Cupidité et arrogance: marque de fabrique de nos criminels en col blanc

Dans notre pays, la cupidité des criminels en col blanc n’a d’égal que leur arrogance. D’ailleurs c’est à leur arrogance qu’on les reconnait. Elle pourrait aussi devenir leur talon d’Achille.

Persuadés de leur impunité totale, certains vont jusqu’à la provocation: vis à vis de la majorité de nos concitoyens – qui subissent – mais également vis-à-vis de la communauté internationale. Les USA et l’UE, ont pris, récemment, des mesures (sanctions) à l’encontre d’une série d’individus accusés de corruption et d’entraves au processus démocratique. Parmi eux, des dirigeants de la centrale électorale qui se seraient rendus coupables de malversations portant sur des centaines de millions de $US. Suite à ces accusations les intéressés multiplient les coups de gueule: « tout cela est faux », « je ne suis pas américain » etc. Poussant l’arrogance plus loin, dans une déclaration publiée par Mediapart, Le Monde et Jeune Afrique un des responsables s’est vanté d’être propriétaire de mines d’or en Ituri. Existerait-t-il un lien entre la mine d’or et les accusations de corruption? Mr Sigal Mandelker, sous-secrétaire au Trésor américain en charge du terrorisme et du renseignement financier, initiateur des sanctions connait probablement la réponse à cette question.

Les individus concernés sont emblématiques de la catégorie des cupides/arrogants qui dominent le pays sans entrave ni opposition si ce n’est quelques articles et interventions sur les réseaux sociaux.

Cette situation à quelque chose d’ahurissant. Nous avons à faire à des violeurs récidivistes de la constitution, foulant au pied les lois des finances et des marchés publiques, architectes et organisateurs d’une énorme fraude électorale en refusant de respecter les prescrits de la loi électorale. Ils sont accusés par les USA et l’UE qui sont en possession de dossiers accablants. Mais dans notre pays, ils ne sont aucunement inquiétés et jouissent en toute quiétude de leur fortune mal acquise.

Les institutions et les composantes de la société qui visent le respect de l’Etat de droit et particulièrement la lutte contre la corruption semblent peu réactives. L’observatoire de surveillance de la corruption et de l’éthique professionnelle en sigle « OSCEP » (Etablissement Public) n’a – comme d’habitude – rien observé ni surveillé. Parmi les organisations de la société civile, « Les Congolais debout » et « l’Association congolaise pour l’accès à la justice » (ACAJ) ont demandé au procureur général de la République d’initier des enquêtes « sur ce qu’elles estiment être des allégations suffisantes pour ouvrir un dossier judiciaire ». Cette démarche n’a eu évidemment aucune suite. Les mesures prises à l’encontre des dirigeants de la centrale électorale ont même donné à ceux-ci une notoriété supplémentaire qui semble avoir boosté leur arrogance.

On constate donc une fois de plus que les articles, pages d’opinion et autres analyses ont peu de résultats et on peut se demander pourquoi ces organisations n’ont pas déposé simplement des plaintes.

L’affaire des dirigeants sanctionnés peut paraître ahurissante mais en réalité elle n’est qu’une suite de nombreuses autres démonstrations de cupidité et d’arrogance au plus haut niveau du gouvernement.

Le dernier en date ayant défrayé la chronique est un des champions de l’arrogance pris dans une sombre affaire de gros diamant certifié par les autorités minières de la région d’origine de la pierre et devenu pierre sans valeur lorsqu’elle a été retrouvé entre les mains de notre champion.

On a également connu un premier ministre champion du clientélisme qui après avoir créé le plus pléthorique cabinet de l’histoire du pays, aurait acquis un patrimoine immobilier important décrit dans un article précédent intitulé « Grande corruption, impunité et violences: parmi les principaux responsables… » publié le 25 juin 2018 par le site Congo Indépendant. Soupçonné de manquements dans sa gestion il a bu, sans honte, l’humiliation de se voir retirer, par le Président de la république, une série de pouvoirs dans le domaine des finances. Sa réputation a franchi les frontières et il a été cité dans la presse internationale pour ses liens présumés avec un politicien belge poursuivi pour des affaires de corruption. Dans une interview publiée par JA le 29 septembre 2011, à la question « Quels rapports entretenez-vous avec Kabila? » il répondait: « Ils sont très bons. C’est un camarade de gauche. Nous sommes des descendants de gens qui ont fait de la résistance. C’est aussi le chef des institutions. Je crois avoir bénéficié de son expérience, parce qu’il est à la tête du pays depuis dix ans ».

Ici le coté ahurissant de l’affaire est que, aussitôt qu’il a été écarté de la mangeoire il a commencé à inonder la presse de tribunes critiquant le gouvernement, formulant des recommandations qu’il a ignorées complètement pendant qu’il avait le pouvoir et poussant l’arrogance hypocrite jusqu’à se faire passer pour un farouche adversaire de Kabila et à parader parmi les opposants de LAMUKA.

Un autre Premier ministre a lui décroché la palme de l’arrogance-qui-se-moque-de-tous. Connu pour s’être enrichi en gérant des milliards d’aide fournie par des institutions financières internationales, il a continué ses pratiques au gouvernement avec de nombreux marchés de gré à gré, en refusant de se soumettre à un audit des marchés publics, en engloutissant plus de 200 millions de $US dans des projets agro-industriels dont un audit international a démontré à peu près toutes les irrégularités qu’on peut imaginer: gré à gré pour plus de 100 millions de $US, surfacturations de plus de 100%, non-respect des règles élémentaires de gestion de fonds publics, de la législation sociale du pays etc. Comme on pouvait s’y attendre l’affaire s’est terminée par la faillite totale du projet et d’une perte sèche de plus de 200 millions de $US pour la communauté.

Avec une partie des résultats de ses pratiques prédatrices camouflées en partie par des « contributions » de sociétés bénéficiaires de juteux contrats obtenus de gré à gré, il a construit une université privée à la gloire de son nom. Non content de ce premier exploit il a poussé l’arrogance jusqu’à la farce grotesque en créant un « prix de la bonne gouvernance » baptisé de son nom et ne laissant aucun doute sur le cynisme de l’individu! Al Capone voulant se faire passer pour Eliot Ness ou pour les plus jeunes El Chapo voulant se faire passer pour Mère Teresa n’auraient pas fait mieux.

Ces exemples montrent que des preuves accablantes de corruption existent non seulement pour les « sanctionnés » mais également pour d’autres: ministres, responsables d’entreprises publiques, hauts magistrats et securocrates.

Qu’attendent nos organisations de la société civile comme les Licoco (Ligue congolaise de lutte contre la corruption), Asadho (Association africaine de défense des Droits de l’Homme) – qui par ailleurs font un excellent travail – pour passer à une vitesse supérieure en traduisant les cupides/arrogants devant les tribunaux, nationaux et internationaux?

En termes de volume de malversations financières au détriment des finances publiques nos Premiers ministres cupides/arrogants ne sont que des amateurs comparés aux dirigeants des secteurs minier et hydrocarbures et plus particulièrement l’inamovible ministre des mines et les dirigeants de la Gécamines. Non contents de s’enrichir personnellement ils bradent les ressources et accumulent des opérations financières opaques avec l’aide de complices étrangers qui fournissent l’ingénierie financière de dissimulation et même des services d’espionnage visant tous ceux qui pourraient faire obstacle à leurs activités criminelles. Ces manœuvres n’ont cependant pas empêché des « sanctions » contre un des ténors de cette mafia en attendant des mesures similaires contre les dirigeants congolais du secteur. Si les opérations offshore sont plus difficiles à détecter, il n’en est pas de même pour les opérations locales. L’impunité dont ils jouissent et l’arrogance qui en résulte fait commettre des imprudences qui commencent à être mises en évidence.

La récente mission du FMI ne fait que confirmer la persistance des pratiques douteuses de ces individus. En effet, si on lit le communiqué du FMI, suite à la mission liée à l’article IV des statuts, les familiers de la lecture entre les lignes de ce type de messages auront compris que cette mission a été un désastre. En effet, après six années d’absence du FMI, la fiabilité des chiffres donnés par le gouvernement et l’absence de transparence à propos des contrats miniers et hydrocarbures sont plus nébuleux que jamais alors que le programme précèdent a été interrompu en 2012 pour ces mêmes raisons .

De nombreuses opérations douteuses ont été révélées récemment et viennent compléter le dossier déjà volumineux constitué par les équipes du gouvernement américain. Parmi elles, les avances fiscales de la GCM « soi-disant » versés à la BCC sans passer par les régies financières ainsi que les divergences importantes entre montants déclarés officiellement et ceux déclarés à l’ITIE préjugent de fraudes aussi vastes que celle de la proclamation des résultats de l’ensemble des élections.

Un sage disait: « L’arrogance précède la ruine, l’orgueil précède la chute ». Et l’apôtre Jacques disait: « La foi sans actions est une foi vide ».

 

Par Jean-Marie Lelo Diakese

5 thoughts on “Cupidité et arrogance: marque de fabrique de nos criminels en col blanc

  1. Les détournements des deniers publics sont un problème. Mais il y a plus grand que ce problème-là. C’est la possibilité de détourner en toute impunité. Pourquoi en est-il ainsi dans notre pays ? Que faire pour mettre un terme ou mitiger l’ampleur d’un tel phénomène ? Voilà les questions auxquelles les Congolais doivent impérativement répondre. Car, ne pas y répondre, c’est condamner notre pays au statu quo, en dépit des slogans que nous pouvons inventer à chaque changement de régime ; ce qui ne signifie pas que les dernières élections en aient amorcé un. A chaque grand rendez-vous de notre histoire, nous passons à côté des questions essentielles. Puis nous nous étonnons que rien ne marche en dépit de changement d’homme au sommet de l’Etat. Kibolole na biso ekosila mokolo nini ?

    1. Cher Mayoyo,
      # Encore une fois, comment et surtout POURQUOI le Congo et l’Afrique en sont-ils là, pourquoi malgré les alertes de quelques intellectuels comme vous et comme d’autres dont un Mabika Kalanda au premier lendemain de notre indépendance, « La Remise en question » sur la nécessité d’interroger notre système politique, pourquoi donc nous avançons moins sur cette question ?
      Je me trompe peut-être mais pour moi ce POURQUOI doit nous conduire à un moment fondateur, en quelque sorte, qui permette au pays tout entier de prendre conscience de cet impératif de changement. Ce pourquoi doit nous commander un PROJET GLOBAL qui ne concerne pas que le modèle propre à proposer mais doit s’adresser aussi aux conditions qui expliquent que nous nous préoccupons moins de proposer de changer notre architecture institutionnelle. Où l’on voit qu’un projet complet doit aussi s’adresser aux hommes et femmes qui doivent se convaincre de changer les choses et d’appliquer ces évolutions.
      # Comment de plus ? J’y ai déjà répondu ici à ma façon mais en recherchant sur le site certaines de mes propositions quelque peu exhaustives sur ce sujet, je ne peux les retrouver : les commentaires des anciens sujets ne sont plus accessibles, sans doute pour ne pas trop charger le site, dommage !
      Sinon, cher ami, vous savez bien que ce sujet a été abondamment discuté ici entre nous : ce n’est pas votre modèle ou d’autres qui sont en cause en tant que tels, des modèles qui seraient le seul alpha et oméga pour le changement mais des éléments heureux de tout l’arsenal qui doit nous y amener.
      Ne nous voilons donc pas la face, il nous faut donc du temps pour que les mentalités évoluent vers cette prise de conscience mais ne pouvons-nous pas créer un moment fondateur à partir duquel cette conscience de changement s’imprégnera ? Ce n’est pas l’affaire des seuls penseurs mais de tous les acteurs politiques et sociaux au gré des évènements importants qui marquent notre pays.

  2. Cupidité et Arrogance riment avec Mensonge et Mauvaise foi ! Le mariage FCC-CASH (Udps familiale et UNC) tourne en eau de boudin. Libala ya mawa, milelo na pasi. Ba mariages misusu ezaIaka na yango yaka tovanda mpe tobundaka mpo etongama na lokuta (mensonge, tricherie, fraude) mpe evandisama na ngbende ya mbongo, mosolo, falanga, lomeya (dignero, fric, pognon, oseille, blé, soldi, geld, money). L’Artiste musicien « Mbezu Benz Boziana » ayemba mosolo eloko pamba bolingo eleki. Tshilombo-Pétain akenda libala ya pasi. Akokende mbeka pamba. Il a fui les micros d’écoute du Mossad au Camp Tshatshi en allant habiter à la N’Sele pour se rapprocher de Kingakati à ses risques et périls. Kobeta eleki ndelo. Rochereau chanta Kaful Mayay https://t.co/ToF8ocwUbD Nyoso akosala ezali mabe, biloko akolia ezali kokita te, na bomo (bobangi) ba Tutsi Power baya koboma ye. En bon roi de l’esquive, il (Félix Antoine Tshisekedi Tshiiombo président protocolaire militairement nommé par l’imposteur alias Kabila) s’envole pour le Gabon alors que sa Base fanatisée de Limete Pétunias se rebelle contre le FCC ses beaux parents et Kabund-Degrelle, l’homme de paille, la personne de contact du Deal mafieux d’alternance conclu à Kingakati… Franco de Mi Amor chanta (Mbanda akoti kikumbi « Na mokili tour à tour lelo ya yo lobi ya moninga ») https://youtu.be/vjHiACd8Qaw
    Si sous d’autres cieux, la criminalité politico-économique, le délit d’initié, le conflit d’intérêt, l’usage de faux, le faux en écriture, les détournements de fonds publics par les acteurs politiques mettent fin à leur carrière politique, au KONGO occupé par la fratrie des imposteurs usurpateurs Kanambe (Hippolyte de Kingakati, Jeanette de Kigali et Zoé de Tanganyika), toutes ses infractions pénales citées ci-haut renforcent, confortent, solidifient la réputation des voleurs, escrocs, criminels en col blanc qui gouvernent la RDC (Rép Démocrature du Congo-Kinshasa)… Pasi na mawa…
    Ainsi nulle créature ne peut se moquer du Véritable Dieu Tout-Puissant Redoutable que personne n’a vu face à face, qui vit inexplicablement hors de toute réalité, qui n’est pas un homme pour mentir ni un fils de l’homme pour se repentir, ainsi tout Kongolais qui soutient l’actuelle farce politico-démocratique qui se joue au Kongo est maudit de génération en génération car Tshilombo-Pétain et alias Kabila ont signé un « Pacte de sang » satano-occulte-nécromancien qui agit sous forme de « Mécanisme vibratoire » qui envoûte, ensorcelle, embrigade, manipule, détruit ses supporters. Tout celui qui cautionne cette alliance diabolique y participe forcément, ce qu’un homme aura semé, il le moissonnera certainement au centuple, c’est la loi divine inviolable, immuable…
    Les politiciens Kongolais corrompus toutes tendances confondues au pouvoir ou dans l’opposition factice accompagnatrice des Nomades Occupants Tutsi Power font de la politique pour s’enrichir, ils confondent les portefeuilles de l’État avec leur porte-monnaie… Triste et pathétique…
    [« Le juste marche dans son intégrité; Heureux ses enfants après lui ! Proverbes 20 : 7 et « L’intégrité des hommes droits les dirige, mais les détours des perfides causent leur ruine. »]… Ainsi soit-il .. Ingeta

    1. Ndeko Combattant Résistant de l’Ombre,
      # Onyati : « …Le mariage FCC-CASH (Udps familiale et UNC) tourne en eau de boudin…. ». Malheureusement c’est plus grave, c’est tout le pays qui en pâtit lourdement. ‘JK’ et son FCC, les vrais gagnants dans cette union contre nature se trouvent maintenant en « pays conquis » jusqu’à commettre cette imposture inacceptable que tout le pays et même toute la terre doivent condamner : l’invalidation illégale par la corrompue CC des députés de l’opposition au profit de ceux de son camp. A-t-elle cette fois recompté des voix dont jamais la Ceni ne lui a donné les PV des différents bureaux de vote ?
      L’opposition et tout le pays doivent se lever pour arrêter cette prise en otage du pays jusqu’à un soulèvement populaire massif si besoin.
      Déjà les élus de l’opposition seraient mieux avisés de quitter réellement le Parlement…
      # Leur plan diabolique est clair, on l’a déjà pressenti avec ses élus FCC qui se sont mis à dénigrer publiquement à l’AN les ordonnances « inconscientes » du PR et leurs collègues du CACH de s’en offusquer, leurs sympathisants (UDPS) ont aussi manifesté bruyamment : on ne peut s’attaquer ainsi à « leur » PR.
      On sait d’ailleurs que la méchante motion du FCC contre Tshisekedi s’attaquait non pas tant à une entorse à la Constitution mais à l’intrusion des proches de Tshisekedi récemment nommés à la tête de la Gécamines et Kyungu installé comme PCA à la tête de la SNCC en remplacement d’Ilunga actuel PM. Le porte-parole du PR, Kasongo Mwema y est même allé franco en riposte frontale en mettant en cause la gestion de la Gécamines par Yuma, se croyant en droit de réagir, les ordonnances de son Patron ayant ainsi été chahutées. Ailleurs c’est Katumbi qui est interdit de fouler tout autre sol national en dehors de Lubumbashi. A qui profite ce forfait, que fait son « frère » Tshisekedi ?
      # Qui peut encore douter que c’est ‘JK’ qui reste le maître du jeu en face d’un PR protocolaire, il entend vider la représentation nationale de l’opposition dans les institutions : si Tshisekedi et les siens peinent à comprendre qu’à travers toutes ces mesures, même si l’Udps n’y a pas été inquiétée, ils sont aussi la cible de ‘JK’, il sont lourdement coupables d’une ignorance crasse.
      Tshisekedi va à Kingakati discuter avec son prédécesseur et revient tout guilleret espérant avoir réglé quelque chose alors que la réalité est que le partenaire gourmand et malicieux qu’il s’est donné pour être à son son poste montre plus que jamais qu’il est le vrai chef du pays. Le comble de l’humiliation c’est le SG ai de l’Udps devenu entre-temps VP à l’Assemblée qui se plaint sans honte qu’il a été mis à l’écart lorsque s’est décidée la fumeuse motion contre Tshisekedi.
      Comment peut-on laisser faire plus qu’une provocation un tel « assassinat » de la démocratie naissante, de ce début d’alternance, la loi de la jungle en plein, ‘JK’ et son FCC les plus forts;
      # A nos armes, Compatriotes, sans plus attendre nous devons bouter dehors cette oligarchie qui veut se maintenir à tout prix à la tête du pays pour ses seuls intérêts !!!

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