Haut Katanga: Mova veut « neutraliser » les « ennemis de la paix »

Médiocre ministre de l’Intérieur d’un Etat partial, Henri Mova Sakanyi considère ceux qui s’opposent à la volonté du « raïs » de briguer un nouveau mandat comme des « ennemis de la paix ». Ancien défenseur des droits humains et secrétaire général du parti dominant PPRD, Mova est l’initiateur des banderoles présentant « Joseph Kabila » comme candidat à l’élection présidentielle du 23 décembre en dépit de l’inéligibilité qui frappe ce dernier. Une situation qui ne va pas peu contribuer à l’exacerbation de la crise socio-politique dans laquelle le pays est plongé depuis le 19 décembre 2016. Qui menace la paix?

Vice-premier et ministre de l’Intérieur et de la sécurité, le PPRD Henri Mova Sakanyi est arrivé vendredi 25 mai à Lubumbashi. C’est la première visite que cet ancien secrétaire général du PPRD (Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie) effectue dans sa province d’origine.

D’après une dépêche de la très officielle Agence congolaise de presse (ACP), Mova va procéder à l’évaluation de la « situation sécuritaire » dans cette région du pays présentée à tort comme étant le « fief » du Président hors mandat. Selon cette même source, le ministre de l’Intérieur devrait arrêter des « stratégies susceptibles de bouter hors d’état de nuire les ennemis de la paix ».

Qui sont ces « ennemis de la paix »? La dépêche ne le précise pas. C’est bien connu que l’ex-ambassadeur en Belgique est un homme intolérant. Tous ceux qui ne pensent pas comme lui passent à ses yeux pour des « ennemis de la République ». Entendez: les opposants politiques, les vrais, et les activistes des mouvements citoyens. Bref, tous ceux réclament l’avènement de l’alternance démocratique.

« MIROIR DÉFORMANT »

Plusieurs fois ministre tant sous le régime AFDL que l’actuel, Mova a révélé sa véritable face lors de sa désignation en qualité de secrétaire général du PPRD. C’était en mai 2015 en remplacement d’Evariste Boshab. L’homme a brillé par une incompétence navrante. Il n’a pas été capable d’instaurer la culture du débat dans cette formation politique qui se réclame de la social-démocratie. Le PPRD serait-il devenu un « miroir déformant » qui « amoche » tous ceux qui osent s’y mirer?

Les cyniques ne manqueront pas de reconnaître au « professeur » Mova un seul « haut fait d’armes ». A savoir la création, sous la douce appellation de « jeunes leaders », d’une milice à l’image des tristement célèbres « Imbonerakure » du « césar » burundais Pierre Nkurunzinza. Et ce au mépris de l’article 190 de la Constitution: « Nul ne peut, sous peine de haute trahison, organiser des formations militaires, para-militaires ou des milices privées, ni entretenir une jeunesse armée ».

Qui menace la paix? Lors de la victoire des Léopards au Chan (Championnat d’Afrique des nations de football) en février 2016, Mova, alors Secrétaire général du PPRD, s’est cru en droit de griffonner sur son compte « Twitter » ces quelques mots indignes d’un prétendu universitaire: « Les Léopards donnent un 3e mandat à Joseph Kabila ».

DES BANDEROLES

Et pourtant. L’ancien activiste des droits humains est mieux placé que quiconque pour savoir que cette prise de position était irresponsable et inconstitutionnelle dans la mesure où le dernier mandat du Président en exercice expirait le 19 décembre 2016.

Que dire des banderoles placardées sur certaines artères de la capitale – à l’initiative du même Mova – présentant l’inéligible « Kabila » en candidat du PPRD à la prochaine élection présidentielle. Une démarche qui ne peut que corser la crise de légitimité dans laquelle le pays est replongé par la bêtise humaine.

On le voit, les véritables « ennemis de la paix » sont à rechercher parmi les thuriféraires du « raïs » du genre Mova et consorts. Agir autrement revient non seulement à distraire l’opinion des véritables préoccupations mais surtout à se tromper de combat et d’adversaire.

 

B.A.W.