Déboulonner le système dictatorial: paroles creuses sans effet ?

Tongele N. Tongele
Tongele N. Tongele

« … Et je le dis sans peur: je suis là pour déboulonner le système dictatorial qui était en place; parce qu’il est temps que notre pays, la République Démocratique du Congo, rentre dans une ère démocratique, dans une ère nouvelle qui va le propulser ver l’avant; et nous en avons les potentialités… » (Felix Antoine Tshisekedi Tshilombo, séjour aux USA)

« … Ya solo nalobaki que nakodeboulonner système dictatorial oyo to combataki na pays. Mais, eh, nazo’kamwa: système ezali moto te; système ezali ba méthode, ba méthode oyo ebomaki mboka na biso. Ba méthode wana ezali lokola corruption; ba méthode wana ezali lokola violence, ba arrestation arbitraire, ba violation ya ba droit de l’homme: moto aza, alobi opinion na ye, mpo esepelisi bakonzi te, bakangi ye, voire babomi ye; moto asengi, a informer que akosala marche, marche pe pacifique amemi mandoki na maboko te, babeti ye masasi akufi. Ba cas eza ebele na mboka na biso. Nde biloko oyo nalobaki système wana, oyo ekota, euta AFDL tiiii kino lelo, en fait kino na Decembre 2018, système wana nakodeboulonner yango… » (Felix Antoine Tshisekedi Tshilombo, Kinshasa, retour des USA). [Traduction: « …il est vrai j’avais dit que je vais déboulonner le système dictatorial que nous avons combattu au pays. Mais, eh bien, je m’étonne: système n’est pas une personne; systèmes ce sont des méthodes, des méthodes qui ont ruiné notre pays. Ces méthodes sont comme par exemple corruption, ces méthodes sont comme par exemple violence, des arrestations arbitraires, des violations des droits de l’homme: quelqu’un a, (quelqu’un) dit son opinion, parce que ça n’a pas plu aux autorités, on l’arrête, voire on le tue; quelqu’un demande l’autorisation, informe qu’il va faire une marche, une marche pacifique pendant qu’il n’a même pas des armes en mains, on tire à coup de balle sur lui et il meurt. Il y a beaucoup de ces cas dans notre pays. Ce sont là ce que j’ai dit (qualifié de) système, qui était entré (dans le pays), qui était apporté par l’AFDL (et qui règne) jusqu’aujourd’hui, en fait, jusque Décembre 2018; c’est ce système que je vais déboulonner… »]

Jeunes filles et jeunes garçons Congolais, populations des villages, villes et cités de la RDC, hormis les controverses autour de l’élection présidentielle du 30 Décembre 2018 en RDC, c’est important de faire attention à cette déclaration du nouveau président de la RDC, et aux origines des réactions contraires à cette déclaration. Le système et les maux décris par le nouveau président de la RDC ont justement ruiné la RDC et ses populations pendant des décennies. Les abus, les assassinats, les violences, les arrestations arbitraires, la peur, la pauvreté, la misère, les saletés, la confusion, le chaos, la domination étrangère, etc… ont fait des Congolais des êtres les plus démunis de la terre pendant que la RDC regorge des ressources et richesses énormes et immensément variées. Ces ressources et richesses sont pillées par les malfaiteurs dirigeants mercenaires médiocres et sataniques sans cœurs et sans âmes qui ont usurpé le pouvoir en RDC pendant les dernières décennies.

La RDC est-ce qu’elle est aussi à cause des déclarations excellentes et des bonnes intentions qui sont restées sans effet. Le nouveau président de la RDC doit, maintenant même, avec force et vigueur, concrétiser ses paroles, traduire ses paroles en actions afin de déboulonner réellement les maux qu’il a décrits. De telles actions concrètes de déboulonnement seront supportées par le peuple Congolais à travers villages, villes et cités de la RDC. Autrement, les paroles du nouveau président ressembleront à l’aboiement d’un chien pendant que la caravane passe sans s’inquiéter de rien du tout. Mais la caravane en RDC a déjà négativement réagi aux déclarations du nouveau président comme si elle s’est sentie attaquée. Est-ce que le nouveau président passera-t-il immédiatement aux actes concrets de déboulonnement? En est-il capable?

Concrètement, le nouveau président peut déjà, dès maintenant même, commencer à faire appliquer ses paroles à travers des exemples suivants (ses conseillers peuvent y ajouter d’autres voies et moyens pour traduire ses paroles en réalité vivante) :

  1. Les nombreux conseillers du nouveau président peuvent dès maintenant même, et chaque jour, visiter des villages, villes et cités de la RDC, pour répéter aux populations ces paroles du nouveau président afin de faire savoir aux populations que le nouveau président a démarré une ère nouvelle. Les conseillers du nouveau président doivent et devront ainsi chaque jour tenir des meetings et des rassemblements populaires dans des villages, villes et cités de la RDC pour répéter aux populations ces paroles du nouveau président afin de les rassurer que le nouveau président n’est pas la continuité de son prédécesseur. Ces visites, meetings et rassemblements populaires auront un effet important de mobiliser, stimuler et encourager les populations à sortir de la passivité, afin de lutter avec le nouveau président pour un changement radical et une rupture totale avec le système dictatorial de l’autorité immorale et ses médiocres collaborateurs. Question: comment les conseillers du nouveau président vont faire ces voyages chaque jour dans des villages, villes et cités de la RDC? Réponse: Ils doivent faire usage des multiples hélicoptères que la CENI avait achetés pour le service électoral; maintenant que les élections sont presque finies, ces hélicoptères naturellement chôment et doivent être mis à bon usage.
  2. Les conseillers du nouveau président doivent déjà maintenant même traduire ces paroles du nouveau président en ébauche de loi pour soumettre au parlement qui doit parfaire cela en loi(s) applicable(s) sur toute l’étendue de la RDC. Le parlement est déjà là, il n’y a rien à attendre pour élaborer et passer des nouvelles lois.
  3. Les conseillers du nouveau président doivent aussi, en attendant que le parlement finalise et vote sur la loi, les conseillers peuvent déjà traduire ces paroles et intentions du nouveau président en décrets/ordonnances autorisés par la Constitution, afin que déjà les institutions nationales existantes commencent immédiatement à mettre en pratique ces paroles et intentions du nouveau président de la RDC de déboulonner le système dictatorial en place depuis des décennies.

Conclusion: les déclarations, les paroles, et les intentions du nouveau président, excellentes soient-elles, ne suffisent pas en elles seules pour commencer à déboulonner le système dictatorial établi en RDC. En attendant la formation du gouvernement, le nouveau président et ses conseillers doivent déjà travailler avec le législatif et les institutions nationales en place pour commencer immédiatement à déboulonner le système satanique établi en RDC. Il faut des actions concrètes, à titre des exemples mentionnés ci-dessus, pour stimuler et mobiliser les populations de la RDC à se lever contre les agents de corruption, d’abus, des violences, d’oppression et d’injustice dans leurs villages, villes et cités. Le peuple de la RDC a vaincu le système dictatorial et satanique aux urnes le 30 Décembre 2018, mais la corruption aujourd’hui dénoncée a remis le pouvoir entre les mains des dictateurs sataniques que le peuple peut bel et bien vaincre de nouveau. Cette fois-ci, le nouveau président de la RDC, ses conseillers et son parti politique doivent prendre le devant pour mobilier, motiver et stimuler le peuple Congolais au soulèvement populaire contre l’autorité immorale et son système dictatorial et satanique.

 

Par Tongele N. Tongele, Ph.D. -Docteur en génie mécanique et professeur d’université aux USA – tongele@cua.edu

12 thoughts on “Déboulonner le système dictatorial: paroles creuses sans effet ?

  1. Le président de la République démocratique du Congo du Congo dispose d’une arme fatale: la signature. En d’autres mots, le pouvoir de nomination et de révocation. Et ceci, dans le cadre fixé par la législation congolaise. Il existe en Rdc des « baronnies » installées et puissantes, dans le civile comme dans l’armée. Tout ce beau monde est dans l’expectative, ne sachant à quelle sauce il sera bouffé, demain. Malgré le bouclier de l' »Autorité morale » au pouvoir palissant au jour le jour. Au lieu d’une approche – du reste dépassée – de préparation d’un soulèvement populaire pour soutenir (?) Fatshi le Bula Matari, Tongele devrait utiliser ses algorithmes pour déceler les forces et les défauts de la cuirasse kabiliste pour affaiblir et réduire ses capacités de nuisance. Le temps d’envoyer les pauvres Kongomani à la casse pipe est derrière nous.Vladmir Poutine, en bon judoka, a su et sait parfaitement se servir des forces et faiblesses des adversaires. C’est le nouveau Tsar de la Russie. En version du XXIème siècle.

  2. ✓ Comment déboulonner concrètement le système dictatorial et que les bons propos de notre nouveau PR ne restent pas des paroles creuses sans effet ?
    Selon Prof Tongele d’ores et déjà :
    1. Sensibiliser systématiquement à travers tout le pays les populations en les informant de la volonté de changement du Président afin de « les mobiliser, les stimuler et les encourager à sortir de la passivité et lutter ainsi avec le nouveau président pour cette rupture ».
    2. « Traduire les paroles du nouveau président en ébauches de lois à soumettre au parlement ».
    3. « En attendant traduire certaines de ces paroles et intentions en décrets/ordonnances afin que déjà les institutions nationales existantes commencent immédiatement à les mettre en pratique ».
    ✓ Il manque peut-être ici les précisions sur le contenu concret de mesures à prendre mais c’est le travail des conseillers et collaborateurs du PR et après l’équipe gouvernementale.
    Mais il est certain que sensibiliser, conscientiser et mobiliser les populations à « se lever contre les auteurs de corruption, d’abus, des violences, d’oppression et d’injustice » partout dans le pays peut faire évoluer dans le bon sens nos mentalités. Et pourquoi pas, comme le suggère Prof Tongele, ainsi provoquer ce fameux « soulèvement populaire » qui aurait davantage le potentiel de déboulonner le système dictatorial que représente l’ancien regime.
    ✓ Au final je suis d’avis que si toute cette stratégie peut paraître potache parce que nous ne sommes pas habitués à travailler méthodiquement, n’empêche une stratégie qui peut payer si on s’en donne les moyens. Et pour réussir nous avons plus que besoin des méthodes à mettre en pratique scrupuleusement.

  3. SUN TZU L´ART DE LA GUERRE
    ..Qui connaît l´autre est avisé
    Qui se connaît est pénétrant
    …Qui triomphe des autres est fort
    Qui triomphe de lui- même est puissant
    Quand vous lisez l´Art de la Guerre, vous allez decouvrir l importance d´avoir des alliés puissants et mieux de défaire les alliances de l´adversaire.
    Felix a consacré plus de temps pendant 3 mois á mettre en pratique cette philosophie de Sun Tzu en allant prendre langue avec les « alliés » de Kabila á l´exterieur du pays.
    Maintenant que Felix semble posseder une « alliance » avec les USA, nous devons avoir un peu de patience pour voir les effets de cette alliance.
    … Qui ne perd pas sa place, perdurera
    Dans la diaspora congolaise il ya ce virus d´Apareco qui continue á infuencer nos comprehensions et nos perceptions negativement.
    Felix est entrain de tenter d´éviter une confrontattion frontale..et va certainement « contourner » Kabila et son gang.. Cette approche sera qualifiée de « traitrise » ou de faiblesse. Mais le plus important est de rester vivant le plus longtemps possible afin de changer les choses
    AFRICOM
    https://7sur7.cd/cooperation-voici-les-6-mesures-prises-par-les-usa-pour-renforcer-les-liens-avec-la-rdc/
    Si vous prenez le temps d´analyser cette information, vous allez decouvrir comment Felix dont certains d´entre nous se moquent en disant que sa visite aux USA était sans impact parce qu´il n´a pas été á la Maison Blanche… Et pourtant, Felix a eu l´occasion de parler avec le Sécretaire d´État, a été au Pentagone, a eu un entretient avec le conseiller national de sécurité John Bolton.. La ceremonie en Virginie indique aussi une visite discrete au siège de la CIA situé á Langley.
    Felix a besoin d´un allié puissant avant tout, Le choix des USA á la place de la SADC ou l´Union Européenne démontre une certaine capacité d´évaluation fiable.
    La Chine est la plus grande menace pour les USA au Congo. Quand Felix fait venir AFRICOM et compte privileger les entreprises US dans les mines du Congo sans oublier le projet Inga, America is back in Congo.
    Sans une puissante alliance, il est impossible de « debouloner » la dictature au Congo. Il suffit pas de lancer la « base » dans des manifestations dans la rue. Il faut aussi posseder une puissance de feu capable de non seulement vous maintenir en vie, mais aussi de dissuarder les adversaires quand vous lancez les réformes.

  4. @Tongele,
    Rappelez-moi vous êtes docteur et professeur, c’est ça ?
    Je ne suis pas sûr de comprendre le contenu de votre papier.
    A un certain niveau, on attend autre chose de l’élite congolaise que des incantations.
    Pour vous, il suffirait d’envoyer les conseillers du président visiter l’arrière pays en empruntant les hélicoptères que Nangaa n’a pas achetés pour que le déboulonnage fonctionne.
    Mobiliser le peuple, préparer les lois sans majorité… constituent selon vous la solution miracle !!!
    Pour info, C’est le gouvernement qui présente les textes de loi au parlement. Quant au peuple dites nous de quel peuple parlez-vous? Des 4,5 millions déplacés vivant dans la cambrousse sans assistance et qui n’ont pas droit à un mot de consolation de la part de Tshilombo ? De ceux qui sont massacrés à Béni, Butembo, Yumbi, Ituri… sans réaction de la part du nouveau président ? De ceux qui sont contraint de subir les violences des mbororo sans intervention de l’état ? De ceux qui sont refoulés de Brazzaville et d’Angola dans l’indifférence générale ?
    Le peuple s’est mobilisé pour aller voter et dire NON au génocidaire rwandais surnommé Kabila et son système.
    Le nouveau PR ne fait-il pas partie de ceux qui n’ont pas voulu écouter les urnes? En faisant du surnommé Kabila un partenaire jouissant de l’impunité totale, en signant un accord de cogestion du pays avec le fcc quel signal lance-t-il au peuple ?
    Quand on est incapable d’arrêter Gédéon, de déterrer les fosses communes, d’apporter assistance aux refoulés, de mobiliser l’armée pour que les déplacés rentrent chez eux… bahhh … on se tait.
    On ne peut pas transformer des assassins et voleurs en partenaires et en même temps demander la mobilisation du peuple.

  5. Ndeko Muana ya molimo lopango,

    Vous l’aurez compris : j’ai un jugement moins factuel sur les propositions du Prof Tongele, d’ailleurs ici comme dans ses habituels autres avis.
    Je les qualifiais de potaches, c’est dire que je les prends toujours comme un devoir d’élève qui ne disserterait que dans l’absolu, formellement. Il fait ainsi souvent fi des conjonctures mais il n’en dispense pas moins une méthodologie pratique qui pourrait servir en temps de paix.
    Il n’y a pas encore de paix chez nous, me direz-vous mais qui vous dit que des propositions comme celles de sensibiliser et mobiliser les populations qu’il prodigue ici ne peuvent pas nous amener à la laborieuse construction de cette paix. Si à tout hasard, Tshisekedi qui se trouve réellement bloqué pour déboulonner le système dictatorial les utilisait qui vous dit que cela ne l’aiderait pas à débloquer la situation ?
    Voilà pourquoi je trouve que sa méthode didactique de prodiguer des conseils dans la gestion difficile du pays si elle reste quelque peu théorique n’en n’est pas moins pratique. Dans nos difficultés nous n’avons pas besoin que des mesures radicales qui jusque-là ont difficile à être appliquées, une méthodologie qui fait appel à des mesures structurelles pour la population et la classe politique peut nous donner des solutions.
    J’ai sans doute du mal à expliquer pourquoi je ne suis pas contre son approche didactique même si aujourd’hui elle reste encore largement inapplicable.

    1. Ndeko Nono,
      Je vais vous raconter quelques anecdotes et j’espère que vous allez comprendre où je veux en venir.
      1** un jour, à peine arrivé aux usa, je reçois un coup de fil de mama leki. Cette tante a une particularité: elle n’appelle que pour des vraies urgences.
      Je décroche et elle m’explique en panique qu’elle a un gros problème. Muzito a décidé d’introduire la notion de la TVA en RDC. Tout Va Augmenter, c’est ce que tout le monde racontait au marché. Comme c’est ma tata chérie et qu’elle n’embête généralement personne, j’ai ravitaillé son kinkita pour compenser la TVA de Muzito.
      Ainsi, Personne n’avait jugé utile et n’ava Été capable d’expliquer l’impact de la TVA à nos populations. Qui peut sérieusement penser qu’en l’état actuel des choses, on peut facilement expliquer et faire assimiler les jeux et les enjeux de la lutte de pouvoir et de la libération de la RDC à nos populations pour un hypothétique soulèvement populaire ?
      2** après les élections présidentielles de 2011, j’ai appelé une autre de mes tantes pour avoir de ses nouvelles. Dans la conversation, je lui demande «  ah mama leki ovotaki nani? Réponse: ahhh pasteur alobaki to voter kaka kabila po atia ba bus. Biso awa transport pasi vraiment. »
      Je ne sais pas si tout le monde est au courant de la chosification des congolais. L’éducation de masse prendra des années et des années, coûtera très cher et aura pour objectif le changement de mentalité (les mauvaises habitudes de notre époque) et non le déboulonnage de la kabilie.
      3** Quand je faisais mon MBA aux usa, j’ai eu un prof qui ne cessait de dire que tout n’est que rapport de force. Et pour prétendre gagner, il faut comprendre le fonctionnement de l’autre. Il faut analyser ses forces et faiblesses, monter des stratégies…
      Il nous disait ne pas comprendre l’absence des centres d’études stratégiques en Afrique.
      Félix ne manque de leviers pour agir. Je vais donner des pistes concrets sur un autre post. Pour moi, ce que propose Tongele n’a pas de sens. La rue ne gouverne pas. Recourir au peuple veut dire s’inscrire dans la logique de l’affrontement, de la révolution… Dans ce cas, il faut vraiment être du côté du peuple et qu’on en finisse « once for all ». On ne peut pas envoyer les congolais mourir en ayant un deal avec les assassins sous le manteau.

  6. Ndeko Muana ya mokolo lopango,
    ✓ A moins que je l’ai mal lu, je ne crois pas que les propositions de Tongele avaient pour but principal l’avènement du fameux soulèvement populaire dont beaucoup parlent mais dont personne ne sait nous dire comment concrètement l’atteindre.
    Elles répondaient au défi ambigu que Tshisekedi a proclamé, le déboulonnement du système dictatorial, comment peut-on y arriver : « déboulonner le système dictatorial, mode d’emploi selon Tongele ».
    Selon lui par la sensibilisation et la mobilisation de la population pour que celle-ci devienne un agent actif à côté du président dans cette entreprise. Ce n’est pas un match insensé ni perdu d’avance.
    ✓ Sinon, ce n’est pas à moi qui suis convaincu que le changement que nous attendons passe par une evolution de nos mentalités qui prendra du temps que vous reprocheriez que le peu de réussite pourrions-nous obtenir aujourd’hui n’est qu’une étape de cette longue marche.
    C’est dire aussi qu’il n’y a pas qu’un chemin, il n’y a pas que des mesures radicales ou ideales pour faire avancer le pays. Tout peut faire nombre, chaque pas peut compter.
    ✓ Je doute de la capacité de Tshisekedi à comprendre les enjeux essentiels d’une politique bénéfique au pays, beaucoup de bons sentiments dans un amas d’amateurisme et d’opportunisme. Mais pourquoi Prof Tongele ne lui prodiguerait pas des conseils de prendre à ses côtés le peuple à témoin et comme arbitre dans sa bataille contre ceux qui l’empecheraient de prendre souverainement des mesures en vue du changement.
    A lui de s’en donner les outils et pourquoi pas assumer une rupture ouverte avec son partenaire actuel quitte à provoquer un blocage des institutions jusqu’à de nouvelles élections. Si entre-temps il aura convaincu non pas sur des contenus techniques mais sur un motif clair de sa brouille : je veux changer telle disposition pour la meilleure marche du pays, le peuple se rangera derrière lui.
    ✓ Les propositions de Tongele ont certes le tort de ne pas vraiment prendre en compte les conjonctures mais ils ont l’avantage dictatique de proposer un modus operandi politique qui par exemple ici a comme outil le peuple.
    Je les appelle volontiers potaches et même simplistes, n’empêche que plus que des mesures idéales radicales que nous ne pouvons mettre en œuvre, elles peuvent patiemment changer structurellement nos modes de fonctionnement habituel et sauver plus vite ce que nous pouvons.

    1. Ndeko Nono,
      Nous avons compris la même chose. Selon Tongele pour déboulonner la kabilie il faut mobiliser et sensibiliser la population pour en faire un agent actif et d’appui au nouveau PR.
      Je dis simplement et je maintiens que cette population chosifiée attend dans l’immédiat autre chose que les conseillers du président débarquant en hélicoptère pour les meetings de mobilisation et sensibilisation. Je ne refuse pas une première étape dans le projet long et fastidieux de changement de mentalité, je dis simplement que l’action doit être planifiée et priorisée. Pour moi, Ce n’est pas par là qu’il faut commencer et ce n’est pas la bonne clé pour déboulonner.
      Je vais revenir avec des propositions, je suis un peu trop pris.
      Les déplacés attendent de rentrer chez eux, les victimes attendent la justice, les affamés veulent mettre quelque chose sous la dent, les terrorisés de Beni, Yumbi… veulent la sécurité… aussi, le nouveau PR n’est pas victime mais acteur et partenaire du FCC, c’est lui-même qui l’affirme.
      La sensibilisation de la population en France concernant le nombre des tués sur la route a mis plus de 20 ans pour faire passer le chiffre 8500 morts par an à moins de 4 mille. Avec les pasteurs et les binzambi zambi, il faut multiplier le délai par 5.
      Au demeurant, Qui conçoit les TGV, les centrales nucléaires, les avions, les high-tech… en France, Allemagne, UK, USA… ? La puissance d’un état, les réformes à engager… c’est avant tout l’œuvre de la minorité organisée et agissante qui s’appelle L’ÉLITE.
      Quand dans un pays l’élite demande à la population de se prendre en charge ou de se mobiliser pour aider le président à déboulonner un système mafieux… au lieu de concevoir un système de gouvernance et de mettre en place les réformes nécessaires… cela veut dire que l’élite est sans boussole.
      Malheur au peuple qui a une élite sans boussole car il sera violé, massacré, pillé, maltraité, réfugié et esclave dans son propre pays.

      1. Ndeko Muana ya mokolo lopango,
        ✓ Je vais tenter d’élargir ma réponse non pas pour denier vos propos qu’au contraire j’approuve globalement mais pour justifier qu’il n’y a pas une réponse monolithique et préétablie classiquement devant la situation quelque peu originale de notre pays.
        Une voie parallèle non pas tant pour justifier tout ce que proposent les commentateurs et font les politiques mais pour tenter d’expliquer que notre pays vit des expériences si pas inédites – l’histoire repasse toujours ses plats – au moins originales qui ne peuvent pas être rejetées parce qu’elles existent ni non plus être données à l’avance sans lendemain.
        Je vois notre pays comme un malade et ose lui appliquer une technique de soins qui fut celle de la psychanalyse à son avènement (rien de savant, rassurez-vous, je connais à peine la psychanalyse). Face à certains malades, Freud et ses adeptes impuissants à les comprendre et à les soulager avec les théories et les thérapeutiques psychiatriques classiques en inventerent des nouvelles.
        Mais pas la peine d’aller chercher si loin, plus généralement il est plus intelligent de ne pas trop s’encombrer de schémas préétablis pour solutionner des problématiques complexes.
        ✓ Sinon, vous savez comme moi qu’il y a encore cinq siècles, ce qui n’est pas beaucoup dans l’échelle de l’histoire de l’humanité, l’essentiel du territoire Congolais actuel était ce qu’on appelait une TERRA INCOGNITA pour le monde civilisé d’alors. Il l’est moins aujourd’hui géographiquement surtout que depuis quelque temps Google Maps tente de cartographier toute la terre. Mais politiquement le Congo (l’Afrique) reste encore un pays ou un continent qui ne donne pas toujours à lire ce qu’il se passe et surtout à prévoir où les péripéties politiciennes mêlées aux soubresauts vacillants des populations nous mènent.
        Dans notre cas, c’est possible qu’il ne
        faut commencer par la sensibilisation de la population de Tongele pour « déboulonner » mais nous cristalliser sur ce constat suffira-t-il pour autant à nous sortir de notre nouvelle « terra incognita » ?
        ✓ Quand Prof Tongele propose au PR de prendre le peuple à témoin, comme arbitre et acteur pour déboulonner le système dictatorial, vous lui rétorquez que c’est une démission coupable des politiques que de demander au peuple de se prendre en charge. Mais que faites-vous de sa fonction constitutionnelle de souverain primaire manifeste dans l’élection et qu’il venait récemment d’exercer triomphalement.
        Certes ici les opportunités et les objectifs des politiques ne sont pas les meilleurs mais il n’en reste pas moins qu’en démocratie, politiques et peuple ont un rôle et ce dernier se doit de jouer le sien à chaque fois qu’il le peut.
        Ailleurs quand Tshisekedi récupère par fraude avec son partenaire le fauteuil du PR et tente aujourd’hui tant bien que mal de s’en émanciper pour exercer pleinement ses prérogatives, nous pouvons à raison dire que le problème ne peut être résolu par ceux qui l’ont créé, le FCC avec lequel il a décidé de cogerer le payst mais en même temps nous ne pouvons non plus écarter totalement que Tshisekedi ne soit pas aujourd’hui animé de la volonté de changer et qu’il n’a aucune capacité de le réussir.
        ✓ Tenez pour preuve : Tshisekedi a fait la promesse ferme d’apporter la paix et la stabilité à l’Est en insécurité chronique dépuis deux décennies. A Beni les habitants l’ont boudé parce qu’ils l’accusaient de s’allier à un régime coupable de trahison et ainsi d’avoir pérenniser leu malheur. Mais sentant aujourd’hui sa volonté sincère avec l’annonce des mesures concrètes dans le bon sens, permuter les commandants et relever les troupes qui y ont servi depuis longtemps et donc ont pour le moins pris de mauvaises habitudes, ils se remettent à croire en lui.
        Tshisekedi matérialisera-t-il jusqu’au bout ou plus important a-t-il les moyens de le faire ? Nous pouvons juste répondre qu’une détermination ferme peut lui donner des ressources à aller plus loin.
        ✓Bref mon propos veut dire que nous devons rester attentifs à ce qu’il se passe réellement à tous les niveaux chez nous car si ce n’est pas toujours le schéma idéal et classique, rien ne dit que ça ne peut pas non plus résoudre certains de nos problèmes.
        Nous ne pouvons pas non plus rejeter en bloc les propositions qui ne semblent pas avoir de portée immédiate.
        Bien prétentieux sinon imprudent celui qui, à ce stade, peut prédire tout ce que nous réserve l’avenir.
        Acceptons ainsi que la situation complexe devant nous peut excéder le champ de nos connaissances et usages habituels, dans ce cas elle ouvre la voie à d’autres challenges et appelle des solutions inédites peut-être déjà à l’œuvre.
        Prendre effectivement le contrôle de notre destin nous obligera à des remises en question de nos schémas habituels de diagnostic et de traitement.
        Je disais aller plus loin au-delà ou avec Tongele pour une nouvelle approche d’autant que nous faisons tous partie à un niveau ou un autre de cette élite que vous dites sans boussole, réinventer tout de notre pays, ses grilles de lecture avec pour concevoir ce système de gouvernance adapté et mettre en place les réformes nécessaires ?
        Sinon j’attends les propositions que vous avez promis de formuler à cette occasion, ndeko Muana ya mokolo lopango.

  7. Chers Compatriotes,
    Encore un sujet qui peut bien faire soulever des polémiques. Une chose est que nous ne faisons en ligne que des spéculations. Aucun écrit en ligne n’a jamais résolu un quelconque problème social au Congo. Actons et voyons où nous allons, mais engageons-nous pour ne pas être surpris et pour pouvoir agir efficacement. Un jour j’ai demandé à une personnalité d’un parti politique congolais les noms des membres de leur cellule stratégique et tactique. Je n’ai pas eu de réponse parce qu’il n’y en avait pas. Donc, la cellule n’existait pas. Là où le président est, il est au courant de plusieurs situations que nous ne savons pas. Mais le problème est que les Congolais ne semblent pas être déterminés en tant qu’être collectif à agir pour leur intérêt commun. Jusque là, ce que l’on peut constater est que les élections et les choix des mandataires du peuple ne se font pas sur base des projets de société, mais sur base d’affinité. Or sur cette base, l’on ne peut prétendre choisir pour l’intérêt suprême de la nation. A nous de nous engager pour le changement progressif des mentalités. Que Dieu nous vienne en aide.

  8. C’est comme si après l’armistice tronquée de 1940, on avait demandé au Maréchal Pétain d’encourager le recrutement des résistants.

    1. @Jo Bongos,
      Je souscris !!!!
      En effet, qui va le laisser mobiliser et préparer la population à la résistance, certainement pas ceux qui l’ont fait roi. Comme l’a dit JM Mabiti, le temps d’envoyer les pauvres kongomani au casse pipe est révolu.

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