Le combat pour l’alternance politique doit se poursuivre

Il est bien évident qu’à travers l’histoire des élections présidentielles et législatives se déroulant le même jour, la logique de légitimation joue à ce que la coloration de l’Assemblée nationale corresponde à celle du président élu et pas le contraire. Le score du président élu est la résonance de sa majorité. Malheureusement en Rdc, au regard de ce qui s’est passé, apparaît un avatar du monde mafieux qui corrobore l’assertion que la Rdc est aujourd’hui entre les mains d’usurpateurs. Cette triste réalité ne peut qu’augurer une cohabitation qui n’a pas été les vœux des électeurs congolais voulant massivement tourner la page de Joseph Kabila. Si l’occasion n’est pas hic et nunc de revenir sur les élections du 30 décembre 2018 dont tous s’accordent à la victoire de Martin Fayulu, nous saisissons cette occasion pour démontrer par une démarche rationnelle que Mr Felix Tshisekedi, en dehors de la démagogie qu’il s’emploie de manière complaisante à utiliser à travers une piteuse mise en scène est une marionnette à la tête de l’Etat dont les marges de manœuvres demeurent trop réduites .

Il est clair que nous avons assisté à un leurre et non à une alternance politique que certaines personnalités politiques de tous bords ont applaudi arguant de l’avènement d’une ère politique nouvelle. Quelle honte comme si un brouillard complet les empêchait de comprendre l’essence même d’alternance politique. Quand la légitimité du pouvoir exécutif et du pouvoir législatif incarne le changement de l’ancienne majorité politique par une nouvelle , on parle à fortiori de l’alternance politique. Il est impératif que du malentendu, de la confusion ou de l’approximation soient bottés en touche. Mais quelle confiance accordée à ceux qui distillent à longueur des journées des discours d’espoir avec Felix Tshisekedi ?

Les faits sont bien là: Joseph Kabila est revenu sur la scène politique en mobilisant à deux reprises ses troupes à Kingakati. Le Fcc qui a 335 députés nationaux veut choisir son premier ministre et produire son programme qui sera accepté par le gouvernement. C’est une façon de confirmer que la composition du fameux gouvernement passera par Kabila, un gouvernement de façade dont le corsaire Kabila continuera à charger sur ses ministres de la plate-forme Fcc de pérenniser leur système politique. Et que dire quand Mr F.Tshisekedi déclare qu’il va proposer un code de bonne conduite à ses partenaires? Cela démontre à suffisance en termes de la prise en charge de la composition du gouvernement que le président congolais n’est pas maître de son destin et qu’il se trouve sur un fil du rasoir.

La Rdc va vivre une ère de cohabitation aux contours imprécis. Les ministres et autres animateurs issus du Fcc assureront davantage de leur allégeance et de leur loyauté à Kabila. Ils n’hésiteront pas à parler de lui comme la seule autorité morale et que dire de Felix Tshisekedi qui est devenu plus chantre que les membres du Fcc du kabilisme? Ces nouveaux rapports politiques inaugurent une ère où le gouvernement ne sera que le spectacle politique et glaçant d’un grand chambardement tournant au chaos malgré des grandes annonces. Tous ceux qui demeurent fanatiques de Felix Tshisekedi ou qui le soutiennent souffriront des conséquences de leur aveuglement à tel point que le glas sonnera pour le désenchantement.

Il faut souligner que nous sommes en Rdc dans une situation où les résistances au changement de système sont fortes et nous sommes comptables d’une certaine expérience vécue lors de l’avènement de Laurent Désiré Kabila au pouvoir. La résistance au changement est un concept complexe englobant des réalités psychologiques, sociologiques, politiques, économiques, culturelles auxquelles les gens se réfèrent pour ne pas perdre leurs intérêts ou privilèges. Le changement est perçu comme une menace pour le statut quo de gens. Ce qui se traduit très souvent en Rdc par le nivellement vers le bas et le combat contre l’excellence redevient un modus operandi.

Monsieur Felix Tshisekedi se trompe de combat en se satisfaisant dans une saturation des formules cinglantes marquant l’absence d’enjeux sur le fond. Parlant : « d’humaniser les services de renseignement et fermer tous les geôles de l’Anr, ou combattre la corruption en organisant un forum sur ce fléau » cela demeure des voeux pieux quand les observateurs des arcanes de la vie sécuritaire en Rdc savent que Kabila ne peut pas laisser hors de son contrôle des services sensibles comme l’Anr, la Demiap, l’Etat Major des Fardc aux bons soins de Tshisekedi , d’ailleurs le deal conclu entre ces deux messieurs laisse Tshisekedi en situation de vassal qui doit rester loyal. A l’époque où nous avions voulu réunir toute la communauté des renseignements en une nouvelle entité reflétant un nouveau visage, nous avions été menacés de mort . Les résistances sont une réalité en Rdc qu’il faut combattre avec un président maître de son destin, élu démocratiquement en imposant par sa majorité une dynamique forte de changement. Que peut faire un président dont la complicité avec Kabila est incroyable et ne peut maîtriser les logiciels sécuritaires.

Felix Tshisekedi ne pourra dégainer sa visibilité politique individuelle pour naviguer avec tous les instruments requis ou casser le système kabiliste pour incarner une alternance politique s’enracinant sur un nouvel état d’esprit et une éthique de responsabilité, de bonne gouvernance. Le peuple congolais doit faire très attention avec un président qui se délecte dans des formules ou discours dont il ne maîtrise pas leur quintessence comme l’a été Joseph Kabila. La lutte contre la corruption ne se décrète pas, elle passe par la redistribution des salaires décents aux citoyens congolais en mobilisant préalablement les ressources financières suffisantes au trésor public grâce à une politique économique de renflouement des caisses de l’Etat par des fonds,une politique économique de mobilisation de recettes minières, fiscales de manière efficiente. Avec Felix Tshisekedi, c’est la continuité du kabilisme et son mandat s’apparentera à une théâtralisation de la politique. Monsieur Felix Tshisekedi n’a pas de munitions pour faire le combat, c’est pourquoi nous lançons un appel vibrant aux congolais pour se mobiliser pour la poursuite de la lutte pour l’alternance politique en Rdc.

 

Par le Prof. Florent Kaniki

6 thoughts on “Le combat pour l’alternance politique doit se poursuivre

  1. En gros vous dites que Tshilombo ne peut pas résoudre les problèmes du Congo avec ceux (aka Kabila et son fcc) qui les ont créés.
    On est d’accord ! La répétition est la mère de la science: Toloba tiiii bakoyoka.

    1. FAIRE REVIVRE LE « MPR »
      Ceux des congolais qui disent tout haut qu´il faut que Lamuka puisse « aider » Felix devraient admettre que sans une opposition forte et active, la RDC va retourner vers le MPR parti-État. En effet, le plus grand danger est de faire du FCC un avatar du MPR où tous les partis politiques vont se partager le pouvoir et il n´y aura plus personne pour contester ce nouveau « MPR » avec Kabila comme « guide » et père de la nation.
      Peu des congolais avaient compris le message subtil du cardinal Monsengwo quelques jours avant l´élection quand il citait un passage de la Bible. En effet, Jésus reprend un vieux passage de l´AT où il est enseigne qu´il ne faut pas mettre du « vin nouveau dans une vielle outre ». Melanger les pratiques dictatoriales avec la démocratie ne peut que detruire tout ce que nous voulons faire pour le progrès au Congo.
      Ainsi, le combat pour l´alternance politique doit se poursuivre sinon la dictature va detruire le peu qui reste au Congo.

  2. DEUX PHRASES ONT RETENU MON ATTENTION, A SAVOIR :
    “Quelle honte comme si un brouillard complet les empêchait de comprendre l’essence même d’alternance politique”.
    ET
    “ […] d’ailleurs le deal conclu entre ces deux messieurs laisse Tshisekedi en situation de vassal qui doit rester loyal”.
    ET A MOI D’AJOUTER: DE QUOI AVOIR L’IMPRESSION QU’AU CONGO IL N’EST RESTE QUE DES GENS RAISONNANT, NON PAS AVEC LEUR TETE MAIS RIEN QU’AVEC LEURS TRIPES.
    S’IMAGINER QUE LES RWANDAIS NOUS RENDRONT LE PAYS COMME SUR UN PLATEAU, C-A-D SANS QUE LES CONGOLAIS N’AIENT RIEN A FAIRE, RELEVERAIT D’UNE STIPUDITE ABSOLUE.
    C’EST VRAIMENT DECONCERTANT!

  3. Vous, monsieur le Professeur, je sens que vous êtes un  » anti-luba  », donc un  » anti-tutsi  » ou un  »anti-rwanda  ». Vous n’aimez pas les baluba et les nilotiques.
    Bien, je caricature, m’inspirant de quelques hurluberlus intervenant sur ce site. Tout le monde l’aura compris.
    A propos, comment peut-on traduire  » Tokoloba tiii bakoyoka  » en tshiluba ?

  4. Monsieur le professeur Florent Kaniki,
    Trop des blablabla qui font de sens. Ce ne sont cependant pas des blablabla qui font de sens qui comptent, ce sont plutôt des actions transformatrices qui changent le monde. Monsieur le professeur, tu lances un appel vibrant aux congolais pour se mobiliser pour la poursuite de la lutte pour l’alternance politique en RDC ? Appel à qui ? Aux Congolais que vous, les éminents professeurs et les prétendus leaders de l’opposition avez toujours abandonnés à leur sort tragique ? Non, professeur, sois sérieux. Ces Congolais ont lutté sans armes ; ces Congolais ont perdu des vies humaines. Qu’en est-il de Kamerhe et Tshilombo qui prétendaient marcher avec les Congolais contre le régime sanguinaire de Kabila pendant que les policiers et soldats de Kabila tiraient à coups de balle et à bout portant sur ces Congolais qu’ils abattaient comme des animaux ? Les Congolais ont lutté et vaincu le sanguinaire aux urnes ; mais qu’est-ce que Kamerhe et Tshiolomo ont fait ? Ils ont trahi les Congolais pour redonner souffle de vie et plein pouvoir au sanguinaire qui était déjà vaincu aux urnes. Lorsque la CENCO avait déclaré devant les Congolais et devant le Conseil des Nations Unies que Thsilombo n’était pas le gagnant des urnes et que la vérité des urnes était différente, où étaient les éminents stratèges professeurs et les vrais leaders de l’opposition pour lancer un appel vibrant aux Congolais pour se mobiliser pour la poursuite de la lutte pour l’alternance politique en RDC ? Ou étaient les professeurs et les opposants pour mobiliser les Congolais à descendre massivement comme une marrée d’hommes et de femmes dans les rues de Kinshasa et des provinces pour casser et bruler les résidences des médiocres et les chasser une fois pour toute et rétablir l’alternance politique émanant de la vérité des urnes ? Pendant que la France, la Belgique, l’Union Européenne, le Congrès Américain, etc., dénonçaient la tricherie de la CENI, où étiez-vous, vous les professeurs stratèges et les vrais leaders de l’opposition, pour saisir le momentum, lancer un appel vibrant aux Congolais de descendre dans les rues et chasser les illégitimes et les médiocres avec leurs complices Kamerhe et Tshilombo ? Lorsque la Cours Constitutionnelle grossement mentait devant le monde entier en confirmant le résultat de fraude et tricherie proclamé par la CENI, où étiez-vous, vous les professeurs stratèges et les vrais leaders de l’opposition, pour saisir le momentum, lancer un appel vibrant aux Congolais de descendre dans les rues et chasser les illégitimes et les médiocres avec leurs complices Kamerhe et Tshilombo ? Vous étiez tous là, muets et peureux, sans rien dire et sans rien faire. Vous avez abandonné les Congolais meurtris et épuisés par des décennies de lutte. Et maintenant, Monsieur le professeur, tu dis quoi ? Appel vibrant à faire quoi ? Non. Vas-y toi-même. Commences une rébellion. Montes un coup d’Etat. Les Congolais supporteront tes actions. Laisses les Congolaises tranquilles dans leur misère. Assez avec vos paroles mensongères, inadéquates, et creuses.

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