Kinshasa: les grèves se suivent…

Ce 12 juillet fut décrété jour de grève par les conducteurs de taxis et de taxi-bus. Ils se plaignaient des tracasseries de la police, des agents du Bureau 2 et des commis de la Division urbaine de transport. A l’horizon, plus de tacots qui fument. Plus de véhicules brinquebalants. Point n’est besoin de dire que la ville plongea dans une belle pagaille. Enfer et damnation!

Le malheur des uns fait parfois le bonheur des autres, et vice-versa. La pollution de l’air baissa ce jour-là. Les revenus des policiers diminuèrent. Les casseroles cessèrent de chanter dans les foyers des policiers et des chauffeurs. D’après mon ami qui sait ce qui se passe dans tous les coins et recoins de Kinshasa la déglinguée, les élèves, les commerçants, les fonctionnaires, les laissés-pour-compte s’agglutinèrent dans les arrêts de bus, surtout dans l’Est de la ville. Des grappes humaines tentaient de rejoindre à pied leur lieu de travail. Aucune guimbarde en vue, aucun moyen de déplacement, aucun moyen de locomotion. Les grévistes avaient installé des piquets de grève pour inciter les non-grévistes à se mettre en grève à coups de poing ou de jets de pierre. Enfer et damnation!

Même les véhicules privés furent empêchés de circuler. Sapristi!

Après moult négociations entre les autorités de la ville et le syndicat des chauffeurs, il fut décidé d’un moratoire d’une semaine durant laquelle tous les contrôles de documents seront suspendus. Les policiers ne pourront plus confisquer les papiers des véhicules ni arracher les plaques d’immatriculation moyennant espèces sonnantes et trébuchantes. Rendez-vous donc après le moratoire. Bref, passons!

Comme si cela ne suffisait pas, le syndicat des médecins n’était pas en reste. Il avait aussi menacé d’entamer une grève à partir de ce jour-là. Les toubibs réclamaient le paiement de la prime de risque et l’inscription des médecins N.U. (nouvelles unités) sur les listes de paie. Des concertations avec le gouvernement continuent à ce jour. Avant cela, il y eut la grève des infirmiers et du personnel administratif pendant près d’un mois. Elle fut dure et féroce. Les grévistes réclamaient le paiement de la prime des risques à tout le monde! La grève a heureusement pris fin le 25 juin. Tenez. Tous les services dans des hôpitaux furent désertés, à savoir les soins intensifs, la réanimation, la banque du sang, les morgues. Des corps furent devant les morgues. Stupeur et tremblements! Ceux qui voulaient enterrer leurs proches ne pouvaient même pas les sortir de la morgue. Saperlipopette!

Il paraît que le gouvernement a l’art de créer des commissions quand il ne veut pas régler un problème dans l’immédiat. Eh bien, une commission interministérielle fut mise en place pour régler tous les problèmes en suspens. D’après mon ami qui sait tout, il ne serait pas étonnant qu’à l’approche de la rentrée scolaire, il y ait comme chaque année menace de grève des enseignants! C’est la loi des probabilités totales.

Ceci n’expliquant pas cela, mon ami qui sait ce qui se passe dans tous les coins et recoins de Kinshasa la déglinguée signale que ce vendredi 16 juillet, une rumeur enfla, enfla, enfla puis éclata. Il avait appris qu’Eugène Diomi Ndongala avait été arrêté pour viol présumé en flagrance sur une mineure de 14 ans. Enfer et damnation! Il avait été placé en garde à vue à la police du Camp Lufungula en attendant l’enquête. Le président de la « Démocratie chrétienne » n’était pas à son premier forfait! Il fut condamné en 2014 et embastillé, sous Kabila, à 10 ans de servitude pénale pour viol sur mineure. Il bénéficia, le 21 mars 2019, sous Felix Tshisekedi, d’une libération conditionnelle. Ce n’était donc qu’un super prédateur sexuel? Nenni! Transféré le lendemain au parquet, les juges établirent, après confrontation avec l’accusation, qu’il avait été l’objet d’une dénonciation calomnieuse. Ouf! Il fut libéré illico presto.

On dit chez nous que lorsque tu offres un pagne à ta belle-mère, ne lui dis pas que c’est pour couvrir ses fesses.

 

GML

2 Commentaires on “Kinshasa: les grèves se suivent…

  1. « il fut décidé d’un moratoire d’une semaine durant laquelle tous les contrôles de documents seront suspendus »
    Comme toujours, la gestion « au petit bonheur la chance ». Depuis des années, c’est toujours la même tactique d’apprenti sorcier! Aucun gouvernement n’ose s’atteler à résoudre les problèmes de fond:
    – que faire pour que la police routière fasse correctement son travail (normes et méthodes de travail, profil du personnel, recyclage de ce personnel, type d’encadrement, système d’évaluation, etc…)!
    – administer ou non les prix de transport?
    – s’il faut administrer, comment fixer des prix justes et comment les appliquer?
    – comment améliorer la circulation routière (routes secondaires, feux de signalisation, marquages au sol, cartographie des tronçons et carrefours critiques et comment les gérer, etc…)
    En dépit de tous les services existants (PSR, GET, CNR, ministère national des transports, ministère provincial des transports, etc…), cette réflexion de fond demeure mission impossible! Etonnant! Ah! j’oubliais! Nous avons l’esprit tout occupé à chercher comment avoir des « jeeps » et construire des immeubles! Triste pays! Ne dit-on pas « RDC eloko ya makasi »!

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