L’avenir du secteur agricole scruté au cours des états généraux de l’agriculture

Cette rencontre n’est pas la première du genre. Du 19 au 20 mars 2004, fut organisée à Kinshasa, la « Table ronde sur l’Agriculture » sous le thème: « Vers une stratégie de développement agricole, base solide du décollage économique ». Comme à l’accoutumée, des résolutions et des recommandations furent soumises aux décideurs. Tout avait été dit au cours de ces assises. On espère, cette fois, moins de paroles et plus d’actions.

Gaston Mutamba Lukusa

Ce lundi 27 septembre à Kinshasa, le Premier ministre Jean-Michel Sama Lukonde a procédé au lancement des états généraux de l’agriculture. Ces travaux sont placés sous le thème: « Agriculture, clé de la croissance économique durable et de la réduction de la pauvreté en République Démocratique du Congo ». Lors de la cérémonie d’ouverture, le ministre de l’Agriculture, Désiré M’Zinga Birihanze, a souligné que l’objectif est de proposer, à travers ces assises, des solutions concrètes et réalistes devant améliorer la situation alimentaire de la population congolaise d’une part, et d’autre part, de faire du secteur agricole une clé pour la croissance économique durable et de la réduction de la pauvreté en République Démocratique du Congo.

Les travaux se sont articulés autour de quatre thèmes suivants: 1) gouvernance du secteur agricole; 2) financement du secteur agricole, assainissement du climat et de l’environnement des affaires; 3) accès aux marchés et à la commercialisation; 4) accroissement de la productivité et augmentation de la production agricole nationale. La clôture de ces assises est intervenue le 29 septembre. Près de 200 acteurs du secteur agricole nationaux, provinciaux, régionaux et internationaux y ont participé.

Durant trois jours, les participants ont cherché à identifier les principaux problèmes qui minent le secteur agricole congolais. Ils ont formulé 105 recommandations et prises de solution qui seront soumises au ministre de l’Agriculture. Plusieurs séminaires, colloques, conférences etc. sont régulièrement organisés sur l’état de l’agriculture au Congo/Kinshasa et les moyens de son développement. A chaque colloque, séminaire, table ronde ou états généraux, c’est toujours la même rengaine. On se limite à des discours. C’est curieux de constater que là où il n’y a pas tout ça, l’agriculture se porte bien et progresse.

Du 19 au 20 mars 2004, fut organisée à Kinshasa, la « Table ronde sur l’Agriculture ». Ce fut une grande messe qui avait réuni les milieux universitaires belges et congolais, les missions diplomatiques, le gouvernement. Il en est de même des représentants des institutions de recherche, des coopérations bi et multilatérales, des institutions financières internationales, des agences du système des Nations Unies, des organisations non gouvernementales et du secteur privé. Le thème adopté pour ce colloque fut: « Vers une stratégie de développement agricole, base solide du décollage économique ». L’ambition était de définir une stratégie pour inscrire le secteur agricole et rural en tant que secteur de base pour la croissance et la relance économique du pays. Tout avait été dit au cours de ces assises. Il suffisait d’appliquer les résolutions et recommandations.

Hélas, le secteur agricole poursuit inexorablement son déclin. Le pays continue à dépendre des importations des produits alimentaires d’une valeur qui avoisine annuellement les deux milliards de dollars. Tout le monde est pourtant d’accord depuis des années de faire de l’agriculture la priorité des priorités. Toutes les approches et réflexions s’accordent à dire que la politique à suivre est d’atteindre non seulement l’autosuffisance alimentaire mais aussi de favoriser la création d’emplois et d’amorcer les exportations.

Sur le terrain, les agriculteurs sont abandonnés à leur propre sort. Il y a des barrages illégaux érigés sur les routes par des policiers et des soldats, des vols, des conflits fonciers, la concurrence déloyale des produits importés. Notre agriculture doit être protégée contre les produits subventionnés qui viennent des pays industrialisés. Les denrées d’importation contribuent à la désorganisation de notre secteur agricole. Il en est de même des aides alimentaires! Il appartient à l’Etat de mettre en place des barrières tarifaires et douanières afin de décourager les importations des produits alimentaires et de favoriser le développement du secteur agricole. Des moyens financiers conséquents doivent aussi être alloués au secteur, car depuis plusieurs années, le budget consacré à l’agriculture est insignifiant. Les pouvoirs publics ont le rôle d’encourager la population à s’adonner à l’agriculture en lui assurant l’encadrement, l’ordre, la sécurité et la paix.

Dans les zones à forte concentration humaine, les terres deviennent rares et peu fertiles par manque d’engrais. Il arrive, surtout dans l’Est du pays, des conflits fonciers sanglants entre les cultivateurs et les éleveurs qui ont besoin de beaucoup d’espaces pour paître leurs troupeaux. C’est à ces conditions qu’il sera possible de transformer le Congo en une puissance agricole. Il faut des actions et non plus des discours.

 

Gaston Mutamba Lukusa

2 Commentaires on “L’avenir du secteur agricole scruté au cours des états généraux de l’agriculture

  1. Monsieur Mutamba,
    Avez-vous très bien observé les visages qui se sont affichés à l’avant-plan de votre photo?
    Noua ne sommes pas dupes!

  2. M. Mutamba a bien décrit le problème. Tant que nous resterons un pays d’aventuriers, de jouisseurs et de prédateurs de ressources publiques, aucun progrès n’est possible!
    Il y a quelques jours, je lisais que le Premier ministre a décidé de la création d’une banque de développement agricole. On doit lui rappeler les expériences du Fonds agricole et de la Banque de crédit agricole qui n’ont été que des fiasco retentissants. Entretemps, les différents gouvernements continuent à importer des tracteurs agricoles et autres équipements qui sont distribués aux hommes politiques et terminent leur vie en rouillant au soleil à travaers le pays! Sommes-nous sérieux?

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