre froide, tous les Etats dignes de ce nom ont réajusté leurs relations extérieures par rapports à leurs intérêts. Le Congo-Kin navigue à vue.

Impécunieux, les diplomates congolais ne peuvent assumer les missions qui leur incombent : représenter, observer, informer, négocier. Sans oublier défendre les intérêts des ressortissants du pays d’envoi.

Lors de sa nomination en qualité de ministre des Affaires étrangères, fin avril 2012, Raymond Tshibanda avait promis un « traitement de choc » pour revigorer la diplomatie congolaise. Deux années après, l’homme est toujours entre deux avions. «Tshibanda avait promis un traitement de choc avant même de diagnostiquer les maux dont souffre la diplomatie de notre pays tant à la Centrale que dans les missions diplomatiques », peste un fonctionnaire.

Sauf changement de dernière minute, c’est bien Dominique Kilufya qui devrait succéder à Mova Sakanyi.

Baudouin Amba Wetshi
© Congoindépendant 2003-2017

 

4 Réactions

Mwenze Mengo [mwenzemengo@yahoo.fr] 13/06/2015 04:54:28
La RDC n.a pas de politique étrangère ou de diplomatie.Peut-on imaginer quel pays au monde avec un Président à sa tete peut fonctionner en ayant dans ses missions diplomatiques des ambassadeurs qui ont déjà totalisé plus de vingt ans en postes?Alors le meme Chef d.Etat récoit régulièrent les ambassageurs des autres pays y compris ceux en guerre comme le Soudan du Sud.S.agit-t-il de l.incompétence ou de la traitrise dans le chef de Joseph Kabila pour mettre la RDC en moule?



GERMAIN [flower200980@yahoo.de] 13/06/2015 11:55:56
Voilà encore un autre courageux de la famille politique de la kabilie qui accepte wusu wusu le poste d’ambassadeur dans le fief des Patriotes, Resistants et combattants. Un piège tendu!
Si j’étais monsieur Kilufya Kamfwa, et que cela se confirme, je refuserais catégoriquement le poste en question. C’est comme envoyer quelqu’un dans la gueule-de-loup surtout en ce moment où les jours d’Hyppolite Kanambe dans cette planète terre sont comptés.
Les muete-muete, la mutakalisation, les nkuba, vous attendent de pied ferme chez les Combattants de Belgique. En plus, où va-t-il fuir ce collabo Dominique Kilufya? Est-il capable ou a-t-il la performance à partir du port d’Anvers regagner le port de Boma à la nage? Un bon conseil gratuit sieur Kilufya: vendez les passeports en masse, pas de tranfert d’argent au compte de ZOÉ KABILA. Avec cet argent, allez-y vite vous inscrire au cours du sprint d’Usain Bolt et de la nage de Laure Manaudou. Pour votre information, sieur Domi, savez-vous que l’Océan Atlantique et la Méditerranée sont pleins des requins et baleines affamés? Ils n’ont pas de pitié, ils vont vous broukouter. En outre, en voyant votre photo affichée, cela montre que vous êtes un véritable CASANOVA fraîchement venant de Kingakati. Ainsi en prenant la fuite, et pour que les Combattants ne vous reconnaissent pas, éviter de porter votre costume 3 pièces et votre bien aimé cravate rouge. Après ne dites pas que boyebisaka ngai te. Vous êtes bien averti, fiston.
Kiadi kibeni Mbuta Muntu Domi Kilufya Kamfwa. Sikama Mbuta Domi, rejoigner les Combattants, les Patriotes et Resistants pour libérer notre pays.



Merci Congo [mercicongo@yahoo.fr] 13/06/2015 13:26:24
Est-ce c’est urgent de nommer un ambassadeur en Belgique après le départ de Mova ? Si oui,qu’on le nomme. Si non,on peut laisser ce poste et on verra comment les politiques Belges vont souffrir. Savez-vous que les crimes de ces dix dernière années en RDC et surtout à l’Est du pays seraient planifiés voire organisés avec l’aide de l’Ambassadeur ? Au pire de cas, Kanambe peut nommé sa soeur. Ainsi, cette dernière pourra bien organiser la fuite de sa famille. Qu’on se le dise. 2061. Kanambe ou pas, les traîtres se choisiront un lopin de terre à Maluku. Ambassadeur, Ambassadeur pour faire quoi en Belgique ?Avec le net, on peut innover en nommant un Ambassadeur mais restant à Kin. Bande de voyous qui ne comprennent rien. Beya, c’est autre infiltré belgo-congolais que la Belgique a envoyé chez Kanambe pour certains dossiers. Une fois que la mission est finie. n’est-ce pas qu’on change le pampers quand il n’y a plus d’élastique ? Et alors.



Barnabé Tchikaya [bartchik@hotmail.com] 14/06/2015 07:58:05
Pourquoi le poste diplomatique de Bruxelles n’est réservé qu’aux seules ressortissants de la province du Katanga? Les fonctionnaires qui travaillent dans cette ambassade sont à majorité des congolais originaires de l’Est. Où est l’équilibre régional qui a été une règle d’or sous le règne de Mobutu?


 

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