Gestion du conflit de nationalité au Kivu

Mayoyo Bitumba Tipo-Tipo
Mayoyo Bitumba Tipo-Tipo

Le mot conflit tire son origine de la rencontre d’éléments ou sentiments contraires entre deux ou plusieurs individus ou groupes d’individus sur un sujet précis qui peut être une chose, un fait, le sens d’un mot ou sur une façon de faire. Aucun être humain, aucune société humaine n’y échappe. Car, le comportement conflictuel est une portion de reflet d’ADN révélant de chaque individu quel qu’il soit et où qu’il se trouve. Dans les relations sociales, aucun homme, aucune communauté humaine, aucun Etat ne cherche à éradiquer les conflits. Ce ne serait là qu’un vœu pieux. Mais tout être humain et toute communauté humaine a le devoir de trouver la meilleure approche possible pour les prévenir et les résoudre pacifiquement. L’expérience l’a démontré, les solutions obtenues par la force des armes ou la ruse ne peuvent que mettre les conflits au congélateur pendant un certain temps.

Au Kivu, les premiers conflits entre les ‘originaires’ et les ‘non-originaires’, les ‘autochtones’ et les ‘allochtones’, les Congolais ‘authentiques’ et les Congolais ‘à nationalité douteuse’, les Congolais et les ‘Congorais’ ou encore entre les Congolais et les ‘Rwandais’ ne datent pas d’aujourd’hui. Ils remontent à l’époque coloniale. Savoir comment ils ont été gérés et tirer des leçons de ces différentes gestions équivaudrait à préparer nos dirigeants et la société civile actuels et futurs à mieux construire la stabilité et la prospérité de notre nation.

Gestion rationnelle

En 1944, les autorités coloniales élevèrent le Gishari au Nord-Kivu au rang de chefferie autonome, avec un certain Buchanayandi comme chef, placé sous l’obédience politique du Mwami Rudahirwa du Rwanda. Buchanayandi et ses administrés tentèrent de se lancer à la conquête de nouvelles terres au détriment des populations autochtones. Des vives tensions s’ensuivirent aussitôt. En 1949, le gouverneur de la province du Kivu, Antoine Liesnard, donnait cet avis au gouverneur général Pétillon: « La création de la chefferie Gishari a été une erreur politique. Nous ne devons pas répéter l’erreur politique commise au Gishari. Les Banyarwanda viendront avec leurs notables, mais ils devront dépendre politiquement des autorités indigènes du Congo Belge. Nous ne pouvons spolier les autochtones de leurs terres, et nous devons tenir compte des droits réels des chefs du Congo Belge ». En 1957, Buchanayandi fut révoqué et renvoyé au Rwanda. Les droits de la chefferie Bahunde sur le Gishari furent rétablis. Les transplantés installés au Gishari comme ailleurs dans le Kivu restèrent sur place mais placés sous l’autorité des chefs coutumiers locaux du Congo Belge.

Dans le Sud-Kivu, les pasteurs tutsi installés sur les hauts plateaux non occupés de l’Itombwe furent accusés de vouloir dominer les populations autochtones et de les soustraire à l’influence européenne. Le géographe George Weis enseigne que ces Tutsi furent l’objet d’une discrimination sévère de la part du pouvoir colonial et que « les territoires de Mwenga, Fizi et Uvira se les rejetèrent longtemps, les refoulant dès qu’ils manifestaient l’intention de se fixer en un point. En 1950 seulement, on leur permit, en même temps qu’à une population hétérogène de Congolais, d’installer des villages fixes dans les dépressions de la Bijombo et de la Musondja ». Leur spécificité avait même donné naissance à la création d’une entité administrative autonome accordée par l’Etat Indépendant du Congo en 1906, confirmée en 1910 par le colonisateur, mais définitivement supprimée en 1933.

Quelles que furent les tensions entre les Congolais de souche et les peuplades originaires du Ruanda-Urundi au Kivu pendant la période coloniale, on retiendra que le colonisateur a su les gérer de façon rationnelle. A titre d’exemple, à l’accession du Congo à la souveraineté internationale, le 30 juin 1960, même si le statut final de tous les transplantés n’était pas clarifié une fois pour toutes, la précipitation du processus conduisant à l’indépendance aidant, « la loi relative aux élections législatives de mars 1960 disposait que les ressortissants du Ruanda-Urundi résidant au Congo depuis dix ans au moins étaient admis à voter, sans être éligibles ». Et le fichier d’Etat civil permettait de les identifier et de vérifier l’application de la loi.

Gestions émotionnelles

Les conflits ethniques qui endeuillèrent le Congo au lendemain de l’indépendance n’ont pas épargné le Kivu. En 1963, la tension entre les ‘autochtones’ et les ‘allochtones’ était telle que les Congolais ‘authentiques’ du Nord-Kivu parlaient déjà d’un plan des Banyarwanda « visant à conquérir par la force et à occuper la totalité des territoires de Rutshuru, Goma, Walikale et Kalehe ». Ce qui a sans doute contribué à ce que l’article 6 de la constitution de 1964 n’attribue la nationalité congolaise qu’à « toute personne dont un des ascendants est ou a été membre d’une tribu ou d’une partie de tribu établie sur le territoire du Congo avant le 18 octobre 1908 », date du passage de l’Etat Indépendant du Congo, propriété personnelle du roi Léopold II, au Congo Belge. Ainsi, les transplantés de l’époque coloniale se retrouvaient dans la même catégorie que les réfugiés. Le déni de nationalité qui frappait les premiers était toutefois atténué du fait qu’ils pouvaient se voir octroyer la nationalité congolaise « s’ils en faisaient la demande expresse dans un délai de 12 mois et s’ils renonçaient à leur nationalité rwandaise ».

Si en principe le conflit était résolu, en pratique l’incertitude restait totale. Pour remédier à cette situation, une troisième lecture légale intervint en 1972 concernant le statut des Banyarwanda, sous la guidance d’un des leurs, Barthélemy Bisengimana, qui occupa le poste de directeur du Bureau de la Présidence de la République de mai 1969 jusqu’en février 1977. « Au terme de l’article 15 de cette loi, tous les originaires du Ruanda-Urundi établis au Kivu avant le 1er janvier 1950 et qui ont continué à résider depuis lors dans la République du Zaïre sont censés être de nationalité zaïroise. Cette décision concernait quelques 300.000 personnes réparties surtout dans le Masisi et dans une mesure moindre dans les territoires du Rutshuru, Walikale et Goma. Elle ne réglait toutefois pas clairement le cas des réfugiés tutsi qui avaient émigré au Zaïre après 1959 ».

La nouvelle loi ne sera pas digérée par les ‘autochtones’. Dans le Masisi, par exemple, elle plaçait ceux-ci dans la position des Kanak face aux Caldoches en Nouvelle Calédonie ou des Flamands face aux Francophones à Bruxelles. Ils devenaient minoritaires par rapport aux ‘allochtones’. Sous la poussée de leurs représentants au parlement, cette loi sera annulée par celle portant le numéro 81-002 du 29 juin 1981. Au terme de l’article 4 de la nouvelle loi, est Zaïrois « toute personne dont un des ascendants est ou a été membre d’une des tribus établies sur le territoire de la République du Zaïre dans ses limites du 1er août 1885 – ce qui écartait d’emblée la vague d’immigrés rwandais importés par le colonisateur à partir des années 30 ». Il convient de noter que cette nouvelle loi, dictée par l’émotion, aurait dû être combattue pour la simple raison qu’après la Conférence de Berlin, les frontières du Congo avaient évoluées, avec des territoires perdus et des territoires gagnés. Juste après Berlin, par exemple, le Roi Leopold II ajouta d’un coup de crayon la partie du Congo qui pénètre la Zambie tel un pénis. La chance de Leopold II fut de voir la nouvelle carte validée par des fonctionnaires britanniques qui n’avaient pas participé à la conférence, les participants, eux, se trouvant alors en vacances. Autre exemple, la frontière entre le Congo et le Rwanda fut ramenée au tracé actuel en en 1910 alors qu’avant, elle passait à l’intérieur du Rwanda.

Une fois de plus, la nouvelle loi, qui ne concernait ni les Hutu de Bwisha au Nord-Kivu ni les Hutu et Tutsi des hauts plateaux de l’Itombwe dans le Sud-Kivu, n’apportera aucune modification dans le statut de citoyenneté des autres originaires du Ruanda-Urundi. Car dans le Zaïre de Mobutu, la loi n’était qu’un chiffon de papier et le ‘Guide éclairé’, la loi faite homme. Seule comptait sa volonté. Dans la gestion du conflit de nationalité au Kivu, l’incertitude était plus bénéfique pour le despote que ne l’était la clarification. Ce qui contribuait à entretenir le mythe de Mobutu ‘Pacificateur’ ou ‘Unificateur’.

Ivresse démocratique

La ‘pax mobutista’ avait tenu le conflit en latence pendant un quart de siècle. Il fut réactivé par la dynamique de la démocratisation. La nationalité de l’élite ‘allochtone’ du Nord-Kivu fut remise en cause à la commission de vérification et de validation des mandats de la Conférence Nationale Souveraine (CNS). Les diatribes des représentants ‘autochtones’ à la CNS contre les ‘étrangers rwandais’ s’accompagnèrent d’affrontements sanglants dans le Masisi en 1991. Un groupe d’intellectuels tutsi du Sud-Kivu lança un appel à la CNS en juillet de la même année, réclamant « un cadre juridique pour la protection des droits des minorités ethniques ». L’assassinat de plusieurs Hutu et la destruction du cheptel bovin des Tutsi du Nord-Kivu furent à déplorer entre février et décembre 1992.

Si dans ses conclusions la CNS plaidait pour une gestion saine de l’identitaire qui déchirait le Kivu, la classe politique une fois réunie au sein du parlement de transition en décidera autrement. En avril 1995, elle exigeait dans une de ses résolutions « l’application sans délai de la loi de 1981 et l’annulation de tout acte de vente, d’acquisition ou d’attribution de titres fonciers ou immobiliers au bénéfice des immigrés et transplantés ayant acquis frauduleusement la nationalité zaïroise ainsi que l’annulation de tout acte de nomination de réfugiés et immigrés rwandais ou burundais dans les fonctions publiques ».

Sous le mobutisme triomphant, le soutien de Mobutu aux Banyarwanda, plus particulièrement aux Tutsi, était inscrit dans une stratégie politique consistant à « faire monter au pouvoir les représentants de groupes ethniques qui ne constituaient pas une menace pour le régime du fait de leur faiblesse numérique et de l’ambiguïté de leur statut social et politique » dans la perception collective. Cette fois, acculé, Mobutu ‘Personne-Etat’ n’avait pas intérêt à mettre tout son poids dans la balance pour protéger tous ceux qu’on désignait du doigt: Hutu et Tutsi confondus, qu’ils soient au Nord ou au Sud-Kivu. Mobutu devait être vite rattrapé par la célèbre phrase de son discours devant l’Assemblée Générale des Nations Unies le 4 octobre 1973: « Un fruit ne tombe que quand qu’il est mûr mais devant l’ouragan et la tempête de l’Histoire, mûr ou pas mûr il tombe quand même ».

Balia ngando basepela…

Experte de premier plan en matière de droit de la nationalité et d’apatridie en Afrique, Bronwen Manby illustre mieux que quiconque le dicton ‘Balia ngando basepela’. Dans son ouvrage ‘La nationalité en Afrique’, elle retrace le calvaire des Tutsi de Minembwe, antichambre de la chute de Mobutu et du long martyre de toute une nation. En septembre 1995, le Commissaire du district d’Uvira ordonne un inventaire de tous leurs biens et terres. Commence alors les expropriations, les expulsions vers le Rwanda et le Burundi, de même que les ultimatums pour quitter le pays. Des slogans d’épuration ethnique font leur apparition: ‘Opération rendre les Rwandais au Rwanda’; ‘Bukavu et Uvira villes propres’. Début septembre 1996, des milices ethniques soutenues par des soldats gouvernementaux attaquent les villages tutsi, commentant assassinats et viols. Le 8 octobre de la même année, le vice-gouverneur du Sud-Kivu exige aux Tutsi de s’installer dans des camps provisoires dans un délai d’une semaine.

‘Balia ngando basepela. Mokolo ngando akolia moto, matanga ekoti na mboka’. Traduisez: « Les mangeurs de crocodile sont des hommes heureux. Mais le jour où le crocodile mange l’homme, ils deviennent malheureux ». Les Tutsi congolais ont décidé de réagir d’autant plus qu’au Rwanda voisin, l’hégémonie de leur ethnie était restaurée. Le 23 octobre 1996, l’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo-Kinshasa (AFDL) était née, avec les Tutsi congolais et d’ailleurs comme fer de lance et des Congolais dits authentiques dans le rôle de marionnettes. La suite, on la connait.

Epilogue

De même que la République du Burundi est différente du Royaume d’Urundi; de même que la République du Rwanda est différente du Royaume du Ruanda; de même que la République de l’Ouganda est différente du Royaume d’Uganda, le Congo-Kinshasa et le Congo-Brazzaville sont deux républiques différentes du Royaume Kongo. Les premiers Etats sont des créations européennes tandis que les seconds sont des œuvres de l’Afrique traditionnelle. Mais quand les Congolais envisagent le statut des Hutu et Tutsi installés dans l’actuel espace Congo-Kinshasa avant ou pendant la colonisation, ils ont cette fâcheuse tendance à s’imaginer que leur pays et le Rwanda existaient dans leurs configurations actuelles avant l’arrivée des Européens. Une telle vision fausse le jugement et nie aux Hutu et Tutsi de Bwisha, au Nord-Kivu, et de Minembwe, au Sud-Kivu, ainsi qu’aux transplantés de l’époque coloniale leur droit inaliénable à la nationalité congolaise.

Comme on l’aura constaté, le droit inaliénable à la nationalité congolaise des Hutu et Tutsi de Bwisha et de Minembwe ainsi que des transplantés de l’époque coloniale continue à faire des vagues non pas parce que leur nationalité est douteuse mais parce que l’Etat congolais n’existe presque pas. Hier propriété personnelle du Roi Leopold II, hier encore propriété collective des Belges, le Congo-Kinshasa est devenu la chose de ses présidents successifs: Mobutu et les Kabila ainsi que Tshisekedi dans une moindre mesure. La stabilité et la prospérité de l’Etat a été et reste encore placée sur des mortelles épaules humaines en lieu et place d’institutions fortes et opposables à tous.

Par ailleurs, avec ses 2.345.410 km², le Congo-Kinshasa est le deuxième plus vaste pays d’Afrique après l’Algérie (2.381.741 km²). Quand on sait que le désert du Sahara couvre 84% de la superficie algérienne, le Congo-Kinshasa peut être considéré comme le plus vaste pays du continent. Mais en termes de population, il n’est que quatrième avec ses 84.07 millions d’habitants après l’Egypte (98.42), l’Ethiopie (109.22) et le Nigeria (195.87), ce dernier pays occupant la quatorzième position en superficie. Bien plus, au classement 2015 des Etats africains par densité ou nombre moyen d’habitants par km², le Congo-Kinshasa vient à la trente huitième place (33,6), loin après l’Ile Maurice (620,4), le Rwanda (471,4), les Comores (417,7), le Burundi (397,2) et les Seychelles (203,8). Quand un peuple évolue dans un tel contexte et s’entretue pour une définition de la nationalité, c’est que sa classe dirigeante est plus bête qu’une paire de chaussettes.

NB: Le titre de ce texte ainsi qu’une bonne partie de son contenu sont tirés de mon livre « La Deuxième Guerre Occidentale contre le Congo. Offensive des médias et dessous des cartes », Paris, L’Harmattan, 2006, 285 pages.

 

Par Mayoyo Bitumba Tipo-Tipo

17 thoughts on “Gestion du conflit de nationalité au Kivu

  1. Cher Mayoyo,
    #Votre article a le mérite de nous replacer là où le Congo, ses dirigeants, sa population y compris nous sur Congo Indépendant, aurait du rester – tout mon vœu – : à une gestion intelligente, responsable et réaliste des conflits des nationalités aux Kivus, des conflits provoqués essentiellement par la présence des immigrés rwandais et apparentés.
    Notre histoire est hélas celle que vous caricaturez en ces termes « Quand un peuple évolue dans un tel contexte et s’entretue pour une définition de la nationalité, c’est que sa classe dirigeante est plus bête qu’une paire de chaussettes. » J’ajouterais juste la présence des revendications justes ou opportunistes et parfois même à dessein perverses de certains dedans et dehors que notre État faible n’a pu gérer. Alors qu’est-ce qui est sage et responsable de faire aujourd’hui sinon réinstruire sérieusement la question sans agiter le droit automatique ou non à la nationalité des uns et des autres à même de mettre inutilement le feu sur la paille déjà prête à s’enflammer. La nationalité des Banyamulenge est celle de ses étincelles surtout lorsqu’on l’accorde à la cantonade sans autre explication et sans réexamen du dossier. Il faut remettre les Congolais ensemble et encore plus ceux de Kivu à discuter sereinement et ainsi mettre en sourdine certaines réclamations vues belliqueuses.
    #Voici de nouveau ce qu’en dit le Professeur Ndaywel :
    « […]Cette sorte de guerre de trente ans, qui déchire l’Est du Congo depuis un peu plus de deux décennies, sert en réalité d’alibi au pillage des ressources naturelles du sol et du sous-sol, une partie du revenu de ce pillage servant à financer la guerre, si indispensable pour assurer le maintien de ces activités maffieuses. Ce cercle vicieux repose sur la tradition de faire du Congo, à cause de sa massivité spatiale,de son gigantisme et de ses richesses naturelles multiples et multiformes le bouc-émissaire de tous les fléaux qui déchirent cette région. A titre d’illustrations, évoquons ici quatre principales « accusations » gratuites, quatre erreurs d’analyse, parmi tant d’autres,qui constituent les contre-vérités mises au compte de ce pays et de ses habitants.
    […]
    Deuxième contre-vérité : les Congolais seraient racistes : ils « rejettent » les Banyamulenge parce qu’ils sont des Tutsi. En fait, « l’affaire banyamulenge » est celle-là même qui a servi de prétexte en 1996 à la guerre du Rwanda au Congo. La confusion qui règne autour de ce terme traduit simplement le désarroi des Congolais face à une situation devenue explosive autour des enjeux fonciers et des pressions démographiques multiformes et incontrôlables d’origine rwandaise qui n’hésitent plus à recourir à la violence pour aboutir à leurs fins. Le terme banyamulenge a surgi vers le début des années 70(13). Les immigrants rwandophones des plateaux de l’Itombwe (près de Mulenge ou Murenge) dans le sud-Kivu l’ont mis en honneur pour faire prévaloir leur antériorité sur le territoire congolais, afin de se différencier des vagues migratoires qui ont suivi, particulièrement à l’âge postcolonial. Les enquêtes menées par l’historienne américaine, Catarina Newbury, avaient confirmé effectivement l’arrivée d’un groupe des Banyarwanda, venus s’installer dans cette région, pour se mettre à l’abri des violences du règne de Rwabugiri. Mais, jusqu’aux années 70, reconnaît un des principaux leaders du groupe, Manassé (Müller) Ruhimbika, leur dénomination était celle de « banyarwanda »(14). L’option qu’ils avaient prise de se différencier des autres immigrants n’était pas nécessairement de pure façade. L’on a vu, par exemple, un officier de cette contrée, le commandant Masunzu, qui en un premier temps avait combattu dans les rangs du FPR de Paul Kagamé, puis dans ceux de l’AFDL et du RCD-Goma, faire volte-face en un second temps, pour s’opposer à l’emprise du Rwanda et à la présence envahissante de ses troupes au Congo(15). Il n’empêche que le résultat auquel a abouti de nos jours l’initiative de différencier ce petit groupe des Banyarwanda des autres immigrants rwandais est plus que décevant. Au lieu de désigner exclusivement les habitants de l’Itombwe au Sud-Kivu, ce terme s’est généralisé pour désigner tous les Rwandophones se trouvant sur le territoire congolais, y compris ceux du nord-Kivu. Banyamulenge, de nos jours,ne serait plus qu’une manière de désigner les « Rwandais » résidant au Congo.
    (12) Willame, J.C., Banyarwanda et Banyamulenge : violences ethniques et gestion de l’identitaire au Kivu, Bruxelles-Paris, Institut Africain-l’Harmattan, 1997, p. 46
    (13) Jacques Depelchin affirme que le nom aurait été donné par des Banyarwanda pour qualifier ceux des leurs qui s’étaient dirigés vers Murenge (Depelchin, J., From Capitalism to Imperialism: A History of Social and economical formations in Eastern ZaIre, Thèse de doctorat, Stanford University, 1974, pp. 66-70). Ce qui n’est pas confirmé par les données congolaises.14Ruhimbika M., Les Banyamulenge(Congo-Zaïre) entre deux guerres, Paris, l’Harmattan, 2001, p. 21.
    (15) de Villers G., RDC: De la guerre aux élections: l’ascension de Joseph Kabila et la naissance de la Troisième République (janvier 2001-août 2998),Tervuren-Paris, MRAC-l’Harmattan, 2009, pp. 145-146.
    La confusion était donc inévitable, puisque les immigrés plus récents n’ont jamais osé s’afficher, eux aussi,comme «étrangers». Car, se déclarer «réfugiés rwandais» et solliciter une hypothétique naturalisation, comme l’exige la loi, c’était justement faire aveu de ses origines externes et se priver d’un certain nombre de privilèges, notamment ceux de faire de la politique. Or, c’est précisément pour des raisons de compétition politique et foncière que la vie au Kivu, de plus en plus à l’étroit, est devenu intenable. Sans relever de la mauvaise foi, cette situation difficile, confuse et complexe est un grand défi qui ne pourra réellement se résoudre dans la durée que si les ressortissants des deux pays concernés sortent du climat de violence et de ressentiment qui règnent encore entre eux(16). DANS LE CONTEXTE ACTUEL D’HOSTILITÉ LARVÉE, LE CONCEPT DE BANYAMULENGE ET CEUX QUI S’EN RÉCLAMENT, FONCTIONNENT COMME UNE SORTE DE CHEVAL DE TROIE PERMANENT DANS LA CITADELLE CONGOLAISE, POUR JUSTIFIER, POUR DES RAISONS DE STRATÉGIE, TOUTES SORTES D’INFILTRATION RWANDAISE DANS LES AFFAIRES CONGOLAISES, Y COMPRIS DANS LES SECRETS DE DÉFENSE ET DE SÉCURITÉ. ON COMPREND QUE LA MÉFIANCE SOIT DE RÈGLE, COTÉ CONGOLAIS.
    #Voici sa conclusion :
    #Il est temps de mettre un terme au calvaire du pays bouc-émissaire de la région des Grands Lacs. Pour ce faire, deux éléments doivent être retenus ici.
    Le premier est d’opérer en urgence un réajustement des regards sur le dossier des violences des «Grands Lacs», en contestant l’impérialisme des discours et analyses considérés jusqu’ici comme d’une pertinence indiscutable. Le Congo n’est pas la périphérie du Rwanda. De même, la condamnation des méfaits des incursions rwando-ougandaises au Congo ne constitue en rien une négation du génocide tutsi au Rwanda. Il s’agit de deux histoires différentes, mais successives, l’une étant une excroissance de l’autre.
    […]
    Le second élément est corollaire au premier. Pour couper court à la « rwandophobie » ambiante et revenir aux meilleures relations qui existaient entre pays riverains des Grands Lacs, il est essentiel que les maîtres du Rwanda et l’Ouganda reconnaissent les torts qu’ils ont commis avec leurs armées au Congo notamment pour les catastrophes humanitaires, sanitaires et écologiques qu’ils ont provoqué et le pillage des ressources naturelles du sol et du sous-sol qu’ils ont réalisé. Ces dégâts appellent réparation.Des tribunaux internationaux, comme la Cour Internationale de Justice(CIJ) devraient s’en saisir. Une évaluation sommaire des méfaits commis uniquement par l’Ouganda,[…]
    Faire l’impasse sur ces crimes odieux et s’engager, de manière précipitée, dans un prétendu processus d’intégration régionale, de surcroît décrétée d’en haut, ne serait qu’une manière d’accumuler des frustrations des populations, au profit des agendas cachés qui ne viseraient nullement leurs intérêts .
    La justice est donc non seulement indispensable mais elle est aussi incontournable pour ouvrir la voie à une véritable paix dans la région.Visiblement, cette paix est plus qu’attendue, de part et d’autre. .]

    1. Cher Nono,
      Si nous ne pouvons pas dépasser nos émotions pour bien voir la réalité, nous ne trouverons pas des solutions à nos problèmes. Il ne faut pas m’emmener là où je ne cherche pas à aller. Les Tutsi des hauts plateaux de l’Itombwe sont-ils des Congolais d’origine ? Ma réponse est oui et cela au regard de la définition du Congolais d’origine. Si votre réponse est non et que vous considérez ces Tutsi comme des Rwandais et qu’en plus vous souhaiteriez comme d’autres hallucinés congolais rendre les « Rwandais » au Rwanda, sachez que ces « Rwandais » iront au Rwanda avec les terres qu’ils occupent.
      Je ne vois pas pourquoi vous revenez avec l’intervention du professeur Ndaywel au récent colloque de Paris sur l’Afrique des grands Lacs. Il n’y a rien dans ce texte qui contredise quoi que ce soit figurant dans mon article. Au contraire, l’intervention du professeur devrait vous permettre de vous remettre en cause. Tenez par exemple. Vous soutenez qu’on doit réexaminer la question de la nationalité des Tutsi de Minembwe. Pourquoi ? Parce qu’ils seraient venus de l’espace qui deviendra la Républiques du Rwanda. Mais le texte du professeur vous apprend que les ethnies du Nord Kivu seraient venues de l’espace qui deviendra l’Ouganda actuelle. Pourquoi ne réexaminez-vous pas la question de la nationalité de ces ethnies-là ?
      Parmi les ces contre-vérités que souligne le professeur, celles qui étaient agitées par le Rwanda au moment de la rédaction de mon ouvrage, je les mets également en évidence. Pour votre information, mon livre a été écrit pour dénoncer les mensonges des médias occidentaux et donc du Rwanda dans la couverture de la guerre qui continue à faire des ravages chez nous. Mais on ne doit pas dénoncer des mensonges en en inventant d’autres, comme celui consistant à nier la nationalité d’origine des Tutsi de Minembwe.

      1. # Libre à vous de vous gargariser d’être celui qui sait dépasser des émotions : oû sont mes émotions et où est votre réalité qui dénierait les émotions, comme si les émotions étaient indépendantes et éloignées de la réalité vécue par les uns et autres. Soit…
        Je reviens sur les propos de Ndaywel parce que contrairement à ce vous proclamez, il ne dit pas exactement la même chose que vous et sur le diagnostic et sur le traitement du conflit de l’Est, il n’y a que vous à ne pas le voir. Lisez-le très bien : là où vous vous entêtez à ne le fonder que sur la non-reconnaissance de l’arrivée précoloniale des ancêtres des Banyamulenge et maintenant des transplantés (officiels) de ceux de Bwisa à l’époque coloniale, lui se base sur le comportement de ses immigrés et le vécu des autochtones qui en font une histoire truffée des mensonges et des violences. D’où une remise en question de toutes les contre-vérités qui en sont sorties.
        Il n’y a là aucune négation de la réalité des migrations toujours présente dans toute l’humanité et non plus l’invention d’un prétendu ‘négationnisme’ niant la nationalité d’origine des Tutsi de Minembwe, une vérité remise raisonnablement en question même légalement, sinon elle ne continuerait pas à poser problème, comme vous le voyez bien. Désolé, votre position quels que soient son argumentaire n’est pas parole d’évangile, mon avis est qu »elle aurait encore besoin pour l’être un jour une remise en question sociologique et juridique. Aucun sentimentalisme, aucune émotivité là dedans, je suis convaincu que l’avenir nous l’imposera…
        # La position de Ndaywel, que vous le voulez ou non, est largement la mienne : notamment revenir pour la résolution du conflits à instruire dérives, délits et crimes des uns et des autres au lieu de se cristalliser sur les droits des protagonistes notoirement opportunistes jusqu’à se comporter en ennemis face aux Congolais. En empruntant l’idiome précis de Ndaywel : en finir avec l’histoire d’un Congo bouc-émissaire injuste et victime.
        Arrêtez aussi votre autosatisfaction excessive d’être le seul à avoir réfléchi sur le dossier, ou d’avoir lu ceci ou cela parce que vous avez écrit un livre. D’autres sans avoir écrit on aussi planché dessus en consultant la documentation et en analysant l’actualité des faits. Vous n’en avez pas nécessairement le monopole de la connaissance et la justesse dans sa compréhension.

  2. Cher Mayoyo,
    Votre article est plus dans la comptabilité des faits conflictuels entretenus en mon sens par des acteurs extérieurs à identifier. C’est juste et cohérent parce que c’est induit de la thématique « Gestion des conflits « .Pourtant, le concept de gestion est à ce jour obsolète car plus tacticien et comptable en comparaison au paradigme plus stratégique et réflexive de « Gouvernance des conflits ». En effet, dans le chaos des faits démographiques mis historiquement en exergue de 1881 à ce jour , il est difficile (mais pas très impossible) de tirer des leçons désignant les responsabilités d’acteurs de manière juste et équitable. La discussion devrait donc à mon avis s’articuler sur la refondation d’un Etat qui sache de manière impartiale indiquer les droits et obligations de tous les autochtones et allochtones au regard de son intégrité territoriale.

    1. Cher Armand,
      Merci pour vos remarques mais ne jouons pas avec les mots. Gestion ou gouvernance des conflits, cela renvoie à la même réalité et on recourt aux mêmes outils pour chercher des solutions. Je suis dans ce domaine depuis 2004. Ce matin encore, j’ai été réveillé par le coup de fil d’un chef rebelle sur un conflit entre agriculteurs et éleveurs. Bilan, un éleveur et 29 bœufs tués par des grenades lancées par un autre groupe rebelle et 18 bœufs volées.
      Quand vous indiquez que « la discussion devrait […] s’articuler sur la refondation d’un Etat qui sache de manière impartiale indiquer les droits et obligations de tous les autochtones et allochtones au regard de son intégrité territoriale », cela appelle deux remarques. D’abord, être « allochtone » peut relever de la simple perception. Un autochtone peut se permettre de considérer un autre autochtone comme un allochtone. Ensuite, je ne pense que ma conclusion dit autre chose que ce que vous affirmez sur la nécessité de la refondation de l’Etat. Revoici ce que j’ai écrit : « La stabilité et la prospérité de l’Etat a été et reste encore placée sur des mortelles épaules humaines en lieu et place d’institutions fortes et opposables à tous ». Nous disons la même chose avec des mots différents.
      .

      1. Autre chose, cher Armand, les acteurs extérieurs sont venus se greffer à un conflit réel entre Congolais ou entre les Congolais authentiques du Sud-Kivu et ceux qu’ils qualifiaient à tort comme des « Rwandais » c’est-à-dire les Tutsi de Minembwe. Parmi les acteurs extérieurs, il faut compter le Rwanda de Paul Kagame, qui voulait en découdre avec les « génocidaires » Hutu au Congo-Kinshasa, et l’Amérique de Bill Clinton qui a utilisé tous ces acteurs y compris des Congolais authentiques de l’AFDL pour se débarrasser d’un allié devenu encombrant et le remplacer par celui que la même Amérique poussait au-devant de la scène africaine, c’est-à-dire le dictateur rwandais ; ce qui explique les énormes dividendes tirées par ce dernier dans cette guerre aux multiples agendas.

  3. J’admire bien l’article. Je viens du kivu et je vais etre court. C’est vrai que les conflits existent partout. Notre probleme avec les banyarwanda reside dans l’atrocite, la barbarie contre les congolais. Singa esi ekatana kala, il ne faut meme pas rever d’une quelconque reconciliation, c’est du temps perdu! Quand ils ont recu des armes de la part de leurs rois kagame et museveni, ils se sont meme permis d’eventrer des femmes enceintes en public. C’est bien d’enumerer des dates mais ce qui s’est passe est horrible! Ce n’est pas de notre vivant que la reconciliation interviendra car kagame continu a gerer la rdc. Regardez les photos de kagame avec le sanguinaire kanambe et felix, le body language ne vous dit rien? Les bakongo qui ont vu avec quelle atrocite le rwandais kanambe a extermine une partie de bundu dia kongo se le rappeleront. Aujourd’hui, avec la complicite des fils indignes de la rdc, kanambe est senateur a vie, un assassin qui a sa place en prison. L’histoire se transmet de bouche a oreille. Lisez Mr Mukulumanya pour comprendre ce que les banyarwanda ont fait au kivu. Les quelques tribus congolaises qui se disputent ont toujours ete instrumentalise par les petits politiciens vereux. Si jadis par ignorance et mechancete Bisengimana a ete aux cotes de Mobuti, aujourd’hui un autre rwandais Kamerhe est au meme poste. Sincerement, seul le vainqueur des elections, Fayulu pouvait nous sortir de notre carcan
    . Le malheur des congolais est toujours devant eux tant que Felix le corompu sera la et protegera celui qui l’avait elu, kanambe. Dites moi franchement, meme si vous ne connaissez pas les banyarwanda, quand vous regardez kanambe, sa soeur et son frere, vous voyez des congolais??? Soyons serieux!

    1. Cher Raz,
      Vous admirez l’article. Merci. Mais ne faisons pas d’amalgame. Cet article n’as pas pour objectif d’instruire le procès des massacres qui endeuillent notre pays depuis la vague Laurent Désiré Kabila. Ces massacres, nous le savons tous, sont abominables et mériteraient la création d’un Tribunal pénal international pour le Congo-Kinshasa ; ce que la médiocrité de notre classe politique n’a pas encore demandé jusqu’à ce jour. Mais cela n’est pas trop tard parce que des crimes contre l’humanité ont été commis contre notre peuple et ces crimes sont imprescriptibles. Joseph Kabila et son ombre, Félix Tshisekedi, passeront. De même que l’infiltration des Rwandais dans les institutions congolaises, surtout dans la grande muette. A ce sujet, j’ai déjà suggéré une solution dans un article précédent. Il faut espérer qu’un jour, notre nation aura à sa tête un dirigeant qui saura impulser la dynamique devant conduire à la création d’un tribunal pénal international pour notre pays. Quant à cet article, il explique tout simplement comment le conflit de nationalité a été géré au Kivu, de l’époque coloniale à nos jours. Si quelqu’un a envie d’écrire sur un autre thème que celui-là, il est libre car nous sommes ici dans une Tribune libre que le journal en ligne Congo Indépendant a mis à la disposition de ses lecteurs que nous sommes vous et moi. A quelqu’un qui écrit sur le sexe des anges, par exemple, il ne faut pas lui reprocher de n’avoir pas écrit sur le sexe de Dieu. Il faut écrire sur le sexe de Dieu au lieu de lui faire un tel reproche. Car dans une Tribune libre, les sujets abordés et abordables n’ont des limites que celles fixées par l’auto-censure de la personne qui écrit et la censure du journal suivant sa ligne éditoriale. Un dernier mot. Il faut faire attention quand vous écrivez : « Dites-moi franchement, même si vous ne connaissez pas les Banyarwanda, quand vous regardez Kanambe, sa sœur et son frère, vous voyez des Congolais ? ». Car, cela s’appelle délit de faciès. Nulle part le Congolais n’est défini en fonction de son faciès. Le ferait-on que ce ne serait la qu’une grossière erreur. Pour votre information, lors de l’entrée des soldats rwandais et Tutsi congolais dans la périphérie de Kinshasa en vue de détrôner Laurent-Desire Kabila, les Kinois s’étaient levés pour leur barrer la route. Un de mes beaux-frères, un Mukongo pur-sang, avait failli être lynché aux environs de la gare ferroviaire de Kimwenza tout simplement parce qu’il a le faciès Tutsi. Notre pays est déjà tombé plus bas que terre. On ne va pas le relever en commentant le délit de faciès.

    2. « Notre probleme avec les banyarwanda reside dans l’atrocite, la barbarie contre les congolais. Singa esi ekatana kala, il ne faut meme pas rever d’une quelconque reconciliation, c’est du temps perdu! Quand ils ont recu des armes de la part de leurs rois kagame et museveni, ils se sont meme permis d’eventrer des femmes enceintes en public. C’est bien d’enumerer des dates mais ce qui s’est passe est horrible! Ce n’est pas de notre vivant que la reconciliation interviendra car kagame continu a gerer la rdc. »
      OK JAZZ, Compatriote Raz, vous avez vu juste et bien cerné le noeud du problème du conflit des Kivu amené par les Banyarwanda. Sauf peut-être à garder espoir d’une possible résolution pacifique si il advenait au pouvoir une équipe moins bête, plus responsable et davantage audacieuse…

      1. Cher Nono,
        Vos réactions seraient à leur place si mon article avait pour but de « cerner le nœud du problème du conflit des Kivu ». Or, ce n’est pas le cas. Mon article explique comment ce conflit a été géré de la colonisation à nos jours. Et de nos jours, contrairement à ce que vous osez affirmer, ce ne sont pas les Banyarwanda qui ont emmené ce conflit. Ce sont les Congolais dits authentiques comme vous qui ont cru qu’il était de leur devoir de « rendre les Rwandais au Rwanda », parlant des Tutsi de Minembwe qui sont pourtant des Congolais comme eux. Il ne faut pas falsifier l’histoire comme.
        Dans une intervention précédente, vous m’écriviez ce qui suit : « Arrêtez aussi votre autosatisfaction excessive d’être le seul à avoir réfléchi sur le dossier ou d’avoir lu ceci ou cela parce que vous avez écrit un livre ». Croyez-moi, un homme comme moi qui n’a pas eu la malchance d’étudier dans un Institut Mashakado ne réfléchirait pas comme cela. D’abord, je n’ai pas écrit un livre mais plusieurs. Natanda yango po omona bien :
        1. La Deuxième Guerre Occidentale contre le Congo. Offensive des médias et dessous des cartes, Paris, L’Harmattan, 2006, 285 pages.
        2. L’Ajustement politique africain. Pour une démocratie endogène au Congo-Kinshasa, Paris, L’Harmattan, Montréal, L’Harmattan Inc., 1999, 284 pages.
        3. Migration Sud/Nord : Levier ou obstacle ? Les Zaïrois en Belgique, Bruxelles, Institut Africain-CEDAF, Paris, L’Harmattan, 1995, 167 pages.
        Ensuite, avoir écrit un livre ne constitue pas un argument dans un débat. Vous, vous avez la malheureuse tendance à vouloir aller vérifier ce que j’écris ; ce qui est votre droit. Mais contrairement à Saint Thomas qui dit, alors que se répandait la nouvelle de la résurrection du Christ, « Si je ne vois pas à ses mains la marque des clous, je ne croirai pas », vous, vous refusez de croire même quand vous voyez l’évidence que vous recherchiez. Comme moi, le professeur Ndaywel vous a appris que les Tutsi de Minembwe ne sont pas à confondre aux réfugiés Tutsi rwandais. Comme moi, il vous a appris que les Tutsi de Minembwe ont opté pour le nom de Banyamylenge pour se différencier des réfugiés Tutsi rwandais. Confus, vous faites une fuite en avant en parlant du règlement de la guerre du Rwanda dans notre pays tel que vu par le professeur Ndaywel. Ce n’est pourtant pas là l’objectif de mon papier.

  4. Merci beaucoup chers freres Mayoyo et Nono. Pour avoir ete a kigali et travaille a Bujumbura en vivant dans un quartier tutsi (Musaga) je connais bien les tutsi et les hutu. Ils sont tous les memes a quelques rare exceptions. Je n’etais pas chez eux comme touriste et j’ai failli laisser ma peau pendant le genocide a bujumbura, j’ai vu comment ces gens s’entretuent plus que des sauvages. J’espere avec Nono voir de mes yeux des dirigeants responsables en rdc qui traduirons au tribunal les rois tutsi museveni et kagame dont les armees on fait des bavures a kisangani. A Mayoyo je dirai ceci, une chose est de connaitre les atrocites, une autre est de les vivre! Moi j’ai vu le couteau que les tutsi appele( les sans echecs) allaient utuliser pour m’egorger avec apres m’avoir mis par terre. Chaque experience est unique comme le confirmait le cardinal Lustiger. Tant qu’il y aura des esclaves de kagame au palais de la nation, il n’y aura jamais de tribunal pour juger les banyarwanda, les barundi et les baganda. Les roi de la rdc avaient tout fait pour ecarter Fayulu et ils ont mis kamerhe a cote de felix pour bien le controler. Cela me fait rire de voir les talibans de l’udps reclamer le depart du cameleon. Wasting of time! Ceci etant, moi je suis pessimiste quant a l’avenir, l’independance et la liberte du peuple congolais tant que nous aurons des dirigeants esclaves. Beaucoup des gens qui ressemblent a zoe, janet et hyppo se retrouvent a kigali et non a kimbanseke. Nous avions eu la chance de voir beaucoup d’enfants biologiques laisses par le mzee et nous savons de quoi nous parlons. J’aime bien ce slogan de Lumumba, adopte par Sankara. » le parti ou la mort, nous vaincrons » nous ne vaincrons pas avec l’udps ou le fameux cach sans cach.

    1. Cher Raz,
      Vous me dites ce qui suit : « Une chose est de connaitre les atrocités, une autre est de les vivre ». Retenez que tout au long de ma carrière de Bula Matadi sans frontières, pour ne pas dire fonctionnaire international dans le domaine de la gouvernance, j’ai toujours été confronté à des atrocités. J’ai vu et je continue à voir des rebelles qui pillent, brûlent des villages entiers, violent même des bébés, tuent, égorgent, découpent les corps sans vie en mille morceaux, accrochent des têtes découpées aux branches ou sur des pics, emballent des têtes coupées dans des chiffons et jouent avec au football tout en rigolant. Les guerres de l’AFLD, des Banyamulenge, de Museveni et de Kagame ont causé d’immenses atrocités dans notre pays. Celles-ci constituent le plus grand drame humain depuis la Deuxième Guerre Mondiale. Leur durée s’explique par les immenses profits des milieux mafieux congolais, africains et occidentaux. Mais il ne faut pas s’imaginer pour autant que les Tutsi ont le monopole de la violence. Les rebellions que nous avons vécues chez nous depuis l’indépendance sans que Kagame ne s’en mêle ont été toutes émaillées d’atrocités. La chasse des Kasaïens du Katanga, c’est-à-dire des Congolais dits authentiques par des Congolais dits authentiques a été émaillée d’atrocités. Je suis pleinement d’accord avec vous quand vous affirmez que Félix Tshisekedi et l’UDPS nous ont cochonnés. Car je reste persuadé maintenant que Tshisekedi a déjà échoué. Mais n’allez pas vite en besogne en affirmant que Fayulu nous aurait sauvés. Tant que notre système politique reste ce qu’il est, il faudrait un homme providentiel pour nous sortir des marais. Mais comme il n’est écrit sur le front de personne qu’on sera un homme providentiel, il est du devoir de notre nation de se doter d’un autre système politique susceptible d’assoir la bonne gouvernance ; ce qui ne semble pas la priorité de notre crasse politique.

  5. Mon cher Mayoyo,
    #Encore ? Je croyais pour ma part qu’il est temps de nous arreter là, nous nous étions suffisamment exprimés et expliqués. Qu’à cela tienne, laissez-moi vous dire que
    je présume que si dans la rubrique ‘Opinions&Debats’ une analyse a dépassé sa censure personnelle et celle de CI, il restera toujours place à la liberté d’expression des lecteurs de lui reprocher ceci cela jusqu’au choix et à la ligne du sujet. Vous convenez que les massacres de l’Est sont abominables et imprescriptibles de même que l’infiltration des Rwandais dans nos institutions sécuritaires appelle une instruction nationale pour les condamner et les en exfiltrer mais vous refusez que dans un article nommé ‘Gestion du conflit de nationalité au KIvu’ on vous reproche de ne s’attarder que sur les charges contre nos pouvoirs successifs défaillants sans insister sur celles non moins criminelles de certains habitants de ce pays et de ceux d’en face. Curieuse logique qui croit ainsi servir à une meilleure connaissance et un meilleur traitement du conflit !? La description de la gestion du conflit serait-elle si éloignée des faits et des tenants et aboutissants des divers protagonistes ? Cela donc…
    #Treve de ping-pongs d’un dialogue trop déterministe. Rejouissez-vous si cela flatte votre ego de croire que je passe mon temps à verifier ce que vous écrivez. Hélas pour vous, vous n’êtes ni le seul Congolais à vous préoccuper de son pays et de son histoire ni le seul qui par un travail de documentation et d’analyse de faits en a appris et en apprend suffisamment. Je n’ai pas fait une specialisation en sciences humaines comme l’historien Ndaywell qui nous en apprend assez sur son analyse historique du pays, la fac de Medecine et la pratique qui s’en suit ne peuvent en revendiquer autant. Je ne suis pas non plus de Kivu comme l’est notre ami Raz mais je peux vous reveler que je connais le coin particulierement le Sud Kivu et ses Banyamulenge avec qui j’ai quelques liens physiques et autres. J’affirme ainsi avoir accumulé un savoir qui me permet de parler de mon pays haut la main et donc à même d’en discuter avec vous. Je suis convaincu qu’il vous resterait un peu d’honnêteté et de libre lucidité vous l’aurez déjà remarqué malgré vos rodomontades satisfaites. Je ne les ai pas attendues pour me construire l’entendement que j’ai de ce conflit. Je suis convaincu que l’avenir nous dira que celui-ci n’est pas gratuit et que vos oracles defintifs risquent d’être démentis…

  6. Cher Mayoyo, quand je parle de ce que j’ai vecu, je veux parle des temps que j’avais passe dans des cachots et d’autres abominables choses vecues dans ma peau pour defendre les faibles en tant que pretre missionaire d’une congregation internationale, forme par les jesuites et ayant servi dans plusieurs pays en afrique et ailleurs. L’efficacite de nos analyses et convictions reside dans le fait que nous vivons au milieu des populations pour mieux les connaitre et connaitre leurs cultures. Nous prenons le temps de durer avec les populations contrairement a certains autres qui font des analyses rapides et non achevees. Les hommes sont differents, le tutsi l’est aussi! La culture du mensonge que j’ai observe chez ce peuple n’a pas d’egal. En terme spirituel il faudra parler de delivrance de toute une ethnie. Les analyses et les ecrits des missionaires sur les evenements et les peuples ont plus d’authorite sur le plan scientifique. Personne ne peut nier l’apport des miliers des missionaires sur l’histoire de l’afrique, compare a d’autres organisations. La meilleur maniere d’aider les tutsi et les hutu est de leur montrer en quoi ils sont differents des autres et comment ils peuvent par exemple se detacher de l’ubwenge, la culture du mensonge et de l’agressivite. On ne va pas les aider en leur disant que ce qu’ils font se fait aussi ailleurs, c’est simpliste! Au Botswana par example, l’immoralite sexuelle est au top
    . Ceux qui, parmi eux veulent se retrouver dans le bon concert des nations devraient renoncet a certaines pratiqies. Leur dire la verite c’est l’unique facon de les aider. Que l’Alpha et l’Omega vienne au secours de nos insuffisances et de nos limites.

    1. Encore une fois, OK JAZZ, Compatriote Raz. Votre diagnostic épouse le mien et votre tentative de solution est dans la ligne que j’aurais voulu être adoptée par les Congolais et tous ceux qui leur veulent du bien !!!

  7. Compatriote Raz,
    #Je viens de relire votre témoignage sur les Rwandais et surtout les Tutsi, il est édifiant autant par le contenu qu’il nous donne à voir que par le fait qu’on sent derrière du vécu. Je vous en félicite et vous en remercie.
    Du coup permettez que j’en affiche un extrait pour que nos Compatriotes tantôt distraits tantôt peu préoccupés à en savoir davantage sur les atrocités de l’Est aient une autre occasion de s’en approcher :
    #[« …quand je parle de ce que j’ai vecu, je veux parle des temps que j’avais passe dans des cachots et d’autres abominables choses vecues dans ma peau pour defendre les faibles en tant que pretre missionaire d’une congregation internationale, … L’efficacite de nos analyses et convictions reside dans le fait que nous vivons au milieu des populations pour mieux les connaitre et connaitre leurs cultures. Nous prenons le temps de durer avec les populations contrairement a certains autres qui font des analyses rapides et non achevees. Les hommes sont differents, le tutsi l’est aussi! La culture du mensonge que j’ai observe chez ce peuple n’a pas d’egal. En terme spirituel il faudra parler de delivrance de toute une ethnie. Les analyses et les ecrits des missionaires sur les evenements et les peuples ont plus d’authorite sur le plan scientifique. …
    La meilleur maniere d’aider les tutsi et les hutu est de leur montrer en quoi ils sont differents des autres et comment ils peuvent par exemple se detacher de l’ubwenge, la culture du mensonge et de l’agressivite. On ne va pas les aider en leur disant que ce qu’ils font se fait aussi ailleurs, c’est simpliste!
    Ceux qui, parmi eux veulent se retrouver dans le bon concert des nations devraient renoncet a certaines pratiqies. Leur dire la verite c’est l’unique facon de les aider. Que l’Alpha et l’Omega vienne au secours de nos insuffisances et de nos limites. »]

  8. P.S.
    Cher Raz,
    Je me demande même si le grand mérite de votre message n’est pas que là où certains comme Maypyo lancent un défi à quiconque des Congolais voudrait déloger de force des Banyamulenge aussi Congolais qu’eux, semble-t-il – on se demande entre-temps où ils ont déniché tel projet, il n’existe même pas chez les Hunde, ni chez les Shi, ni chez les Fulero, ni Chez les Bembe, ni chez les Vira… frontaliers -, vous, vous proposez aux Banyarwanda et leurs soutiens au Rwanda, au Burundi et en Ouganda de reconnaître leur singularité (qui a abouti à des genocides entre-eux) et de se ‘delivrer’ de leurs dangereuses moeurs de mensonges et de violences…
    Moi je lui avais répondu que ce genre de rodomontades engageait le KIvu dans une guerre de 100 ans alors qu’une paix consensuelle était encore possible sur base des droits des uns et des autres et non de rapt planifié aux autochtones de leurs terres…

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