Briefing de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) sur la situation de la République démocratique du Congo

A l’attention du Conseil de Sécurité des Nations Unies

Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs,Membres du Conseil de Sécurité des Nations Unies,

Au nom de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), et en mon nom personnel, nous remercions vivement Son Excellence Monsieur le Secrétaire Général de l’Organisation des Nations Unies (ONU) et les Membres du Conseil de Sécurité pour l’attention particulière qu’ils portent au jour le jour sur la situation de notre pays, la République Démocratique du Congo.

En ce début de l’année 2019, nous vous adressons nos vœux les meilleurs. Nous sommes heureux de saisir cette opportunité pour vous donner un aperçu général sur la situation de la RD Congo en quelques points:

RAPPEL DE L’ENGAGEMENT SOCIO-POLITIQUE DE L’ÉGLISE

Depuis 2003, l’Eglise Catholique accompagne le Peuple congolais par des multiples actions, notamment par l’éducation civique et électorale pour la promotion de la dignité de la personne humaine et pour la consolidation de la démocratie en RD Congo.

Cet engagement s’est exprimé aussi par la médiation qui a abouti à l’Accord politique global inclusif, dit Accord de la Saint-Sylvestre, articulé essentiellement autour du processus électoral devant assurer la légitimité des Institutions à mandat électif. Par une démarche pastorale, la CENCO a amené, les parties prenantes au processus électoral, à aplanir certaines divergences et à trouver un consensus, entre autres sur le fichier électoral et sur l’utilisation de la machine à voter pour les scrutins qui viennent de se dérouler.

MISSION D’OBSERVATION ÉLECTORALE

Dans ce contexte la CENCO a pris part à l’observation électorale, par sa Commission Justice et Paix (JPC/CENCO), en vue de contribuer à la crédibilisation du processus électoral dans notre pays. Pour les scrutins, présidentiel, législatifs national et provincial du 30 décembre 2018, la Mission d’Observation Electorale de la JPC/CENCO (MOE JPC/CENCO) a formé 41.026 observateurs Court Terme et Long Terme. Elle a obtenu l’accréditation de 40.850 observateurs.

176 observateurs n’ont pas obtenu l’accréditation, ils ont cependant servi à l’observation des incidents en dehors de Centres de vote.

Les observateurs accrédités ont été déployés en raison d’au moins 1 observateur dans chacun de tous les 21.784 Centres de vote sur toute l’étendue du pays. Ceci représente une couverture globale de 100% de bureaux de vote prévus par la CENI avec une ratio de 1 observateur pour 1 à 2 bureaux de vote. A ce nombre de 40.850, il faut soustraire 959 observateurs des circonscriptions de Beni, Beni Ville, Butembo Ville et de Yumbi. Donc, au lieu de 40.000 observateurs de Court Terme, comme initialement prévu, seuls 39.824 ont été déployés.

Jusqu’au moment de la coupure des SMS, la mission d’observation de la CENCO avait déjà reçu au moins 43% des données transmises par ses observateurs situés dans les zones couvertes par la téléphonie mobile ainsi que ceux qui se trouvaient dans les zones non couvertes mais détenaient des téléphones satellitaires.

Il sied de mentionner que notre mission d’observation a travaillé en synergie avec d’autres observateurs accrédités, notamment ceux de l’Eglise du Christ au Congo (ECC), de la Synergie des Missions d’Observation Citoyennes Electorales (SYMOCEL), etc. Mais, elle a fait ce travail en toute indépendance vis-à-vis des partis et plateformes politiques et n’a reçu aucun financement d’eux.

MÉTHODOLOGIE

Pour la collecte et la transmission des données, la Mission d’observation de la CENCO s’est dotée d’un Centre de Collecte et de Traitement des Données (CCTD) avec un Call Center composé de 408 Agents qui étaient en interaction avec les observateurs de terrain. Pour permettre la transmission des données dans les zones sans couverture de réseau téléphonique et pendant la coupure des SMS, la MOE JPC/CENCO s’est doté d’un lot de 600 téléphones Thuraya.

Ceci a permis à la MOE JPC/CENCO de collecter les données de plus de 13.110.999 sur les 18.329.318 suffrages exprimés tel qu’annoncés par la CENI, ce qui représente plus de 71,53% de suffrages valablement exprimés compilés par la CENCO.

TRAITEMENT

Pour parvenir aux tendances des résultats obtenus par les différents candidats à la présidence de la République, la MOE JPC/CENCO a procédé par un comptage parallèle des voix (PVT) basé sur un échantillon représentatif de 10,72% de bureaux de vote appliqué proportionnellement à chacune de circonscriptions électorales des députés provinciaux, c’est-à-dire les Territoires pour les milieux ruraux et les Communes pour les milieux urbains. Ce qui a donné un total de 7.886 Bureaux de vote qui devaient servir au comptage parallèle de voix. Cet échantillon a été tiré de manière aléatoire avec une marge d’erreur de 1%, le degré de confiance étant de 95%.

A cela s’ajoute une autre vérification sur base d’un échantillon représentatif de 42,92% de suffrages valablement exprimés qui valide les tendances dégagées précédemment. Finalement, les tendances sont restées relativement pareil après la compilation de 71,53% de suffrages valablement exprimés.

SCRUTINS DU 30 DÉCEMBRE 2018

Les scrutins se sont déroulés sur tout le territoire national, le 30 décembre 2018 à l’exception de certaines zones, notamment les Territoires de Béni et les villes de Beni et Butembo dans la Province du Nord-Kivu et le Territoire de Yumbi dans la Province de Mayi-Ndombe. Nos observateurs ont constaté une importante mobilisation des électeurs quoique certains d’entre eux n’ont pas pu prendre part effectivement au vote pour des raisons incidentielles.

PUBLICATION DES RÉSULTATS PROVISOIRES

Les résultats provisoires des scrutins du 30 décembre 2018 ont été rendus publics par la CENI, le 10 janvier 2019.

La CENCO a pris acte de cette publication des résultats provisoires qui, pour la première fois dans l’histoire récente de notre pays, ouvre la voie à l’alternance au sommet de l’Etat. Cependant, de l’analyse des éléments observés par sa mission, la CENCO constate que les résultats de l’élection présidentielle tels que publiés par la CENI ne correspondent pas aux données collectées par cette mission d’observation à partir des bureaux de vote et de dépouillement.

RECOMMANDATIONS

Nous en appelons à la solidarité des Nations Unies vis-à-vis du Peuple congolais. Que le Conseil de Sécurité demande à la CENI de publier le plus vite possible les procès verbaux des Centres pour donner aux candidats la possibilité de comparer leurs donnés à celles de la CENI. Cela pour enlever le doute dans le chef de la population et chez les candidats et apaiser ainsi les esprits.

En cas d’éventuelles contestations, que le Conseil de Sécurité invite les parties prenantes, à privilégier la voie de la vérité et de la paix. Ce qui pourra largement contribuer à la préservation de la paix et à la stabilité du pays.

Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs,Membres du Conseil de Sécurité des Nations Unies,

Vous réitérant les vifs remerciements de la CENCO, nous vous souhaitons encore une Heureuse Année 2019 et confions votre assemblée à Dieu pour des orientations fructueuses en faveur de la paix en République Démocratique du Congo.

Fait à Kinshasa, le 11 janvier 2019

 

Marcel UTEMBI TAPAArchevêque de KisanganiPrésident de la CENCO

6 thoughts on “Briefing de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) sur la situation de la République démocratique du Congo

  1. Chers Compatriotes,
    à KUM,
    L’Etat congolais peut-il dénoncer au pape et imposer un candidat « vicaire général » d’un diocèse, coopté par ses paires, mais non nommé par l’Archevêque, afin que la situation dans le diocèse soit réglée ? Si oui, ok. Que Dieu nous vienne en aide.

    1. @elili.
      La CENCO n’a pas soutenu un candidat. Elle n’a pas donné une consigne de vote. Les évêques ont demandé aux catholiques de voter selon leur conscience.

      La CENCO fait un constat. En 2006, Kabila a volé à Bemba la victoire.En 2011,le Kabila a volé la victoire de Etienne Tshisekedi wa Mulumba. En 2018,il vole la victoire de MAFA pour la donner FATSHI.

      Pourquoi a-t-il choisi FATSHI et non MAFA? Parce que FATSHI a abandonné le radicalisme de son père Tshisekedi pour devenir conciliant avec Kabila. La SADEC,l’ONU,les médias étrangers et une frange importable de la population congolaise soutiennent la victoire de notre FATSHI national est douteuse.

      La CENCO est dans son élément:défendre,témoigner de la vérité. FCC, CACH, CENI,et même CC devaient apporter les preuves du mensonge de la CENCO.

  2. Etude Politique, Stratégique, Géopolitique, et Géostratégique pour la RDC.

    Thème : Jouer à « Qui perd gagne » en politique, ou jouer « à quitte ou double ».

    Na Etude oyo, tozali na ndakisa ya bato mibale basalaki politique ya « Qui perd gagne » na politique ya « Quitte ou double ». Moto ya politique ya « Qui perd gagne » azali Maréchal Pétain, na France na 1940 à 1945. Moto ya politique ya « Quitte ou double » azali Chamberlain, na Angleterre na 1938.

    Philippe Pétain né le 24 avril 1856 à Cauchy-à-la-Tour (Pas-de-Calais) et mort en captivité le 23 juillet 1951 à Port-Joinville, sur l’île d’Yeu (Vendée), est un militaire, diplomate et homme d’État français. Il est maréchal de France en 1918, frappé d’indignité nationale en 1945.

    Andimaki koyokana na Adolf Hitler (collaboration) au lieu ya ko organiser armée na peuple po na kobengana banguna ya France, c’est-à-dire ba allemands. Tango wana, Pétain akanisaki tè bitumba ekotangisa makila ya ba français, aponaki koyokana na Hitler po na kozala na kimia na France. Oyo ezali politique ya « Qui perd gagne ».

    Mabe ya politique oyo ezali ya « komitia na buhumbu » pe « na minyokoli » ba mbula na ba mbula na maboko ya bapaya. – Pétain andimaki bohumbu na minyokoli ya peuple français, pe abakiselaki peuple « dictature » ya makasi.

    Arthur Neville Chamberlain (18 mars 1869 – 9 novembre 1940) est un homme d’État britannique, membre du Parti conservateur et Premier ministre du Royaume-Uni de mai 1937 à mai 1940. Il est surtout connu pour sa politique étrangère d’apaisement, qui s’est notamment traduite par la signature des accords de Munich en 1938. Après la déclaration de guerre du Royaume-Uni à l’Allemagne nazie le 3 septembre 1939, Chamberlain dirige le pays durant les huit premiers mois de la Seconde Guerre mondiale.

    Asalaki « Accord » na Adolf Hitler po bitumba ya 1939-1940 asalema té, po makila etanga té, kasi Hitler azalaki na makanisi mosusu ; bitumba ya 1939-1940 ebandaki malgré accord ya bango. – Oyo ezali politique ya « Quitte ou double ».

    Mabe ya politique oyo ezali : « kolakisa faiblesse d’esprit » ya demandeur de paix. Tango wana, béligérant akozua makasi ya kosala bitumba en profitant de la faiblesse de l’autre partie.

    Na bato mibale oyo, moko akomaki ennemi ya peuple ya ye, mosusu akumisamaki na peuple ya ye po na accord azuaki. Pétain ayinamaki na ba français, kasi Chamberlain akumisamaki na ba Anglais.

    Na RDC, likambo oyo esalemi : tozali na Maréchal Pétain, pe tozali na Premier Ministre Chamberlain. Maréchal Pétain asali accord secret na Kanambe po na ko « Collaborer » ; Chamberlain aboyi makila ya ba Congolais etanga, apesi accord ya ye na likambo ya élection présidentielle ya 2018.

    Na bato mibale oyo, moko asepelesi peuple, mosusu apesi peuple kanda. Malheureusement, bato mibale oyo bazali na mboka mibale té lokola Pétain ya France na Chamberlain ya Angleterre, bazali bato ya mboka moko. Conséquences nini ekoki kobima na politique mibale oyo ?

    Na miso ya kiteni ya peuple ya bato ya mayele, bato mibale oyo bakomonana na « Faiblesse d’esprit », po bango mibale basosolaki té mutambu ya monguna na likambo ya élection.
    Na miso ya kiteni ya peuple ya bato ya kidiba, bato oyo bakokabola peuple na biteni mibale ; ba moko bako soutenir « A », ba mosusu bako soutenir « B ». – Conséquence ya bokabuani oyo ekobimisa bitumba.

    Objectif ya ennemi :

    Ennemi ya RDC azali Kanambe na baye bazali sima ya ye. Eloko bazali koluka ezali « Balkanisation » ya RDC. Soki kobanda 1996 kino lelo na 2019 ba rwandais ba réussir té ko balkaniser RDC, ezalaki po na liboke moko ya ba Congolais, lisanga moko, tata moko, mama moko, ekolo moko.

    Kasi, lokola likambo ya élection ebimiseli ba RDCongolais Maréchal Pétain na Premier Ministre Chamberlain, peuple congolais akokabuana na biteni mibale : kiteni ya bato ya Pétain, na kiteni ya bato ya Chamberlain. Bitumba ekobima na kati ya biteni mibale oyo.

    Tango wana, objectif ya monguna ekokokana, de sorte que nzela ya monguna ya kosala balkanisation ekomonana. Lokola monguna azali na mosolo ebele, pe azali na armée, ako utiliser ba moyens ya ye nyonso po na ko « Diviser » pour « Régner ».

    Comment éviter le pire ?

    Maréchal Pétain na Premier ministre Chamberlain bazali na mosala ya kosala na bango moko : moko asengeli kondima kokueya ya ye na élection. Idée ya kokangama na libunga po na kosala gouvernement d’union nationale ezali idée ya mabe, po conditions po na kosala gouvernement d’union nationale ekokani ata moko té.

    Pétain na Chamberlain basengeli koyeba tè « le salaire » d’une faute c’est « la punition ». Lokola Maréchal Pétain azuaki etumbu ya liwa (peine de mort), denge moko, Pétain na Chamberlain ya RDC bako mériter etumbu ya makasi soki bakebi té. Basengeli koyeba tè baye basalaka mangungu liboso ya bango basuka mabe.
    Makila ya peuple ebandi kotanga po na bino. Nani akolimbisa bino na likambo ya boye ?
    Nabelelaki na libota ya Maréchal Pétain po akota té na élection ya 2018, kasi, nazuaki réponse ya : « Personne n’a le monopole de la RDC ». Sima, nasengaki na Premier ministre Chamberlain po abelela « Soulèvement populaire », kasi alobaki tè élection eleki Soulèvement populaire. Est-ce que soki mboka ezali « Occupé » basalaka ba élections ?

    Bernard B.
    17.01.2019
    —————————–

  3. Chers Compatriotes,

    Kolomabele dit écrit : « La CENCO est dans son élément: défendre,témoigner de la vérité. FCC, CACH, CENI,et même CC devaient apporter les preuves du mensonge de la CENCO ». Soit, dites-moi la vérité que la CENCO a révélée en 2011, et en 2006 ? Car, en 2011, ce n’est pas la CENCO qui avait parlé, mais le Cardinal Monsengwo archevêque de Kinshasa et à titre personnel. Qu’en est-il de 2066? Eh bien, que dit la CENCO de la question, car, si la CENCO cherche la vérité, elle devrait la montrer sur son territoire : l’Eglise catholique romaine du Congo. Mais que se passe-t-il dans cette Eglise ? La mission de l’Eglise est de réconcilier des gens et non de les opposer. L’attitude positive de l’Eglise serait ici, de témoigner des irrégularités, et de se taire quant aux résultats et d’inviter les deux opposants politiques pour les réconcilier afin de trouver un terrain d’entente. Les situations politiques sont complexes et peuvent conduire à des conflits susceptibles de compromettre la sérénité. Ces situations doivent être abordées avec sagesse. Je pense que ceux qui ont construit cette manière de procéder pour le Congo savaient bien que les Congolais arriveraient à des conflits en plus. Une chose est certaine maintenant, il n’y aura pas de bilan pour le président sortant, et cela avec raison, car, ce n’est pas le moment. Il vient de faire ce qui n’a jamais été fait avant lui, alors, mettons de l’eau dans son vain et essayons de voir comment profiter de cette situation pour le redressement du pays. Le discours agressif de Lumumba le jour de l’indépendance n’a jamais arrangé la situation du Congo.
    L’Eglise n’était pas là en titre de « témoin », mais mais « d’observateur ». Le seul élément de vérité qui constitue la mission de l’Eglise, c’est l’enseignement de la parole de Dieu : la doctrine. C’est pourquoi cette Eglise a des dogmes contrairement à d’autres Eglises où l’on croit que l’Esprit Saint peut descendre sur n’importe quel croyant baptisé et le charger d’une mission précise. Alors cher Kolomboka, restons unis en tant que Congolais, les élections sont toujours des moments où les passions humaines sont déclenchées. Les vieilles démocraties nous en donnent des exemples. Ne ratons pas cette occasion pour nous mettre dans les diversions « Martin », « Félix », maintenant c’est « Félix ». La question qui est un défi est : « Que faire pour que nous puissions redresser notre pays qui est dans un état chaotique ». Je reprends la question d’un homme d’Etat américain que je paraphrase, ne nous demandons pas ce que ce président va faire pour le pays, mais qu’est-ce que nous pouvons apporter pour que ce président ait la possibilité d’exercer son pouvoir et que nous reconstruisions notre pays. Beaucoup plus des gens comprendront pourquoi j’ai défendu l’idée de la transition présidée par le Cardinal Monsengwo. Nous avons ici un défi qui exige beaucoup d’abnégation de notre part (nous congolais). Que Dieu nous vienne en aide.

  4. Erratum: « alors mettons un peu d’eau dans notre vin/pas mettons de l’eau dans son vain.. »; l’Eglise n’était pas là à titre de « témoin », mais d’observateur »/ pas l’Eglise n’était pas là en titre de « témoin »… C’est pourquoi l’Eglise Catholique Romaine a des dogmes…

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