Béatrice Lomeya: Une ministre qui ignore qu’elle est ministre…

« Le ministre est responsable de son département. Il applique le programme du gouvernement dans son ministère sous la direction et la coordination du Premier ministre ». Le Tout-Kinshasa-politique se demandait, samedi 10 octobre 2020, si la ministre d’Etat chargée du Genre, famille et enfant, « Mama » Béatrice Lomeya Itilite, est au courant de l’existence de l’article 93 du « Mobeko Likonzi » (Constitution), promulguée par l’ex-président à vie, pardon, l’ex-raïs Hyppolite Kanambe Mtwale, alias « Joseph Kabila ».

Mon ami qui sait tout sur tout et presque tout sur rien sur les potins de Kinshasa-Lez-immondices, alias Lipopo ya Banganga, m’a littéralement houspillé dimanche 11 octobre. « Je t’ai téléphoné quinze mille fois sans réponse. Où étais-tu? », grommela-t-il. « J’avais fermé mon téléphone pour m’éloigner des tuba-tuba de Lipopo », lui ai-je répondu.

« Kutuba » est un mot de la langue Kikongo (une des quatre langues nationales du Congo démocratique) qui signifie: parler. « Tuba-tuba » pourrait se traduire par « cancans » ou « sornettes ».

Après cette entrée en matière glaciale, l’ami s’est rapproché de mon oreille gauche. « Tu as raté les derniers potins sur Mama ministre d’Etat Béatrice Lomeya », murmura-t-il.

Selon mon ami qui sait décidément tout sur tout, « Mama » Béatrice Lomeya, ministre d’Etat chargée du Genre (ex-Conditions féminines), famille et enfant, a fait un speech samedi à l’occasion de la « Journée internationale de la jeune et petite fille ».  Réputé pour sa mauvaise langue, l’ami me dit: « Le tout-Kinshasa-politique se pose des questions sur cette ministre d’Etat qui semble ignorer qu’elle est le responsable numéro un de tout un ministère ».

Voyant que ses digressions commençaient à m’ennuyer, l’ami décida enfin d’aller droit au but. Il me raconta que, dans son harangue, « Mama » Lomeya a appelé le « pouvoir public » et la famille à participer à l’émergence d’une « génération égalitaire » où les filles et les garçons auront une égalité de chances au niveau de l’éducation.

Constatant que je ne voyais jusque là rien à fouetter un chat, l’ami crie à très haute voix: « Je suis interloqué d’entendre une personne détenant une part de la puissance publique parler avec autant d’irresponsabilité. Comment peut-elle appeler le pouvoir public au secours alors qu’elle détient entre ses mains le pouvoir pour réformer son secteur? Quel miracle peuvent faire les familles pour éduquer les enfants dans cette paupérisation généralisée? ».

Mon ami qui prétend tout savoir sur tout de poursuivre: « J’ai appris qu’un remaniement gouvernemental est en préparation. Je prie le ciel pour que l’ex-raïs n’aligne plus des ministres d’une telle incompétence dans les rangs du Fcc ».

Pour mon ami, la ministre d’Etat « Mama Béatrice » a parlé comme tous les politiciens pour faire du bruit afin de signaler qu’elle travaille. « Cette ministre et la plupart de ses collègues savent que la communication ne consiste pas à parler pour le plaisir de parler. La vraie communication a pour but d’annoncer des résultats ». Pour lui, la ministre d’Etat doit communiquer ses « réalisations » pour le genre, famille et enfants.

J’ai fait remarquer à mon ami d’aller mollo car « Mama » Lomeya est détentrice d’une licence en sciences commerciales. Sa réaction est brutale: « Tu dois mettre dans ta petite caboche que ce n’est pas le diplôme qui fait le travail. Si le parchemin faisait le boulot, le Zaïre de Mobutu serait devenu un paradis avec tous ces professeurs qui faisaient partie des gouvernements successifs. Que dire des ministres surdoués du gouvernement Matata Ponyo? ».

J’ai fait remarquer également à mon ami que le souci de « Mama Béatrice » est de mettre fin à la discrimination qui frappe la petite fille. « D’ailleurs, elle a rendu un vibrant hommage au président Fatshi pour la mise en œuvre effective de la gratuité de l’enseignement primaire », ai-je ajouté. « C’est de la basse flatterie, rétorqua l’ami. La ministre d’Etat Béatrice Lomeya fait partie de ces membres du gouvernement auxquels on doit chaque jour rappeler qu’ils sont ministres. Et qu’ils ont le pouvoir de changer les choses par la législation ».

Mon ami qui raffole des choses de l’esprit de conclure notre échange par une citation de Blaise Pascal: « L’ambition consiste à désirer l’élèvement pour l’élèvement, et l’honneur pour l’honneur ».

 

Par Jean-Robert Yuka ea Djema

4 thoughts on “Béatrice Lomeya: Une ministre qui ignore qu’elle est ministre…

  1. Il n’y a pas que « mama » Béatrice Lomeya alias «mama falanga » qui ignore tout au sujet de sa tâche de ministre. Dans ce Gondwana republic on y trouve que des nullards « m’as-tu-vu-stes », plus en clins à faire l’étalage des biens matériels mal acquis qu’ils possèdent, plutôt que de faire montre des valeurs humanistes qui ont fait de certains hommes et femmes des héros à travers le monde. Il faut oublier qu’il existe dans ce pays-là de vrais hommes et femmes. Ce sont tous des ratés, malheureusement.

  2. Ah! Ministre d’Etat! Je me suis toujours demandé quels étaient les critères retenus dans ce pays pour choisir les hauts dirigeants du pays!
    Selon quels critères on devient ministre un jour et selon quels critères on quitte son poste??? Une telle étude vaut la peine d’être menée et serait révélatrice des montruosités de notre fonctionnement, monstruosités qui arrangent certainement les tireurs de ficelles tapis dans l’ombre et leurs marionettes placées sur le devant de la scène. Suivez mon regard!
    Des ministres dont on ne connait ni le parcours ni les résultats produits là où ils ont évolué avant de devenir « Excellence »!
    On est encore pour longtemps dans le Gondwana!

  3. Et que penser d’un président qui n’est au courant de rien ?
    Un directeur de cabinet organise un festin autour du programme de 100 jours. Il n’est au courant de rien.
    Un ministre d’Etat organise un festin à Minembwe avec ses frères, en conviant des ambassadeurs, le ministre de la défense, le chef d’état-major de l’armée, des députés…Lui, le commandant suprême n’est au courant de rien.
    De quoi donc est-il au courant ?
    Il dispose de plus de 200 conseillers dont des  » spéciaux  ». A quoi servent donc ces gens ? Pourquoi sont-ils payés par nos impôts ?

  4. Il suffit de jeter un coup d’oeil sur la longueur des corteges ministeriels de leurs Excellences et le nombre de jeeps 4×4 dernier cri qui les composent,vous serez edifies.On devait s’attendre a des resultats proportionnels a cet etalage de jouissance.Helas un gouvernement de plus de soixante ministres mais le resultat sur terrain nul.A peine moins d’une dizaine travaillent reellement.Dommage

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