Assemblée Nationale: Garry Sakata annonce le vote pour bientôt d’une loi contre le tribalisme

Le député national, Garry Sakata, rebondit avec une nouvelle proposition de loi qu’il aurait déjà déposée au bureau de l’Assemblée Nationale. Celle-ci porterait sur la lutte contre le tribalisme. Au regard de l’étendue que ce mal prend chaque jour en RDC, ce député du PALU n’a pas voulu se taire.

Selon cet élu de la circonscription électorale de Bagata, une lecture rapide du texte fait état d’importantes innovations allant de l’insertion de l’infraction d’outrage à la tribu, d’abus de pouvoir tribal par l’interdiction de nommer désormais un ressortissant de sa province comme directeur de cabinet à tous les postes politiques, la dissolution de toutes les associations à caractère tribal, la création d’un organisme chargé de l’éducation anti-discrimination, etc. Voilà le type de loi à caractère social attendu par le peuple, a indiqué Garry Sakata.

ACP/

7 thoughts on “Assemblée Nationale: Garry Sakata annonce le vote pour bientôt d’une loi contre le tribalisme

  1. Le 20 septembre dernier, j’ai été l’invité de la Radio Air Libre de Bruxelles pour échanger sur le thème de l’état de droit. J’ai souligné entre autres de l’impuissance des élites politiques et intellectuelles congolaises face aux problèmes de gouvernance qui affectent la bonne marche de la république. Parmi ces problèmes, je me suis étendu sur le favoritisme familial (népotisme), tribal, ethnique et régional. Face à ces types de favoritisme souvent regroupés sous l’étiquette de tribalisme, l’homme congolais n’a eu jusqu’à ce jour que des cris du genre « A bas le tribalisme » alors qu’il fallait tout simplement légiférer ou couler la loi contre ce phénomène dans la Constitution. J’avais déjà abordé la même question quand la Radio Air Libre m’avait invité le 16 août, l’émission ayant eu lieu cette fois-là par téléphone. Garry Sakata est donc à féliciter là où les autres députés ont brillé et continuent à briller par leur médiocrité. Fassent les mânes des ancêtres que cette loi voit ENFIN le jour. Les hommes politiques africains se sont toujours conduits comme si les problèmes de gouvernance relevaient de la fatalité alors que comme tout problème, ceux-ci attendent des réponses qui sont à la portée de nos intelligences.

  2. C’est une bonne idée que de vouloir qu’il y aie une loi condamnant le tribalisme. Mais dans le fait comment prouver le délit de tribalisme ?
    Je donne un exemple concret pour me faire comprendre : quand le président de la république nomme 80% des membres de son cabinet du même terroir, fait-il preuve de tribalisme ?

    1. ‘Comment prouver par la loi le délit de tribalisme quand le PR nomme 80% des membres de son cabinet du même terroir’ ? « Par la loi », disais-je car le bon sens et une certaine éthique républicaine devraient lui montrer déjà qu’à ce niveau ne faire autant confiance qu’aux gens de son village ne présente nullement un bon exemple et risque d’affaiblir l’efficacité de ses projets et de son mandat. Justement c’est là la nécessité d’une loi intelligemment troussee pour qu’au-delà de la liberté d’action et d’association accordée à un PR elle rende lisible un tribalisme nuisible pour le pays. Espérons qu’on y arrivera…

  3. Chers Compatriotes,

    Voilà une démarche qui devrait obtenir le soutien de tous ceux qui veulent que les choses changent dans le bon sens. Nous espérons que les deux chambres appuieront cette démarche. Que Dieu nous vienne en aide.

  4. BRAVO AU DÉPUTÉ SAKATA QUI REBONDIT AUTREMENT APRÈS UNE PREMIÈRE PROPOSITION DE LOI PLUTÔT DÉMAGOGIQUE ET ARBITRAIRE !
    # C’est vrai, nous n’avons pas de lois spécifiques contre le « tribalisme » ni dans notre Constitution ni dans notre législation courante et on assiste depuis quelque temps à un regain de phénomènes en rapport avec un recours au réflexe identitaire tribal, à divers favoritismes peu republicains. Je ne sais comment Mr Sakata appréhende et entend sanctionner tous ces dérapages mais espérons qu’au delà du problème que nous avons au Congo avec le
    respect de nos lois, sa formulation de la loi – infraction d’outrage à la tribu, d’abus de pouvoir tribal, suggere-t-il ! – fera que les différentes formes de délits relatifs au tribalisme seront plus accessibles, plus facilement identifiables et dès lors sanctionnables.
    # C’est dire donc que le volet pénal avec ses lois nouvelles est un pendant indispensable aux dispositions politico-administratives, au développement socio-économique de la population attendu et au mélange géographique et social que ce dernier est censé entraîner…

  5. LE TRIBALISME REPARLONS-EN MAIS EN AVONS-NOUS ENCORE LE DROIT SANS NOUS ATTIRER QUELQUES HUMEURS SINON PLUS ? N’EMPÊCHE QU’IL SE DIT, S’ÉCRIT ET SE VOIT MÊME COMME UNE VAGUE ACCRUE DE TRIBALISME DEPUIS L’AVÈNEMENT DE TSHISEKEDI, POURQUOI, QU’EN EST-IL EXACTEMENT ???
    # Peut-on expliquer le phénomène s’il est avéré sans le lier à l’ambiance, aux actes autour du nouveau venu à la tète du pays et aux façons de faire de son parti ? Vieille rengaine injuste sans doute, au moins en partie !? Que se serait-il passé en vrai ? Au lendemain des élections, on aurait vu dans des meetings de Fayulu des participants déclamer leur haine contre les baluba mais non seulement ces derniers étaient isolés mais aussi le staff de Lamuka et personnellement Fayulu s’en sont aussitôt desolidarises au nom de leur foi et de leur lutte pour l’unité nationale. Malgré ou à cause de cela, le président Tshisekedi s’est quand même permis dans la fièvre des lendemains d’élections en septembre 2019 au micro de TV5 et devant ses affidés à Atlanta de dénoncer nommément Fayulu d’être l’incitateur d’actes tribalistes pointant même des meurtres antiluba à Kikwit que personne de sérieux n’a pu prouver jusqu’ici. Comment tout un PR à osé une incartade aussi légère ? Passons…
    # En revanche, bien des observateurs même parmi les notables (Kikuni, Shekomba… !) ont vu et dénoncé un cabinet de Tshisekedi fortement composé des ressortissants du Kasai. Une très large opinion nationale est aujourd’hui au courant de ce fait et ne manque pas de s’en offusquer et beaucoup d’analystes sérieux vont jusqu’à expliquer le surgissement de ce nouveau tribalisme par ce fait. Beaucoup accusent aussi les baluba(!?) de l’exacerber par leur victimisation excessive et leurs insultes régulières des autres qui osent critiquer l’administration Tshisekedi. Un ‘pouvoir luba fermement et trop ostensiblement revendiqué’ ne plaît pas toujours, loin s’en faut mais au-delà de la question de son authenticité expliquerait-il pour autant la vague actuelle ???
    # Alors malgré ses dénégations, peut-on aller jusqu’à en reprocher le chef de l’État dont le cabinet est notoirement sur-représenté par des ressortissants de sa région d’origine, en tant que premier artisan de son administration d’être à la base de cette vague du tribalisme dans notre pays ? Une question fondée ou non ? À tort ou à raison certains vont
    dire « oui » mais ceux que j’appelle ‘pro-tshisekedistes primaires’ et d’autres diront de suite « non » mais est-ce dire que le problème n’existe plus ? À regarder des vidéos des Congolais ces derniers temps il y’en a plus d’un à en parler, voilà pourquoi je me suis permis d’en parler à mon tour peut-être pas selon la vision de certains mais désolé c’est la mienne !

    1. # DÉSOLÉ, EN ME RELISANT JE RÉALISE QUE J’AI QUELQUE PEU FORCÉ LA NOTE À LA LIMITE DE PARAÎTRE RÉDUCTEUR EN METTANT TROP LE REGAIN DU TRIBALISME DEPUIS TSHISEKEDI SUR LA SEULE CONCENTRATION DES GENS DU KASAI DANS SON ENTOURAGE…
      Nous le savons et le vivons tous, le repli tribal est trop souvent un fléau à notre vivre ensemble comme un handicap dans notre fonctionnement public, politique et administratif mais il est en même temps une réalité sociologique bien ancrée dans nos moeurs qui surgit dautant que nous traversons une crise. Dans ce sens les façons de faire de notre nouveau PR et de son entourage ne peuvent donc être qu’un prétexte à sa résurgence n’empêche que sa réalité est bien là, lui-même s’en est ému officiellement lors du denier Conseil des ministres – les propos jugés xenophobes et tribalistes
      de Kabange Numbi tout député national qu’il est sont passés par là. En revanche s’il est vrai que le réflexe identitaire tribal peut être plus marqué chez certains groupes ethniques et sociologiques, il s’avere être en même temps tributaire de notre niveau socio-économique et culturel comme il est victime de nos structures administratives et politiques peut-être trop tranchées pas toujours adaptées à notre fonctionnement domestique.
      # Tenez, il se trouve des observateurs qui font le constat que les raisons de son regain seraient dans le morcellement du pays en provincettes de 11 à 26 : les citoyens surtout au niveau politique au Katanga, au Bandundu, au Kasai, etc, etc… auraient moins des raisons à s’identifier à leurs anciennes provinces plus larges aujourd’hui abandonnées pour se concentrer aux plus petites entités administratives des provincettes actuelles. Bref les raisons d’expliquer le regain du tribalisme par la nécessité de calquer leur identité nationale à leur ethnie et en faire la propagande en s’adressant à leurs concitoyens à ce niveau.
      # D’autre part il n’est peut-être pas inutile de nous interroger avec l’experimentation sur l’efficacité de l’action citoyenne à ce niveau et de voir si la loi comme celle qui s’annonce peut nous aider à l’élaguer de ses impéritie nuisibles actuelles. Question législations, il semble bien qu’il existe bien depuis 1966 une loi spécifique interdisant le racisme, le tribalisme et le régionalisme ; n’est-elle pas bien appliquée ou comme à notre habitude nous ne la craignons pas assez vu l’impunité qui a trop longtemps caractérisé notre société ? Il est de notoriété établie que Mobutu avait réussi à installer une unité nationale sans doute d’abord face à l’étranger volontiers ennemi ; voila venu le temps pour Tshisekedi d’un nouveau challenge, l’éradication pénale et administrative(?) d’un tribalisme et d’un communautarisme en voie de miner notre vivre-ensemble national !

Comments are closed.