La transhumance des camarades du FCC

Ça y est! L’autorité morale du FCC est en passe de réaliser son pari. Il y a quelques années, il déclarait urbi et orbi qu’il recherchait 15 collaborateurs pour améliorer la gouvernance du pays. C’est chose presque faite maintenant. Avec l’hémorragie que connait le FCC, il pourrait se retrouver bientôt avec les 15 oiseaux rares. On ne sait jamais.

D’après mon ami qui connaît tout, certains ont commencé avec moins de 15 disciples. Aujourd’hui, ils comptent des milliards de fidèles. On ne cite pas de noms ici sous peine d’être transformé en lumière, son, poussière et fumée…

Bref, passons. Ceci n’expliquant pas cela, il déclara peu avant de quitter ses fonctions de Raïs et de commandant suprême des Forces Armées de la République Démocratique du Congo et de la Police Nationale Congolaise que son grand regret est de n’avoir pas su transformer le Congolais. Stupeur et tremblements! Il allait manipuler notre ADN? Il voulait nous changer en Rwandais, en Tanzanien, en mouton de Panurge ou même en crapaud. Enfer et damnation! Malheureusement pour lui, les astres ne l’ont pas voulu. Nous l’avons échappé belle!

Comme si cela ne suffisait pas, retranché dans une ferme des alentours de Lubumbashi comme le maréchal Mobutu à Gbadolite, il fait semblant de peaufiner des stratégies pour reconquérir le pouvoir. Enfer et damnation! Il risque tout simplement de se tirer une balle dans le pied au lieu d’une « remontada ». Quand on a été un ancien Président de la République, on se comporte comme Mandela, comme Kaunda, comme Rawlings, comme Obama.

D’après mon ami qui sait ce qui se passe dans tous les coins et recoins de Kinshasa, c’est normal que les anciens fidèles d’entre les fidèles lui tournent le dos. Nos politiques congolais n’aiment pas l’opposition. Les « ventriotes » congolais tiennent à conserver leur place à la mangeoire nationale. La fonction politique est considérée comme une source d’enrichissement. Personne ne peut donc pas leur demander de se faire hara-kiri pendant plus de dix ans! C’est contre les droits de l’homme. Pardi, nous vivons quant même dans un Etat de droit! Les camarades du FCC diraient que c’est contre la constitution. Bref, passons!

D’après mon ami qui sait tout, nous avions surestimé Kabila. On lui a prêté beaucoup de qualités qu’il n’a pas. Ce n’est pas un Napoléon organisant son départ de l’île d’Elbe pour reconquérir la France! On dit chez nous que quelque soit la longueur de l’urine, les dernières gouttes retombent toujours entre les cuisses.

 

GML

6 thoughts on “La transhumance des camarades du FCC

  1.  » Quand on a été un ancien Président de la République, on se comporte comme Mandela, comme Kaunda, comme Rawlings, comme Obama  ».
    Enfer et damnation ! Tout le monde n’est pas Mandela, Kaunda, Rawlings ou Obama. Aussi comme on ne peut pas comparer une vulgaire mouche à Maradona. Stupeur et tremblements !

  2. Le « cas Kabila » à la tête de l’État congolais fera l’objet des sujets de Travaux de fin d’Études  » (TFE) des étudiants des facultés des universités. Première hypothèse : JK fut un leader de génie, calculateur, grand stratège, meneur d’hommes. Deuxième hypothèse : JK n’était qu’un piètre chef, ne comprenant rien de la haute fonction qu’il occupa, manipulé par des Raspoutines congolais plus futés. Troisième hypothèse : JK était un veinard, à qui tout réussissait sans beaucoup d’efforts, se servant de ses silences comme instruments de gestion des hommes et de la Cité, sans vision. Quatrième hypothèse : sans attaches psychologiques ni métaphysiques avec les Kongomani, JK était un manipulateur, manœuvrier, sans jouer avec les Kongomani qu’il détestait profondément. Étudiants de tous pays, à vos bic et laptop.

  3. La transhumance est en politique ce que les OPA, les économies d’échelles et avantages comparatifs sont en économie; les économistes m’ont très bien compris. En économie, pour gagner des parts de marché, on fait tout pour s’imposer face à la diversité ou au besoin absorber la concurrence, quitte à corriger plus tard les insuffisances selon les impératifs et équilibres structurels et conjoncturels. Aujourd’hui, Tshisekedi, est politiquement en position de force. Il est en passe de réussir son offre publique  » achat  » (OPA) sur son concurrent le FCC. Il lui faut maintenant consolider cette opération par la gestion rationnelle des ambitions. C’est donc maintenant qu’il faut réaliser les économies d’échelles aussi bien internes qu’externes en s’appuyant sur les atouts dont ils dispose et qui font défaut à la concurrence. On parle d’avantages comparatifs. L’union sacrée de la nation doit être une adhésion non un contrat. Ce qui est en jeu aujourd’hui, c’est l’avenir du pays. Tshisekedi n’est pas le Messi, il ne détient pas la portion magique, seul, il ne peut rien, il lui faut le concours de tous les congolais. Je comprends la réticence de ceux qui ne veulent pas que les anciens caciques du système qui a échoué tiennent le haut du pavé dans le projet que le Pr. Tshisekedi propose. Hélas, soyons réalistes, il n’existe pas des générations spontanées au Congo. Ceux qui formulent des demandes exagérées aujourd’hui ont peu ou prou participé à la gestion du pays avec les résultats que l’on sait, un peu de modestie. Je demande aux jeunes qui croient que le combat pour la démocratie et l’Etat de droit a commencé avec eux de faire attention. L’histoire de notre pays est jalonnée d’évènements tragiques. Les pères de l’indépendance de notre pays avaient un idéal commun, mais les intérêts individuels l’ont emporté sur les idéaux pour lesquels ils se sont battus. Prenons garde, souvent les mêmes causes finissent par produire souvent les mêmes effets. A bon entendeur salut.

    1. Cher Elombe , en sciences économiques , les OPA doivent obéir à la règlementation en vigueur dans l’environnement où les acteurs mettent en exergue leurs tactiques et stratégies.
      Heureusement au Congo , les frontières des dimensions politiques , juridiques et éthiques commencent à s’éclaircir avec la gouvernance de Felix Tshisekedi. Le souhait de tous devrait consister en la moralisation de la vie politique par la primauté du droit , la transparence et l’élévation de l’intérêt général en lieu et place de la danse du ventre par la recherche des postes à tout prix.

  4. Armand, je vous signale que les OPA hostiles ne violent pas forcément les lois ni les règlements en vigueur. Vous introduisez une dimension morales et juridique qui n’a rien à voir avec mon analyse. Ici ma réflexion concerne le changement de rapport de force qui existe aussi bien en politique qu’en économie. En économie lorsqu’on décide de lancer une OPA, on évalue les faiblesses du concurrent, les difficultés auxquelles il fait face. Les considérations morales et juridiques n’entrent pas en ligne de compte au moment précis où la décision est prise. C’est pour cette raison qu’une petite entreprise peut s’emparer facilement d’une boîte mille fois plus grosse qu’elle. C’est une question d’opportunité. Lisez moi attentivement la prochaine fois. Merci.

    1. Cher Elombe, vous lisant avec attention ( bien sûr ), je trouve maladroit le parallélisme établi entre la transhumance poltitique à la congolaise et les OPA propres aux marchés capitalistiques appelés à assurer la transparence et l’éthique d’acquisitions , fusions et liquidations d’entreprises.
      Est-ce le cas de la transhumance politique à la congolaise ?
      Parlant des OPA hostiles et des assauts capitalistiques de petites firmes sur les grandes, je vous renvoie au cas de l’industriel Carlo de Benedetti sur la « Générale de Belgique ».
      Conclusion : la transhumance politique à la congolaise est propre aux politiciens du ventre pululant en Afrique.Elle n’a rien à voir avec les Modèles économiques d’OPA que vous tentez d’inclure dans votre modèle explicatif de l’actualité politique congolaise.
      Néanmoins, j’ai quand même saisi l’idée de base.

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