Le poisson pourrit par la tête

Depuis l’élection présidentielle de 2006 « remportée » par le raïs de la République très très démocratique du Congo face à Igwe, ce pays, baptisé jadis Zaïre par Seseskul, ressemble à un navire sans boussole. Plus grave, le capitaine est sourd, aveugle et muet. Il n’excelle que dans la brutalité et les coups bas.

Selon mon ami qui sait tout sur tout et presque tout sur rien sur les potins de Kinshasa-Lez-immondices, la République très très démocratique du Congo est malade au sommet. C’est pourquoi rien ne va. L’économie et le social ne sont plus par terre. Ils sont carrément au sous-sol. L’ami de me souffler dans le creux de l’oreille: « Votre raïs, alias président illégitime, est nul. Il n’a même pas la capacité de diriger une commune en Belgique ».

Devant mon incrédulité, mon ami qui a une mémoire encyclopédique me rappela quelques passages d’une vieille interview que l’ex-Munyamulenge James Kabarebe avait accordée à J.A./L’Intelligent n°3155 datée du 29 avril 2002: « Joseph (…) est incapable de regarder les gens en face. Je n’ai jamais perçu chez lui une quelconque aptitude au commandement (…) ». « Joseph Ne peut décider de rien. (…) ».

Je lui ai répliqué: « comment expliquez-vous que l’incapable que vous décrivez ait pu s’accrocher au pouvoir depuis seize ans? ». Mon ami qui sait presque tout sur tout persiste et signe. Pour lui, le raïs n’a pas la capacité d’un chef d’Etat. Il n’a aucune capacité d’émettre un jugement personnel. « Regardez les discussions directes avec les ‘mon père’, dit-il. Le dénouement traîne parce que l’ex-président/raïs n’a aucune vision. Chaque fois que les ‘mon père’ demandent de le rencontrer, il doit d’abord convoquer le bureau politique de sa mouvance où pullulent quelques zozos tels que Minaku, Atundu, Lumanu et tant d’autres ».

Mon ami croit dur comme fer que la République très très démocratique du Congo souffre d’un déficit de leadership. Selon lui, le raïs n’est qu’un pantin qui fait ce qu’on lui dit de faire et dit ce qu’on lui dit de dire. A en croire l’ami, les « mon père » de la Cenco sont tellement fatigués qu’ils veulent déposer la soutane, pardon, le tablier.

Erudit, l’ami me rappela le jugement émis par la Yankee Hillary Clinton sur le raïs dans ses mémoires « Le temps des décisions ». La secrétaire d’Etat d’alors avait rencontré le successeur de Mzee le 11 août 2009 à Goma. Hillary rapporte que le raïs « était distrait et incapable de se concentrer, manifestement dépassé par les nombreux problèmes que rencontrait son pays ».

Avant de me quitter, mon ami qui sait décidément tout sur tout et presque tout sur rien de me susurrer: « Votre raïs se tait parce qu’il redoute de balancer des énormités. Il est incapable de donner la moindre orientation à la marche des affaires du pays ». Selon lui, c’est pour cette raison que le pays est en panne.

L’ami de poursuivre en me rappelant le vieux bouquin « C’était François Mitterrand » de Jacques Attali. Je me suis rappelé que ce dernier y avait énuméré les qualités que devait avoir le président de la République française. « Je vois que tu n’es plus perché sur ton cocotier », s’exclama l’ami avant d’égrener quelques une de ces qualités: « le chef de l’Etat doit aimer son pays, il doit avoir quelques connaissances en économie, en matière juridique et administrative ». « Le poisson pourrit par la tête », conclut l’ami.

 

Robert Yuka ea Djema
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