Le Congo n’a décidément pas de chance

Mayoyo Bitumba Tipo-Tipo
Mayoyo Bitumba Tipo-Tipo

Le soir du 6 février 2021, je zappais entre les chaines de télévision congolaises quand je me suis arrêté sur une femme annonçant le conclave de sa formation politique. Henriette Wamu Atamina est son nom. Elle est née le 28 mars 1966 à Kinshasa. Originaire de la province du Sankuru, elle a été élue ou peut être nommée députée nationale du district de Funa, dans la ville province de Kinshasa, aux élections législatives de 2011 puis à celles de 2018. Henriette Wamu est ce qu’on appelle sans aucune gêne au Congo « l’autorité morale » de l’Alliance pour le Progrès du Congo (APC), l’une de ces innombrables coquilles vides abusivement qualifiées de partis politiques. En novembre 2020, elle a lancé l’Alliance pour la réforme de la République (A2R), une nouvelle structure politique membre du groupe des alliés de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), pour « jouer le rôle avant-gardiste de porte-étendard au sein de ce groupe ».

Pourquoi un conclave de l’A2R? La raison est simple. Il faut « préparer une proposition de loi élevant Etienne Tshisekedi wa Mulumba, [père de l’actuel chef de l’Etat], au rang de père de la démocratie en République démocratique du Congo ». Ainsi, Wamu vient de découvrir comme par enchantement que le Sphinx de Limete a, dans son parcours, milité pour l’instauration de l’Etat de droit en RDC. Ce combat lui a coûté des emprisonnements, la relégation et d’autres atrocités du régime dictatorial de Mobutu. Au regard de ce parcours élogieux, la députée Henriette Wamu est convaincue qu’il mérite d’être reconnu par la nation comme le père de la démocratie.

Pour avoir instauré le culte de la personnalité dans son pays et avoir abâtardi tout un peuple par voie de conséquence, le cadavre de Mobutu Sese Seko mériterait d’être un jour exhumé, jugé et condamné. Car cet abatardissement a fait de l’homme congolais, surtout l’homme politique, un être amnésique et éminemment médiocre sur le plan de la morale politique. Mobutu était salué comme un « Guide éclairé ». Pourtant, ce fut l’archétype même de roi fainéant, prédateur, jouisseur et violeur des droits fondamentaux des citoyens. En en un peu plus de trois décennies de règne (1965-1997), il n’a construit, par exemple, aucune route reliant le Nord au Sud ou l’Est à l’Ouest de l’immense territoire national. Mobutu a eu pour successeur un trafiquant d’or nommé Laurent-Désiré Kabila. A son tour, il fut salué comme un « Mzee » (Sage) ou encore comme « Le soldat du peuple ». Pourtant, c’est bien cet aventurier qui a introduit le loup Paul Kagame dans la bergerie Congo où il a massacré massivement ce même peuple pauvre parmi les plus pauvres au monde, allant jusqu’à le dépouiller d’une bonne partie des immenses richesses minières sur lesquelles il reste assis. Il convient de noter ici que les crimes de Kagame au Congo constituent le plus grand drame humain depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale. Puis vinrent les dix-huit années de règne de celui que l’humour noir a surnommé « Chance Eloko Pamba ». Entendez, la chance peut tomber entre n’importe quelles mains. Allusion faite à l’inattendue ascension de Joseph Kabila au sommet de l’Etat. A lui aussi, le titre de président de la république ne suffisait pas. Il fallait lui trouver quelque chose d’extraordinaire ou qui sonne grand. Ce fut « raïs », le titre de chef d’Etat dans les pays arabes, en particulier en Egypte. Pourtant, cela n’empêchera pas la descente aux enfers du pays. En tant que prédateur, par exemple, Mobutu restera un enfant de chœur par rapport à Joseph Kabila. Avant même de s’émanciper de l’encombrante tutelle de ce dernier qui tenait à conserver les reines du pouvoir à travers une marionnette, Félix Tshisekedi avait renoué avec cette tradition d’un peuple abâtardi au point de glorifier ses bourreaux successifs. Son grand nom de famille ne suffisait pas. Pas plus que son titre de président de la république. Il lui fallait quelque chose qui frappe les esprits. Ce sera « Fatshi Béton ».

Revenons à la proposition de loi annoncée par Henriette Wamu. Quand a-t-elle découvert qu’Etienne Tshisekedi luttait contre la dictature qui lui faisait avaler des couleuvres de toutes sortes? Où était-elle quand Tshisekedi père était humilié par les dictatures de Kabila père et Kabila fils? Pourquoi ne parle-t-elle pas de ces humiliations-là? N’est-ce pas parce que Kabila fils arpente toujours les allées du pouvoir tout en disposant encore d’une très grande capacité de nuisance? Quand on sait que le Congo a connu une démocratie mimétique au lendemain de l’indépendance, de 1960 à 1965, et que celle-ci fut mise au frigo par le coup d’Etat de Mobutu; quand on sait que des élections de 2006 à l’avènement au pouvoir de Félix Tshisekedi en janvier 2019, le Congo a vécu sous une dictature qu’on pourrait qualifier de démocratie de façade; quand on sait que de cette dernière date jusqu’à la rupture de la coalition FCC-CACH dont le point culminant sera la formation d’un gouvernement tournant la page Joseph Kabila, le pays a vécu une transition qui ne disait pas son nom, Henriette Wamu pourrait-t-elle préciser de quelle démocratie Etienne Tshisekedi serait-il le père? Peut-on être le père de quelque chose qui n’a jamais existé?

Henriette Wamu Atamina le sait. Tout le monde le sait. Etienne Tshisekedi wa Mulumba n’est pas le père de la démocratie, titre que se disputent les partisans de Joseph Kabila et ceux de Félix Tshisekedi sur les plateaux de télévision, les premiers l’attribuant sans rire au despote Joseph Kabila et les seconds au père du nouveau roi du Congo. Non seulement il ne l’est pas mais en plus il ne peut pas l’être. Car, la démocratie tout court n’a jamais existé au Congo. Pour preuve, en devenant président de la république, Tshisekedi fils a déclaré, le 4 avril 2019 à Washington, qu’il attendait l’appui américain pour se défaire du système dictatorial de son prédécesseur. Par ailleurs, depuis que Félix Tshisekedi s’est émancipé du pouvoir démoniaque de Joseph Kabila, il n’existe au Congo que sa volonté affichée de déboulonner la dictature et de bâtir un Etat de droit. Entre proclamer une intention et la mettre en œuvre, il y a un pas que seuls les idiots peuvent franchir, surtout quand on évolue dans un pays où les bonnes intentions des dirigeants n’ont jamais fait défaut et où le fossé entre le dire et le faire dans leur chef a toujours été au rendez-vous de l’histoire. Qui oserait, par exemple, faire la différence entre le slogan du MPR Parti-Etat et celui de l’UDPS? « MPR = Servir. Se servir? Non ». Cela n’équivaut-il pas au cri de ralliement « Le peuple d’abord » pour lequel s’extasient publiquement même des professeurs d’université?

Félix Tshisekedi avait demandé l’appui des Américains pour terrasser le despote Joseph Kabila. Les Yankees, qui avaient fixé une ligne rouge à ne pas franchir à Kabila, ont certainement bien coaché son successeur. Celui-ci s’est enfin émancipé. Tel était le plus grand souhait du peuple congolais qui avait transformé en carpe le dauphin de Kabila lors des élections de décembre 2018. S’il faut se réjouir de la prouesse de Tshisekedi fils, il faut tout autant s’en inquiéter. Car, sur le plan institutionnel, le Congo se retrouve désormais dans la mauvaise disposition des choses qui conduit les Etats africains tout droit à l’autoritarisme. Tshisekedi a enfin son administration. Il a les pleins pouvoirs. Dans les autres institutions, il aura des clients et non des hommes politiques entièrement responsables. Parti au départ à dimension nationale face au rejet unanime de la dictature de Mobutu, l’UDPS était devenu un parti quasi ethnique à force d’excommunications des leaders des autres ethnies autour du Sphinx de Limete. Aujourd’hui que le fils est au pouvoir, l’UDPS s’implante à travers toute l’étendue du territoire national. Demain, il deviendra un parti unique de facto. Comme le PPRD de Joseph Kabila. Dans ce contexte, le destin du pays reposera une fois de plus non pas sur des institutions fortes mais encore et toujours sur les mortelles épaules d’un seul homme. Que fera Félix Tshisekedi de l’immense pouvoir que lui confère une loi fondamentale rédigée par des Constitutionnalistes qui s’étaient comportés plus en perroquets qu’en personnes douées de bon sens? Trois pistes se dessinent devant lui. Marcher sur les pas des prédateurs Mobutu et Kabila fils; voie que semble indiquer le comportement des « Talibans ». Prendre Paul Kagame pour modèle, c’est-à-dire se conduire en dictateur éclairé qui construit son pays. Suivre la voie tracée par Jerry Rawlings qui s’était servi de ses pleins pouvoirs pour construire des institutions qui font aujourd’hui la fierté des Ghanéens.

Les députés nationaux congolais ont un rôle à jouer pour pousser Tshisekedi dans la bonne direction, celle indiquée par Jerry Rawlings. Ils doivent le prendre au mot et rédiger des propositions de loi pouvant concrétiser son rêve de l’Etat de droit. En faisant par exemple de la présidence de la république un reflet de l’hétérogénéité du tissu social du pays. En fixant un seuil à ne pas franchir dans le personnel de la présidence. En éradiquant la tribalisation de toute autre parcelle de pouvoir, notamment les ministères et autres administrations publiques, ou encore le népotisme ou le clientélisme politique. Mais que choisit Henriette Wamu? La facilité. La paresse intellectuelle. La médiocrité pourtant décriée surtout sous Joseph Kabila. Il est en effet aisé de se mettre dans la peau de Maître Renard de la fable de La Fontaine et de flatter l’ego de Tshisekedi fils qui, tel « Maître Corbeau, sur un arbre perché, tenant dans son bec un fromage [l’imperium] », laisserait tomber une partie de celui-ci juste pour la puissance, la gloire et l’enrichissement personnel d’Henriette Wamu. Dire qu’on est en présence d’une femme qui, par nature, devrait être plus sensible au long martyre du peuple congolais!

« Apprenez », Monsieur le Président de la République, « que tout flatteur vit aux dépens de celui qui l’écoute ». Votre père est un grand homme pour avoir braver trois dictatures successives. Le destin l’a suffisamment récompensé à travers des funérailles nationales dignes de son courage exceptionnel. Mais non seulement il n’est pas le père de la démocratie, qui reste à construire et que vous ne réussirez peut-être pas à matérialiser en dépit de vos bonnes intentions, mais en plus, il n’a légué à la postérité aucune pensée politique pouvant permettre au Congo d’être gouverné démocratiquement; ce qui est hélas le dénominateur commun des Etats africains en matière de gouvernance et qui explique les dictatures ou démocraties de façade de Denis Sassou-Nguesso au Congo Brazzaville, Ali Bongo au Gabon, Teodoro Obiang Nguema Mbasogo en Guinée Equatoriale, Paul Biya au Cameroun, Idriss Deby Itno au Tchad, Faure Gnassingbé au Togo, Patrice Talon au Benin, Alpha Condé en Guinée Conakry, Alassane Ouattara en Côte d’Ivoire, Yoweri Museveni en Ouganda et Paul Kagame au Rwanda, pour ne citer que ceux-là.

 

Mayoyo Bitumba Tipo-Tipo

21 thoughts on “Le Congo n’a décidément pas de chance

  1. Toujours grandiloquent, usant souvent des mêmes poncifs. Cette propension à toujours dépeindre la situation du Congo en noir ou blanc devient insupportable. L’attitude de cette petite élite congolaise frise la schizophrènie. A toujours vouloir une chose et son contraire , on finit par perdre ses repères. Avec cette vision binaire de choses, il y a de quoi s’interroger si cette intelligencia auto proclamée maîtrise vraiment les vrais enjeux. Cette présentation qui est faite du Congo comme en enfer sur terre est vraiment incompréhensible. Il serait illusoire voire irrésponsable de prétendre qu’il n y a pas de problèmes au Congo, mais delà à faire croire que tout va bien à ailleurs sauf Congo est une vision simpliste et manichéenne des choses. Tout le monde ou presque à demandé à Tshisekedi de rompre cette alliance contre nature avec Kabila; maintenant ce sont les Yankees qui sont accusés d’être dernière cette opération. Pour peu on va nous expliquer que le Congo est vendu aux américains. Que madame Wamu se livre à la danse du ventre comme tout le monde au Congo ne surprend personne, mais réduire la vie d’un pays au comportement et déclarations d’une seule personne !!!, je trouve cela exagéré. Il y a une chose sur laquelle on peut être d’accord, Tshisekedi qui va disposer des toutes les marges de manœuvre disposant de tous les leviers du pouvoir a l’obligation de résultat. A va le juger sur base de cette nouvelle donne. Arrêtons cette autoflagellation qui n’engendre que pessimisme et désespoir. Notre pays dispose des atouts extraordinaires, il suffit de les exploiter pour amorcer son décollage socio-économique et sécuritaire. Se focaliser sur les erreurs du passé n’est pas une bonne option. A la lumière des événements qui ont émaillé les élections dans une grande démocratie comme les États Unis d’Amerique, il y a lieu de relativiser car, il n’ y a pas de modèle de démocratie ou gouvernance parfaite.

    1. [Nono
      9 FÉVRIER 2021 À 6 H 09 MIN
      # Kiekiekieeee😈😈😈
      Le Congo dispose de beaucoup d’ »intellectuels » lucides capables d’une exigeante expertise sur la situation du pays, au pays comme dans la diaspora mais hélas il y’a aussi dans notre communauté beaucoup de ce que nous appelons depuis Mobitu, des « djalelolistes », doués en louanges envers les dirigeants. Ils ne trouvent que du bien dans ce que fait le ‘Guide’.
      # Notre President en serait conscient et le regrette. Il dit ceci : « Je ne comprends pas pourquoi des gens meurtris, affamés, frappés par le chômage et tous genres de calamité chantent à notre gloire alors qu’ils devraient nous exiger plus comme c’est le cas en Occident.» Lucidité passagère ou magnanimité de toujours ? Chacun répondra y compris notre ami Armand qui use de tout son savoir pour chanter les louanges à notre Chef de l’État.
      # Il paraît que Tshisekedi l’aurait dit en apprenant que Kabuya le SG ai de l’Udps avait commandé un accueil pompeux, chantant et dansant au retour du Chef comme à l’époque du Maréchal. Tshisekedi l’aurait alors decommande les manifestations.
      A bon entendeur…]

      1. Cher Nono,
        C’est exactement ce qu’on est en droit d’attendre d’un chef qui dit vouloir changer les choses. Il doit rabrouer les « djaleloistes » de la trempe d’Henriette Wamu. D’ailleurs, ce n’est pas moi qui devrais désapprouver l’obséquiosité d’Henriette Wamu. C’est la Coordination de Changement de Mentalité (CCM) mise en place par Félix Tshisekedi lui-même. Elle devrait aller voir cette dame et lui dire dans les yeux que la bassesse appelée flatterie n’est pas ce qu’on attend d’une députée sous le règne de Tshisekedi. Mais tout semble indiquer que cette structure est là juste pour donner du travail à des frères et amis. Aux frais de l’Etat.

    2. Cher Elombe,
      Quand vous écrivez : « L’attitude de cette petite élite congolaise frise la schizophrénie », faut-il croire que vous Elombe, vous faites partie d’une grande élite ? Qu’est-ce qui autoriserait de soutenir cela ? Apprenez, cher compatriote, que se réjouir de la fin du piège à con que fut le tandem FCC-CACH et attirer en même temps l’attention sur la mauvaise disposition des choses dont jouissent les présidents africains et qui les placent automatiquement au-dessus de la loi, ce n’est pas « vouloir une chose et son contraire ». C’est mettre le doigt sur un danger qui a toujours guetté l’Etat et qui explique que le destin des populations se joue dans un cercle vicieux. Car jusqu’ici, le changement d’homme au sommet de l’Etat ne nous fait vivre qu’un éternel recommencement. Votre optimisme est béat car ne reposant sur aucune analyse. Ma crainte, elle, reste la même depuis le 24 avril 1990, date du lancement officiel de notre deuxième processus de démocratisation. Notre système politique est mauvais. Tant qu’il ne changera pas, il produira de la médiocrité et non de l’excellence dans le vécu quotidien des citoyens. Et depuis le 24 avril 1990, ce ne sont pas des optimistes de la tempe d’Elombe qui ont raison. Ce sont des hommes qui, comme moi, font des analyses anticipatives montrant du doigt le même danger. Auriez-vous oublié les optimistes qui avaient salué en Laurent-Désiré Kabila un libérateur ? Auriez-vous oublié les optimistes qui avaient parié sur la jeunesse de Joseph Kabila ou qui voyaient à chaque cycle électoral (2006, 2011 et 2018) des lendemains qui chantent ?

    3. Elombe@
      Le Congo n´a pas de « chance », chance eloko pamba ! Imaginez une parlementaire qui ne propose qu´une seule « LOI » au Parlement et cette loi ne concerne qu´une seule personne.. Pour ceux qui résident dans des vielles démocraties, c´est l´absence de la « chance » tout simplement.
      La dame ne prend jamais parole aux séances parlementaires. .. elle ne peut pas démontrer combien des lois elle a proposée, des lois qui peuvent ameliorer les conditions sociales de ses propres électeurs.
      Cette dame ne propose même pas au président Felix de reduire son train de vie.. Ce qu´il ya quelques jours, le président du Congo se rendait au siège de l´Union Africaine avec une forte delegation de 500 personnes dans deux avions dont le leasing coûte des millions de dollars par jour.. quand les routes sont defoncées dans la capitale et la pluie menace d´innondation des maisons des kinois !
      Pas de chance, exactement pas de chance Elombe@
      Selon vous Elombe@ Faut-il donner á Felix une « tentative » de se corriger quand il ne nous propose aucun « programme politique » que la nouvelle majorité en sa faveur va appliquer?
      Quel est ce pays sans programme, sans parlementaires qui proposent des idées contrsuctives ?
      « L´Empire où tout le monde vole tout le monde finira par tomber, sa faiblesse réside dans les intérêts privés et le « moi d´abord »,,
      Wamu a été proche de l´UDPS mais ne figure pas sur la liste des parlementaires de ce parti.. kie kie sa proposition est tout simplement l´expression de l´absence de « chance » pour le Congo quand on est á peine entrain d´effacer le « Kabila desir »

      1. @Ndeko GHOST,
        C’est vrai cette histoire de 500 personnes dans deux avions qui ont accompagné le président à Addis ? Mais c’est qui ces gens ? Les 500 députés nationaux ? Ils sont allés pour faire quoi exactement ? Je peine à croire…

    4. Bravo cher Elombe pour ce « coup de maître ». « Autoflagellation »: belle réplique aux « autodestructeurs » , « auto flagellateurs » ainsi qu’à certains congolais « architectes et maçons » du pessimisme parce qu’ alliés stratégiques des ennemis de la République.
      Paix et prospérité pour le Congo Démocratique .

  2. Je pense que c’est par opportunisme qu’agit notre sœur Henriette Wamu. Tout est bon pour attirer l’attention du prince du moment dans la perspective de la distribution d’éventuels maroquins ministériels. Le politique congolais nous a suffisamment habitué aux diverses transhumances donc rien de nouveau dans le ciel rdcongolais.

    1. Vous l’avez bien compris, cher Lidjo. Et c’est sur quoi j’attire surtout l’attention des lecteurs. Quand la classe politique d’un pays est faite d’opportunistes, il est difficile à l’avenir d’être luisant. Et quand un président de la république voit venir des opportunistes vers lui, il doit les tenir à distance s’il tient à faire avancer son pays.

  3. @Mpangi Mayoyo,
    Vous avez raison. Le Congo n’a vraiment pas de chance. Imaginez ce pays dirigé par des gens sérieux, ce serait le PARADIS sur terre. Le monde entier viendrait se réfugier chez nous.
    On dirait baloka biso.
    Kiadi kibeni !

    1. @Mpangi Jo Bongos,
      Félix Tshisekedi lui-même parle des réformes indispensables à l’avènement de l’Etat de droit. Ces réformes ne tomberont pas du ciel. Elles proviendront entre autres de l’Assemblée nationale. Mais voilà qu’une députée ne trouve rien de mieux que d’exhiber les talents de Maitre Renard face à Maitre Corbeau. L’obséquiosité n’est pas une valeur politique. C’est une antivaleur dont on doit se dépouiller. N’est-ce pas là l’une des exigences du discours politique de Tshisekedi lui-même ? Il faut peut-être expliquer cela dans la langue ethnique d’Elombe pour qu’il comprenne.

  4. Cher Elombe,ce n’est pas de l’autoflagelation ,ni la réssace du passé;mais,quand on voient le comportement des Talibans,la transumance quasi totale des FCC vers l’autre camp,la coloration ethnique(si pas tribale) des services de la présidence,etc…il y a lieu de se remémoré tout ce qui nous a conduit à la situation actuelle.Avec comme circonstance agravante,un personnel politique sans idéal,sans valeur morale ni éthique,et j’en passe.L’actuel « notre roi » devrait être réaliste et pragmatique pour entamer un commencement du redréssement de ce grand Congo,puisqu’aujourd’huit,il a des coudées franches.Rêvons.

  5. Chers Compatriotes,

    L’analyse de MBTT se fonde sur les constats que l’on ne peut renverser du revers de la main. L’auteur a des faits et s’inquiète avec raison, quand il tient compte des faits. Son inquiétude devrait être une sorte d’alarme pour les Congolais et aussi pour les membres de l’UDPS. Il serait bien dommage de ne pas prêter attention à cette inquiétude. Le président d’APARECO venait de dire quelque chose qui allait dans ce sens lorsqu’il situait le président Félix Tshisekedi à la croisée des chemins entre : la trahison du pays et sa libération de l’occupation. Mais là où je reste réservé, c’est lorsque le sujet du MBTT s’inscrit dans un pessimiste affirmé: « Le Congo n’a pas de chance ». L’échec du président Tshisekedi qui va aussi versé dans la dictature est bien affirmé, parce qu’il a en mains toutes les institutions et n’a aucun contre-pouvoir. Aucun contre-pouvoir ? ce n’est pas mon point de vue. Il y a encore le peuple qui, bien conscientisé peut aussi arriver à une révolution. Le problème que MBTT pointe du doigt est réel. Si tous les conseillers du président se transforment en une bande des flatteurs, les ministres en ses garçons de course, le parlement en un club d’opportunistes flagorneurs en recherche d’enrichissement facile et d’honneurs insensés, le danger que MBTT indique sera une conséquence logique dont les prémisses sont déjà mises en place. Mais là où je reste réservé, c’est lorsque je reste dans la conviction que l’être humain est aussi libre et il ne rentre pas facilement dans les déterminismes. C’est ainsi que là où MBTT affirme le manque de chance, je vois une opportunité à saisir. Et il reste aux Congolais dans toutes les institutions de ne pas s’inscrire dans ce déterminisme pour que ce qui est considéré comme une dictature annoncée se transforme en une démarche vers la démocratie. C’est ainsi que Honoré Ngbanda, en penseur (PHILOSOPHE DE FORMATION), a laissé une question ouverte. Félix sera-t-il un traître ou un vrai libérateur du pays ? MBTT dit, le Congo n’a pas de chance. Personnellement je dis : « Le Congo a une opportunité », et il faudra que les Congolais la saisissent et cessent de faire de ses dirigeants des dictateurs. Que Dieu nous vienne en aide.

  6. Cher Arthur Nioka,
    Parfois je me demande si j’écris en latin pour que des hommes comme Elombe fassent des traductions abracadabrantesques. Tous les ingrédients qui conduisent à la misère généralisée des Etats africains sont aujourd’hui réunis dans les mains de Félix Tshisekedi. Ecrire cela, ce n’est pas l’insulter. C’est montrer le danger que court une fois de plus le pays sous « Fatshi Béton », après que la nation ait acclamé, pour son plus grand malheur, le « Guide éclairé » Mobutu, le « Mzee » (Sage) Laurent-Désiré Kabila et le « Raïs » Joseph Kabila. Oyo mboka nini quand des membres de la grande élite comme Elombe ne sont pas en mesure de comprendre des choses aussi simples qu’évidentes ?

  7. Cher Mayoyo,
    # Honnêtement je commençais à craindre que vous ayez perdu votre lucidité légendaire à vous arrêter au triomphe de Tshisekedi de sa mise à l’écart en cours de l’ancien système honni, l’accomplissement enfin de son devoir d’ingratitude que célèbrent de plus en plus ses thuriféraires et beaucoup de Congolais pas toujours avec grand discernement.
    Votre titre « Le Congo n’a décidément pas de chance » vient démentir mes inquiétudes. Il ne s’agit pas du tout d’un obsessionnel pessimisme comme je viens de le lire !
    # Lorsque l’on observe nos Concitoyens sur le terrain, ils regrettent presque tous la dure vie qui est la leur et la
    médiocrité de leur classe politique mais généralement ils ne s’abandonnent pas à des lamentations, à un pessimisme pathologique. Chacun se débrouille à survivre autant qu’il peut.
    Dire que le ‘culte de la personnalité’ dans notre pays et l’abatardissement qui s’en suit chez l’homme Congolais en général et l’homme politique en particulier ne relève pas d’un pessimisme ainsi identifié mais simplement le constat fondé
    d’un fléau courant dans notre pays qui devrait nous réveiller plutôt que nous anesthésier. Dire que Tshisekedi a joué deux ans durant la marionnette avant de s’émanciper de son encombrante tutelle comme il l’a reconnu lui-même, selon cette tradition de passivité collective qui nous caractérise, participe du même constat et en même temps sonne l’alerte d’un sursaut salvateur.
    # Mais comme nous le savons tous il existe un pas à franchir entre une intention et son application. A travers son Union sacrée Tshisekedi signe certes son voeu de déboulonner la dictature, ‘Le peuple d’abord’ et de bâtir un ‘État de droit’. N’empêche donc qu’une lecture plus exigeante de sa geste en ce début de nouveau mandat ne rassure pas autant : une Union sacrée heteroclite malgré elle qui s’apparente à une « nouvelle souche de FCC plus résistante et allergique aux réformes et à la pratique démocratiques,
    une majorité recomposée qui n’est assimilable ni à l’État de droit ni encore moins à une révolution », comme le décrit si justement un analyste.
    # Tout droit vers l’autoritarisme et la prédation comme nos potentats précédents, vers un despotisme éclairé ou vers une heureuse et laborieuse refondation d’une république vraiment démocratique et efficiente ?
    Voilà plutôt que la célébration d’un Tshisekedi triomphant du mal, plutôt que crier à « l’autoflagellation, au pessimisme et au désespoir, la question légitime et prioritaire de la validité de l’Union sacrée telle qu’elle se construit, que pose le bel article de Mayoyo !
    Que l’Union sacrée réussisse et que les Usa soient non pas accusés d’aider Tshisekedi mais encouragés de l’y aider en respectant au mieux notre souveraineté, etc, etc… : voilà le souhait d’une majorité de Congolais loin d’une haine quelconque, ne nous embrouillons pas dans des querelles trop personnelles…

  8. 1. Je désapprouve la démarche d’Henriette Wamu. Comme députée, elle a mieux à faire présentement. Par contre, il y a lieu de se demander si sa démarche justifie vraiment le titre (exagéré) de l’article de Mayoyo.
    2. Peut-on être le père de quelque chose qui n’a jamais existé ? Ça dépend de ce que l’on veut exprimer. Nous parlons des pères de l’indépendance, même si cette indépendance n’a été que de façade. On honore un combat. En plus, on peut bien discuter sur les frontières entre ce qui existe et ce qui n’existe pas.
    3. „Car, la démocratie tout court n’a jamais existé au Congo“ : Et où est-ce qu’elle a déjà existé ?
    4. „depuis que Félix Tshisekedi s’est émancipé du pouvoir démoniaque de Joseph Kabila, il n’existe au Congo que sa volonté affichée de déboulonner la dictature et de bâtir un Etat de droit. Entre proclamer une intention et la mettre en œuvre…“ : Nous sommes dans le processus même, donc déjà au-delà de simples intentions.
    5. „Qui oserait, par exemple, faire la différence entre le slogan du MPR Parti-Etat et celui de l’UDPS? « MPR = Servir. Se servir? Non ». Cela n’équivaut-il pas au cri de ralliement « Le peuple d’abord »…“ : La différence saute aux yeux. Le slogan du MPR ne dit pas QUI est-ce- qu’on sert en refusant de se servir. Par contre, celui de l’Udps parle explicitement du PEUPLE.
    6. „S’il faut se réjouir de la prouesse de Tshisekedi fils, il faut tout autant s’en inquiéter“ : Non, on ne va pas s’inquiéter de ce que l’on voulait obtenir. Il est plutôt question de s’ assumer sereinement, chacun joaunt son rôle.
    7. „Dans les autres institutions, il aura des clients et non des hommes politiques entièrement responsables“ : Pas aussi évident que cela. Il faudra attendre. Humblement.
    8. „Parti au départ à dimension nationale …l’UDPS était devenu un parti quasi ethnique à force d’excommunications des leaders des autres ethnies … Aujourd’hui que le fils est au pouvoir, l’UDPS s’implante à travers toute l’étendue du territoire national. Demain, il deviendra un parti unique de facto. Comme le PPRD de Joseph Kabila“ : Du simplisme. Belchika et bien d’autres leaders Luba ont (aussi) quitté l’Udps sur fond de graves désaccords. Par ailleurs, l’Udps est restée implantée sur le plan national. Muzito l’a proclamé et si bien formulé sur Topcongo au sortir de Genève. Bien sûr qu’elle a maintenant la possibilité de renforcer cette implantation. Mais rien ne dit qu’elle deviendra un parti unique de facto comme le PPRD lequel est né en plein pouvoir. Je note un usage osé et risqué du futur simple dans ce paragraphe du texte de Mayoyo.
    9. „Marcher sur les pas des prédateurs Mobutu et Kabila fils; voie que semble indiquer le comportement des « Talibans »“ : Je ne sais pas ce que Mayoyo entend par ‘Talibans’, terme qu’il n’explique pas dans un texte voulu sérieux. Néanmoins, en observant bien des pro-Tshisekedi, je remarque qu’ils souhaitent de tout coeur un Congo prospère à travers l’instauration d’un État de droit ; ce, malgré des dérapages ou exagérations. Ils sont souvent les premiers à critiquer les actes d’anti-valeurs (corruption…) de leurs membres dans les institutions, ils sont au devant de la scène pour protester contre la loi Minaku-Sakata… Ils fonctionnent souvent comme la ‘police’ (ou des veilleurs) de leur propre famille politique et du Congo.
    10. „… il n’a légué à la postérité aucune pensée politique…“ : Ça dépend de ce que l’on entend par pensée politique et de la forme sous laquelle on veut l’avoir. Étienne Tshisekedi n’a pas bravé trois dictatures successives sans pensée politique. Par ailleurs, il y a la Constitution et les lois (que les députés votent ou doivent voter) et aussi la bonne volonté pour que le pays soit démocratiquement gouverné.

  9. Merci beaucoup monsieur Mayoyo pour ce message combien edifiant.  » Laurent D. Kabila avait introduit le loup Paul Kagame dans la bergerie Congo » ou il continue a massacrer les congolais et a piller nos richesses car le nouveau roi du Congo est aussi son vassal, introduit par son predecesseur et les americains. Apres qu’il ait mis la constitution sous ses pieds, tout le decor pour une dictature feroce s’est erige sous le ciel congolais. Les plus lucides d’entre nous peuvent l’apercevoir, pas tout le monde, helas! La grogne sociale est l’element qui va faire partir Felix en 2023 car le congolais ne mange pas, meme a kabeya kamwanga son village. Je suis tres content sur les verites que vous ecrivez sur Etienne Tshisekedi car en effet personne ne connait sa pensee politique sur la democratie a part faire tuer des centaines des talibans meme dans leur QG. Je ne sais pas pourquoi on le considere comme le premier docteur en droit du Congo quand l’homme n’a laisse intellectuelement pas des traces. Que vive le ventre d’abord!

  10. Mr Mayoyo Tipo Tipo,
    Je n’ai jamais prétendu appartenir à une quelconque grande élite, j’ai voulu juste vous rappeler qu’il n’existe pas de modèle parfait. En politique en économie en sociologie etc… tout est dynamique tout est relatif. Il est aussi question de méthode pour arriver au résultat escompté. Il faut toujours relativiser mon frère. Cette façon de croire qu’on a toujours raison sur tout est une forme d’arrogance mal maîtrisée. La critique est toujours aisée mais l’action et la sagesse appellent des compromis audacieux. Ce qui m’a souvent interpellé dans vos interventions, c’est le  » tout ou rien ». Cette espèce de manichéisme ne permet pas de relativiser et parfois de se mettre à la place de l’autre. Vous êtes vous déjà posé la question de savoir ce que vous auriez fait si vous étiez a la place de l’autre ? Dans le même contexte avec les mêmes risques pour vous et votre environnement immédiat. Il faut toujours relativiser et se réserver une porte de sortie. Personne n’est parfait, personne ne detient la vérité absolue, c’est cequi fait le charme du débat d’ailleurs. Faites preuve d’un peu de modestie. Comme je l’ai dit, Tshisekedi a aujourd’hui tous les leviers du pouvoir, il a donc une obligation de résultat, peu importe la façon dont il s’est débarrassé de ses anciens alliés. Donnons une chance à notre pays. Tshisekedi passera comme vous et moi le Congo restera. Le plus important, c’est l’avenir de notre pays. Vous parlez de piège à con, je trouve cela simpliste et parfois condescendant. Arracher le pouvoir des mains d’un sanguinaire comme Kabila, Mobutu n’est pas chose facile, y a t-il eu compromis ou compromission, je n’en sais rien, mais dans les circonstances actuelles je préfère les petits pas au galop qui finit par des grands écarts et la chute.

  11. Le mot rais, d’origine arabe, veut tout simplement dire president en swahili. Il n’est pas pompeux et n’a rien de mysterieux ni de mystique. Par exemple au Kenya, on parle de Rais Uhuru Kenyatta. Si c’etait un roi on dirait mfalme, et pour un sultan on dirait sultani.
    Bonne journee

  12. Chers Compatriotes,
    Si nos débats sur cette plateforme suivaient ces conseils prodigués par Elombe, on irait loin dans les échanges et on perdrait moins le temps dans les discours qui frustrent au lieu de construire. Mes remerciements à Elombe pour ces paroles d’une sagesse extraordinaire. La situation actuelle du Congo exige de nous des attitudes qui rapprochent plutôt que des discours savants qui détruisent et choquent. Comparer un « livreur de PIZZA » aux dictateurs de formation militaire et à un « homme de paille » d’une rébellion fabriquée de toutes pièces par les pays voisins qui voulaient en découdre avec leur ennemi juré de « maréchal » est une démarche qui est loin d’être matériellement logique. La démarche de renversement de majorité au parlement et au sénat relève d’une tactique militaire bien connue qui est proche de la logique d’une approche de difficulté apparemment invincible. Félix Antoine Tshisekedi est un chef d’Etat qui a fait déchaîner des passions de toutes sortes. On a soulevé toutes les questions le concernant: sa vie privée, ses études, ses relations, son cabinet…jusqu’à son espérance de vie de président qui ne dépassait pas six mois, pour les uns, huit mois pour d’autres et une année pour d’autres encore. Ces attitudes peuvent pousser aussi à des questions. Quels sont les fondements réels de ces attitudes et leur finalité ? Dieu seul le sait. Qu’Il nous vienne en aide pour le Bien Suprême de Notre Congo à tous, y compris Félix Antoine Tshisekedi, président élu du pays.

  13. @Elombe
    Merci pour vos mots de sagesse, en effect rien n’est statique. Ce qui ce passe en RDC est un processus qui découle d’une stratégie dont très peu d’intervenants dans ce vénérable journal en ligne ont vu venir. En effet personne n’est parfait et même les stratégies les mieux pensées n’arrivent pas souvent aux effets escomptés.
    D’où le besoin de modestie dans les affirmations et le besoin de relativiser.
    Attendre 2023, donc la conclusion du quinquennat, pour faire une synthèse, une analyse conséquente me semble plus sage. Course nanu esili te, toza nakati ya course. The fat lady is yet to sing.

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