La perception de l’autre comme étranger

Mayoyo Bitumba Tipo-Tipo
Mayoyo Bitumba Tipo-Tipo

Français et professeur de français, Benoît Gardonio examinant la question de savoir s’il existe une différence entre la perception et la réalité répond par l’affirmatif: « Oui, et pas qu’une seule! ». Car, poursuit-il, « notre perception de la réalité passe par un filtre perceptuel qui ne laisse en fait que très peu de place à la réalité. Toute perception du monde est un acte créatif. Aussi surprenant que cela puisse paraître, nous sommes les acteurs de notre propre perception. La réalité est une mais la perception que nous en avons est plurielle. Parce que la perception est un processus qui n’est pas seulement biologique mais aussi cognitif, émotionnel et culturel. Donc il y a nécessairement une différence ». Directeur du Policy Institute du King’s College de Londres, Bobby Duffy lui répond en écho dans son ouvrage « The Perils of perception » qui « révèle un décalage important entre les réalités sociales et économiques et les perceptions que nous en avons ». Dans cet article, je vais illustrer l’ampleur de ce fossé ainsi que le danger qu’il représente dans la vie en société, en partant d’une réaction de chryso45 à ma réflexion sur « L’occupation du Congo-Kinshasa » (Congo Indépendant 19 mars 2020).

La problématique

Comme la plupart de mes compatriotes, je percevais tous les Tutsi vivant dans notre pays comme des réfugiés rwandais. Mais lors des recherches qui ont abouti à la publication de mon troisième livre « La Deuxième Guerre Occidentale contre le Congo. Offensive des médias et dessous des cartes » (Paris, L’Harmattan, 2006), je suis tombé sur les travaux de George Weis chez un bouquiniste du Quartier Matonge à Bruxelles: « Le pays d’Uvira. Etude de géographie régionale sur la bordure occidentale du lac Tanganika » (Bruxelles, Académie royale des sciences coloniales, classe des sciences naturelles et médicales, Mémoires, tome VIII, fascicule 15, 1959).

George Weis « fut professeur de géographie et de sciences sociales à l’Athénée royal d’Ixelles et également chargé de cours au Centre universitaire d’Anvers ». Diplômé licencié en géographie, il fut « un géographe de talent, auteur d’un manuel remarqué destiné aux athénées congolais »: « Géographie générale. Cycle d’orientation, 1ère année » (Namur, Wesmael-Charlier, 1966). Il avait eu « une chance tout à fait spéciale » d’être « envoyé, juste après [son] diplôme, faire une étude régionale de la zone montagneuse du rift accidentel du lac Tanganyka, au-dessus d’Uvira ». Dans son ouvrage, il indique que peu avant 1885, « quelques familles de pasteurs Tutsi, fuyant le Ruanda traversèrent la Ruzizi, pénétrèrent au Congo Belge et se fixèrent en premier lieu à Lemera dans la chefferie des Fulero au Sud-Kivu. Les descendants de ces émigrés gagnèrent la chefferie des Vira et y fondèrent les villages de Galye, Munanira, Kishombwe et Kalonge-Kataka, au-dessus des derniers villages Vira. L’immigration ne donna pas lieu à des réactions hostiles de la part des Vira parce qu’elle se localisa en dehors des terres occupées par ceux-ci ».

A la lumière de la définition de la nationalité congolaise d’origine, que celle-ci se réfère à la tribu, à l’ethnie ou au groupe ethnique, qu’elle remonte à 1885, 1908 ou à une autre année ultérieure, ces Tutsi-là sont des Congolais d’origine. Mais quand j’oppose cette réalité à chryso45, ce dernier m’accuse de « continuer à faire allusion aux ‘Tutsis congolais’ » alors qu’il « a démontré dans [son] blog » que la réalité des Tutsi congolais est « une assertion mensongère ». Il va plus loin. Il me met carrément dans le sac de « ces ‘intellectuels’ ou pseudo-lobbyistes congolais » qui tentent de « défendre la ‘cause’ d’une catégorie des originaires du Ruanda-Urundi, particulièrement celle de la classe sociale tutsi venue du Rwanda ».

La perception et son impact sur le jugement

Chryso45 me fait observer ce qui suit: « Citant George Weis, vous notez ‘quelques familles de pasteurs Tutsi, fuyant le Ruanda traversèrent la Ruzizi, pénétrèrent au Congo Belge et se fixèrent en premier lieu à Lemera dans la chefferie des Fulero au Sud-Kivu’. Mais, que signifie le verbe ‘fuir’? En français facile, c’est quitter un lieu en toute hâte. Question: de qui s’agit-il? Réponse: ‘quelques familles de pasteurs Tutsi’. Question: quel lieu ont-elles quitté à la hâte (fui)? Réponse : ‘le Ruanda’. Question: pour quelle destination? Réponse: le ‘Congo-Kinshasa’. Donc, leur identité (origine) est connue! le lieu de départ, aussi! Et la destination, également! Mais alors, comment pouvez-vous ainsi considérer ces ‘quelques familles de pasteurs Tutsi’ qui ont trouvé refuge […] au Congo-Kinshasa comme des ‘Congolais authentiques’ ou Congolais d’origine? Dans cette citation, il ne s’agit pas d’une reconnaissance, de la part de George Weis, de ces réfugiés qui fuyaient le Ruanda comme ‘Congolais authentiques’, loin s’en faut! ».

Est-il exact d’affirmer que des pasteurs Tutsi émigrant avant 1885 d’une partie du Rwanda actuel et entrant dans l’actuel espace Congo-Kinshasa allaient trouver refuge dans ce dernier pays alors même que le Rwanda et le Congo-Kinshasa n’existaient pas encore, alors même que les ancêtres du Congo-Kinshasa, c’est-à-dire le Congo Belge, l’Etat Indépendant du Congo ou encore, dans une moindre mesure, l’Association Internationale pour le Congo, n’étaient pas encore nés? Peut-on considérer ces Tutsi comme des réfugiés alors que la notion de réfugié est récente et remonte à la fin de la Deuxième Guerre Mondiale?

Il y a plus intéressant. Le cadre temporel concerné ici est peu avant 1885, année de la tenue de la Conférence de Berlin où les frontières de ce qui deviendra Congo-Kinshasa seront présentées pour la première fois. Quand Weis et Chryso45 parlent respectivement du Ruanda et du Rwanda cette année-là, de quoi parlent-ils exactement? Une chose est certaine. Ils ne parlent pas du Rwanda actuel qui n’existait pas encore. Il n’est même pas certain qu’ils parlent du Royaume du Ruanda. Car celui-ci ne s’étendait pas sur tout le territoire du Rwanda actuel. Il se situait au centre et était entouré des royaumes dirigés par des monarques hutus. D’où venaient précisément ces pasteurs Tutsi? Du royaume du Ruanda ou d’un royaume dirigé par un Hutu? Personne ne le sait. Même si ces pasteurs s’étaient déplacés peu après 1885, c’est-à-dire à l’époque de l’Etat Indépendant du Congo, rien ne permet de conclure qu’ils venaient du Royaume du Ruanda. Ils pouvaient bien venir du Congo. Car en 1885, la frontière de l’Etat Indépendant du Congo se situait en plein espace actuel du Rwanda. C’est à partir de 1910 que des négociations entre Allemands et Belges l’ont ramenée à son emplacement actuel.

Chryso45 nie l’existence des Tutsi congolais pour deux autres raisons. La première est que le nom de leur tribu ne figure pas dans certains manuels sur l’ethnographie du Congo-Kinshasa. D’abord, jusqu’à ce jour, personne ne connait le nombre exact des tribus congolaises. Cela dépend d’un auteur à un autre. Ensuite, les Tutsi congolais ne constituent pas l’unique tribu qui serait oubliée par les grands ethnologues. Dans mon secteur, celui de Luniungu dans le territoire de Bulungu au Kwilu, les manuels d’ethnographie n’ont répertorié que quatre tribus: Bahungana, Bambala, Bangongo et Basongo. Pourtant, les Basamba existent et ont leur propre langue. Dans le gouvernement congolais actuel, l’unique ressortissant du secteur Luniungu est un Musamba.

Autre exemple. En 2014, j’ai séjourné pour la première fois à Libenge dans l’actuelle province du Sud-Ubangi. La sœur supérieure du couvent dans lequel j’avais loué une chambre m’avait fait rencontrer une communauté des Pygmées semi-sédentarisés au village Kambe, situé à 10 Km. Leur tribu, les Mbenga, n’est pas reprise dans les listes courantes des tribus congolaises. Jusqu’à ce jour, les Mbenga se jouent des frontières dans la forêt située entre le Congo-Kinshasa, le Congo-Brazaville et la Centrafrique. Quand un processus électoral les trouve dans tel ou tel autre de ces trois Etats, ils s’inscrivent comme électeurs quand on les oblige de le faire et ils votent. En 2015 et à la demande de leurs mères, j’ai adopté légalement trois fillettes de Kambe, après avoir prises en charge une année auparavant en les plaçant au couvent des sœurs pour leur donner la chance d’aller à l’école. Depuis 2017, elles évoluent très bien dans un internat des religieuses à Kinshasa, en attendant leur émigration en Belgique dans le cadre de regroupement familial. Si mes ancêtres me prêtent vie, elles vont devenir les premières personnes lettrées de leur tribu et peut être jouer un grand rôle demain au pays. Faut-il remettre en cause la nationalité congolaise d’origine des Basamba et des Mbenga parce que les noms de leurs tribus ne figurent dans aucun manuel d’ethnologues?

La deuxième raison justifiant la négation de l’existence des Tutsi congolais résiderait dans le fait que ceux-ci ne peuvent être considérés comme une tribu congolaise parce que ne répondant pas aux trois caractéristiques d’une tribu, à savoir la langue, le territoire et la chefferie. Pourtant, pour qu’une communauté humaine soit considérée comme une tribu ou ethnie, ces trois caractéristiques ne doivent pas forcement être réunis. Pour preuve, au Burundi comme au Rwanda, les Hutu et les Tutsi sont considérés comme des tribus ou ethnies différentes, mais ils partagent la même langue et le même territoire. Par ailleurs, pour revenir aux réalités sociales du Congo-Kinshasa, je suis un Mumbala du secteur Luniungu dans le territoire de Bulungu au Kwilu. Il n’existe aucune chefferie des Bambala dans ma contrée. Mieux, dans celle-ci, les Bambala partagent le même territoire avec les Bahungana, les Bangongo, les Basamba et, dans une moindre mesure, les Basongo. Faut-il conclure que les Bambala ne sont pas une tribu ou ethnie congolaise, nous qui avons tant donné à la musique congolaise moderne avec nos mélodies, chants et danses repris par les grandes vedettes du pays, de Tabu Ley aux ténors de Wenge Musica et en passant par les Papa Wemba, King Kester Emeneya et Koffi Olomide?

La perception en œuvre ailleurs en Afrique

Le phénomène décrit ci-haut, la perception de l’autre comme étranger alors même qu’il ne l’est pas, n’est pas l’apanage du Congo-Kinshasa. En 2004-2005, j’ai dirigé, pour le compte d’une organisation internationale, une équipe de onze staffs internationaux couplés à onze staffs nationaux pour organiser les élections générales dans la province de Lofa au Liberia où coexistent difficilement, parfois de manière violente ou sanglante, deux grandes tribus: les Lorma et les Madingo. Les premiers se considèrent comme des autochtones et s’imaginent que les seconds sont des étrangers alors même qu’ils ont leur propre territoire qu’ils occupent depuis des siècles. Les Madingo ont le malheur d’être, contrairement au reste des Libériens, des musulmans. La perception d’allochtones qui leur colle à la peau est largement partagée par les autres tribus ou ethnies du pays. Pendant l’enregistrement des électeurs, les Madingo de la capitale accusèrent mon équipe de refuser d’enregistrer les leurs par milliers. Nous avions sillonné tout le territoire Madingo avec une équipe venue de la capitale. Seuls deux jeunes avaient été rejetés pour des raisons conformes à la loi électorale. Le jour du vote, ce fut au tour des Lorma d’accuser mon équipe de laisser des milliers des Madingo de la Guinée-Conakry voisine participer au vote dans deux bureaux frontaliers. La BBC relaya cette information. Ma hiérarchie trembla. Mais arrivé sur les lieux avec mes deux adjoints, l’information s’était révélée totalement fausse.

En novembre 2011, j’ai coordonné, toujours pour le compte d’une organisation internationale, la caravane pour la paix et la réconciliation dans le Nord-est de la Centrafrique afin de restaurer la confiance entre les populations et permettre le retour des milliers de personnes déplacées et de réfugiés au Soudan et au Tchad après que cette partie du pays ait été mise à feu et à sang par deux groupes rebelles rivaux sur le plan ethnique: les Goula et les Rounga. Disposant d’un hélicoptère, un avion, deux équipages et un conseiller en aviation ainsi que des véhicules prépositionnés, j’ai parcouru toutes les grandes agglomérations des provinces de Bamingui-Bangoran, Haute-Kotto et Vakaga couvrant 191.350 km², soit 31% de la superficie totale du pays. Je me suis ainsi rendu compte que ce coin reculé puisque mal connecté au reste du territoire national était faiblement et majoritairement peuplé par des musulmans ayant leurs sultanats comme celui de Dar el-Kouti datant de 1830. Cependant, en dépit de cette évidence, une perception largement répandue voudrait que les musulmans centrafricains soient des étrangers.

Conclusion

Les Tutsi congolais sont une réalité. Marteler cette évidence ne signifie nullement cautionner la manière dont ils se sont laissé instrumentaliser par l’hégémonie tutsi rwandaise incarnée par Paul Kagame. Cela ne signifie pas non plus soutenir leur volonté d’ériger Minembwe en un territoire des Tutsi, Banyarwanda ou Banyamulenge seuls; ce que le Premier ministre ‘nationaliste lumumbiste’ Adolphe Muzito avait laissé faire. Car, dans le contexte des velléités expansionnistes du dictateur de Kigali, cela équivaudrait à ouvrir un boulevard à un référendum d’autodétermination, prélude à l’annexion de cette partie de notre territoire national par une grenouille qui voudrait se faire aussi grosse qu’un bœuf. Il n’y a effectivement aucune raison raisonnable d’en arriver là. Soucieux de reproduire la configuration administrative de leur pays, les colonisateurs belges s’étaient lancés dans une entreprise visant à créer des territoires ethniquement homogènes au Congo-Kinshasa. Ils étaient obligés d’abandonner leur projet tellement qu’il était impossible à mettre en œuvre dans le contexte congolais.

Depuis son indépendance, notre pays a toujours été confronté aux problèmes de gouvernance. La recherche des solutions exige de tout un chacun de jeter ses propres perceptions ou hallucinations dans la poubelle afin de mieux appréhender nos réalités sociales et politiques. La perception de l’autre comme étranger alors même qu’il ne l’est pas a plongé plusieurs nations africaines dans la guerre. A ce sujet, notre pays, à l’instar d’autres Etats africains tels que la Centrafrique et le Liberia, est un cas d’école.

 

Par Mayoyo Bitumba Tipo-Tipo

46 thoughts on “La perception de l’autre comme étranger

  1. Waouh ! Je like. J’ai avalé d’un trait ce bel enchainement d’uppercuts/arguments, dans un légendaire style simple et fluide, la fougue et souci des détails et de pédagogie. Merci l’artiste, même si pour mon humble avis les premiers papiers sont déjà clairs par rapport à la définition de nationalité congolaise d’origine de ces compatriotes Tutsi Banyarwanda/Banyaminembwe/Banyamulenge frères d’Hitler Kagame et Kanambe que nous détestons avec raison pour leurs tueries monstrueuses des Congolais. Bonne continuation !

    1. Cher Djo X,
      Si vous avez compris que selon la définition du Congolais d’origine par nos différentes Constitutions, les Tutsi de Minembwe sont des Congolais d’origine, je ne peux que m’en réjouir. Mais il ne faut pas aller à l’autre extrême en ne voyant en eux que des bourreaux. Ils sont aussi victimes des combats qui se déroulent chez eux. Dans l’un des prochains articles, je vais souligner comment l’irresponsabilité du pouvoir d’Etat congolais les a jetés dans les bras de Paul Kagame.

  2. Premières impressions !?
    # Mayoyo nous offre un mémoire laborieux sur « La perception de l’autre comme étranger » comme pour nous révéler comment certains Congolais percevraient-ils à tort les Banyamulenge comme des « étrangers » ? N’aurait-il pas été plus exhaustif de sa part s’il avait complété sa démonstration par l’autre face de la question, « la perception de soi-même Mwanamulenge comme étranger au Congo » ? En effet comment pouvez-vous croire nous prouver dans votre dissertation potache que « les quelques familles de pasteurs Tutsi, fuyant le Ruanda qui ont traversé la Ruzizi, pénétrer au Congo Belge et se sont fixés en premier lieu à Lemera dans la chefferie des Fulero au Sud Kivu » n’étaient pas que quelques pauvres réfugiés étrangers qui eux-mêmes se voyaient comme tels – et se sont vus longtemps et se voient encore certains comme tels -, ne pouvant que vaguement représenter les Banyamulenge actuels. Dans tous les cas en quoi quelques nomades réfugiés Tutsi échappés en 1885 au Sud Kivu Congolais peuvent-ils représenter une tribu constitutive de l’ancien Congo belge (cela est clair à travers les descriptions de Weis à qui on veut coller des intentions et des propos qu’il ne veut pas tenir) quelque part où ils se sont retrouvés par hasard réfugiés en quête des terres fuyant leur pays d’origine ? Selon Weis ils se fixèrent en premier lieu à Lemera dans la chefferie des Fulero au Sud-Kivu pour changer régulièrement d’emplacement comme tout nomade en plus étranger, venu donc de loin pour se poser dans une contrée qui n’est pas la sienne.
    # Mayoyo veut voir dans cet exode ce qu’il veut et se prenant au passage pour le Maître qui saurait tout somme sans démontrer et sans convaincre que nous le voyons ?Ainsi « Les Tutsi congolais sont une réalité », une parole d’Evangile selon Mayoyo devenu historien des Grands Lacs incontournable qui met un point final à toute historiographie. Le plus regrettable est qu’il se trouve des Congolais à le suivre passivement sans chercher à en savoir plus par eux-mêmes.
    Celui qui le veut et le peut pourra lire et en tirer lui-même ses conclusions et déductions le livre entier de G. Weis qui est devenu la bible de certains, il est accessible ici sur la Toile,
    « [Académie royale Sciences
    CLASSE DES SCIENCES NATURELLES ET MÉDICALES
    LE PAYS D’UVIRA – Etude de géographie régionale sur la bordure occidentale du lac Tanganika
    G. WEIS – DOCTEUR EN GÉOGRAPHIE
    BRUXELLES – 1959
    ° http://www.kaowarsom.be/documents/MEMOIRES_VERHANDELINGEN/Sciences_naturelles_medicales/Nat.Sc.(NS)_T.VIII,5_WEIS,%20G._Le%20pays%20d%27Uvira.%20Etude%20de%20g%C3%A9ographie%20r%C3%A9gionale%20sur%20la%20bordure%20occidentale%20du%20lac%20Tanganika_1959.PDF ] »
    A bientôt parce que je crois que j’y reviendrai !

    1. Cher Nono,
      En trois articles, les échanges entre nous ont porté sur la nationalité des Tutsi de Minembwe. Pour moi, ces sont des Congolais d’origine. Pour d’autres, ce sont des réfugiés rwandais. A la lumière de ces échanges et de la définition du Congolais d’origine par nos différentes Constitutions, quel est votre avis et comment le justifiez-vous ? Silence !
      Vous ouvrez un autre débat parce qu’apparemment, les Tutsi de Minembwe vous auraient appris qu’ils se perçoivent comme des étrangers. Peut-être que ce ne serait là que votre propre perception. Que ce soit la vôtre ou la leur, en quoi cela change-t-il la définition de la nationalité congolaise d’origine ? Pouvez-vous nous dire avec certitude où se trouvaient vos ancêtres à vous peu avant 1885 et d’où venaient-ils avant de s’établir à cet endroit précis ? Pour vous comme pour d’autres compatriotes, les Tutsi de Minembwe ne seraient que des « pauvres réfugiés étrangers » en 1885 alors même que la notion de refugié remonte à la Deuxième Guerre Mondiale. Ne voyez-vous pas que vous êtes en plein délire ?
      Ne pouvant avancer des arguments pour défendre votre thèse indéfendable, vous voilà en train de divaguer en cherchant à me tourner au ridicule ; une tactique digne des esprits faibles dans un forum de discussion. Ainsi, pour vous, je suis « le Maître qui saurait tout » ; « un historien des Grands Lacs incontournable ». Je ne suis rien de tout cela. Mais j’ai un net avantage sur vous dans cet espace bien nommé « Opinion & débat ». Je traite des questions que j’ai étudié en profondeur lors de mes recherches, lesquelles recherches ont abouti à des publications. Paresseux comme le sont généralement les intellectuels congolais, vous préférez succomber à la loi du moindre effort en répandant des hallucinations au lieu de vous documenter.
      Puisque vous êtes convaincu que les Tutsi de Minembwe ne sont que « des pauvres réfugiés », pourquoi n’allez-vous pas les refouler ? Pourquoi laisser certains des leurs au gouvernement ? Qu’attendez-vous pour aller bouter le plus influent des Tutsi du Congo, Joseph Kabila, hors du territoire national ? Pourquoi recommandez-vous la lecture du livre de George Weis que je viens de vous faire découvrir ? Pourquoi donnez vos premières impressions avant de le lire sans doute dans l’espoir de sauter de joie à l’idée que je mens ? Pauvre Congo !
      Je ne sais même pas ce que vous faites dans la vie. Mais retenez que non seulement j’ai publié des livres sur les questions de gouvernance auxquels reste confronté notre pays et bien d’autres pays africains. Mais mieux, depuis 2004, ma carrière internationale se joue uniquement dans le domaine de la gouvernance. Olinga olinga te, cela signifie que j’ai une expertise certaine dans ce domaine. Venez avec des contre-arguments et nous allons discuter en hommes civilisés. Mais chercher à vous moquer de moi, c’est avant tout vous moquez de vous-même.

      1. Cher Mayoyo,
        # On dirait qu’il existe chez vous un égotisme extrême : incapable de lire chez vos interlocuteurs autre chose que ce vous auriez voulu qu’ils vous répondent, personne ne répond à vos questions parce qu’en fait celles-ci ne sont pas dans le sens que vous souhaitez. Je ne vous le reproche pas, c’est votre nature, vous ne pouvez cesser comme Narcisse de voir votre trophée partout mais c’est aussi ce qui fait que vous êtes ce que vous êtes. Simplement à la longue c’en devient lassant pour vos interlocuteurs et ça rend pour le moins le dialogue surréaliste. Passons…
        # – Je viendrais d’inventer des Banyarwanda qui se sentiraient étrangers au Sud Kivu ? Voyons donc ! Me lisez-vous quand j’en parle ou regardez-vous ce qu’il se passe exactement chez les immigrés rwandais installés au Congo ? Pourquoi croyez-vous qu’ils posent des problèmes de cohabitation avec les autochtones ? Même le fameux Weis le décrit entre les lignes. En partie parce qu’ils sont dans ce paradoxe de revendiquer d’être Congolais tout en continuant à s’y sentir étrangers, loyaux jusqu’au crime à leur berceau d’origine. Ils sont incapables de s’intégrer au Congo sans demander des attributs spécifiques à eux seuls. Je n’ai cessé de le démontrer ici mais vous ne l’avez jamais lu.
        Ailleurs, que le statut de réfugié soit de création plus récente vous dérange. Honnêtement il n’y a que des observateurs conformistes tatillons et raisonneurs au risque d’être irréalistes à s’y attarder tant la réalité de réfugié politique, économique… a toujours existé et risque de l’être encore demain. Le vrai ‘délire’ est donc ailleurs. Plus risible, vous me sommez de refouler les réfugiés. Les réfugiés ne seraient donc bons qu’à être refoulés ? Et qui suis-je pour me charger de cette opération comme si vos propositions de ‘desinfiltration’ des Rwandais tapis dans nos institutions politiques, administratives et sécuritaires vous obligeaient à les accomplir vous mêmes. De mieux en mieux…
        # – Un débat sur la nationalité des Tutsi de Minembwe ? Pas exactement ma préoccupation, je l’ai dit et redit : ce qui m’interpelle ce sont le processus et les attendus qui font d’eux des Congolais comme des autres. Se limiter à leur prétendue présence depuis des générations ne me satisfait pas car pour moi la réalité n’est pas exactement celle-là. De plus, cela ne peut clore le débat au vu de l’histoire : beaucoup des Tutsi installés au Congo ont bien le droit d’être des Congolais s’ils le veulent et s’ils ne se cabrent pas à revendiquer des conditions juridiques, foncières et autres particulières. Aujourd’hui le débat serait pour moi autour des conditions de reconnaissance de nationalité pour en finir une fois pour toutes.
        # – C’est ce que je n’ai cessé de démontrer comme dans le cas de la « nationalité d’origine » : les Congolais comme tous les autres peuples ont droit et besoin d’une « identité claire ». C’est le principe à respecter tant la « crise de légitimité » chronique de nos pouvoirs successifs a aussi à avoir avec la « nationalité douteuse » de ses animateurs aggravée depuis l’invasion rwandaise : infiltrations, brassages, mixages et nominations illégitimes ont lourdement brouillé notre identité. Il serait urgent que la mise en place d’un état-civil honnête et efficace devienne une grande priorité politique et administrative. Si vous ne voyez que silence dans ce que j’ai dit et répété, je ne peux vous le dire dans une autre langue. Et ce serait cela pour vous, se moquer du grand fonctionnaire international et l’auteur des sommes irremplaçables sur le Congo. Une autre fleur pour vous, je vous l’offre volontiers. Mais si vous êtes de ceux pour qui ‘votre sujet favori c’est vous même’, comme disait quelqu’un, moi je vous l’accorde quand ça me va et le dénonce dans le cas contraire. Sans rancune !

    2. Mon frere Nono,
      Oniati! je recommanderais a tous les lecteurs – particulierement ceux qui comprennent l’Anglais – le livre de John Kapapi intitule « LIES OF THE TUTSI in Eastern Congo/Zaire. Il s’agit d’un livre de 248 pages, mieux que la seule et unique citation du Professeur George Weis dont Mayoyo Bitumba Tipo-Tipo tire une conclusion erronee!
      Je crois que la version francaise existe aussi.

      1. Je ne connaissais pas ce livre, cher Chryso, je chercherai à m’en procurer même en anglais. Qu’il soit là nous assure quelque part de la légitimité de notre combat et devrait nous encourager à convaincre partout de la vérité de notre cause : on nous a assez trompé jusqu’à l’interprétation trop hâtive des faits.
        Nous n’avons pas à nous laisser abuser par des ennemis rusés ou par nos propres frères qui n’auraient pas compris que nous faillirons à laisser à d’autres le droit et nos moyens à nous défendre.
        Pas donc d’interprétation peu rigoureuse de ce qu’il s’est passé il y’à un siècle et continue à être de même..Il se pose aujourd’hui des problèmes en notre défaveur dans les relations entre nous et le Rwanda fût-ce parce que ça semble aller mieux chez eux. Vivement que ce soit demain le contraire de notre fait…

  3. Il est difficile, très difficile de falsifier l’histoire. Car les archives existent et parlent. Mais on peut toujours essayer. Certains d’entre nous savent aussi lire. Même les non-jésuites. Même ceux des instituts Mashakado. Nous ne nous laisserons pas faire.
    Na esprit ya bien !

    1. Cher Jo Bongos,
      Très bien dit : « les archives existent et parlent ». Mais commencez par les consulter au lieu de vous précipiter en écrivant que « Nous ne nous laisserons pas » ; ce qui du reste ressemble à de la pantalonnade quand on sait que depuis un peu plus de deux décennies, la nation congolaise est sous le joug du Tutsi power.

      1. Cher Mpangi,
        Je vous sens très tendu ces jours. Qu’est ce qui se passe ? Covid-19 stress ? Je ne vous reconnais plus. Vous tirez sur tout ce qui bouge…
        Rassurez-vous, je me documente. Je consulte les archives. Peut-être pas comme vous mais je m’informe même si l’histoire n’est pas mon domaine de prédilection. Je m’informe tellement que je ne puis gober tout ce que vous dites.
        J’ai un service à vous demander : auriez-vous la gentillesse de dire à vos applaudisseurs rwandais sur ce site que tout celui qui conteste leur mensonge depuis 25 ans n’est pas forcement un interhamwe ? Ça devient lassant de les voir sortir toujours la même chanson. Tolembi !

  4. C’est pendant que notre pays le Congo est en train de vivre l’expérience la plus traumatique de son histoire que certains individus sans cœur trouvent leur meilleure occasion de secouer leur poignard dans la plaie d’une nation plus que jamais meurtrie. Alors que la psychologie sociale oriente à une auge de solidarité, de compassion et d’entraide, les irresponsables eux, s’adonnent à ce que mieux ils savent faire, se moquer de la douleur des millions de familles qui n’ont même pas le temps de pleurer les leurs car, obligées pour se protéger de passer à la clandestinité à travers savanes et forêts, affrontant toutes sortes d’intempéries et de maladies.
    La diaspora congolaise qui regorgerait des îlots d’excellence appelés à reprendre en main le gouvernail du pays demain, devrait d’ores et déjà circonscrire un code pénal adapté au moment de guerre asymétrique que nous subissons. Ce qui suppose la constitution d’un corps de juristes dédiés à poursuivre les délits, les typifier conformément au code pénal qui aquérira sa pleine efficacité aussitôt stoppée l’aventure actuelle d’occupation des tutsis.
    Si en tant normal de fonctionnement de l’État le fait de caresser dans le sens du poil et de se faire porte-parole des tueurs terroristes s’identifie comme exhaltation et apologie du terrorisme, se faire avocat des assaillants tutsis banyarwanda ou que sais-je, ces fils de satan qui ont pour objectif à peine voilé de s’accaparer de nos terres par une opération d’épuration ethnique mérite la typificación d’exhaltation et apologie du génocide. En effet, la figure du délit se trouve accomplie autant il est appréciable en le sujet actif du délit outre la capacité intellectif, celui volitif. Plus encore, dans la réalisation du délit, est-il de considérer des circonstances nettement aggravantes, notamment la réitération, l’usage en abus de confiance des canaux de diffusion patriotiques dont CIC, ce qui s’inscrit en un haut degré de dévaleur. Par Ailleurs, la reprochabilité de la conduite est d’autant plus grande que la commission du délit s’étend en ces moments actuels de pratiquement un état d’urgence mondial, occasionné par la crise du Coronavirus. Comme le prévoit le Droit pénal au niveau international, le châtiment est majeur.

      1. Il ne suffit pas d’écrire avec légèreté en lingam pour tenter de détourner l’attention. Cette pratique de diversion est la prisée par les assaillants tutsis et leurs collabos « congolais », de l’humour cynique et macabre.
        Il ne m’appartient pas de supplanter l »impératif iusphilosophique du Droit omnipotent. De là, vous comprendrez que le Droit agit indépendamment des « bilobela ». Le délit d’exhaltation et apologie du génocide est imprescriptible et croyez-moi, la loi vous réjoindra.

  5. {[C. LA SUCCESSION DES CIVILISATIONS ET LA MISE EN PLACE EN PLACE DES POPULATIONS
    (G. Weis – Le pays d’Uvira pp 140 – 152)
    ° http://www.kaowarsom.be/documents/MEMOIRES_VERHANDELINGEN/Sciences_naturelles_medicales/Nat.Sc.(NS)_T.VIII,5_WEIS,%20G._Le%20pays%20d%27Uvira.%20Etude%20de%20g%C3%A9ographie%20r%C3%A9gionale%20sur%20la%20bordure%20occidentale%20du%20lac%20Tanganika_1959.PDF )
    Quatre civilisations ont marqué la petite chefferie des Vira. Il est essentiel de constater que chacune d’elles conserve une bonne part d’originalité, en maintenant son influence, d’une part dans un domaine technique spécifique, et d’autre part dans un espace déterminé : en gros, la civilisation européenne domine par son organisation, mais elle n’a encore pris réellement possession de l’espace que sur les 35 km² du piedmont ; les civilisations agricole des Vira et pastorale des Ruanda se partagent l’exploitation du sol, la première jusqu’à 2.000 m, la seconde au-delà ; il faut encore ajouter les incursions arabes, dont subsistent des traces dans l’islamisation partielle des populations du piedmont. La répartition nette des zones d’influence et la spécificité technique ne signifient pas que les différentes civilisations vivent isolées ; leurs contacts se sont multipliés dans le temps, particulièrement sous l’intervention européenne, la dernière en date (1). Leur succession même, en nous éclairant sur l’histoire du peuplement, nous fait progresser dans la compréhension des contrastes actuels de celui-ci, de manière plus subtile que toute autre tentative d’explication.
    (1)Nous étudierons la pénétration européenne dans le chapitre VI, avec le piedmont.
    1) LE PEUPLEMENT ANCIEN (i).
    a) Le peuplement pré-vira.
    Des Twa pygmoïdes auraient parcouru le sud de Ritombwe avant l’arrivée des Vira. Ils appartenaient à une civilisation néolithique pré-bantoue. Ils ne connaissaient ni l’usage du fer, ni l’agriculture, se nourrissaient de produits de cueillette et de chasse, et vivaient dans des abris de fortune construits au hasard de leurs déplacements. […]
    (1) L’évolution historique que nous traçons de la chefferie des Vira repose sur des documents du territoire d’Uvira, et sur l’ouvrage de MOËLLER [104]. Nous ne donnons pas cette évolution pour certaine, nous nous contentons de tracer des lignes directrices liant le peuplement ancien à l’actuel.
    2. A partir de leur arrivée, l’histoire des Vira se résume à une suite de reculs sous la pression de nouveaux venus (fig- 21 ). Les Bongo d’abord (ou Shi) en se fixant au sud-ouest du lac Kivu, puis les Fulero, venus de l’Ulinda, refoulèrent les Vira vers le sud, jusqu’à la rivière Kiliba, une dizaine de kilomètres au nord de la Kawezi, frontière septentrionale actuelle de la chefferie.[…]
    (FiG. 21. — Carte politique et ethnique du territoire d’Uvira. Reculs successifs des Vira. 1. Limite orientale du plateau de l’Itombwe. 2. Limite de territoire. 3. Limite de chefferie. 4. Chemin de fer. 5. Route ou piste. 6. Villages Ruanda du versant. 7. Terroir actuel des Vira. 8. Zone perdue par les Vira au XIX » siècle. 9. Zone perdue au XVIIIe siècle. 10. Zone abandonnée au XVIfe siècle, chf : chefferie ; terr : territoire ; r : rivière. Villages du plateau : M, Masango ; T, Tutanga ; B, Bijombo.)
    L’histoire du peuplement bantou fut, en résumé, une suite de poussées d’abord, puis de compressions, quand l’espace envahi se trouva rempli et quand la possession de la terre devint l’objet de concurrence entre les peuples. L’évolution paraît extrême à Uvira par suite d’une convergence des migrations, de la terminaison dans la région des grandes poussées humaines qui descendirent le graben, ou de quelque phénomène semblable — mal défini on s’en doute dans les traditions orales — qui put amorcer la concentration de la population qui donna la densité actuelle. Cette évolution aboutit à une situation de refuge, les Vira reculant progressivement sous la poussée des peuples voisins. Cela aide à comprendre qu’ils soient établis dans des conditions physiques difficiles, sur un versant raide, aux sols détritiques. Certes l’espace leur a été ouvert très longtemps vers le plateau, en altitude. Mais ils n’ont pas dépassé dans cette direction la limite extrême, vers 2.000 m, de leurs cultures traditionnelles(1). Aujourd’hui, l’extension en altitude leur est interdite, sur le haut versant du lac et sur le plateau, dans cet espace que les Ruanda ont trouvé vide au début du siècle, et qu’ils ont occupé.
    (1) L’arachide s’arrête à 1.500 m, le manioc vers 1.900 m, le bananier atteint péniblement 2.100 m. Voici apparemment une limite physique, mais il aurait suffi que les Vira tempèrent leur attachement à des cultures non alticoles, pour que la barrière de 2.000 m soit abolie. Les populations actuelles du versant occidental du plateau cultivent, par exemple, le maïs, le pois et le haricot à 2.600 m encore.
    2) L’HISTOIRE RÉCENTE
    a) Les répercussions des razzias arabes sur les populations d’Uvira.
    Avant l’arrivée des Ruanda et des Européens, la région d’Uvira vécut un épisode particulier de son histoire, la colonisation arabe. Cette colonisation se traduisit en Afrique par la déportation et le massacre de nombreuses populations. Le Kivu en particulier subit les razzias, mais le courant d’esclavagisme s’y limita aux rives du lac Tanganika et ne dépassa pas vers le nord de la plaine de la Ruzizi [81]. L’occupation arabe au Kivu ne survécut d’ailleurs pas à la destruction par les Européens des villes de Kasongo, sur le Lualaba, et de Kigoma, principal centre esclavagiste sur le lacTanganika.[…]
    b) Les Ruanda.
    Peu avant 1900, quelques familles de pasteurs Tutsi, fuyant le Ruanda, traversèrent la Ruzizi, pénétrèrent au Congo belge et se fixèrent en premier lieu à Lemera, dans la chefferie des Fulero ; les descendants de ces émigrés gagnèrent la chefferie des Vira et y fondèrent les villages de Galye, Munanira, Kishembwe et Kalonge-Kataka, au-dessus des derniers villages Vira. L’immigration des Ruanda ne donna pas lieu à des réactions hostiles de la part des Vira parce qu’elle se localisa en dehors des terres occupées par ceux-ci (1).
    (1) Il y eut à peine quelques hésitations au début, quant à l’emplacement des nouveaux villages ; la crête des Kirungu, par exemple, sur l’interfluve Kali-mabenge-Mugadja, attira d’abord le capita mandais Budulege, qui s’y fixa, mais abandonna ultérieurement (en1935) le site aux Vira pour établir définitivement le village de Kishembwe dans la dépression de la haute Kalimabenge, plus à l’ouest et en contact plus direct avec le plateau pâturable.
    Dès leur arrivée, les Ruanda ont, en effet, orienté leur activité pastorale vers le plateau, en dehors du champ d’intérêt de l’agriculture vira ; ils y ont dispersé les gardiens chargés de leur immense troupeau — 11.000 têtes de bovins actuellement — et poussé quelques familles jusque dans la région de Luemba, soixante kilomètres au sud-ouest d’Uvira, largement au-delà de la limite de la chefferie, mais toujours dans des zones auparavant inoccupées.
    Le métissage est rare entre Vira et Ruanda, comme les échanges techniques (1). Mais la coexistence stricte n’empêche pas les contacts, et les deux genres de vie prennent à certains égards un aspect complétif, presque symbiotique : les Vira fournissent les produits d’alimentation, les Ruanda un système d’organisation de l’espace importé du pays qu’ils ont fui (2). L’immigration des Ruanda précéda l’intervention européenne (3). Ces pasteurs offrirent à l’administration plus de réticence que les Vira : mal fixés encore, réfractaires à l’impôt et au recensement, destructeurs de la forêt d’altitude, menaçant de dominer les peuples congolais et de les soustraire à l’influence européenne, ils firent l’objet d’une discrimination sévère. Leur installation sur le versant du lac étant déjà réalisée, l’administration essaya dès 1930 de les empêcher de se fixer sur le plateau. Les territoires de Mwenga, Fizi et Uvira se les rejetèrent longtemps, les refoulant dès qu’ils manifestaient l’intention de se fixer en un point ; en 1950 seulement, on leur permit, en même temps qu’à une population hétérogène de Congolais, d’installer des villages fixes dans les dépressions de la Bijombo et de la Musondja. Nous avons vu le succès du peuplement qui suivit cette licence et qui fixa plus de 3.000 individus dans les trois nouveaux villages. L’administration ne cessa pas, pour autant, de « surveiller » les Ruanda ; elle les organisa en un groupe distinct, et, faute de parvenir à l’isolement politique voulu, changea radicalement de tactique en 1953 pour distribuer leurs villages entre les différents groupements Vira. En fin 1954, elle envisageait d’annuler cette nouvelle mesure et même de cesser de freiner la disposition des Tutsi pour l’organisation, d’admettre de leur part une influence politique sur les Vira, en nommant par exemple certains d’entre-eux capita de village ou chef de groupement
    (1) A Galye, le rattachement de différents hameaux Ruanda, Fulero et Vira à un même capita, n’empêcha pas la distinction de se conserver aussi nettement entre les zones exploitées qu’entre les formes mêmes d’exploitation. Ce cas de Galye se multiplie au niveau de nombreux villages avoisinant l’altitude de 2.000 m. Kitu, village vira étalé sur un replat delà Kambekulu (à 1.700 m), compte un hameau Ruanda, perché à plus de 2.000 m sur le versant oriental du mont Mugula. Kirungu offre un exemple de cohabitation des deux peuples, sans que celui-ci s’accompagne d’une mise en commun des techniques d’exploitation ; sur la crête du Mont Kirungu, à, 2.100 m, trois hameaux voisins abritent respectivement quatre familles Vira, une Vira encore, et deux familles Ruanda ; les Vira cultivent dans la vallée de la Mugadja, quatre cents mètres en contrebas, les Ruanda donnent en pâture, à leur maigre bétail, la savane dégradée à Philippia benguelensis, qui entoure les hameaux (voir p. 173).
    (2) Nous décrirons, en détail, plus loin, les conséquences fort intéressantes de la mise en contact de deux peuples aussi différents.
    (3) Avant 1930, l’administration européenne ne joua aucun rôle en montagne d’Uvira.
    Conclusions.
    L’histoire du pays d’Uvira nous mène enfin à une explication du peuplement et de ses contrastes.
    1. La chefferie des Vira, par sa densité moyenne, fait partie d’une presqu’île de peuplement débordant du Ruanda-Urundi vers l’ouest et le sud-ouest, au milieu de régions moins peuplées du Kivu. Or, ni les conditions physiques (qui sont défavorables dans les parties les plus peuplées de la chefferie — fortes pentes, sol détritique, sécheresse, paludisme sont spécifiques du bas-versant et du piedmont), ni la démographie (nettement progressive depuis 1940 seulement), ni l’immigration trop récente de Ruanda et de Congolais (qui se sont simplement superposés à la souche ancienne et déjà nombreuse des Vira), ne peuvent expliquer cette situation.
    Dans le cadre de la chefferie, l’étude du peuplement fournit une explication : la montagne d’Uvira est un refuge, sur lequel les Vira se resserrèrent, il y a trois ou quatre siècles, devant les poussées migratrices nouvelles. C’est grâce au refuge de la montagne que les Vira résistèrent plus tard aux incursions arabes. C’est comme refuge enfin que le pays d’Uvira accueillit les immigrés récents, et qu’il put atteindre en définitive la forte densité actuelle. Tout porte à penser que la population de la chefferie ne cessera pas de croître : la forte démographie, l’immigration récente et actuelle des peuples voisins vers les zones inoccupées d’altitude, comme, nous le verrons, vers les centres extra-coutumiers du piedmont.
    2. A l’intérieur de la chefferie, l’histoire du peuplement explique la différenciation des régions définies par les étages de densité et par la superposition des peuples en altitude.
    — Le piedmont doit sa densité particulière à l’influence européenne, qui s’y limite pratiquement. On peut penser même que cet étroit liséré ne fut autrefois pas plus peuplé que le versant, avant que notre colonisation n’y établit la sécurité et n’y attirât les populations.
    — Le peuplement du versant du lac, dense et ancien, date de l’établissement des Vira, sous les poussées extérieures, das des conditions physiques défavorables. L’histoire explique, nous venons de le dire, que des hommes se soient réfugiés en grand nombre sur un relief violent, sur des sols maigres. Mais s’ils n’ont pas craint le rehef, les Vira ont toujours renoncé à dépasser l’altitude de 2.000 m. Nous avons vu qu’il y a dans ce phénomène une inertie technique, un refus d’abandonner les cultures traditionnelles pour des plantes alticoles, plutôt qu’une barrière physique. Le petit terroir des Vira semble aujourd’hui saturé, il est seul à ne pas voir croître sa population.
    — La zone jusqu’à présent peu peuplée (le haut versant du lac et le plateau de l’Itombwe), offre paradoxalement des conditions physiques favorables à un peuplement dense : climat doux et humide, sols naturellement riches, absence totale de maladies tropicales. Certes la fraîcheur d’altitude, entre 2.200 m et le sommet du plateau, a longtemps rebuté l’indigène, et les Ruanda, qui trouvèrent vide cette zone immense propice à l’élevage, ont construit leurs villages le moins haut possible, au contact des Congolais établis depuis longtemps sur le versant du lac. Mais l’altitude n’est plus une barrière aujourd’hui : des hameaux grimpent jusqu’à 2.700 m sur le versant du plateau dans le village de Masango par exemple. Le haut versant du lac et le plateau commencent à peine d’attirer les hommes ; l’installation de plus de 3.000 individus depuis 1947 ouvre ces deux régions à un peuplement bien plus considérable.
    3. L’histoire du pays d’Uvira a superposé les peuples en zones de densité contrastée. Mais elle a surtout super-posé deux techniques traditionnelles : l’agriculture des Vira, sous 2.000 m, dans le vieux terroir peuplé depuis quatre siècles ; au-dessus de 2.000 m, l’exploitation pastorale des Ruanda, introduite par ce peuple immigré beaucoup plus récemment.[…] »}

    1. Cher Nono,
      Vous me lisez depuis des années. Jamais vous n’avez remis en question un auteur cité par moi. Que faites-vous soudainement quand je cite un auteur, George Weis, dont les travaux témoignent de la présence des Tutsi de Minembwe peu avant 1885 ? Vous vérifiez sur la toile si le livre auquel je fais référence existe bel et bien. Quand vous le trouvez, vous en recommandez la lecture à tous pour que chacun s’en fasse sa propre petite idée alors qu’il s’agirait de vérifier si ce que j’ai écrit vient effectivement de cet auteur. Pire, avant que vous ne preniez-vous-même connaissance des écrits de Weis, vous répandez vos perceptions sur les Tutsi de Minembwe. Voilà où peut conduire le primat de la perception sur la réalité. Sur des comportements irréfléchis.
      Vous avez fait l’effort de lire George Weis. Au lieu de rechercher l’extrait que j’ai cité, vous postez d’autres extraits sans doute dans un effort désespéré de conforter votre perception. Mais que peut-on lire dans les extraits que vous soumettez à notre lecture ? Tenez : « Les civilisations agricole des Vira et pastorale des Ruanda [Tutsi et Hutu confondus] se partagent l’exploitation du sol, la première jusqu’à 2.000 m, la seconde au-delà ». Dans la citation utilisée dans mon texte, George Weis parlant des pasteurs Tutsi écrit : « Les descendants de ces émigrés gagnèrent la chefferie des Vira et y fondèrent les villages de Galye, Munanira, Kishombwe et Kalonge-Kataka, au-dessus des derniers villages Vira ». Vous avez la preuve que contrairement à chryso45, je ne raconte pas n’importe quoi. Mais au lieu d’être sportif et de dire : « Merci cher compatriote Mayoyo pour m’avoir ouvert les yeux », vous vous taisez. Voilà où peut conduire la perception. Merci ya pamba ekomi kilo na monoko.
      Notre pays ne peut pas gagner le combat de la dignité, de la prospérité et de la grandeur quand la perception prend le dessus sur la réalité. Essayez de chasser les Tutsi de Minembwe et vous verrez le Minembwe coupé du reste du Congo-Kinshasa. Parce que pour trancher le conflit que nous aurons ainsi créé bêtement, la communauté internationale fera parler les faits et non les perceptions qui nous collent à la peau. Comme si nous étions des petits enfants alors que tozali ba « Tata mobimba ».

      1. Calmez-vous, cher Mayoyo, ne vous gargarisez peut-être pas trop vite de vos mérites qui sont réels pour dénier aux autres tout savoir et capacité de lecture. J’ai lu les extraits du livre de G. Weis bien avant que vous me les faites découvrir, comme vous le clamez. Le texte sur l’arrivée les immigrés tutsi au Sud Kivu est partout. J’en ai mis effectivement le lien ici pour que chacun lise le contexte complet qu’il détaille car c’est vrai je n’en fais pas exactement la même lecture : personne ne doute de leur présence depuis longtemps mais pas de quoi faire de ces quelques premiers pasteurs des Congolais de l’époque. Eux-mêmes s’y sont toujours vus en étrangers, pis, les autochtones comme l’administration belge les a toujours aussi vus comme tels. Cette lecture a toujours été la mienne et répétée à foison sur CI. Vous en faites une « perception », seule la vôtre serait une « réalité ». Que nenni, on lit noir sur blanc sur ce large extrait de Weis qu’on ne peut faire de cette colonie une « tribu constitutive » du noyau de la population du Congo belge. Une preuve de plus ? Nulle part administrateurs, historiens, sociologues… belges n’ont comptabilisé les Banyarwanda comme un groupe ethnique ou social du Congo belge d’alors, quand ils y sont signalés ils les qualifient d’étrangers venus du Ruanda-Urundi posant au passage des problèmes administratifs, juridiques et politiques de leur cohabitation avec les autochtones et l’entité Congo belge. A partir de quelle date devrions-nous en faire ou en faisons-nous des citoyens Congolais à part entière ? C’est la raison de toutes les querelles et tentatives de lois à leur sujet qui ont débuté depuis la colonisation jusqu’à ce jour. Libre à vous d’en décréter des déductions de votre cru à partir de votre perception alors que la réalité est notoirement différente comme tout le monde peut la lire dans les nombreuses monographies de cette époque et de la suite…

      2. PS
        Votre court extrait est bel et bien contenu dans mon plus large extrait, relisez-le ! Que vous ne l’ayez pas retrouvé et que vous déduisez de votre lecture que j’aurais posté des extraits malvenus dans un effort désespéré de conforter ma perception, relève soit de la mauvaise foi soit de votre lecture expéditive sans contextualisation et sans effort de compréhension plus exhaustive de la longue ‘Etude’ de Weiser ! Elle dit bien plus que sa vague estimation de l’arrivée des pasteurs rwandais un peu avant 1900…

      3. Cher Mayoyo,
        Chers Nono & Bongos,
        Je viens de lire de manière transversale le volumineux ouvrage du professeur George Weis publié en 1959.Il y est indiqué dès la 118 ème page des mouvements migratoires vers les années 1881 et 1884 à Uvira.Comme Mayoyo l’a signifié avec pertinence, les Etats du Congo et du Rwanda n’existaient pas encore. Soyons objectifs et cessons tout dogmatisme . Merci à Monsieur Mayoyo d’avoir poussé la réflexion au-delà d’idées reçues puis véhiculées par ceux qui veulent la balkanisation du Congo via la communauté internationale. Aux téméraires,je dirai que les instances internationales sont mieux informées sur le Congo pré et postcolonial.Ne nous détrompons pas.

    2. A l’instar des Mayoyo, Tengele, Mwamba Tshibangu et tous les autres… et compte tenu de la facilité que vous avez d’émettre vos (longues) « fatwas », pourquoi n’écrivez-vous pas d’articles sur CIC???

  6. Chers compatriotes,
    MBTT peut être arrogant, injurieux, même fou, mais s’il dit quelque chose de sensé ne nous dressons pas contre lui parce qu’il nous est antipathique. Même un a des moments de lucidité. Ici contrairement au fou, MBTT nous fait une étude fondée sur des écrits (sources) qu’il a pris le temps d’analyser. Si nous avons d’autres sources pour le contredire, opposons-lui nos analyses. J’ai eu l’opportunité de visiter la partie du pays qui pose problème maintenant avec l’arrivée de Kagame au pouvoir au Rwanda. C’était sous le Zaïre. J’étais étonné d’entendre les gens parler la même langue qu’au Rwanda et au Burundi (nuance), le kinyarwanda et le kirundi, c’est comme le flamand et le néerlandais). Je m’étais alors personnellement intéressé à cette question de langue et de nationalité. Tous les Zaïrois de la région m’ont confirmé que le kinyarwanda était bien parlé par une partie des congolais comme le lingala est parlé à Brazzaville, le kibemba et le swahili en Nzambi, le kikongo en Angola et au Congo Brazzaville… Le problème de l’Est est plus le problème de Kagame que celui des congolais rwandophones. Le problème est délicat surtout à cause de l’implication des rwandophones qui sont arrivés aux postes de responsabilité depuis l’avènement de l’AFDL et qui se sont lancés dans les activités criminelles contre les autres communautés qui peuplent cette région. Cette situation rend difficile le travail de réflexion. Car, il suffit de dire les faits pour que ceux qui sont emportés par la spirale de manipulation politicienne se livrent à des polémiques sans avoir compris celui qui écrit. MBTT présente un travail logique qui tient la route. Le devoir du pouvoir de Kinshasa est d’assurer l’intégrité territoriale et la sécurité de tous les citoyens congolais même rwandophones. Si ces derniers décident de redevenir rwandais de nationalité, ils le choix d’aller vivre au Rwanda ou d’obtenir une autorisation de séjour en bonne et due forme. Que Dieu nous vienne en aide.

  7. Cher tous,
    Je crois avoir compris la pensée de mon mpangi Mayoyo. Il sait que nos tueurs ne sont pas congolais. Il sait qu’ils bénéficient du soutien de la communauté internationale. Il pense qu’il vaut mieux, pour nous, éviter la confrontation directe. Il vaut mieux accepter ces criminels comme nos frères. Ainsi, nous éviterions – en cas de conflit, que la communauté internationale prenne la défense de leur cause et leur accorde une partie de nos terres et ressources.
    Nos tueurs sont nos frères. Et d’ailleurs, le Préso lui-même l’a dit à Londres. Quel talent ce Mayoyo !
    A mon avis, il doit prendre la place du bouffon Vidiye Tshimanga et conseiller le président en matières stratégiques. Mais comme c’est un Bula-Matari, il n’a pas besoin d’un poste aussi insignifiant et ridicule dans un palais en procuration.
    Quel talent ce Mayoyo !

    1. Mon frere Jo Bongos,
      Je crois comprendre votre message. En effet, « tala ku tseki, tala ku mamba »!

  8. Une anecdote.
    Deux Américains causaient. L’un pose la question:  » comment les autochtones(Amérindiens) appelaient ce pays avant notre arrivée?. L’ autre répondit: il l’appelaient: »NOTRE PAYS ».
    Il se peut que les banyarwanda ( Hutu au Nord-Kivu et Tutsi au Sud-Kivu) soient arrivés au Congo en fuyant l’oppression de leur monarque au Rwanda ou à la recherche du pâturage pour leurs troupeaux. Même s’ils occupaient les terre vides et cela avant l’AIA, l’EIC, le Congo-Belge ,le Congo-Léopodville, le Congo-Kinshasa, la RDC, le Zaïre, la RDC), Ils sont toujours banyarwanda immigrés au Congo.
    Deux thèses divergentes s’affrontent.Pour les banyarwanda et leurs soutiens congolais et étrangers, les Rwandophones sont dans les Kivu avant l’arrivée des Européens. Pour l’autre camp,le Rwanda comme le Burundi étaient des royaumes séculaires. Les monarques rwandais avaient essayé des conquérir les terres à l’Ouest de leur pays, ils se sont toujours heurtés à la résistance farouche des tribus actuelles congolaises: nande, nyanga, hunde et tembo au Nord-Kivu; shi, bembe, fulero, lega…Donc les ancêtres des actuels maï-maï.
    Mayoyo est un ancien élève des Jésuites, comme René Descartes,Voltaire ou Fidele Castro…C’est un intellectuel de haut niveau, fonctionnaire international et humaniste.C’est un auteur prolifique. Il publie des livres et des articles coup sur coup dans CICI.
    Mais les termes tribu ou ethnie ne désigne pas la même chose au Congo et au Rwanda.Chez nous les termes ethnie ou tribu désigne un groupe humain partageant la même langue,la même culture et le même espace géographique.C’est pas toujours le cas pour le dernier critère.On trouve des tribus au Congo dispersées dans les différentes entités politico-administratives et ça ne dérange personne.
    Mayoyo qui a séjourné dans les Ubangi a pu constater que les pygmées sont une tribu transnationale. Les Ngombe se retrouvent dans les 2 Ubangi, dans la Mongala et la Tshuapa,mélangés avec les autres tribus.On trouve les Ngbandi dans les deux Ubangi et le Bas-Uele.
    Par contre,au Rwanda,le terme ethnie ou tribu a trait à la morphologie.Un hutu est un individu de type muntu; un tutsi est un nilotique, un hamite.
    J’ai suivi une video il y a quelque mois.Une fille tutsi vantait les mérites de Kagame. Elle disait que sous Kagame,il n’y a plus des tutsi,ni htu. Il n’y a que les Rwandais.Avant Kagame,à l’école,ses copains hutu lui disaient que le Rwanda n’était pas son pays. Elle devait rentrer en Ethiopie ou en Erythrée.
    Le problème de la nationalité des banyamulenge a été résolu pendant la Dialogue Intercongolais de Sun City en Afrique du Sud. Les Congolais rassemblés dans ces assises étaient truffés des délégués rwandophones( Rwandais et rwandophones congolais, c’est bonnet blanc,blanc bonnet),représentants de l’hégémonie tutsie. Les animateurs du Dialogue avaient imposé à la « crasse politique » congolaise la reconnaissance de la nationalité congolaise des banyarwanda. Ils avaient tous signé; à en croire Franck Diongo, un des participants.Avec ça,ils espéraient obtenir la paix au Congo.On connaît la suite. La paix est toujours introuvable.
    Ainsi dans la Constitution de 2005,il est stipulé que sont congolais tous les individus dont les tribus étaient présentes au Congo avant le 30 Juin 1960.
    S’agissant des banyarwanda, le Congo a du mal à distinguer,les descendants des transplantés et d’immigrés d’avant 1960 avec ceux d’après 1960 et les clandestins. Les banyarwanda, c’est un vrai fourre-tout.
    Hutu, tutsi, Fpr, fdlr nyatura, Interahamwe,ex FAR…On peut trouver 3 frères Hutu:1 dans les Fdlr,1 dans les FARDC,1 autre dans Nyatura. La même chose chez les Tutsi: un cousin dans le RDF, un neveu dans le CNDP-M23, un oncle paternel dans les FARDC. Ils ont tous un ennemi commun: le peuple congolais.
    A suivre.

    1. Cher kolomabele,
      Ne parlons pas de la Constitution actuelle. Admettons, comme le soutient chryso45, qu’elle est mauvaise en ce qui concerne la définition de la nationalité congolaise d’origine. Parlons de la Constitution de 1964 qui trouve grâce à l’entendement de chryso45 et qui définit le Congolais d’origine comme suit : « Est Congolais d’origine toute personne dont un des ascendants est ou a été membre d’une tribu ou d’une partie de tribu établie sur le territoire du Congo avant le 18 octobre 1908 ». Quand parlant des Tutsi vivant au Congo, vous écrivez tout bonnement que « Même s’ils occupaient les terre vides et cela avant l’AIA, l’EIC, le Congo-Belge, le Congo-Léopoldville, le Congo-Kinshasa, la RDC, le Zaïre, la RDC, ils sont toujours Banyarwanda immigrés au Congo », peut-on vous prendre au sérieux ? Continuez à vous satisfaire de vos perceptions, et vous verrez Minembwe se détacher un jour du Congo-Kinshasa après un référendum d’autodétermination. Il ne faut pas être têtu devant les faits. Car, les faits sont plus têtus que nous les humains.

  9. @ Cher Armand,
    Sur la question de ces rwandais qui veulent absolument être congolais, j’ai tendance à favoriser les écrits de Monsieur Ngbanda que ceux de mon mpangi Mayoyo.
    Ngbanda, par sa formation et son parcours professionnel me semble mieux documenté et outillé sur cette question que notre cher Mayoyo, malgré tout le talent que je lui reconnais.
    J’attends les arguties des légionnaires rwandais au front sur ce site.

    1. Cher Jo Bongos,
      Laissez-moi vous aider à bien réfléchir. Dans ce texte, il est question d’une source qui situe la présence des Hutu et Tutsi dans le Minembwe peu avant 1900 ; ce qui, au regard de la Constitution congolaise de 1964, qui trouve grâce aux yeux de chryso45, signifie que ces Tutsi-là sont des Congolais d’origine. La source n’est pas mienne. Elle est du géographe George Weis. Dans ce forum, Elili qui est allé au Sud-Kivu, semble confirmer les propos de Weis. Quand vous écrivez à Armand que « sur la question de ces rwandais qui veulent absolument être congolais, j’ai tendance à favoriser les écrits de Monsieur Ngbanda que ceux de mon mpangi Mayoyo », vous devez citer les écrits de Ngbanda qui contredisent les affirmations de Weis. Avez-vous une seule citation ? Laquelle ? Si vous n’en avez aucune, vous ne faites que véhiculer une perception même sur les écrits de Ngbanda.

      1. @ Mpangi,
        Ne manipulez pas, ça ne vous va pas. Il n’est pas question ici question d’infirmer ou confirmer Weis. Je disais à Armand que :  » Sur la question de ces rwandais qui veulent absolument être congolais, j’ai tendance à favoriser les écrits de Monsieur Ngbanda que ceux de mon mpangi Mayoyo.  »
        Ces écrits sont fournis dans ces quelques livres, bien documentés :
        – Afrique démocratie piégée. 1994. Ed Equilibres.
        – Ainsi sonne le glas ! Les derniers jours du Maréchal Mobutu. 1998. Ed. Gideppe
        – Crimes organisés en Afrique Centrale. 2004. Ed Duboiris
        – Stratégies du chaos et du mensonge – Poker menteur en Afrique des -Grands-Lacs. Co-écrit avec P. Mbeko. 2014. Ed. Erablière.
        Je vous invite à lire également le livre de P. Mbeko :
        Le Canada et le pouvoir tutsi du Rwanda : Deux décennies de complicité criminelle en Afrique Centrale. 2014. Ed. Erablière.

  10. Cher Armand,
    # D’emblée je vous dirais que personnellement je n’ai pas l’habitude de reproches ad hominem dans mes discussions et Mayoyo est l’un de ceux avec qui j’ai partagé et partage beaucoup d’idées. En revanche contrairement à vous je n’ai pas l’habitude d’accorder une confiance aveugle aux institutions nationales à statuer sur notre histoire mais à ses scientifiques, et encore.
    # Ensuite, détrompez-vous, je n’ai pas attendu Mayoyo pour m’intéresser à notre histoire et à en consulter les documents particulièrement de celle de l’Est. C’est moi qui venais d’afficher ici le lien numérique du livre de Weis parce que je l’avais déjà consulté : ce livre ne m’avait jamais autrement assuré détenir des secrets inconnus à part l’information sur la cohabitation et les migrations régulières entre les peuples du Congo Belge et ceux du Ruanda-Urundi comme entre ceux du Zaïre/Congo, du Rwanda et ceux du Burundi.
    J’ai lu le livre de Weis et d’autres comme aussi des documents sur les conciliabules entre autochtones et immigrés de l’époque précoloniale et postcoloniale de la région. Rien donc de nouveau pour moi comme chez vous : il faut être irréaliste pour nier les migrations ou la cohabitation entre voisins surtout que la vie n’a pas commencé à la colonisation avec la création du Congo Belge et du Ruanda-Urundi, elle avait déjà court à l’époque du grand royaume de Ruanda et les petits royaumes sur sa bordure Ouest. Renseignez-vous par exemple sur les traditions orales transcrites ici et là d’un Mushi comment ils ont longtemps résisté contre les tentatives d’invasion ou de balkanisation des grands bami rwandais que leurs petits bami ont repoussées.
    # Ici il est plus question des Ruandais de l’époque que l’on veut faire résider durablement et en droit de revendiquer l’espace de ce que deviendra le Congo belge. Je n’ai trouvé cette confirmation nulle part, apparemment vous et Mayoyo oui. Indiquez-moi vos sources claires, nettes et indiscutables à part les écrits pour moi banals attestant des migrations et de la cohabitation entre voisins de deux rives. A l’occasion relisez plus attentivement le livre de Weis et indiquez-moi des pages précises où l’on nous confirme plus que cela…

    1. Cher Nono,
      C’est intéressant de voir combien les perceptions ont la vie dure. Vous avez lu George Weis qui situe la présence des Tutsi de Minembwe peu avant 1900. Vous connaissez la définition de la nationalité congolaise d’origine. Je vous donne celle figurant dans la Constitution de 1964 : « Est Congolais d’origine toute personne dont un des ascendants est ou a été membre d’une tribu ou d’une partie de tribu établie sur le territoire du Congo avant le 18 octobre 1908 ». Au regard de cette définition, les Tutsi de Minembwe sont des Congolais d’origine ; ce qui serait évident même pour un élève de l’école secondaire. Mais que faites-vous de cette évidence ? Vous divague : « Ici il est plus question des Ruandais de l’époque que l’on veut faire résider durablement et en droit de revendiquer l’espace de ce que deviendra le Congo Belge ». Telle est la force des perceptions sur le cerveau humain. Elles étouffent celui-ci au point d’en sortir non pas des propos réfléchis mais des incongruités. Si vous avez des enfants à l’école secondaire, je vous propose un petit exercice qui vous permettra de vous rendre compte de vos hallucinations. Voici l’exercice. Donnez à vos enfants la définition de la nationalité congolaise d’origine figurant dans la Constitution de 1964. Donnez-leur ensuite la date d’arrivée des Tutsi de Minembwe dans cette partie de l’espace congolais actuel. Demandez enfin si ces Tutsis sont des Congolais d’origine au regard de cette définition. Yo Tata Mobimba, okoyoka soni.

      1. C’est connu : quand le grand historien interprète une donnée, un évènement de l’histoire à sa manière, c’est une ‘réalité’ historique ; quand un contradicteur conteste sa déduction orientée, c’est une ‘perception’. A qui allez-vous vendre cet égo ? Ainsi il ne pouvait exister qu’une tribu de pasteurs tutsi qui a colonisé durablement le Sud-Kivu en faisant ainsi un noyau tutsi constitutif de l’EIC puis du Congo belge peu avant 1990 (kiekiekieeee et pourquoi peu avant 1990, pas bien avant bien après ?). Ils ne pouvaient non plus représenter je ne sais pourquoi quelques pauvres pasteurs qui ont réussi à traverser la Ruzizi en quête des pâturages déambulant un peu partout dans le coin, ni être des réfugiés fuyant le Rwanda en délicatesse avec leur pouvoir, (ce qui est pourtant marqué noir sur blanc dans la relation de Weis) parce les « réfugiés ont été inventés au décours de la Deuxième guerre. Kakakaka, ce cher Mayoyo se croit-il au cirque où chacun de ses numéros va édifier son monde ou le faire rire ou joue–il au savant fou ? Croyez-vous faire gober vos trouvailles à tout le monde ?
        Non, cher ami, le réfugié conventionné que vous nous vendez là, n’est qu’un migrant à qui le monde civilisé et instruit des affres de la guerre donne aujourd’hui le droit de s’installer là où il s’est échappé parce que le retour dans son pays lui serait fatal. Mais ce n’est pas une génération spontanée en 1951. Vous voyez que le droit avance bientôt il va reconnaître non seulement des exilés politiques mais aussi des exilés climatiques et pourquoi pas des exilés économiques !!!
        Sinon lisez bien vos documents, la cohabitation entre les deux rives jusque parfois à des allers-retours négociés pour les éleveurs comme les migrations ont toujours existé à travers l’histoire, c’est justement pour ne pas en faire tous des réfugiés permis de s’installer partout comme vous nous le dites des pasteurs tutsi (à propos avez-vous noté le nombre de familles ?) qu’on a encadré tout cela par une loi qui après examen accorde le statut de réfugié pour ne pas que chaque tutsi en mal de hutte et d’espace ne vienne coloniser notre pays !!!

  11. Cher Elili,
    Merci pour votre réaction. Je ne pense pas que je suis arrogant. Moi, quand je suis confronté à un sujet, je me documente avant de prendre la parole. Je n’aime pas que des ignorants viennent me contredire en cherchant en plus à me tourner au ridicule. Quand c’est le cas, je leur dis à ma manière qu’ils sont nuls. C’est peut-être cela que vous considérez comme de l’arrogance. Prenez le cas qui nous intéresse ici. Tout est parti de chryso45. Parce qu’il anime un blog sur Internet, il s’imagine qu’il connait l’histoire de notre pays mieux que moi alors qu’en réalité, il véhicule des hallucinations. Il s’attaque à la définition actuelle du Congolais d’origine et déclare sa préférence pour celle contenue dans les Constitutions passées. Je lui indique à quand remonte la présence des Tutsi de Minembwe en lui citant une source. Mais que fait-il ? Il persiste dans ses hallucinations avant de disparaitre de la circulation. Espérons qu’il a compris son erreur. Avec Nono, c’est un autre comportement irréfléchi. Il commence par répandre les mêmes hallucinations que chryso45 : les Tutsi de Minembwe sont des « pauvres réfugiés rwandais ». En même temps, il se souvient que la rationalité voudrait qu’il vérifie ma source. Il le fait et met sur la place publique le résultat de sa vérification. Ce résultat indique clairement que les Tutsi de Minembwe sont des Congolais d’origine. Mais que fait-il ensuite ? Il se comporte comme un drôle de Saint Thomas. Il refuse de croire à ce qu’il a tenu à vérifier. La démarche de Jo Bongos est analogue à celle de Nono. Ata yo moko, Elili. C’est quoi ça pour des comportements ? Pensez-vous vraiment qu’on puisse un jour redresser notre pays avec des hommes qui se rebellent devant les faits au lieu de s’incliner ? Je pense que ce type de comportement est même indigne des enseignements d’un Institut Mashakado. On est carrément en deçà.
    Savez-vous pourquoi j’avais fait les recherches qui m’ont conduit à savoir que tous les Tutsi vivant au Congo ne sont pas des réfugiés rwandais et que parmi eux il y a des Congolais d’origine ? C’est parce que quand les Kinois avaient fait échec à la guerre éclair que projetait James Kabarebe, les médias occidentaux, qui soutenaient cette guerre, ont déclaré que puisque les Congolais ne voulaient plus des Tutsi, il fallait les laisser partir avec les terres qu’ils occupaient depuis longtemps. Avez-vous bien lu ? N’est-ce pas là un bon casus belli pour la balkanisation du pays ? A ces Occidentaux, je réponds dans mon livre qu’il y a effectivement des Tutsi congolais. Mais ceux-ci n’ont pas des terres spécifiques à eux. Car ces terres, ils les ont en partage avec d’autres tribus ou ethnies.
    Je sais que les compatriotes qui nient l’existence des Tutsi comme citoyens congolais d’origine expriment leur amour pour le Congo et son unité. Mais le moyen qu’ils choisissent est mauvais. Car il va même à l’encontre de leur souhait, c’est-à-dire l’unité du Congo. Parce que si leur discours digne des anciens élèves des Instituts Mashakado venait à être repris par nos dirigeants, ce serait la mort du Congo. Dans ce forum, mes contradicteurs n’aiment pas le Congo plus que moi. J’ai passé trois années de ma vie à faire des recherches en tant que free-lance pour comprendre pourquoi la démocratie a du mal à s’enraciner dans notre pays. J’ai passé 2 années de ma vie à faire des recherches toujours en tant que free-lance pour analyser les mensonges des médias occidentaux dans leur couverture de la guerre qui ne s’est toujours pas arrêtée dans notre pays. Ces recherches ont chaque fois abouti à une publication. Je ne pense pas qu’il existe un seul de mes contradicteurs qui ait passé une seule journée à faire des recherches sur le destin tragique de notre peuple. Quand j’écris, moi qui ai consacré du temps à notre pays, je n’accepte pas que des ignorants se permettent de me tourner au ridicule. Qu’ils posent des questions quand ils ne comprennent pas ce que j’écris, ça oui. Mais soki olingi otala nga pamba, na gogoli yo. Oleli, oleli. Et puis, entre nous, tozala pe mayele. Nous ne luttons pas à armes égales dans ce forum. Contrairement à mes contradicteurs, moi j’écris des articles. Nakoki konyonga bango bien bien. Après tout, nous sommes dans un espace bien nommé « Opinion & débat ». Soki otanga na Institut Mashakado, zala na ekenge. Soki te nakotia yo pilipili. Cela dit, vous pouvez me croire, cher Elili, dans la vie de tous les jours, je suis la simplicité et l’humilité faites homme. Bon confinement epayi ozali.

    .

    1. @ Mpangi,
      Personne ne nie vos efforts, recherches et autres activités pour des solutions idoines aux problèmes de gouvernance de nos pays malades. Mais ata yo moko, vous ne pouvez le plus sérieusement du monde écrier que oko gogola batu…oko leyisa pili-pili…traiter les autres  » d’ignorants  ». Okomi kuluna ? C’est atypique d’un jésuite. Personne ne cherche à vous tourner au ridicule. Le confinement serait-il en train de laisser des traces chez vous ? Pourquoi êtes-vous si remonté à ce point ? Croyez-vous vraiment que ces assassins que vous voulez à tout prix défendre en valent la peine ? Demain, ils tuerons allègrement vos frères du Kwuilu-Kwango. Ils violeront votre tante, votre mère et vos soeurs. Sans se gêner. C’est leur nature.
      De la part d’un autre jésuite
      AMDG !

  12. IL EXISTE DES TUTSIS (et non des “Banyamulenge” car il s’agit d’un vocable frauduleux) OU DES BANYARWANDA IMMIGRES AU CONGO! ILS SONT DONC TOUS CONGOLAIS PAR NATURALISATION (s’ils se sont conformes a la loi).
    Il serait pertinent d’associer a ce debat J. M-francois Depelchin que le professeur George Weis cite. Les deux apportent d’ailleurs la precision suivante : pendant que Depelchin affirme que c’est a partir de 1850 que les Tutsis vivaient sous le controle economique, politique et administrative des autorites locales traditionnelles (bakolo mabele) qui les ont acceuillis,Weis, lui, suggere plutot que c’est a partir de l’an 1881! Mais l’essentiel est que les deux sont d’accord que les Rwandais n’avaient pas leur propre chefferie! Et C’est ce qui explique d’ailleurs que leur presence ne soit signalee ni par le reverend-pere Moellar de Laddersous avec la toute première carte ethnographique du Congo-Belge présentée en 1910, ni par l’archiviste belge EJ Vanderwood qui publie en 1939 de la documentation relative à la région du Kivu et qui couvre la période de 1870 à 1918 ni dans l’Encyclopédie du Congo Belge, Tome 1, au chapitre 1er consacré au recensement de toutes les tribus ou ethnies du Congo-Belge. Car ces refugies Tutsis proviennent des 20 clans repertories au Rwanda. Mais comme Mayoyo Bitumba Tipo-Tipo ne mentionne que George Weis, analysons seulement sa citation ci-dessous dont il tire d’ailleurs, encore une fois, une conclusion erronee!
    Mayoyo cite Weis et ecrit “quelques familles de pasteurs Tutsi, fuyant le Ruanda traversèrent la Ruzizi, pénétrèrent au Congo Belge et se fixèrent en premier lieu à Lemera dans la chefferie des Fulero au Sud-Kivu. Les descendants de ces émigrés gagnèrent la chefferie des Vira et y fondèrent les villages de Galye, Munanira, Kishombwe et Kalonge-Kataka, au-dessus des derniers villages Vira. L’immigration ne donna pas lieu à des réactions hostiles de la part des Vira parce qu’elle se localisa en dehors des terres occupées par ceux-ci ».
    Premiere observation: « quelques familles de pasteurs Tutsi, fuyant le Ruanda traversèrent la Ruzizi, pénétrèrent au Congo Belge et se fixèrent en premier lieu à Lemera dans la chefferie des Fulero au Sud-Kivu.” Ce qu’il faut comprendre dans ce passage, c’est que ces quelques familles Tutsi ont trouve refuge dans un lieu ou existe toute une organisation des natifs (une chefferie), c’est a dire un pouvoir ancestral. Meme si plus tard, la puissance coloniale a procede ailleurs a la creation des chefferies atypiques.
    Deuxieme observation: “ Les descendants de ces émigrés gagnèrent la chefferie des Vira et y fondèrent les villages de Galye, Munanira, Kishombwe et Kalonge-Kataka, au-dessus des derniers villages Vira.” Memement pour les descendants de ces emigres Tutsis, ils “fondent” des villages (comparables au quartier “Matonge” a Bruxelles, si on peut ainsi se permettre une telle analogie) au sein d’une structure deja etablie qu’est la chefferie des Vira (encore un pouvoir ancestral)! Ce qui revient a dire, encore une fois, que ces Tutsis n’avaient pas leur propre roi ou Mwami car la terre et la chefferie ne peuvent jamais etre separees d’un chef coutumier! Imaginez, un seul instant, que les Congolais qui controlent economiquement “Matonge” a Ixelles considerent desormais que “Matonge” est une commune de Bruxelles!
    Troisieme observation: “L’immigration ne donna pas lieu à des réactions hostiles de la part des Vira parce qu’elle se localisa en dehors des terres occupées par ceux-ci ». So what? Il faut simplement comprendre dans ce passage que ces etrangers Tutsis – oui, des etrangers – ont recu non seulement un acceuil chaleureux de la part des autochtones mais aussi la solidarite leur permettant d’y paitre l’herbe pour leur betail! Certes, il peut y avoir eu un leader parmi ces etrangers, mais il ne peut en aucun cas etre considere comme un chef coutumier au sens d’un pouvoir ancestral! Et il n’a jamais ete une question de « Terra nullis » ou « nobody’s land » meme s’il s’agissait d’un espace libre! Citez moi le nom d’un seul Mwami sur cet espace a ce moment precis? Mais, encore une fois, il est vrai que le colonisateur avait cree des chefferies atypiques! Do your homework, man!
    Quatrieme observation: Tipo-Tipo ajoute, pour son propre compte, “Ils se baptiseront Banyamulenge…”. Banyamulenge est un vocable frauduleux pour revendiquer une portion de terre congolaise! Y a-t-il au Congo-Kinshasa une communate ou un groupe ethnique qui a change d’identite afin de justifier la propriete d’une portion de nos terres? Les refugies Bazombo venus de l’Angola ont-ils tente ce genre d’aventure?
    Cinquieme observation: Le Congo-kinshasa est devenu “independent” le 30 juin 1960. Et admettons, un moment, que cette “independence” soit une realite (sachant bien que la realite est toute autre). Donc, a partir du 30 juin 1960, il accede aussi a sa SOUVERAINETE. Peut importe la facon don’t cette souvairenete est excercee. L’essentiel est qu’il existe un cadre juridique ou une loi fondamentale qui definit notamment les droits et libertes des citoyens. Et le Congo-Kinshasa – reconnu officiellement comme la Republique democratique du Congo – dispose de sa toute premiere constitution (la Constitution de Luluabourg) le 1er aout 1964 ou i lest prescript a l’article 6 “Il existe une seule nationalite congolaise. Elle est attribuee, a la date du 30 juin 1960, a toute personne dont un des ascendants est ou a ete membre d’une tribu ou d’une partie de tribu etablie sur le territoire du Congo avant le 18 octobre 1908.” Traduction: un mbuza, par exemple, est congolais car un de ses parents ou kokos est ou a ete mbuza qui est une tribu repertoriee sur le territoire avant qu’il ne devienne une colonie belge. La notion sociologique de la nationalite congolaise base sur la “tribu” et non sur les “groupes ethniques” a tout son sens! Au fait, il y a une nuance tres importante: la tribu “Ngandi”, par exemple, fait partie du groupe ethnique “Bangala” (a l’oppose des Bakongo, par exemple) et meme aussi d’un autre groupe ethnique “Bantous” (cfr. Interview de Mobutu au micro de Frederick Francois en 1965)!
    Sixieme observation: revenons au probleme de verification d’identite avec la notion sociologique de la nationalite d’origine basee sur la “tribu” et l’ascendance intialement prescrites a l’article de la Constitution de Luluaboug que vous jugez etre une “aberration”, comment alors celle basee sur les “groupes ethniques” (un fourre-tout) que vous trouvez “correcte” puisse donc resoudre le probleme de “moyens” pour la verification?
    Desole, mon frère Tipo-Tipo! Pona yo, nuance entre “tribu”, “ethnie” et “groupes ethniques” ekoti te! Ekoti te!

    1. Cher chryso45,
      C’est vous qui avez rappelé ici la bonne définition de la nationalité congolaise d’origine. Je sais que vous êtes suffisamment intelligent pour comprendre qu’une personne ayant un ascendant faisant partie d’une tribu entièrement ou en partie installée sur ce qui deviendra l’Etat Indépendant du Congo en 1885 ou le Congo Belge en 1908 est un(e) Congolais(e) d’origine. Je sais que vous êtes suffisamment intelligent pour comprendre qu’en 1885 ou 1908, personne n’était considéré comme réfugié, la notion de réfugié ne remontant qu’à la Deuxième Guerre Mondiale. Je sais que vous êtes suffisamment intelligent pour comprendre que pour qu’une communauté humaine soit reconnue comme tribu, il ne faut pas qu’elle ait forcément sa langue propre, son territoire propre et sa chefferie propre. Je sais que vous êtes suffisamment intelligent pour comprendre que jusqu’à ce jour, aucun ethnologue n’a répertorié de manière exhaustive toutes les tribus qui existaient dans l’actuel espace Congo-Kinshasa en 1885, 1908 ou encore de nos jours. Je sais que vous êtes suffisamment intelligent pour comprendre tout cela. Mais votre perception des Tutsi de Minembwe comme étrangers est si forte qu’elle colonise votre cerveau au point de ne pas comprendre ce qui serait compréhensible même pour un élève de l’école secondaire. Alors, un conseil. Secouez-vous. Débarrassez-vous de vos perceptions et hallucinations. Courez vite vers votre blog qui répand ces perceptions et hallucinations et présentez des excuses à vos pauvres lecteurs en leur disant ceci : Chers lecteurs, un digne fils du pays appelé Mayoyo Bitumba Tipo-Tipo m’a enfin ouvert les yeux sur la question des Tutsi de Minembwe. Contrairement à moi chryso45 habitué à vous raconter des carabistouilles, Mayoyo est un free-lance qui fait de la recherche avant d’aborder un sujet. Ses recherches ont mené à la publication de trois ouvrages ; ce qui vaut mieux que la création d’un blog sur Internet où les écrits de l’auteur ne passe à travers aucun filtre. Mieux, Mayoyo est un « Bula Matadi sans frontières » qui, depuis 2004, travaille dans le domaine de la gouvernance. Il vit au quotidien les ravages que les bêtises humaines dont la perception font à la gouvernance des Etats faillis comme le nôtre que nous percevons à tort comme « RDC, eloko makasi » alors même que tous nos voisins nous frappent sans que nous ne puissions réagir. Mais puisque vous persistez dans l’erreur, le prochain article va vous présenter les populations dites de nationalité douteuse au Kivu. J’espère que vous allez vous rendre enfin compte qu’il y a eu plusieurs vagues des mouvements migratoires du Rwanda actuel vers le Congo-Kinshasa actuel et parmi elles deux rentrent parfaitement dans la définition du Congolais d’origine, celle-là même qui trouve grâce à vos yeux. On ne s’entête pas devant les faits. Car ils sont plus têtus que nous les humains.

  13. Suite.
    Après avoir conquis la nationalité congolaise comme notion juridique, arme à la main,les banyarwanda se battent maintenant pour obtenir la nationalité congolaise d’origine. Ils ont jeté leur dévolu sur Minembwe. Ce territoire a été créé pendant la rébellion du RCD-Goma. Les institutions élues à Kinshasa ne l’ont pas reconnu,ni empêché.
    En 1953, les populations rwandaises transplantées avaient voulu créé la chefferie de Gishari au territoire de Masisi. Le pouvoir colonial y nomma un Mwami parmi lles immigrés.En échange, il avait remis au Mwami Kalinda une somme de 29.600 frcs.
    Les populations locales ,les Hunde et les Tembo s’opposèrent fermement. Le Gouverneur Général à Léopoldville fit savoir au gouverneur de province du Kivu que ce projet était une erreur politique grave. L’immigration ne se fait pas en groupe,mais individuellement.En 1957,la chefferie de Gishari fut supprimée.
    Pendant la création des provinces actuelles, les rwandophones réclamaient la création d’une province appelée  » Kivu Centrale, elle serait entre le Nord et le Sud-Kivu. Elle serait issue du démembrement de la province du Nord-Kivu. La nouvelle province serait peuplée des rwandophone en majorité. Les autochtones s’y étaient opposés. Ils y voyaient le projet de la balkanisation. Question de rattacher la nouvelle entité au Rwanda le moment venu. Comme la Russie qui a détaché la Crimée de l’Ukraine pour se l’annexer.La fameuse communauté internationale n’a pas soulevé le petit doigt.

    1. Cher kolomabele,
      Vous mélangez les pinceaux. Il y a au Congo-Kinshasa des Kongo qui sont des Congolais d’origine et d’autres qui sont des réfugiés angolais ou du Congo-Brazzaville. Il en est des même des Hutu et Tutsi. Il y en a qui sont des Congolais d’origine et d’autres qui sont des réfugiés rwandais ou burundais. Ce n’est pas parce qu’il y a des réfugiés au sein d’une tribu ou ethnie congolaise qu’il faut en déduire que les membres de cette tribu ou ethnie ne sont pas Congolais d’origine. Vous dites quelque chose d’intéressant sur Gishari. Je vais revenir là-dessus dans un prochain article traitant de la gestion du conflit de nationalité au Kivu.

  14. Chers compatriotes,
    Je remercie MBTT pour sa réponse, on ne peut plus claire, plus logique et plus courtoise. Je dois enlever un mal entendu possible. Si j’ai énoncé tous les qualificatifs qu’on emploie à l’endroit de MBTT, ce n’est pas parce que j’y crois forcément, c’était pour mettre l’accent sur le fait nos préjugés ne doivent pas impacter notre raisonnement. C’est pourquoi j’ai parlé du fou qui a des moments de lucidité. MBTT n’est pas un fou. Je suis convaincu que le débat sur la question de nationalité congolaise des rwandophones congolais est un débat qui déchaîne aussi bien des passions que des sentiments. Ces deux attitudes ne peuvent pas nous conduire à des résultats objectivement acceptables et efficaces pour une paix durable à l’Est du Congo. L’Est est le talon d’Achille de la République Démocratique du Congo. Il faudra du courage et des personnes de bonne foi pour que la stabilité s’installe dans la région surtout après une très longue période d’atrocités ignobles. Que Dieu nous vienne en aide.

    1. Cher Elili,
      Chers compatriotes,
      Le déchaînement des passions a eu raison de notre raison en tant que peuple quand lors de lors de la Conférence nationale souveraine, nous avions privilégier le défoulement collectif au lieu de baliser la voie de la démocratie. Aujourd’hui, nous voilà en train de lutter non seulement contre la dictature de Joseph Kabila alors même que celui-ci n’est plus à la présidence de la république mais aussi contre la mainmise du président d’un minuscule Etat voisin sur notre destin. Il en sera ainsi demain de notre perception collective du Tutsi de Minembwe comme étranger. Nous le verrons partir un jour, mais ce sera avec le Minembwe. Et nous n’aurons que nos yeux pour pleurer. Défendre la nationalité d’origine des Tutsi de Minembwe, c’est respecter la définition de la nationalité congolaise d’origine telle que nos différents Constitutions l’ont définie depuis le 30 juin 1960. Ce n’est pas parce qu’une partie de la nation se soulève pour revendiquer son droit et que des crimes horribles sont commis qu’il faut remettre en question son appartenance à la nation. Un proverbe Bambala dit ceci : « Mabungu muma gubulagananga ». Entendez littéralement : « Les cruches s’entrechoquent entre elles ». Et par extension : « Même au sein d’une famille, d’un clan, d’une tribu, d’une communauté, d’une nation, les conflits sont inévitables ». Tout conflit est une invitation à la recherche des solutions. Pourque celles-ci soient au rendez-vous de l’histoire et qu’elles soient durables, elles doivent être recherchées à travers un dialogue constructif. Et tout dialogue constructif doit s’éloigner aussi loin que possible des perceptions et hallucinations que l’on peut observer dans ce forum. D’ailleurs aucun homme politique congolais responsable ne se risquerait de traiter les Tutsi de Minembwe d’étrangers. Le ferait-il qu’il aurait aussitôt toute la communauté internationale sur son dos. Car où emmènerait-on ces Tutsi ? « Au Rwanda », répondront les Congolais hallucinés. Hallucinés, car ces Tutsi n’avaient pas quitte la République du Rwanda qui n’existait pas au moment de leur migration. Par ailleurs, la Convention des Nations Unies de 1961 « vise à prévenir l’apatridie », en créant « un cadre international visant à garantir le droit de chaque personne à une nationalité » et en exigeant « que les Etats prévoient des garanties dans leurs lois sur la nationalité afin de prévenir l’apatridie à la naissance et plus tard dans la vie ». Rejeter les Tutsi de Minembwe sous prétexte qu’ils seraient des réfugiés est un combat perdu d’avance, surtout de la part d’un Etat qui peine à faire condamner les massacres de ses propres citoyens par des pouvoirs étrangers bien identifiés ainsi que les pillages de ses richesses. Il ne faut pas rêver !

      1. @Mpangi,
        Ainsi, il y aurait les  » Tutsi de Minembwe  » et les autres…
        Mais comment reconnait-t-on un  » Tutsi de Minembwe  » ?

  15. Entre les ethnies congolaises,il y a toujours eu des tensions. On se tape dessus. Même à l’intérieur d’une même ethnie,comme chez les tetela de la savane et leurs frères de la forêt. Mais on finit toujours par s’entendre. Singa ya libota ebendanaka,kasi ekatanaka te.
    En Ituri,les Hemas et les Lendu se sont tirés dessus.Avec comme conséquences,des dizaines des milliers des victimes, des gamins enrôlés dans les milices sans avenir,des viols,des infrastructures soicio-économiques de base déjà obsolètes sont détruites.Il a fallu les soldats français de de l’Opération Artemis pour arrêter la boucherie humaine. Mais c’est pas toujours fini. Même si les chefs des milices ont fait la prison à la CPI et libérés.
    Pendant que les Congolais s’entre-tuent, les étrangers avec leurs multinationales se font du beurre.A l’Est,comme au Katanga,les clandestins chinois squattent les sites miniers. Ils ne sont inquiétés par personne. La centaines des groupes armés congolais et étrangers qui écument l’Ituri,les Kivu,les Maniema et le Katanga ne les voient jamais. Ils sont invisibles des mai-mai,des ADF,des milices tutsies et hutues,de la LRA,des mai-mai Bakata-Katanga.
    Cela me paraît étrange et me conforte dans mon idée selon laquelle l’homme noir a un cerveau différent de celui du reste de l’humanité.
    Dans les deux Kivu,les Banyarwanda,tutsi et hutu font une alliance incestueuse contre les tribus congolaises.Comment se fait-il que les ethnies congolaises ne se battent pas entre elles,seulement contre les banyarwanda qu’elles considèrent comme étrangers et envahisseurs? Depuis près de 30 ans,les armées des pays voisins massacrent les Congolais,violent les femmes et mêmes les hommes,pillent les ressources naturelles du Congo,détruisent l’environnement.Les Tutsi et Hutu congolais regardent,et ne soulèvent pas le petit doigt. Ils se mélangent avec les armées de ces pays,parce les militaires sont leurs frères de tribu. Avec eux,ils commettent les pires crimes au Congo dont ils se réclament être les natifs.Bien plus ils réclament une portion des terres congolaises. Quand on leur dit que ça ne se passe pas comme ça,ils disent sinon,c’est la balkanisation.Nous partirons avec Minembwe.
    Les crimes contre l’humanité et économiques commis au Congo par nos voisins avec la complicité des rwandophones sont documentés par la même communauté internationale(ONU) qui n’a rien fait pour y mettre fin. Nainu esili te.Certains parmi nous trouvent normal que la même communauté internationale donne une autre prime aux criminels: un petit bout de nos terres.Autoflagellation.
    Naturellement cela n’est possible que dans un pays comme le Congo,un pays mal habité.Un peuple et une élite politiquement nuls,plus passionnées par la religion,la musique,le culte des personnalités politiques.

    1. Cher kolomabele,
      Vous l’avez bien écrit : « Singa ya libota ebendanaka, kasi ekatanaka te ». Même avec les Tutsi de Minembwe, singa ya libota ekatani naino te ». Par ailleurs, les Binzambi-Nzambi nous démontrent de plus en plus que « singa ya libota ekatanaka tango mosusu ».
      Votre observation n’est pas complète quand vous écrivez que « pendant que les Congolais s’entre-tuent, les étrangers avec leurs multinationales se font du beurre ». Il n’y a pas que les étrangers qui profitent de la guerre au Congo. Il y a également des Congolais même d’origine. Il suffit de voir la métamorphose de la ville de Goma. Attention quand vous affirmez que « l’homme noir a un cerveau différent de celui du reste de l’humanité ». Il n’y a aucun segment de la race humaine qui ait autant souffert que l’homme noir. Cela vous change un homme. Vous-vous demandez « Comment se fait-il que les ethnies congolaises ne se battent pas entre elles, seulement contre les banyarwanda qu’elles considèrent comme étrangers et envahisseurs ». Voilà ou conduisent les perceptions. ? Doit-on vous citer les ethnies congolaises qui se sont déjà rentrées dedans depuis l’amorce du deuxième processus de démocratisation dans notre pays, le 24 avril 1990 ? Votre perception du Tutsi étranger est si puissante que vous ignorez volontairement tous les massacres entres Congolais non-Tutsi. Plus loin, voulez-vous insinuer l’idée selon laquelle on ne peut pas commettre des crimes atroces quand on est natif d’un pays ? C’est en tout ce que je crois déceler dans votre phrases suivante : « Avec eux [Tutsi et Hutu], ils commettent les pires crimes au Congo dont ils se réclament être les natifs. Bien plus ils réclament une portion des terres congolaises ». Voulez-vous dire que les crimes commis par les Bakata Katanga, les Mai-Mai, les rebelles Hema et Lendu, lors des affrontements entre deux tribus à Yumbi dans la Mai-Ndombe, pour ne citer que ces crimes-là entre Congolais authentiques, seraient plus acceptables que ceux commis par les Tutsi et Hutu ? Vous-vous étonnez que les Tutsi de Minembwe cherchent à s’en aller avec les terres qu’ils occupent depuis un siècle ? Mais c’est comme cela que va le monde chaque fois qu’on nie à une communauté son appartenance légitime à un Etat donné. S’il faut s’en aller, on s’en va avec la terre.

  16. Chers compatriotes,
    Je dois remercier sincèrement MBTT pour sa réponse à ma réaction par rapport aux qualificatifs souvent lui affublés. Il me dit au sujet de la conférence nationale souveraine ce que j’en avais pensé en son temps et ce que je continuerai à en penser. Que du gâchis ! Dans cette conférence ceux des excités qui voulaient en découdre avec le Maréchal pour des raisons personnelles inavouées l’ont emporté sur le bon sens pour envisager sereinement l’avenir du pays. Occasion ratée ! L’AFDL arrivé, nous nous lançons tête baissée dans la même erreur. Les questions logiques concernant les libérateurs sont éludées parce que l’excitation à l’idée du renversement du Maréchal prend le dessus. Encore une occasion perdue. Maintenant, nous sommes au niveau où nous avons un autre personnage à la tête du pays. Au lieu de nous lancer dans des actions réfléchies, nous nous laissons encore emporter par le sentimental. MBTT dans ma tribu, un proverbe dit: « ce sont des calebasses qui sont ensemble qui se frottent ». Si les Congolais acceptent leurs compatriotes rwandophones, sans nécessairement les mêler aux crimes de Kagame et les deux autres K, on pourra trouver une solution durable pour l’Est du pays et la paix durable pour régner dans la région. Que Dieu nous vienne en aide.

  17. # Je suis tombé sur un texte de Vansina sur le royaume du Rwanda (ainsi qu’une critique à son Mémoire) intéressant en ce qui nous concerne qui fait l’objet de nos discussions ici dans la mesure où son étude confirme trois points :
    – 1° Contrairement à certaines rodomontades rwandaises (son ancien président qui revendiquait des imaginaires possessions se situant dans nos frontières s) le ‘grand’ royaume du Rwanda N’A JAMAIS RÉUSSI LA CONQUETE DES PETITS ROYAUMES OCCIDENTAUX CONGOLAIS du Buhunde, du Bushi, d’Idjwi… ;
    – 2° Mutatis mutandis l’escapade de quelques pasteurs Tutsi vers 1990 qui traversèrent la Ruzizi et s’installèrent dans l’Itombe sont l’oeuvre des « REFUGiES POLITIQUES ET ET ECONOMIQUES » en délicatesse et fuyant leur pouvoir qui aura encore moins de chance de compter significativement, administrativement et officiellement. Voilà pourquoi les Banyamulenge ont eu besoin de toute une guerre pour valider un fait qui était à l’avance contesté dans leur présentation. Ils sont en fait restés « étrangers » sans le savoir mais sans le savoir parce que dans leur recherche démagogique d’une terre, ils avaient eux-mêmes travesti la vérité et le génocide de leurs congenères en face leur a rappelé qu’ils risquaient de finir perdants et chassés…
    – 3° Le phénomène de l’INFILTRATION rwandaise de nos institutions est un mode usité par le Rwanda pour réussir la conquête, l’OCCUPATION » des zones ciblées. Confrontée à l’échec des méthodes directes et invasives, l’autorité centrale du royaume avait appris qu’elle devrait y aller par une infiltration progressive des « races » différentes des leurs en y créant de petites unités politiques autonomes qu’ils pouvaient alors commander d’autant qu’elles étaient elles-mêmes composées des leurs et d’une clien­tèle d’opportunistes locaux.
    # A rappeler que Jan VANSINA est un historien et anthropologue belge reconnu qui s’est spécialisé dans l’étude de l’Afrique centrale et orientale ancienne et l’utilisation de ses sources orales et qui a beaucoup écrit sur le Rwanda (notamment, « Vansina, Jan. – Le Rwanda ancien : le royaume Nyiginya – Paris, Karthala, 2001, cartes, 289 p ») en démystifiant au passage l’histoire officielle : « plus question de race, ni de catégories sociales fixées à jamais par l’élevage ou l’agriculture mais une lente évolution des rapports de forces entre gouvernants et gouvernés ». Dans un Mémoire de 1965, « Vansina (Jan). L’évolution du royaume Rwanda des origines à 1900  » il écrit ceci p.90 :
    {« […]Rwaabugirifut le dernier souverain de cette période d’ex­pansion. Il s’attaqua au Buhunde, à Ijwi et au Bushi dont il tenta l’incorporation administrative. Il renforça ou établit le contrôle royal au Bugoyi, au Bwishaza, au Kingogo, au Murera, au Buberuka occidental, au Busigi, au Nyantango où les pasteurs tutsi n’avaient jamais été soumis. Au Kinyaga, son action ré­formatrice fut ressentie si fortement que des groupes de Tutsi traversèrent la Ruzizi et allèrent s’installer à l’Itombwe. A l’est, le roi mena une guerre contre le Nkore et une autre contre le Ndorwa en révolte. Il fit tuer le roi du Bushuubi. Seules, ses campagnes contre le Burundi furent des échecs. Rwaabugiriprocédait partout, dans les territoires conquis, à l’établissement de capitales et à l’organisation de districts. Dans les territoires déjà rwandais, il brisa la succession héréditaire et tenta de ré­duire par tous les moyens l’autonomie des chefs locaux par rapport au pouvoir central. Son œuvre au Bushi et à Ijwi ne réussit pas. A l’intérieur du pays ses efforts eurent quelques résultats. Il réussit à contrôler plus ou moins efficacement toutes les régions de l’ouest à l’exception du Bukunzi, du Busozo, du Bushiru et de la plus grande partie du Kibari, qui restèrent soustraits à toute administration rwandaise jusqu’à l’époque coloniale.A la mort de Rwaabugiri, le royaume avait étendu sa sphère d’action à la rive ouest du lac Kivu, au Nkore et au Bushuubi. A l’intérieur des frontières, les efforts même de ce roi n’eurent pas le résultat d’uniformiser le système administratif dans les régions occidentales. Une administration régulière n’y fut in­troduite que par le régime colonial. En 1900, on pouvait dire que le Rwanda comportait un noyau, le Rwanda central, une extension orientale, le Gisaka, et une zone de « contrôle » qui comprenait toute la région occidentale. Assigner des frontières au pays, en 1900, est impossible. A partir du point razzié occa­sionnellement au Buhunde jusqu’à la capitale au cœur du pays, toutes les situations se rencontrent et s’enchevêtrent. Par exemple, au début su règne de Musinga, le Nyantango, proche de la résidence du Rwanda, était pratiquement autonome et ne payait aucun tribut.[…]
    Conclusions
    […]
    Ce phénomène dénote un effort d’adaptation intense par des for­mules d’expansion et de structures politiques à des situations très difficiles.Quelles sont ces situations si difficiles ? Elles se ramènent toutes au problème d’incorporer dans l’État des provinces sou­veraines où il n’existe pas de société à castes, comme au Rwanda même, et de persuader les habitants de ces régions d’abandonner non seulement leur souveraineté mais de se ré­soudre également à accepter une situation d’inférieurs dans la société rwandaise. Ce problème ne s’est posé nulle part ailleurs dans la zone interlacustre. Ou bien les Hima se sont fondus dans la masse de la population comme au Buganda, et la société ne connaissait plus que des classes fondées sur l’autorité politique, ou bien les conquêtes ne se faisaient qu’entre États hima ou tutsi déjà organisés en castes. Il a été dit que ces États étaient nés d’une infiltration progressive de Tutsi ou de Hima, d’une vie côte à côtes des deux races en présence et, enfin, de l’accroisse­ment du prestige des pasteurs et de la naissance de petites unités politiques qu’ils commandaient. Les contrats féodaux de clien­tèle ont préparé cette évolution. Ces petites unités s’amal­gamèrent et formèrent des États plus grands. La caste infé­rieure acceptait son sort et incorporait dans sa vue du monde la prémisse de l’inégalité, décrite par M. Maquet. Mais cette évolution ne se fit pas au Rwanda occidental, où la conquête rencontrait des blocs homogènes de Hutu. La diversité de processus de conquête, protectorats sur des États d’abahinza,nomination de chefs tutsi ou hutu locaux, nomination de parents du roi et toutes les situations de fait qui en résultèrent, sont des adaptations complexes à cette situation de base. Et cette conquête fut un échec. Il n’y avait pas de moyens pour parvenir à ce que les Hutu du Rwanda occidental acceptent en même temps la perte d’une souveraineté et un statut d’infériorité dans une société à castes. Même la force armée ne pouvait y contrain­dre que temporairement, puisque chaque campagne militaire était suivie d’une révolte. Et la complexité des structures poli­tiques rwandaises ne réussit pas à pallier cet échec.
    En 1900, le Rwanda n’était pas un État uni. La conquête de l’ouest s’avérait illusoire, malgré les efforts d’adaptation et la proli­fération des structures politiques que l’ingéniosité de ses diri­geants y déploya. »]}
    « Vansina (Jan). L’évolution du royaume Rwanda des origines à 1900 [compte-rendu] – De Heusch L. -Revue belge de Philologie et d’Histoire Année 1965 43-1 pp. 123-127 »
    ° https://www.persee.fr/doc/rbph_0035-0818_1965_num_43_1_2566_t1_0123_0000_2?q=tutsi

  18. cher Mayoyo, je crains que votre bonne foi,votre culture et votre manque de racisme vous empeche de constater que vous avez a faire a des complexes interhamwises du cerveau .ils devraient comprendre une chose,c est qu eructer les theories de terminator(ngbanda)leur maitre a « penser »derrierre leurs ecrans n impressionnent que leurs collegues »resistants (ambifies, genre odon mbo)(de l avenue louise) »que les congolais tutsis n ont que faire de leur avis,ce ne sont que des pipelettes qui ne sauraient nous chasser de chez nous.bravo cependant pour votre belle mentalite qui vole au dessus de ces mediocres

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