Effet domino: le peuple congolais appelé à œuvrer dans la droiture et l’honnêteté

Mwamba Tshibangu
Mwamba Tshibangu

L’actualité en RDC est dominée par le réveil spontané ou programmé de la magistrature. Les arrestations en cascade, reliées particulièrement au programme présidentiel de 100 jours qui devait marquer le début de son mandat, ont bousculé la conscience collective. Dans l’imaginaire populaire, l’impunité avait créé une catégorie de citoyens « intouchables ». À tort ou à raison, ces derniers se croyaient au-dessus de la loi. Ils se considéraient ultra protégés au point de tout se permettre sans crainte d’enfreindre les règles ou les lois de la République.

Cette perception était tellement ancrée dans la réalité politique que l’on pouvait entendre, dans l’affaire du supposé détournement de 200 millions de dollars par Albert Yuma, Ramazani Shadary, secrétaire permanent du PPRD, ériger un mur de protection, en menaçant de paralyser le pays si on osait toucher leur protégé. C’était tout dire de l’état d’esprit qui prédominait dans la tête de certaines personnes… Cette sortie gravissime dénote la négation totale d’un État de droit. Elle est la manifestation patente et abjecte du règne de la jungle où le plus fort est appelé à dicter sa loi.

Et pourtant, le pays a des institutions qui prétendent incarner l’autorité étatique. Dès lors, s’étonner aujourd’hui des arrestations qui rentrent dans l’exercice ordinaire de la justice, c’est constater le dysfonctionnement systémique qui a entraîné le pays si riche dans la pauvreté. Le peuple congolais est misérable. Il vit, selon l’expression consacrée, par miracle. L’instinct de survie pour les uns et l’esprit d’accaparement frauduleux des deniers publics pour les autres ont impulsé une société sans règle ni morale. Celle-ci a engendré les kuluna, déscolarisés et sans emploi, qui sont contraints au banditisme urbain pour survivre. Ils se disputent la scène aux kuluna en cravate. Ces derniers affichent naturellement une belle apparence. Ils adorent le luxe, les belles voitures et les belles femmes. Ils savent jongler avec la comptabilité et se divertissent en détournant des sommes colossales sans s’en soucier outre mesure. Ils sont champions en corruption et encaissent indûment des rétro-commissions au détriment du trésor public.

Affectées par le syndrome de l’irresponsabilité collective, beaucoup de personnes, pour se disculper, soutiennent en arguant aux autres, « que ce n’est pas toi qui va changer les choses au Congo ». Si personne ne peut le faire, la tâche incombe derechef à l’État. Cependant, il faudra qu’il y ait à la base une volonté politique affirmée. L’ancien régime n’y étant pas parvenu, le nouveau pouvoir devait faire le boulot. C’est dans ce contexte que le programme de 100 jours avait été lancé par Félix Tshisekedi. En dépit de ce qu’on peut en dire aujourd’hui, à la lumière de tous les scandales qui éclaboussent le monde politique et entrepreneurial, ce programme, s’il était bien exécuté, pouvait réellement relancer l’économie du pays et améliorer le social des Congolais.

Mais le dessous des cartes dont les dossiers brûlants sont entre les mains de la magistrature a révélé que le pays avait encore du chemin à parcourir sur le plan de l’affirmation de la conscience patriotique. Il a également révélé des défaillances majeures au niveau de la gestion économique. La légèreté dans l’attribution des marchés et dans la réalisation subséquente des travaux a entaché le succès dudit programme.

L’État de droit n’est pas un slogan et moins encore un échafaudage non enraciné dans la pratique courante. Il est un indicateur de la volonté d’établir la primauté de la justice dans la société. À cet effet, il devrait dicter le comportement de tous; du plus haut magistrat du pays au fermier de Kimbaseke. L’absence de sanctions avait donné libre cours aux jouisseurs et autres kleptocrates, de continuer à alimenter les antivaleurs. Certes, ce n’est pas d’un seul coup magique qu’on pouvait changer la mentalité de ceux qui n’ont jamais subi la rigueur de la loi. De ceux qui confondent la trésorerie publique d’avec des fonds personnels, ou qui assimilent les fonctions politiques aux attributions claniques ou tribales. Toutes ces tares ont engendré le favoritisme et le népotisme contraires aux aptitudes pouvant conduire le pays sur la voie du développement.

Pour toutes ces raisons, il fallait une rupture avec cette façon de concevoir la gestion du pays. Le coup de filet de la magistrature, favorisé peut-être par un concours de circonstances, a soulevé un énorme espoir au pays de Lumumba. Les magistrats ont démontré que personne n’est au-dessus de la loi. La vague des arrestations qui se déferlent parmi ceux qui avaient trempé dans la gestion des fonds alloués aux travaux de 100 jours ne doit pas s’estomper. Elle doit être une occasion à saisir par toute la société congolaise pour se remettre en question et prendre la ferme résolution d’œuvrer dans la droiture et l’honnêteté au service du pays. Comme dans le cas du Covid-19 qui ébranle l’humanité, la situation en RDC et en Afrique ne doit plus être la même après ce coup de filet. Par un effet domino, chaque Congolais occupant un poste de responsabilité devrait souscrire, à l’exemple des magistrats, d’être le levier qui, par effet multiplicateur, suscitera le changement collectif.

 

Par Mwamba Tshibangu

14 thoughts on “Effet domino: le peuple congolais appelé à œuvrer dans la droiture et l’honnêteté

  1. La poursuite des detourneurs des biens ne doit pas se limiter au programme de 100 jours. Elle doit remonter au regne sangland du bandit de Kingakati et tous ses esclaves qui sont devenus subitement des riches. Si Felix et les juges ne touchent pas cette famille politique du fcc ou pprd, ils se moqueront du peuple. Il est temps de convoquer Kanambe et sa famille qui sont rentres miserables au Congo de nous dire comment sont ils devenus des milliardaires. Felix, PUSANA tondima yo na bosooolo.

  2. Cher Mwamba,
    N’allons pas vite en besogne en affirmant que « les magistrats ont démontré que personne n’est au-dessus de la loi ». Jusqu’ici, il ne s’agit que du dossier du programme présidentiel de 100 jours. Les magistrats n’ont pas encore commencé le travail à faire sur les trop longues années Joseph Kabila. Dans le contexte politique actuel, ce dernier est malheureusement au-dessus de la loi. Attendons voir si cela va changer demain.

    1. Cher Mayoyo,
      Je suis bien d’accord avec vous sur cette remarque. Et au fond, nous disons la même chose, car dans la phase qui suit celle que vous avez citée, je formule le souhait que « cette vague ne puisse s’estomper ». Ce que nous devons faire, c’est de saisir plutôt cette opportunité pour appuyer massivement cette démarche de sorte qu’il n’y ait plus de tentative de faire marche arrière. Et qu’il y ait au contraire beaucoup d’autres magistrats qui imitent cet exemple. En se généralisant, beaucoup d’autres personnes tomberont dans le filet.
      Mwamba Tshibangu

    2. Cher Mayoyo,
      En termes d’évaluation concomitante, l’on doit en toute honnêteté indiquer que sous contrainte de temps et prérogatives juridiques dévolues, les magistrats sont en train de démontrer que sous la présidence de Felix Tshisekedi , ils font du bon travail.
      Le mal « chez nous « congolais c’est de ne pas encourager ce début de travail en voulant constamment se projeter sur des évaluations « sophistiques » et « long-termistes ».Pourtant , c’est par des actes au quotidien que l’on construit le long , moyen terme et court terme. Il faut pour cela une posture stratégique prévenant le nihilisme des gains engrangés en démontrant aux « Saints Thomas Congolais » que la roue de l’histoire juridique a commencé à tourner dans le bon sens. De la , puissé-je proposer , votre questionnaire légendaire en ces termes :  » Est-ce le début prometteur de confirmation du fameux postulat de devoir d’ingratitude? »

  3. Quasi magnanimes tous, nous nous retrouvons optimistes à célébrer ‘l’effet domino’ et la persévérance de ce sursaut de la Justice contre les coupables à l’occasion de cette sinistre Affaire Kamerhe et en face de cette non moins inédite pandémie. Le Dieu de nos Ancêtres entendra-t-il enfin nos prières de changement bénéfique pour notre pays ?!?
    Pour mieux répondre à cette interrogation nous ferions mieux de détailler la séquence qui vient de nous amener au frémissement nouveau : des élections générales contestées le 30 décembre 2018, une alternance pacifique le 24 janvier 2019, une longue attente du gouvernement sur fond des résultats électoraux détournés, entre-temps une décision d’un Programme des travaux d’urgence confié à la présidence, un fiasco du Programme avec travaux inachevés, gros soupçons des détournements de fonds et de fautes de gestion, enquêtes judiciaires et arrestation du Dircab du PR pour indices accablants de culpabilité et en face pandémie mortelle à Covid-19 progressive…
    # Plus structurel et plus détaillé c’est une fenêtre qu’il nous faut dans la gestion et le fonctionnement de la nouvelle présidence, quelles erreurs ou fautes y voyons-nous ayant pu motivé ce dérapage et en quoi peuvent-elles nous empêcher de ne plus les refaire et de croire enfin qu’on ne l’y reprendra plus ? Tshisekedi a plus souvent parlé qu’il n’agissait jusqu’à ne pas toujours faire ce qu’il dit, jusqu’à paraître sourd aux critiques. Il s’est toujours déclaré champion de la lutte contre la corruption sans neanmoins la matérialiser en ne promouvant par des vrais moyens une Justice indépendante et contre toute impunité et surtout en s’empêchant pas de se constituer un entourage (familial, administratif, politique…) facilement corrompu et corrupteur. Il a toujours fait preuve d’une mollesse ou une tiédeur à ne pas affronter directement son prédécesseur alors qu’il nous avait assurés qu’il représentait le système dictatorial contre lequel il luttait.
    Bref beaucoup d’amateurisme et d’incohérence entre le dire et le faire proche d’un populisme gâteux et nuisible pour le pays pour aboutir aujourd’hui miraculeusement à cette Affaire Kamerhe en pleine pandémie à Coronavirus qui nous renvoie à une Justice indépendante même contre les hauts d’en haut que nous avions cessé d’attendre. Et tout d’un coup Tshisekedi éclaire son mandat
    d’une lumière inédite ; d’où vient-elle ? De son fond de coeur bon meurtri de voir son collaborateur Kamerhe démolir à vue d’oeil l’image qu’il se faisait d’un service de l’État ou la vue de son mandat qui commençait à aller à vau l’eau pour sauter devant cette bouée de sauvetage d’un Kamerhe qui en faisait trop au point de ne mériter autre chose qu’une bonne instruction ? Et que fera Tshisekedi de sa propre compromission à côté du Dircab dont il est le patron ?
    # À y regarder encore de plus près ce sont en fait aujourd’hui les juges qui sont devenus doublement « les artisans d’avant garde du ‘changement’ que veut imprimer Tshisekedi : quand dans l’affaire du Congrès projeté par Tambwe et Mabunda contrairement à 2019 où elle avait volé au secours de l’ancien regime, la CC lui donne cette fois raison  en estimant sa proclamation de l’état d’urgence sanitaire conforme à la loi, pas de violation comme le chantait Tambwe, ou alors quand Tshisekedi semble se refuser à intervenir dans l’Affaire Kamerhe en laissant jusque-là la Justice travailler indépendamment. Reconnaissons quand même que cette double victoire passive et active de Tshisekedi suggère sa volonté d’un réel et audacieux coup de balai lancé dans l’ancienne fourmilliere judiciaire de notre pays, à la faveur de cette pandémie qui est un autre evenement inédit.
    Mais n’allons pas trop vite en besogne, si la CC a déjoué un premier piège et si pour le moment Tshisekedi tient bon en n’intervenant pas dans le cours de la justice, sa lutte contre la corruption n’en rencontrera pas moins d’autres obstacles fût-ce la popularité de Kamerhe surtout dans l’Est du pays, fût-ce son savoir-faire éprouvé dans son long passé politique à se tirer d’affaires et disons-le qui sait si les intouchables de notre système ne gardent pas encore leur capacite à se défendre, sur le plan judiciaire ou autrement.
    De plus, on ignore toujours la position de l’ex- président dont proches et alliés politiques baignent dans les memes eaux où une Justice décidée n’hesitera pas de plonger. Enfin les États voisins ne sont peut-être tous decides à lacher un Kamerhe avec qui ils ont travaille avec succès dans le passé.
    Heureusement la population approuve majoritairement et avec elle une bonne partie de la societte civile et meme de quelques partis ce debut de ‘grand nettoyage,’ ils ne seraient pas mecontents d’assister en direct au grand deballage des grands d’hier mouillés dans la corruptipn.
    Et last non least c’est Tshisekedi lui-même qui sera donc le grand gagnant s’il quitte definitivement ses velléités de compromission d’hier et s’il maintient le cap de cette page tournée vers l’État de droit avec une Justice indépendante quitte à aider celle-ci à rester dans les clous !!!

  4. Qui a initié l’actuelle vague d’interpellations-arrestations sur l’échec cuisant du Programme de 100 jours? Est-ce FATSHI? Est-ce le ministre FCC de la Justice ou son collègue des Finances? Est-ce le Procureur de la République? Pourquoi ont-ils tant attendu?
    C’est au lendemain des 100 jours que se murmuraient déjà les détournements des fonds alloués à ces projets .Le député provincial de Kinshasa Mike Mukebaye dénonçait ce temps-là les détournements de Kamerhe. Il a eu droit à 7 mois de prison. Si le Procureur s’était saisi du dossier en ce moment-là, on aurait arrêté l’hémorragie. Ets-ce que maintenant l’Etat va récupérer tous les magots?
    Quand on reprochait à FATSHI son silence,ses partisans rétorquaient que c’est à la justice de se saisir du dossier.Maintenant c’est à Félix que revient le mérite.
    Les DirCab avant Félix étaient des hommes des présidents. Ils étaient du même bord politique. Les présidents pouvaient les limoger et les remplacer par d’autres.
    Sous FATSHI, le Dircab VK est un allié politique. Il n’a jamais caché ses ambitions. Il semble que dans le cabinet,80% du personnel sont membres de l’UDPS ou amis de Fatshi. Les 20 % restants sont de l’UNC. Pour le moment,le Procureur de la République décoche ses flèches seulement sur Kamerhe, son entourage familial et politique et ses partenaires en affaires. On a l’impression que le Procureur de la République ne tourne pas son arc à la direction de l’autre partenaire. Est-il toujours blanc comme la noix de coco? La justice est un couteau à deux tranchants. Le procureur ne va pas s’arrêter en si bon chemin.
    Quand on suit ce qui se dit dans les réseaux sociaux… Heureusement,les réseaux sociaux sont comme un fou.On prend pas en considération les propos d’un fou,même s’il dit la vérité.Sinon le Kamerhegate est dossier explosif. A moins que Kamerhe fasse le choix de payer seul, pour lui et pour son allié.Pour l’instant,l’histoire de la chasse n’est racontée par le chasseur. Si le gibier donne sa version…De toutes façons,au Congo,le Président de la République est l’incarnation de Dieu le Père. Dans des pays comme le Brésil,la Corée du Sud ou l’Ile Maurice…

    1. KOLOMABELE
      « Pour le moment,le Procureur de la République décoche ses flèches seulement sur Kamerhe, son entourage familial et politique » :
      Vous étiez où quand Dieudonné Lobo, « ami intime » et coordonnateur administratif des services personnels de Félix Tshisekedi, et deux autres personnes étaient incarcérés ? Nicolas Kazadi, c´est aussi un proche de Kamerhe ? Vous écrivez votre critique le 21 avril; avant cette date, il y a eu plusieurs invitations. Vous n´y avez vu que celles de Kamerhe et de son entourage. Oyo mauvaise foi ou ki anti-tshisekedi ezanga tina ?
      Kamerhe tant critiqué, dont la tête a été reclamée, aujourd´hui il devient curieusement aujourd´hui un pauvre gibier, victime de l´attaque d´un chasseur méchant ! Mawa !
      – « De toutes façons,au Congo,le Président de la République est l’incarnation de Dieu le Père… » : Fuite de la réalité. Un Dieu que l´opposition a traté de tous les noms sans poursuite.
      Essayons d´être honnêtes et affrontons notre réalité et ses défis.

  5. Professeur Mwamba Tshibangu
    Vous tentez de defendre l’indefendable! Vous ecrivez “…il faudra qu’il y ait à la base une volonté politique affirmée. L’ancien régime n’y étant pas parvenu, le nouveau pouvoir devait faire le boulot. C’est dans ce contexte que le programme de 100 jours avait été lancé par Félix Tshisekedi. En dépit de ce qu’on peut en dire aujourd’hui, à la lumière de tous les scandales qui éclaboussent le monde politique et entrepreneurial, ce programme, s’il était bien exécuté, pouvait réellement relancer l’économie du pays et améliorer le social des Congolais.” Vraiment!
    Premiere observation: la loi a ete violee! Apres etre investi par l’assemblee nationale sur base de son programme, le gouvernement, et ce conformement a l’article 91 de ce document reconnu a tort comme “Constitution” de la “Republique democratique” du Congo, non seulement definit et conduit la politique de la Nation mais il en assume aussi la responsabilité. Cependant on a assiste a une mafia organisee au niveau de la presidence de la Republique avec le programme de 100 jours initie, execute, bref gere totalement par Tshilombo via son directeur de cabinet!
    Deuxieme observation: “…ce programme, s’il etait bien execute, pouvait relancer l’economie du pays et ameliorer le social des Congolais.”, pretendez vous! Y a-t-il plus urgent que l’eau potable, l’electricite, la santé, l’education nationale, l’alimentation ou le transport en commun? S’agit il, d’apres vous, d’une “volonte politique” affirmee par un “nouveau pouvoir” issu d’un deal de sortir aussi facilement plus de $ 3,000,000 des caisses de l’Etat pour le mausolee de Tatu Etienne Tshisekedi (une depense privee ou familiale) alors qu’on debourse a peine $1,800,000 pour une population de 80 millions d’habitants pour combattre Coronavirus pandemic! Oyo kindoki te? Toloba, toloba te!
    Troisieme observation: vous ignorez que l’imperium demeure avec “Joseph Kabila” a Kingakati et non a la presidence de la Republique! On ne cede jamais l’imperium! L’imposteur “Joseph Kabila” n’a cede que le bureau de la presidence de la Republique que Felix Tshilombo occupe avec l’illusion du pouvoir. Donc l’arrestation de Vital Kamerhe est une distraction! Sinon, on commencerait par ce qu’a revele depuis plus de deux ans “Panana papers”! Cependant, se prononcant sur l’episode rocambolesque des $15 millions de retrocommision qu’il justifiait comme “coop” au micro d’un journaliste francais, l’annee derniere, non seulement ils ont disparus mais il a promis de ne pas “fouiner” dans le passé! Et d’ailleurs, Albert Yuma, Gedeon Kyungu, etc ne sont toujours pas inquietes! Donc, “Joseph Kabila” a instruit la “justice” pour arreter Vital Kamerhe afin de calmer la base de l’udps qui a deja desavoue ce dernier et que Tshilombo n’oserait virer no matter what!

    1. Mon frère Chryso,
      J’aime vous lire et j’aime aussi vos critiques. C’est en étant critique, je dirais même très critique, qu’on pourrait tenter de dévisser le mal profond qui affecte notre société. Toutefois, je me rends compte que ce n’est pas une tâche aisée. Sincèrement, je ne vois personne qui serait capable d’éradiquer du coup tous les antivaleurs ou encore être capable d’un coup de filet de mettre tous les pilleurs et malfaiteurs en prison. Ça demande du temps et du tact aussi. Autrement, c’est toute la société qui risque d’être en péril. Contrairement à vous ou à vos positions que je respecte, j’apprécie la moindre chose qui va dans la bonne direction. Même au cas où il y aurait eu combine que vous dénoncez pour accéder à la magistrature suprême, moi, je vois que l’autre n’a plus la signature. Il ne représente plus le pays à l’extérieur. Son pouvoir, prétendu ou vrai, n’est plus total. Ce sont là des gains, si petits soient-ils, pour notre pays. Comparativement, on voit aussi que les choses bougent tranquillement, sûrement pas à la vitesse que nous aurions tous souhaitée. Je crois profondément que notre rôle, au-delà de notre partisannerie naturelle, pour ne pas dire notre coterie, ne doit pas se limiter à la critique, facile ou exacerbée. Mais, il devrait consister plutôt à savoir saisir par moment les opportunités pour signifier à l’autre les bons coups pour lesquels, unanimement, nous pouvons nous ranger derrière lui dans l’intérêt suprême de la nation et puis, continuer à afficher une opposition ouverte pour les mauvais coups. C’est par ailleurs ce que je constate. L’opinion, dans son ensemble, semble apprécier ce début d’application des préceptes d’un État de droit.
      Patriotiquement,
      Mwamba Tshibangu

      1. # Tshisekedi et son équipe n’ont pas fait et ne font pas que des mauvaises réalisations pendant leurs 13 mois au pouvoir et nous nous devons de saluer ce qu’ils ont fait ou font de bien pour les encourager et entraîner le pays dans une émulation positive. Je n’en ferai pas ici le décompte exhaustif mais me permets de donner une appreciation personnelle : à tort ou à raison j’aurais attendu que Tshisekedi en fasse plus et c’est possible. Qu’il en fasse plus pour mieux engager le pays dans le changement attendu, qu’il fasse preuve de plus de lucidité et de courage à matérialiser les bonnes annonces qu’il nous a faites et nous fait. Le pays a besoin davantage d’actions que de bons sentiments.
        # C’est déjà mieux qu’il laisse la Justice agir en toute indépendance dans l’Affaire Kamerhe et les autres suspects du fiasco de son Programme de 100 jours, pourvu qu’il tienne bon et aille jusqu’au bout comme il devra laisser la Justice « fouiner dans notre passé » bien malheureux et compromettant pour beaucoup. Mais cela suppose qu’il se remette aussi en question sur le fonctionnement pas toujours glorieux de son entourage le plus proche y compris lui-même lorsque par par exemple il justifie des ‘cop, des retrocomissions’, une faute grave qui suggère son propre laisser-aller.
        # Mon autre problème est de voir parmi nous des observateurs trop complaisants, de la coterie(?), des ‘pro-tshisekedistes inconditionnels’, dirais-je et pourquoi pas en face aussi des anti-tshisekedistes primaires. Il nous faut davantage des citoyens qui reprouvent ce qu’ils croient mal fait ou non fait et ceux qui saluent le bon qui est fait. Ainsi si Tshisekedi avait été attentif à beaucoup dont les ONG locales qui au premier lendemain de l’annonce du Programme de 100 jours y ont vu des réservoirs à détournements sans parler de ceux qui y ont vu une entreprise de Kamerhe et de son Patron pour s’enrichir au plus vite, on ne serait peut-être pas arrivé à la débâcle habituelle qui a pillé le Trésor Public.
        # Méfions-nous donc du ‘fait accompli’ qui pâtit de ne pas assez interpeller ce qui nous arrive pour obtenir mieux et nous résigne à nous contenter du peu et ainsi à ne pas critiquer quand il faut notre gouvernance et ses animateurs pour, semble-t-il, nous assurer une certaine paix, pas de cimetière, j’espère !
        L’opinion nationale pour le moment donne, c’est vrai, quitus à la gestion de Tshisekedi, mais non pas tant parce qu’elle la juge excellente mais à mon avis parce que d’abord il n’y en a pas d’autre en face comme réelle alternative : il y’a le spectre du pouvoir précédent largement honni et pas d’opposition plus crédible et plus présente. Ne serait-ce d’ailleurs pas là l’aubaine d’une ‘union sacrée’ qui jouerait ‘l’union fait la force’ contre les ennemis internes et externes qui existent bel et bien ? C’est là une autre question…

  6. NONO,
    dans ses oeuvres. Mésinterpréter, falsisifer sans arrêt (et à coeur joie ?)
    1. « Quasi magnanimes tous, nous nous retrouvons optimistes à célébrer ‘l’effet domino’ » :
    J´ai beau chercher une quelconque célebration de l´effet domino dans le texte de Mwamba, je ne trouve rien. J´y lis plutôt « appelé à », « devrait ». NONO OKOBOMA NGA NA SOUCI. Apprenez please à lire un texte de manière sérieuse. Rigueur intellectuelle eza wapi ? Soyez sérieux dans la lecture et après vous êtes libre d´argumenter dans le sens que vous voulez (Là, ce n´est plus mon problème).
    2.- « Tshisekedi a plus souvent parlé qu’il n’agissait jusqu’à ne pas toujours faire ce qu’il dit, jusqu’à paraître sourd aux critiques. » : En un an et en succédant à une dictature qui a contrôlé armée, Justice, Parlement…, vous vouliez qu´il fasse quoi ? Il est mieux placé que Nono pour apprécier les choses. Parler, conscientiser… n´est pas nécessairement un mauvais début. Et Félix a expliqué sa pédagogie parler (jusqu´à créer une agence pour le changement des mentalités) avant de frapper (rendre la Justice indépendante et créer un office de lutte contre la corruption parce que pour lui un conseiller ne suffit pas. On verra les résultats).
    – « Il s’est toujours déclaré champion de la lutte contre la corruption sans neanmoins la matérialiser… surtout en s’empêchant pas de se constituer un entourage (familial, administratif, politique…) facilement corrompu et corrupteur » : Entourage familial ? Il a nommé qui de sa famille ? Entourage administratif, politique ? Certes, il aurait pu choisir autrement sur l´un ou l´autre cas. Mais LOGIQUEMENT, en quoi cela est un frein à la lutte contre la corruption (c´est votre thèse !) considérant qu´il laisse la Justice se saisir de Lobo, Kamerhe et d´entendre les autres ?
    – « Il a toujours fait preuve d’une mollesse ou une tiédeur à ne pas affronter directement son prédécesseur alors qu’il nous avait assurés qu’il représentait le système dictatorial contre lequel il luttait » Hum, Nono ! LOGIQUEMENT : il vous avait assuré… mais est-ce qu´il vous avait AUSSI assuré qu´il le ferait selon votre entendement (tempo et méthode) ? Je peux comprendre votre impatience sur l´un ou l´autre point (Pourquoi pas ?), mais je m´en prends ici à des faux liens que vous établissez dans votre raisonnement avec ses « allant de soi ».
    – « il justifie des ‘cop, des retrocomissions’, une faute grave qui suggère son propre laisser-aller » : Il DÉCRIT, mais ne justifie pas comme vous le dites ici. Il a clairement commencé sa description par « vous savez qu’il y a une FORME DE CORRUPTION au Congo… » et l´a conclue par rassurer que la combattre « est un travail de tous les jours. Je vous parle de changer des mentalités qui sont ancrées en nous depuis des décennies ». En passant, il dit même qu´il a « appris avec effroi » que l´inspecteur des finances a été menacé » et qu´il a encouragé à faire son travail avec l´assurance de sa protection (Protection de son indépendance). NONO, vous parlez des pro et anti-Tshisekedi, apprenez à être INTELLECTUEL SÉRIEUX, RIGOUREUX au lieu de mésinterpréter, de falsifier sans cesse les propos des autres.
    Pour le reste, tout le monde (Tshisekedi, les magistrats, le peuple…) – donc, pas seulement Nono – sait que le combat n´est pas aisé, tant le FCC a longtemps tout contrôlé et ne va tout lâcher facilement. Nous aurons des déceptions, mais le combat vaut la peine d´être mené.

  7. Cher Mwamba,
    j´ai beaucoup apprécié votre pertinente réflexion. L´effet domino, c´est une vive invitation à prendre ses responsabilités pour contribuer au changement dans notre pays. Le réveil, la dynamique actuelle des magistrats constitue pour nous une sorte de Kairos (grec Καιρός), le bon moment, temps favorable de l´accomplissement de notre rêve d´un Congo juste. Plutôt que de passer le temps à se lamenter, à parler de l´occupation, d´une superpuissance (imaginaire) de Kagame-Kabila, à attendre que Félix nous donne un Congo prospère (ce qui est une illusion), à discuter sur des points mineurs, il importe de saisir ce « moment favorable » qui s´offre à nous pour susciter ce changement tant souhaité. Un Congo juste ne peut être que notre propre oeuvre.

  8. chryso45 écrit
    « Donc l’arrestation de Vital Kamerhe est une distraction! Sinon, on commencerait par ce qu’a revele depuis plus de deux ans “Panana papers”! »
    Ce raisonnement est très faible. Déjà du point de vue LOGIQUE, il y a un problème. Il n´y a aucun lien de nécessité ici. Pour être vraies, les arrestations au Congo ne doivent pas NÉCESSAIREMENT commencer par le dossier « Panama papers ». C´est écrit où ? Qui en a ainsi décidé ? Pourquoi pas par l´assassinat de Mzee ? Pourquoi pas par les crimes et détournements de Mobutu, Ngbanda et co. ? Selon la logique à la chryso45, la libération de Diongo serait une distraction, « sinon on commencerait par » la libération d´Eddy Kapend. En plus, chryso45 passe à côté de l´essentiel; il manque manifestement l´objet du texte de Mwamba : L´opportunité est là, saississons-là pour atteindre PLUS ! C´est comme si on aime parler d´un Kabila superpuissant au lieu de saisir l´opportunité d´AGIR, d´en découdre avec lui et de déraciner son système.

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