CENI: « Pas d’élections avant 2019 »

Au cours du JT de la Télévision d’Etat congolais « RTNC », mercredi 11 octobre, à 20h00, Norbert Basengezi, vice-président de la CENI, a envoyé un signal aux allures de provocation. Il a déclaré que l’enrôlement des électeurs devrait se poursuivre dans les provinces du Kasaï jusqu’en janvier 2018. Après, il faudra passer à l’étape législative par le vote de la loi sur la répartition des sièges pour les législatives. La CENI espère obtenir la convocation d’une session extraordinaire du Parlement pour ne pas devoir attendre la rentrée parlementaire prévue le 15 mars 2018. Tout pourrait désormais arriver. Plus le pire que le meilleur…

Sur le site Internet de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), les internautes pouvaient lire, mercredi 11 octobre 2017, que celle-ci a besoin de « 504 jours » après la fin de l’enregistrement des électeurs « pour arriver au jour du scrutin ».

La date de la clôture de ces opérations d’enrôlement est en passe de devenir le secret d’Etat le mieux gardé…par l’actuel président de la CENI.

Le second et dernier mandat du Président en exercice – en toute illégitimité – a expiré le 19 décembre 2016.

L’article 70 de la Constitution stipule: « Le Président de la République est élu au suffrage universel direct pour un mandat de cinq ans renouvelable une seule fois. A la fin de son mandat, le Président de la République reste en fonction jusqu’à l’installation effective du nouveau Président élu ».

L’article 73, lui, dispose que « le scrutin pour l’élection présidentielle est convoqué par la Commission électorale nationale indépendante, quatre-vingt-dix jours avant l’expiration du mandat du Président en exercice ».

Les constituants de 2005 avaient prévu l’hypothèse où l’alternance démocratique seraient « contrariée » par la boulimie du pouvoir du chef de l’Etat entrainant le pays dans une « dérive dictatoriale » violant l’ordre constitutionnel.

En guise d’« antidote », les rédacteurs de la Constitution promulguée le 18 février 2006 par… »Joseph Kabila » avaient prévu l’article 64 qui impose « à tout Congolais le devoir de faire échec à tout individu ou groupe d’individus qui prend le pouvoir par la force ou qui l’exerce en violation des dispositions de la présente Constitution ». L’heure de la vérité a sonné!

Pour s’accrocher au pouvoir, « Joseph Kabila » et sa mouvance sont occupés à allumer des foyers de tension aux quatre coins du pays. Histoire de faire croire au reste du monde que l’ex-Zaïre ferait face au « terrorisme ».

Seize années après l’accession du successeur de Mzee à la tête du pays, l’échec est patent au plus aussi bien socio-économique que politique et sécuritaire. L’homme n’avait aucun grand dessein pour le Congo-Kinshasa. Bien au contraire, celui-ci ressemble de plus en plus à une prison en plein air. Pas de salut en dehors de la mouvance kabiliste érigée en parti-Etat de fait. L’armée, la police et les services de renseignements se complaisent dans le rôle de milice du régime.

Sans vouloir jouer les oiseaux de mauvais augure, c’est un défi que la CENI et mouvance kabiliste viennent de lancer aux 70 millions de Congolais. On peut gager que tout pourrait désormais arriver. Plus le pire que le meilleur. A moins que le Président hors mandat « Joseph Kabila » n’insuffle un brin de sagesse à ses prétendus « faucons » et autres mauvais génies. Montaigne a pu dire ces mots: « L’une des plus grandes sagesses en l’art militaire, c’est de ne pousser son ennemi au désespoir »

 

Baudouin Amba Wetshi
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