Cols blancs aux mains sales: crimes et châtiment

La responsabilité des hauts dirigeants en cols blancs dans le désastre humanitaire que vivent les populations du pays est une évidence. Les observateurs de la RDC épinglent régulièrement et nommément le président et ses sécurocrates pour leur responsabilité dans le désastre humanitaire du pays. Les grands crimes économiques sont également décrits et parfois les institutions concernées sont nommées. Les auteurs de ces crimes sont cependant rarement nommés (à l’exception notoire de ceux qui ont pillé les fonds du FPI) alors que ces individus sont à la base de la disparition de l’Etat de droit et de l’impunité généralisée qui sont la source des crimes contre l’humanité commis quotidiennement.

L’impunité totale et la relative mansuétude des observateurs dont ils jouissent constituent un véritable encouragement de ces criminels en col blanc. Les travaux réalisés par divers observateurs comme le Groupe d’Etudes sur le Congo, le Centre Carter, Enough, etc sont précieux mais ont peu d’effet sur les criminels. Si vous dénoncez la mafia sans jamais nommer le moindre mafieux, ces derniers ne se sentiront jamais menacés. Ces observateurs ne nomment pas les responsables en partie à cause des risques de nature juridique mais probablement pour d’autres raisons car même lorsque des audits officiels démontrent la responsabilité des cols blancs Ils ne les nomment pas. Issus de milieux académiques ou liés à ces derniers, ces observateurs semblent attacher plus d’importance aux aspects « publication » de leurs travaux sans risque de blocage par des procédures judiciaires.

Confrontés à des situations analogues marquées par l’inefficacité de la loi et de l’impunité qui en résulte le plus souvent, les pays anglo-saxons ont souvent recours à la pratique du « Name and Shame », littéralement « nommer et couvrir de honte ». « To name and shame » consiste à faire savoir ce qu’une personne, un groupe ou une entreprise a fait de mal. Il est aussi utilisé pour décourager l’accomplissement d’actes antisociaux ou criminels en publiant le nom des coupables.

Dans le cas de la RDC, cette pratique pourrait aider, à terme, à constituer des dossiers en vue de sanctions internationales et d’actions judiciaires ultérieures en RDC ou à l’étranger. Dans l’immédiat, la stigmatisation répétée de ces individus sur la place publique constituerait déjà un frein à leur arrogance et l’effet de la dénonciation sur leurs cercles de connaissances (amis, famille, subalternes etc.) leur rendra la vie moins agréable. Même dépourvus du moindre sens moral et de scrupules, l’image de « technocrate honnête » de ces individus en prendra un coup.

En Afrique, depuis quelques années, la pratique du « name and shame » fait son chemin. En Afrique du Sud la presse se fait régulièrement l’écho du débat à ce sujet et des sites internet existent déjà.

En Mauritanie, le professeur Ely Mustapha a lancé une initiative avec une proposition d’actions concrètes dont les trois premières sont décrites comme suit:

COMMENT S’Y PRENDRE ?

Le premier moyen est la dénonciation publique. Il faut « décortiquer », le présent et le passé du collaborateur, vérifier ses compétences mettre à nu ses activités et décrier ses actes à l’échelon national et international.

Le second moyen est la dénonciation directe: il faut écrire à l’intéressé et à son entourage, le mettre devant ses responsabilités et en informer les structures nationales et internationales présentes dans le pays.

Le troisième moyen est la publicité: organiser des forums et des conférences sur les « collaborateurs » du régime et informer le public sur les résultats d’enquêtes à leurs propos.

En 2015, afin de faciliter la collecte d’informations sur les actes délictueux et d’assurer l’anonymat des informateurs, le site AfriLeaks.org a été lancé. A l’instar de Wikileaks. Afrileaks utilise des logiciels dont le but est de permettre de lancer des alertes anonymement et en toute sécurité. Ce type de logiciel est utilisé par une soixantaine de projets et d’organismes de lutte contre la corruption à travers le monde. AfriLeaks travaille en étroite collaboration avec des journalistes d’investigation qui ensuite assurent une large publicité à l’information.

En RDC la première étape consisterait à communiquer des informations vérifiées soit par des documents officiels comme ceux publiés par des commissions parlementaires ou encore par Luzolo Bambi ou encore par des rapports d’audits fiables.

Dans un deuxième temps un site de type « Afrileaks » (probablement congoleaks) permettra la collecte d’informations sur les pratiques criminelles des cols blancs concernés et sur leur patrimoine en RDC et à l’étranger, le plus souvent « mal acquis ».

Ainsi la première étape du châtiment serait lancée (à suivre).

 

Par Jean-Marie Lelo Diakese

2 réflexions au sujet de « Cols blancs aux mains sales: crimes et châtiment »

  1. Cher Jean Marie Lelo Diakese,
    La thématique abordée est révolutionnairement citoyenne parce que du fait de l’internationalisation des affaires, les pouvoirs effectifs quittent de plus en plus les parlements et les sénats pour se confiner dans les conseils d’administration des multinationales. C’est le règne de la souveraineté financière en lieu et place de la souveraineté politique. Le « named and shamed en norme de gouvernance » fait son chemin en Europe occidentale mais pas encore en Afrique du fait de la faiblesse du pouvoir judiciaire ainsi que du 4ème pouvoir qu’est la presse. C’est plus une réalité culturelle que juridique parce que ceux qui sont cités ne peuvent aller en prison à cause par exemple des lois sur la transaction pénale. Monsieur Armand Dedeker en Belgique et Sarkozy en France par exemple , n’iront jamais en prison et garderont leur fierté d’anciens dirigeants. Il en est de même de nombreuses personnalités politiques Africaines citées par la « presse à scandale ».
    Mon avis ultime est donc que certaines normes de gouvernance sont internationalement publiées juste pour faire bonne impression. Est-ce le cas du « named and shamed »?

  2. Etude Politique, Stratégique, Géopolitique, et Géostratégique pour la RDC.
    Thème : Que se cache-t-il derrière la libération de Jean-Pierre Mbemba ? – Ou, le jeu de dames. – 3ème partie.

    Na Etude oyo, na parties 1 et 2, nalakisi makambo nini ebombami sima ya libération ya Jean-Pierre Mbemba na boloko na CPI. Na partie 2 ya Etude, nalakisi tè mutambu etiami po na Tshilombo Félix na UDPS ya ye. Mutambu oyo ezali na objectifs mubale : 1) kosalisa Kanambe po akueya té na réunion ya SADC ya dimanche 17.06.2018 ; 2) kosalisa Kanambe po asala 3 années de glissement lokola bayokanaki na Accord d’Ibiza. Elingi koloba tè Kanambe akotikala na bokonzi kino na 2019.

    Tobanda kososola point 2) liboso :

    Contre-partie nini Tshilombo Félix akozua soki Kanambe azui ba glissements oyo ? – Na Accord d’Ibiza, Kanambe na Tshilombo bayokanaki boye : 1) Kanambe akozua glissement pendant 3 ans ; 2) Tshilombo akozua Primature pendant 3 ans.

    Kasi, na Dialogue ya CENCO, Tshilombo azuaki Primature té, kino lelo ! Kasi, lokola azui Primature té, eloko nini azui ? – Lokola négociation ya lolenge oyo esalemaka na politique de « Donnant-Donnant », il est vrai que Tshilombo azui eloko mosusu à la place de la Primature ; eloko wana ezali « Mosolo » na ba «Voitures ».

    Lokola mbula ya misato ya glissement ya Kanambe ebandi naino té, esengeli Tshilombo a soutenir Kanambe po akota na glissement ya 2019. Yango wana bozali komona Tshilombo na UDPS ya ye bakoti na Campagne électorale na 2018.

    Nakoki kobelela denge nyonso po Tshilombo akota té na élections ya 2018, kasi asili ko signé Accord na Kanambe po na 3ème glissement na 2019 ; yango wana akoki kotika élections té.

    Boyoka maloba ya Secrétaire Général Kabund a Kabundu po na élections :
    « Kasaï-Oriental : l’UDPS peut gagner 80% de sièges aux législatives nationales, selon Kabund
    Radio Okapi – Publié le mer, 13/06/2018 – 13:44 | Modifié le mer, 13/06/2018 – 13:44
    Jean Marc Kabund, secrétaire général de l’UDPS lors d’une conférence de presse à Kinshasa, le 08/02/2018. Radio Okapi/Ph. John Bompengo
    « Nous avons une base considérable ici, qui peut nous donner 70, 80% des résultats à l’élection législative nationale », a estimé mardi 12 juin, le secrétaire général de l’UDPS, Jean-Marc Kabund, lors de son séjour dans les provinces de Kasaï-Oriental et Lomami.
    Il est en tournée dans ces deux provinces, pour réunifier les éventuelles tendances de l’UDPS créées sur base de conflits entre certains partisans.
    « Alors, pourquoi gâcher cette chance sur base des conflits de personnes. Nous devons nous remettre sur la voie, et le respect de la hiérarchie doit être de stricte application. Pour mieux vivre ensemble, il faut une certaine discipline », a recommandé M. Kabund. »

    Tososola sika oyo point 1) :

    Réunion ya SADC esengelaki kosalema lelo dimande 17.06.2018 na Angola ; Kanambe asengelaki kokende kuna. Kasi, asengi na Président ya Angola po réunion wana esalema lelo té.

    « Le Président Joseph Kabila a demandé le report de la réunion de Luanda
    15.06.2018,
    Ce dimanche, les présidents des organisations régionales (l’Angolais Lourenço, le Gabonais Bongo, le Congolais Sassou et le Sud-Africain Ramaphosa) et de l’Union africaine (le rwandais Paul Kagame) avaient rendez-vous avec Joseph Kabila dans la capitale angolaise.
    Une réunion au sommet qui, au vu des dernières déclarations des uns et des autres, ne s’annonçait pas sous les meilleures auspices pour le président hors mandat Joseph Kabila. Kagame et Lourenço ont multiplié les voyages et les entretiens aux quatre coins du monde avec, systématiquement, un « petit mot » pour la situation en République démocratique du Congo. Tous souhaitent, même s’ils ne l’ont pas dt aussi ouvertement que le président ougandais Yoweri Museveni, que Joseph Kabila ne brigue pas un troisième mandat, synonyme, pour eux, de risque évident de déflagration en RDC mais aussi dans toute la région.
    Depuis le début de la semaine, plusieurs capitales de l’Afrique australe se disaient que dans ce contexte, Joseph Kabila pourrait briller par son absence à Luanda, la capitale angolaise où devait se tenir le rendez-vous.
    Le président Kabila n’a peut-être pas osé narguer ses voisins en ne se rendant pas à Luanda, ce qui aurait pu être considéré comme un défi pour tous ces présidents, mais il a demandé ce vendredi le report de ce rendez-vous… sans proposer de une nouvelle date.
    C’est mieux que de poser un lapin mais peu de chance que cela fasse plaisir à ses hôtes qui ont haussé le ton ces dernières semaines et qui ne pourront se contenter d’un report trop long. »

    Po na nini Kanambe asengi Report ya réunion ya SADC ya le 17.06.2018 ? – Ezali po balakisi ye Stratégie ya kosalela po akota na 3ème glissement ya ye lokola Accord d’Ibiza elobi. Stratégie wana ezali « Stratégie Dilatoire ». Stratégie Dilatoire esalemaka mingi na Justice, surtout na ba Tribunaux. Ezalaka ba avocats basalelaka yango. Stratégie oyo ekokani na maloba tolobaka ya « Boma l’Heure ! ». Tango RDC na SADC bazali koboma l’heure ya bango, Kanambe azali komilenge po akangama na bokonzi. Sika oyo, bolanda masolo ya bango na Kingakati :

    « L’actualité africaine. Libre et indépendante.
    RDC : Le plan secret de Kabila divise la majorité
    • Dans République démocratique du Congo
    • La Libre du 29 mars 2018
    • Hubert Leclercq
    Ambiance électrique à Kinshasa où les dossiers politiques se succèdent et s’entrechoquent sur un rythme effréné. Ce jeudi en fin de journée, le CNSA conseillait ainsi au ministre de l’Intérieur Henry Mova de reconnaître l’UDPS du secrétare général Jean-Marc Kabund au détriment de la formation conduite par Tharcisse Loseke, le bras droit du Premier ministre Bruno Tshibala. « On ne va quand même pas abandonner la conduite de l’UDPS entre les mains de l’équipe de Tshibala », explique un proche de Joseph Olenghankoy, le président du CNSA. « Depuis que ces gens se sont installés à la primature, ce bâtiment est devenu un ring de boxe. Ils sont incapables de travailler. C’est une honte« .
    Mais le dossier le plus chaud ces dernières heures, c’est celui du découpage des scrutins. Un scénario qui a déjà été évoqué mais que la garde rapprochée de Kabila, le président hors mandat, veut toujours imposer. Il s’agit de post-poser la présidentielle et de n’organiser en décembre prochain, que les élections provinciales et législatives.
    « Ce scénario est toujours sur la table. La Kabilie a pris conscience que l’élection présidentielle sera placée sous très haute surveillance. Il sera difficile de tricher à grande échelle. Or tout le monde a compris que sans ce tripatouillage massif, la majorité présidentielle n’a aucune chance de passer. Il faut donc d’abord faire en sorte que la présidentielle suive les législatives. La majorité parlementaire qui pourrait sortir de ces législatives truqées, parce que moins surveillées, serait largement en faveur des Kabilistes. Suffisamment pour leur permettre de revoir la constitution et de modifier le mode de désignation du président. Le président serait donc élu au scrutin indirect par les députés« , nous explique un des proches collaborateurs de la présidence qui a déjà évoqué ce scénario.
    Des législatives dès cet été !
    « Il faut que le peuple reste sur ses gardes. Kabila envoie de la poudre aux yeux », explique un autre membre de la majorité présidentielle, qui ne cesse de répéter que 98% de cette majorité ne veut pas du plan de Kabila mais que personne n’ose bouger.
    Il partage la même lecture que son collègue de la majorité. Il martèle, la voix nouée, que « le président préfèrera mettre le feu à Kinshasa plutôt que d’abandonner le pouvoir. Il va endormir tout le monde. Il discute encore directement avec certains membres de l’opposition pour essayer de continuer à affaiblir le camp d’en face. La communauté internationale, elle, regarde. Elle gronde mais ne bouge pas. Kabila se joue d’elle ». Notre interlocuteur se fait plus précis. « Retenez bien ce que je vous dis, Kabila va annoncer, pour démontrer sa soit-disant bonne volonté, l’organisation des législatives pour cet été. Pourquoi attendre ? Et tant pis si ça viole l’accord prévoit l’organsiation de tous les scrutins en décembre. Ensuite, quand il sera parvenu à ses fins, quand il aura sa majorité parlementaire, il va expliquer que ces élections ont coûté très cher, qu’il n’a plus assez d’argent pour organiser la présidentielle comme elle était prévue et qu’il faut un scrutin indirect. Il pense qu’il pourra alors changer la constitution. Il est prêt à tout sacrifier pour rester en place. Le sang va couler. C’est inévitable », prévient-il.
    « Il faut que tout le monde tienne le cap. On devait organiser des présidentielles en 2016, puis en 2017. Finalement, pour éviter le chaos, sur la pression de la communauté internationale et des évêques, on a laissé ce Monsieur prolonger son règne. Cette fois, il ne faut plus céder. La RDC est devenu un enfer. Quatre-vingt millions de Congolais vivent cet enfer au quotidien, il ne faut pas permettre que cette situation se perpétue ».

    Voilà, Kanambe azali kolanda Accord d’Ibiza na Tshilombo Félix. Lokola Tshilombo asili ko signer Accord d’Ibiza, pe asili kozua mosolo mingi epayi ya Kanambe, akoki kozonga sima té. Soki azongi sima, Kanambe akosalela ye « Chantage » po mboka mobimba bayeba tè Tshilombo Félix asalisaka Kanambe po afanda na bokonzi. Ezali denge moko na ba Députés na ba Sénateurs, bango banso basombami na mosolo na ba voitures. D’ailleurs, Tshilombo azuaka salaires na Parlement.

    Soki RDC ekoti na makambo oyo ya glissement, ezali likolo ya lokoso ya Tshilombo po na mosolo. Ba ndeko ba biso banso bazali kokufa to komona pasi kobanda Accord d’Ibiza esalemaki, pasi ya bango na makila ya bango ezali na motu ya Tshilombo Félix. Yango wana, tango ya jugement, Tshilombo Félix akosala makasi po apengua condamnation. Or, tango jugement ekobanda, « peine de mort » ekozonga kino jugement ekosila. Nayebi té denge nini ekosukela Tshilombo Félix.

    Yango wana nabelelaki Maman ya Tshilombo, na ba ndeko ba ye, na famille ya Etienne Tshisekedi wa Mulumba mobimba po babikisa Tshilombo na makambo minene ezali koya.
    Justice esalemaka denge moko po na bato banso ; nakoki té kosala denge mosusu. Eloko moboti, ndeko, to moninga, asengeli kosala, ezali kokebisa to kopesa toli ; c’est ce que j’ai fait. – Je ne peux pas faire plus.

    À bon entendeur, salut !

    Bernard B.
    17.06.2018

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