L’aboutissement du processus électoral en RDC ne consacre-t-il pas l’échec des jusqu’au-boutistes?

Mwamba Tshibangu
Mwamba Tshibangu

En dépit de nombreuses irrégularités qui ont émaillé les élections du 30 décembre dernier, le peuple congolais a exprimé sa voix dans les urnes. Comme il fallait s’y attendre, les contestations n’ont pas manqué. Si Félix Tshisekedi est en train de se mesurer, au quotidien, à la lourde charge qui est désormais la sienne, celle de redresser le pays tombé dans un abîme profond; de son côté, Martin Fayulu clame la résistance pacifique. Il continue à réclamer sa « victoire ». Il espère toujours, on ne sait par quel miracle, que celle-ci lui sera concédée.

Puisque la légitimité du pouvoir est remise en question, comme on vient de le voir, après la tenue de ces scrutins, il semble important d’ouvrir une brèche dans ce contentieux électoral qui pourrait révéler l’état de nos faiblesses et de nos lacunes. Nombreux sont ceux qui contestent les résultats aujourd’hui. Ce qui est légitime, par ailleurs. Mais, il est à se demander, objectivement, si quelque part, il n’y a pas eu des erreurs stratégiques, voire grossières, qui ont abouti aux résultats, aujourd’hui, contestés. Il était connu de tous que la question de l’organisation des élections libres et transparentes en RDC était sujette à caution. Les expériences de précédentes élections sous le régime sortant obligeaient à se tenir en garde. C’était une question épineuse. Une question de vie et de mort. N’oublions pas à cet effet tous les martyrs qui sont tombés parce que le régime n’envisageait aucune ouverture, sinon l’inanition de la nation pour paraphraser un constitutionnaliste dont on n’a pas besoin de mentionner le nom. N’oublions pas non plus si tôt, le slogan évocateur de tout un plan: « Kabila todondi yo nanu te ». Le décor était solidement planté. Fallait-il, dès lors, participer à ces parodies d’élections dont on savait, à quelque chose près, l’issue? D’autre part, ne pas y participer comme d’aucuns l’ont fait, n’a pas empêché que le processus aille de l’avant. Il y a eu passation du pouvoir. La machine étatique ne s’est pas arrêtée. C’est peut-être ici où se trouve la faiblesse de la politique de la chaise vide. Ceux qui y avaient souscrit ont cependant le mérite de la cohérence. Ils avaient compris que le processus ne serait ni équitable ni démocratique. Ils n’ont donc pas voulu cautionner la tricherie ou une vaste magouille. Cependant, il reste à savoir comment ils vont parvenir à un retournement de la situation alors que les autres sont pratiquement aux commandes du pays et président à sa destinée.

Il y a un autre courant de pensée qui est omniprésent. Ses acteurs crient très fort. Ils se caractérisent par une opposition systématique à tout. Ils ne voulaient pas, par exemple, de dialogue. Ils ne voulaient pas entendre parler de l’Accord de la Saint-Sylvestre. Aujourd’hui, il n’accepte pas les résultats des élections. Ils ne juraient qu’au départ de Kabila, étant l’emblème de l’occupation rwandaise, par la force. Ils évoquaient plusieurs options pour atteindre leur but dont la principale était l’insurrection armée. Le soulèvement populaire était aussi brandi comme possibilité pouvant permettre à Kabila de dégager. Une voie médiane s’est levée avec une solution clé en main: celle des Administrateurs, en application de l’article 64. Toutes ces solutions n’ont pas abouti. Elles ne sont même pas parvenues à faire dérailler le processus électoral dont on entrevoyait clairement le danger potentiel en termes de fraude massive.

Et pourtant, toutes les opportunités étaient là, alimentées expressément par Nangaa: des fichiers corrompus au système central de la CENI, à la machine à voter… Il y avait vraiment lieu de réussir à bloquer ces élections. Cela n’a pas été fait. Aucune action d’éclat n’a pu éclabousser le processus. Tous les candidats ont joué le jeu, acceptant, à leur corps défendant, tous les mécanismes mis en place. Avant même que la date d’élections ne soit connue, certaines personnes ont, des années durant, récolté de l’argent pour une action de force. Elles disaient avoir des plans qui ne pouvaient faillir. D’autres, par contre, ont multiplié des promesses via vidéos. Et, on en a avalé des tonnes. De toutes ces initiatives, s’il faut les appeler ainsi, rien ne s’est concrétisé. Kabila est resté inamovible.

Dès lors, qui faut-il réellement blâmer, ceux qui ont poussé Kabila dans ses derniers retranchements, en l’acculant, dos au mur, jusqu’à lui arracher le pouvoir, symbolique soit-il, ou ceux qui ont toujours tout repoussé, revendiquant un radicalisme sur papier ou en parole, qui n’a jamais produit d’étincelles?

En attendant des analyses historiques qui viendront, le moment est venu de se questionner, à chaud, sur les actions entreprises. Sur le bilan d’une lutte qui n’a pas récolté le résultat escompté. L’on ne peut pas toujours être là à condamner les autres, à critiquer à tout vent, sans avoir un œil critique sur ses propres actions. En fait, si aujourd’hui Kabila peut se targuer, selon une certaine assertion, de conserver encore le pouvoir, la faute ne pourrait-elle pas être imputée aussi aux jusqu’au-boutistes? Ils ont tant promis et ils continuent à promettre, faut-il vraiment qu’on les prenne au sérieux? C’est un simple questionnement, peut-être naïf, et non une hypothèse.

 

Par Mwamba Tshibangu

18 thoughts on “L’aboutissement du processus électoral en RDC ne consacre-t-il pas l’échec des jusqu’au-boutistes?

  1. @ Mwamba Tshibangu,
    Je crains qu’on s’installe inutilement dans un dialogue des sourds. On regarde la même situation dramatique mais on ne tire pas la même conclusion.
    J’ai peur qu’avec des positions aussi diamétralement opposées que le rapprochement soit simplement IMPOSSIBLE ! Reprenons les choses dans l’ordre. Je vais être volontairement long et d’emblée je m’inscris en faux sur plusieurs points que Vous soulevez,
    **Sur l’occupation **
    L’occupation que nous dénonçons n’est pas une vue de l’esprit. Si moi, citoyen lambda j’arrive à avoir des contacts et des informations précises auprès des officiers des FARDC, des organisations comme l’udps pouvaient faire de même.
    Les noms des officiers et sous-officiers venus d’ailleurs sont connus. J’ai une liste non exhaustive des 378 noms. Le nombre exact des soldats rwando-ougandais dans les FARDC n’est pas connu. On nous parle de 26 à 40 mille hommes bien payés et lourdement armés.
    Question: quelle est la chaîne de commandement et quels effectifs avons-nous dans l’Est pour que la boucherie prenne une telle ampleur, pendant si longtemps. 300 ADF et 1500 FDLR peuvent-ils faire autant de dégâts ?
    Question: que raconte les victimes des viols (vielles, femmes, enfants et bébés), il faudra demander à Mukwege ( entre autres). Que disent les survivants des massacres ?
    Le désordre organisé dans la partie EST occasionne, massacres, viols, déplacements des populations et pillage à grande échelle des minerais. Aussi, il y a un déversement massif des populations Rwando-burundaises au Kivu.
    ** les moyens de mettre fin à l’occupation **
    Il va sans dire que quand on déplore plus de 8 millions de morts, plus de 4 millions de femmes violées et autant de déplacés, l’objectif n’est pas seulement de changer de PR mais de mettre hors d’état de nuire ceux qui sont responsables de la situation de préférence par une action militaire. Le soulèvement populaire et les élections me paraissent comme les moyens les moins appropriés.
    La question est avant tout de savoir pourquoi avons-nous jusque là échoué à activer cette option militaire made in DRC. La trahison des nôtres en est pour beaucoup.
    ** sur le contentieux électoral **
    Les arguments avancés (que MAFA avait la mauvaise stratégie, qu’on ne peut pas refuser la MAV et prétendre gagner avec, que Fayulu n’a pas de preuves, qu’on savait que la ceni et la CC étaient corrompues, … ) sont irrecevables (un juge de la CC ne dit pas autre chose) !
    En effet, puisque 18 millions de congolais se sont déplacés pour voter, il fallait respecter leur choix et saisir l’opportunité d’un éventuel déclenchement de mouvement de masse en cas de victoire de Shadary. La kabilie était piégée.
    Il aurait simplement suffit de ne pas négocier avec aka Kabila est le tour était joué. Il ne s’agit pas d’être pro CACH ou LAMUKA. Il s’agit de garder en tête l’objectif qui est de mettre hors d’état de nuire alias Kabila et sa bande de mafieux.
    J’ai écrit sur ce site qu’un candidat qui prend Lumbi ou Kamerhe comme directeur de campagne n’est pas sérieux. Dénoncer la forfaiture de Tshilombo n’est pas être pro Lamuka. Vilipender Tshilombo ne pas être anti baluba. Dire que majoritairement ce sont des baluba qui défendent Tshilombo n’est pas un mensonge non plus … Muyaka c’est devenu une insulte sans que les bayaka ne parlent pas de tribalisme.
    ** Que reprochons nous à Tshilombo?
    On reproche à Tshilombo d’avoir fait un deal dangereux qui pérennise le pouvoir kabiliste contrôlé de Kigali. On lui reproche d’être un fraudeur puisqu’il n’a pas gagné les élections et d’être un faussaire. On lui reproche de faire du génocidaire aka Kabila un partenaire. En rendant hommage à aka Kabila, Tshilombo crache sur les victimes congolaises.
    L’argument d’une passation de pouvoir sans effusion de sang est un mensonge éhonté. La catastrophe de Yumbi créée de toute pièce cela vous dit quelque chose M. Tshibangu ?
    ** Les opposants à tout que vous pointez du doigt **
    Combien avions nous eu des dialogues depuis 20 ans pour quel résultat ? L’accord de la Cenco devrait éviter un bain de sang, nous avons les massacres au kasaï n’est-ce pas ? les élections de 2006, 2011 et 2018 ont elles apporté des résultats escomptés ? Que nenni !
    Mais puisqu’il faut tout accepter les massacres, les viols, le pillage, même la fraude, le faux diplôme, l’inpunité et le nouveau statut de partenaire accordé à aka Kabila (aka veut dire en anglais Also Known As), puisqu’il faut oublier Yumbi et se réjouir d’une passation prétendument civilisée de pouvoir sans coup de feu…
    Puisqu’il faut, paraît-il, tourner la page, dire que kabila c’est fini Tshilombo a réussi là où nous avons TOUS échoué en lui a arrachant le pouvoir… à vous suivre il faut même fêter l’échec des jusqu’au-boutistes et puisqu’il faut penser au Congo et aux congolais… alors allons-y, avançons ! Traitons quelques petits sujets pour voir si on arrive à avancer dans la même direction.
    1. Quand est-ce qu’on réinstalle les réfugiés internes et externes (4,5 millions de personnes) c’est l’ONU qui le dit. Il faudra qu’ils retournent sur leurs terres avant le recensement de la population. Qui les empêche et pourquoi ?
    1. Cash investigation a prouvé, document a l’appui, qu’une des mines de Glencore achetée 140 millions rapporte 2,5 milliards de dollars par an alors que le budget insignifiant de l’état congolais est de 4 milliards. Pouvons-nous mettre tous les contrats de pillage sur la table et les revoir ?
    1. Kagame est devenu le 1e exportateur de coltan qu’il n’a pas . Pouvons-nous régler le problème ? Il en est de même pour l’or avec l’Ouganda et le Burundi, le gaz du lac Kivu (Rwanda), le pétrole du lac Albert (Ouganda), le pétrole au large de Muandà et l’annexion de Kahemba et ses diamants (Angola).
    1. Avons-nous le droit de demander que les militaires et toute la chaîne de commandement dans l’Est soient immédiatement changés pour arrêter les massacres ?
    1. Avec tout le respect qu’on doit au nouveau PR, pouvons nous demander gentiment qu’un audit de tout l’appareil sécuritaire soit fait afin de savoir qui est qui, qui vient d’où et qui fait quoi?
    … je peux continuer. On ne peut pas dire qu’on a le pouvoir arraché de haute lutte, qu’on aime le Congo et les congolais mais qu’on ne peut pas traiter ces petits sujets.
    Le problème est que rien de significatif ne sera fait. La raison est simple: on ne peut pas résoudre LES problèmes du Congo avec ceux qui l’ont créés. Tshilombo ne pourra pas s’opposer à ceux qui l’ont fait rOI. Il n’aura jamais le contrôle de l’armée tant que les hommes venus d’ailleurs seront dedans.
    Ce ne sont donc pas les jusqu’au-boutistes qui ont fait de aka Kabila le partenaire en acceptant la fraude électorale. L’échec supposé des jusqu’au-boutistes ne justifie en rien les compromissions d’Ibiza, Venise… ICC.
    Dire qu’on ne peut pas blâmer Tshilombo parce qu’on n’a rien fait de concret que lui au moins il a coincé aka Kabila et a réussi à lui arracher le pouvoir … est une vision pour le moins erronée de la situation.

      1. @chriso45,
        Merci d’avoir fait l’effort de me lire.
        Pour la forme rédactionnelle, je vous laisse tous rectifier les coquilles (il manque plusieurs bouts de phrase) à 2h30 je commençais un peu à m’en dormir sur mon smart phone.
        Lisez par exemple: la trahison en est la cause profonde… et y est pour beaucoup et non la trahison en est pour beaucoup.

    1. Le fond des arguments de ce tonneau-vide s’elucubrant chaque jour sur CIC (comme ses copains disciples de Honore Nganda) est toujours le meme. A savoir que la RDC serait sous occupation et une Colonie du petit Rwanda, et partant, les Institutions de la RDC inclu la Presidence seraient au service du Rwanda (entendez Kagame et les Tutsis). Quelle idiotie…!
      Question a ce fanfaron et ses sembalbles: Si tel est le cas, alors que faites-vous de vos cachettes en Europe, Afrique du Sud ou Canada d’ou vous crachez ces inepties, au lieu d’assumer le courage d’aller combattres et liberer votre Pays?
      Les Congolais acceptent une chose: L’Alternance au sommet est chose faite. Parfait ou imparfait, le depart de Kabila est un acquis. Le moment n’est plus aux bavards fainenats et leur candidat-cheri visant la Presidence au detriment de la raison.

      1. @ Clément Mutoto,
        Le tonneau vide c’est celui qui est incapable de faire un post avec des arguments. Vos écrits sont d’une pauvreté rare. C’est le niveau infini en dessous de zéro. Ndeko, Vous répétez bêtement la même chose.
        On est sur CIC, un forum où les intervenants sont censés être d’un certain niveau et verser quelque chose aux débats. Vous tenez des propos qu’on trouve sur les pages fcbk de fanakuiti.
        Ce que vous écrivez n’a aucun sens. Il y a manifestement un problème de niveau. Je vous conseille de beaucoup lire, d’approfondir, de développer le sens de l’écoute, la tolérance aux avis contraires, d’abandonner l’insulte facile … vous verrez qu’un jour vous aussi vous arriverez à faire un post avec des arguments.
        Vous verrez que ce jour-là, les intervenants vous répondront avec des arguments et cela vous aidera à hausser votre niveau.
        Na lobi na esprit ya bien. To koloba tiiiii bo koyoka !

      2. Clement Mutoto
        Seul un naif ou idiot (ignorant les evidences) croit qu’il y a eu alternance et que « Joseph kabila » est effectivement parti!

  2. Chers Compatriotes,
    le sujet développé par Mwamba Tshibangu, est intéressant et mérite attention. Seulement, la manière dont on peut percevoir la situation actuelle du Congo dépend de plusieurs facteurs que je ne vais pas invoquer ici. Car, cela relèverait de la pure spéculation étant donné que l’être humain est un être plus complexe. Nous avons assisté avec ces élections à quelque chose d’inédit qu’aucun analyste en ligne n’avait prévu. Je reprends à mon compte ce qu’un ministre Belge venait de dire sur les antennes de la RTBF. Il disait : « S’il y a un an, on nous avait dit que le Président Kabila allait organiser des élections sans aide étrangère, et qu’il allait présenter un dauphin, et qu’il ne se représentera pas, on ne prendrait pas une telle lecture au sérieux ». Pourtant, c’est ce qui s’est passé. J’ai horreur personnellement des penseurs écrivains qui rédigent des évangiles, car, la pensée humaine n’est pas une pensée exclusive, à laquelle on ne peut pas opposer une autre. Nous sommes, nous humains, limités, d’abord situés dans un corps qui nous orientent dans la direction de nos yeux, et de nos choix sans avoir la possibilité de voir en même temps ce qui est devant et ce qui est derrière. Car, une telle opération ne peut se faire que lorsque l’on se dote d’instrument que l’on veuille bien utiliser. Il en va aussi de nos orientations de pensée, d’action (politiques) etc… La lecture de notre compatriote Mwamba Tshibangu peut avoir un fondement historique dans le pays. Car, « l’échec des jusqu’au-boutistes ? » est lisible à partir de l’expérience de la deuxième république. J’ai toujours pensé à des occasions manquées par le duo « Mobutu » « Tshisekedi ». Cela à cause de l’arrogance, le jusqu’au-boutisme des uns et des autres. Ici, la logique du texte est défendable. Mais lorsque Mwana ya mokolo lopango écrit : » Le problème est que rien de significatif ne sera fait. La raison est simple: on ne peut pas résoudre LES problèmes du Congo avec ceux qui l’ont créés. Tshilombo ne pourra pas s’opposer à ceux qui l’ont fait rOI. Il n’aura jamais le contrôle de l’armée tant que les hommes venus d’ailleurs seront dedans. » Le principe: « on ne peut pas résoudre les problèmes du Congo avec ceux qui les ont créés » est logiquement (la logique formelle) juste. Mais du point de vue politique, il peut en être autrement. C’est là que j’invite nos compatriotes qui pensent, qui écrivent et qui sont acteurs à plusieurs niveaux de ne pas quitter de vue « l’intérêt suprême de la nation », en mettant ceux qui ont créé le problème en déroute, si jamais ils n’acceptent pas que certaines solutions soient portées au problème. Car, ce n’est pas le président seul qui doit résoudre tous les problèmes qui lui sont légués. Mais nous devons considérer que nous avons un défi, auquel nous ne pouvons pas échapper, car nous devons tous contribuer à la recherche de solution. Le premier problème c’est le président lui-même. Il est sûrement dans une situation que nous risquons de déplorer tous. J’ai déjà écrit quelques lignes à propos. Quand Mwana M.L écrit :  » Tshilombo ne pourra pas s’opposer à ceux qui l’ont fait rOI. Il n’aura jamais le contrôle de l’armée tant que les hommes venus d’ailleurs seront dedans », c’est une crainte fondée. Mais cette crainte ne peut être déjouée que si les gens autour du président jouent leur rôle et que les négoçiations pour les ministères et pour l’armée sont mises sous pression pour que les choses changent. Car, Tshilombo n’a pas fait une révolution. Il en serait probablement de même si la vérité des urnes que l’on réclame qui mettrait Fayulu comme président. Car, ce dernier non plus n’a pas une armée à lui ni des hommes capables de faire face à des hommes bien entraînés qui sont restés plusieurs années sur le théâtre des opérations ou qui en organisent régulièrement. Nous avons de la boue et nous voulons construire une maison solide, fabriquons des briques avec cette boue en la traitant. Ne nous voilons pas la face. Regardons la réalité en face. Il ne s’agit pas maintenant de nous leurrer en regardant les valeurs que nous ne défendons pas chaque jours dans notre vie. Les Congolais sont dans la majorité des cas des personnes qui défendent la vérité dans leur vie de chaque jour ? Quelle est l’image que nos compatriotes donnent dans les pays où ils ont élu domicile ? Par contre, la réaction de Mwana K.L. est un bel avertissement pour les Conseillers du président, et les membres de son parti qui pourront préparer les négociations pour la formation des ministères etc… »Il n’aura jamais le contrôle de l’armée tant que les hommes venus d’ailleurs seront dedans ». Je ne comprends pas ce que Mwana K.L. écrit ici. L’armée Zaïroise n’avait pas d’étrangers ? Même s’il y avait ces étrangers qui nous tétanisent tous au point où plus nombreux qu’eux, nous avons peur de les engager pour les neutraliser. Avons-nous encore une armée ? républicaine ? fière ? On me dira: « les hommes sont dans des mauvaises conditions », mais qu’attendent-ils pour l’exprimer comme il se doit ? Le texte de Mwamba Tshibangu est une vision et je crois que l’intéressé ne croit pas que c’est l’unique lecture possible. Mwana K. L. n’avance pas d’idées insensées. Toutes ces réflexions devraient nous aider à faire de cette situation un point de départ pour un changement profond qui viendrait des Congolais, qui jusque là ont brillé par leur incapacité à changer la situation politique de leur pays et à leur profit. Que Dieu nous vienne en aide.

  3. Les tueries se poursuivent à l’Est et même avec une ampleur on ne peut plus inquiétante.
    Félix Tshilombo, le « Bizimungu » congolais, ne nous dit pas comment il compte mettre fin à cette macabre boucherie; si ce n’est qu’il multiplie des promesses creuses: « Je vais faire ci…je vais faire ça ». Le Tutsi Power se frotte les mains de voir les succès qu’il continue d’enregistrer sur le théâtre congolais. Il n’est pas exagéré de dire que le Congolais est le plus bête et damné de la Terre.

  4. Tout ce que les deux compatriotes Mwamba Tsh et Mwana Mokolo ont exposé est archivrai ,mais cela ne suffit pas ,tout le monde connait que le plan hégémonique tutsi date d’il y a 50 ans et continue à s’enraciner davantage suite à notre faiblesse entre autres : manque de culture politique congénitale,la classe politique corruptible ,tribalisme ,manque d’esprit d’anticipation, c’est de notorieté publique qu’il y a eu deal pour ce 5e régime sans impérium ,que je considère comme un os sans chaire ,Pourquoi passons-nous le temps à nous distraire ,au lieu de comprendre que le cuisinier( l’occupant ) à la place de la viande nous a servi l’os vide , l’occupant se moque de nous et se demande si nous sommes assez sages pour découvrir le piège tendu pour disqualiifier l’opposition ,et revenir en 2023 , déjà le mouvement de grêves tend à se généraliser, la S.N.C.C / L’shi vient de déclencher il y a deux jours, Fatshi a hérité d’un pays en moule .Chers leaders soyez conscients et visez haut pour le bien du peuple.

  5. Compatriote Tshibangu,
    Qui appelez-vous exactement « jusqu’au-boutistes » ?
    Ceux qui ont toujours appelé au départ de ‘JK’ le président arbitraire et ont proposé divers scénarii ou simplement ceux qui refusent toujours le système jusqu’aux élections et veulent son démantèlement car pour eux celui-ci est celui de l’occupation ?
    A propos, vous aviez jusque-là en personne commis des articles très critiques envers le régime, vous êtes plus conciliant depuis la nomination de F Tshisekedi mais vous comptez-vous comme jusqu’au-boutiste par rapport à ce que vous écrivez auparavant ?
    L’échec de jusqu’au-boutiste, parlons-en : pour moi jusqu’au-boutiste ou pas, il n’y a rien de nouveau sous le soleil, jusque-là c’est toujours ‘JK’ qui gagne.
    J’ai eu à pousser ce « cri de détresse » ailleurs. Au cas vous ne l’enregestriez pas assez, en effet sachez quand-même que l’arrivée d’un autre que lui à la tête du pays ne change pas beaucoup à la situation, aujourd’hui il reste encore maître à bord avec l’essentiel de l’Imperium actif sous ses ordres et nos vœux de changement restent encore un espoir…
    Ainsi donc pour moi, l’échec n’est pas tant celui des jusqu’au-boutistes que celui d’un pays qui une fois de plus n’a pas réussi lors de ces élections à planter les bonnes bases d’un « État de droit » en ayant foulé au pied la « vérité des urnes » pour des compromis (compromissions ?) politiques intéressés alors que le peuple a exprimé sans détour son « besoin de changement ».
    Attendons la suite et nous verrons mieux où nous en sommes.

  6. Chers Compatriotes,
    Nous avons un grand problème dans notre pays. Nous sommes nous-mêmes un problème, nous congolais. Nous parlons une langue qui est tellement subtile avec tellement des nuances que nous passons souvent plus de temps à parler et réfléchir, quand les pragmatiques posent des actes et avancent quitte à corriger leurs erreurs au fur et à mesure qu’ils avancent. Quand Nono écrit : « l’échec n’est pas tant celui des jusqu’au-boutistes que celui d’un pays… » Il pense à qui en parlant du pays. Le pays comprend et ceux qui sont appelés Jusqu’au-boutistes et ceux qui ont choisi de privilégier le changement d’acteurs avec espoir que cela pourrait fédérer les Congolais pour une dynamique de changement au profit du pays. L’erreur pour l’instant, selon moi, c’est de commencer à penser que les changements attendus devraient se faire immédiatement et au profit du pays, alors que nous avons été incapables de mener une révolution afin d’obtenir un changement radical immédiat. Mais ce changement radical et brutal donnerait quel résultat ? Quelle leçon pouvons-nous tirer de ce qui s’est passé en Tunisie, en Egypte, en Libye…? Que Dieu nous vienne en aide.

    1. @Elili
      Ce n’est pas moi qui ai posé la question de savoir « si le processus électoral ne pouvait-il pas consacrer l’échec des jusqu’au-boutistes », j’y ai juste répondu que l’échec n’était pas que celui des jusqu’au-boutistes mais celui de tout un pays qui n’a pas été capable de « planter à travers cette étape essentielle de toute démocratie les bases d’un État de droit ».
      Le pays, vous le savez, comprend des gouvernants et des gouvernés, un processus électoral mobilise des organisateurs, des candidats, des électeurs selon un cadre déjà défini.
      Dans ma bouche c’est chaque groupe à son niveau qui a failli car pour moi ces scrutins n’ont été ni transparents ni équitables. Les jusqu’au-boutistes participent de cet éventail mais ils ne sont ni particulièrement auteurs ni victimes de cet échec même si leurs revendications n’ont pas abouti : elles l’auraient été que pour que le processus soit crédible, les autres groupes du pays sus-cites auraient de leur côté dû bien jouer leur rôle. Souligner ici l’échec des jusqu’au-boutistes est pour moi non seulement un parti-pris fort partisan mais aussi une analyse très partielle.
      Voilà c’est aussi simple pour moi, je ne comprends donc pas vos contorsions plus dialectiques que vraiment fouillant la réalité des faits.

  7. Aboutissement du processus électoral au Congo, parlons en ?
    C´est quoi au juste l´aboutissement électoral quand la CENI est incapable de démontrer comment elle a obtenue les résultats sans compter les PV affichés devant les bureaux de vote?
    Quand la CENI publie les résultats provisioires, on trouvait encore des PV non expediés á Kin dans une grande ville comme Goma.
    Pire, si l´aboutissement électoral signifie l´exclusion des électeurs congolais du Nord Kivu y compris du Mayi Ndombe… kie kie kie.. ce que la lecture de l´auteur de cette réflexion est fausse.
    Elili@
    En principe chaque candidat avait apporté un « programme politique » qu´il devait appliquer une fois élu président. Alors pourquoi le changement de la gestion politique devrait attendre?
    Celui qui est président et ceux qui possedent la majorité au Parlement devraient se mettre au travail en appliquant les programmes qu´ils avaient proposés aux électeurs congolais.
    Sauf si l´actuel président et la majorité FCC ne possedent aucun programme « commun » ni crédible. Bientôt mi-fevrier et nous attendons un gouvernement issue de l´élection et Tshibala continue comme si la transition devait se poursuivre..
    Aboutissement du processus électoral? Une illusion sans doute quand la lutte pour la démocratisation du Congo doit continuer.

  8. Chers Compatriotes,
    Quand notre compatriote Ghost écrit : « en principe…. » le problème est là. Quel est le principe observé dans la procédure électorale au Congo ? Quel est le principe suivi pour former un parti politique au Congo. Tout ce qu’il écrit au sujet du président, du parlement et de la présence du premier ministre Tshibala est vrai. La lutte pour la démocratie au Congo est-elle terminée ? Bonne question. Donnez-moi le nom d’un seul pays où la lutte pour la démocratie serait terminée ? Ceci est parfois une illusion que nous entretenons lorsque nous confectionnons nos réflexions. La démocratie est une lutte permanente, chaque pays a son histoire et est dans la dynamique de construction de ses instruments de la gestion de la chose publique afin que tous les citoyens non seulement y prennent part, mais également profitent de richesses que produit le pays. Ne nous berçons pas d’illusions. L’intérêt de cette question posée par notre compatriote Mwamba, c’est de faire une sorte de bilan pour pouvoir nous situer nous-mêmes où nous en sommes. Il y va aussi bien d’instruments que nous avons à notre portée et de nos mentalités. Ici, la lutte continuera en changeant de formes bien entendu. Que Dieu nous vienne en aide.

  9. @Elili
    Vous écrivez : « …tout le monde connait que le plan hégémonique tutsi date d’il y a 50 ans et continue à s’enraciner davantage suite à notre faiblesse entre autres… »
    Vous en connaissez des choses que personnellement j’ignore : le plan hégémonique tutsi date d’il y’a 50 ans » , pouvez-vous nous en dire plus ?

  10. PS
    En attendant votre réponse je vais quand même tenter d’expliciter ma question !
    Il y’a 50 ans cad vers les années 1968, au Zaïre/Congo c’étaient les débuts du long règne souverainiste de Mobutu, au Rwanda celui du Hutu Kayibanda en guerre interne contre les Tusti dont des milliers émigrèrent dans les pays voisins à l’occasion des répressions violentes itératives. Ces derniers ne pouvaient alors que rêver et planifier leur retour pour reprendre leur position privilégiée d’antan.
    Entre-temps les immigrés tutsi de longue ou de fraîche date au Congo dans le Kivu (Rutshuru, Masisi Walikale, Itombwe…) s’organisaient accaparant un territoire significatif et se positionnant économiquement, socialement et politiquement. L’un d’eux, Bisengimana se poussa jusqu’à devenir le quasi numéro 2 du régime de Mobutu. Mais ce fut là, selon moi, un plan malin d’infiltration et d’affirmation d’une minorité plutôt qu’une volonté hégémonique.
    Les tutsi vont revenir au pouvoir au Rwanda en 1994 au décours du génocide et dès lors Kagame et son régime vont diriger le pays d’une main de fer avec en passant la volonté plus formelle que réelle d’abolir les ethnies, plus de Hutu et Tutsi rien que des Rwandais. Plus hypocrite que réelle, disais-je, parce que dans les faits il voit tout Hutu comme un génocidaire et il va installer un hégémonisme tutsi de fait dans le pays avec son FPR et dans la région.
    C’est celui qu’on voit aujourd’hui mais le « fameux empire hima » né dans la tête de quelques suprématistes tutsi est davantage une légende, une construction rêvée qu’une réalité qui ne résiste pas aux faits. Une preuve, l’Ouganda et le Rwanda, berceaux des principaux protagonistes n’hésitent pas à s’affronter dès qu’il s’agit de défendre leurs intérêts nationaux respectifs.
    L’hégémonisme tutsi n’existerait pas aujourd’hui n’eurent survenus deux éléments factuels.
    Il s’agit d’abord d’un plan anglo-saxon piloté par les Usa dès les années 1990 de déloger les français et les Européens de leur ancien pré-carre de l’Afrique centrale notamment pour s’accaparer des richesses du Zaïre/Congo et choisirent le Rwanda de Kagame comme leur agent local.
    Ensuite c’est le génocide rwandais de 1994 auquel aucun Congolais ne prit part qui ouvrit la voie à la restructuration des rapports de force dans la région. L’occupation criminelle du Rwanda du Congo qui se poursuit aujourd’hui entre dans cette optique.
    Enfin il importe quand même de rappeler que ces événements n’occultent d’aucune façon qu’il existe dans la tête des Tutsi et de leurs chefs, de Kagame ou de Kaguta, un instinct de supériorité sur les Hutu et communément sur les Bantous et une volonté de les dominer mais leurs agendas sont bien politiciens au profit de leurs États respectifs plutôt que vraiment idéologiques. Piller, déstabiliser et balkaniser le Congo est l’un d’eux.
    Voilà ma lecture !

    1. même dans la bible les arrangements ont existé. le plus important, c’est la capacité de celui qui bénéficie de cette arrangement doit développer pour tirer profit au bénéfice de tout un peuple comme l’a fait Jacob, et non se pavaner à l’instar d’Hérode au risque de tuer toute voix discordante comme joseph Kabila.

  11. Chers Compatriotes,
    Sommes-nous sérieux quand nous parlons de certaines réalités ? Les Tutsi sont combien dans le monde ? La balkanisation d’un si petit nombre des personnes n’est possible que si notre nombre devient une faiblesse pour nous. Il me semble bien que c’est le cas actuellement. Alors, pourquoi, nous n’arrivons pas à faire de cet atout notre force ? Invoquer tout ce que nous entendons depuis des années maintenant concernant le « Tutsi Power », démontre bien que nous sommes atteints par une procédure d’affaiblissement psychologique et que nous ne voulons même pas voir des possibilités des solutions à notre niveau (peuple congolais), alors, nous attendons que les autres viennent prendre notre place. Mais quel infantilisme ! Toutes ces lectures savamment exposées, nous conduisent à quoi ? Nous soulager le cerveau de ce surplus de connaissance ? Les connaissances qui ne peuvent pas nous conduire à résoudre nos problèmes sont des connaissances vaines. Que Dieu nous vienne en aide.

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