Le « Président honoraire » autoproclamé, alias sénateur à vie, à Dubaï (suite)

Le tout-Kinshasa se pose une question: Qu’est-il advenu du soldat « Kabeya »? Pour ceux qui ne le savent pas, il s’agit de ce militaire suspecté d’avoir abattu son commandant de régiment à l’aéroport de Ndjili. Drame survenu dans la soirée du 7 avril dernier lors du voyage à Dubaï du « Président honoraire » autoproclamé, alias sénateur à vie et autorité immorale, pardon, autorité morale du Front de Congolais Corrompus, décidément, Front commun pour le Congo (FCC). Deux semaines après, la famille de cet homme reste sans nouvelle. 

Selon mon ami qui sait tout sur tout et presque tout sur rien sur les potins de Kinshasa-Lez-Immondices, un incident tragique s’est produit ce dimanche 7 avril aux environs de minuit au moment où le « Président honoraire » autoproclamé, alias sénateur à vie s’apprêtait à prendre son avion avec dans ses valises près d’un milliard de la devise yankee en espèces sonnantes et trébuchantes. Une source bien informée avance le chiffre de 600 millions de dollar yankee.

Mon ami qui sait décidément tout sur presque tout croit savoir que le « Président honoraire » autoproclamé s’est rendu précipitamment aux « Emirats » pour planquer son magot. « L’ex-Raïs a eu la trouille de sa vie en entendant son successeur demander aux Yankees de l’aider à déboulonner le système dictatorial qui est en place », précisa l’ami en rappelant le communiqué publié le même dimanche 7 avril par les affidés du « Président honoraire » autoproclamé  pour dénoncer des « attaques gratuites » et des « accusations infondées » que le fils de Tatu Etienne, alias Tshilombo wetu, ne cesse de lancer contrer leur clan.

Que s’est-il passé à Ndjili? D’après mon ami, une prise de bec a eu lieu entre le soldat Kabeya, non autrement identifié, et un certain colonel Mbiya de la garde républicaine, les tristement célèbres « GR ». Commandant du 11ème du régiment de l’ex-garde prétorienne de l’ex-Raïs, cet officier aurait ordonné l’arrestation de ce soldat suite au refus de celui-ci de rendre les honneurs au « Président honoraire ». « En aucun cas, je n’irai rendre les honneurs à un simple sénateur à vie », aurait rétorqué Kabeya.

Mon ami prend aussitôt un air triste et poursuit: « On ne sait quelle mouche a pu piquer ce colonel qui a ordonné l’arrestation du soldat. Dans une colère frisant la folie, le soudard a aussitôt armé son AK47 et vidé le chargeur. Bilan: trois morts. Le colonel et deux civils dont une jeune fille qui allait terminer ses études secondaires ».

Avec ma candeur habituelle, je n’ai pas résisté longtemps à la tentation de m’enquérir de l’état de santé de ce pauvre soldat. Prenant un air mélancolique, l’ami me souffla ces mots dans le creux de l’oreille: « Le soldat Kabeya a été arrêté le même dimanche 7 avril et mis à la disposition de l’auditorat militaire de la garnison de Kinshasa ». A ma grande surprise, mon ami s’accroupit et commença à griffonner quelques lettres sur le sol. Je lis: « Le soldat Kabeya est décédé suite à une complication respiratoire ». L’ami se tourna vers moi en ajoutant oralement: « Il ne s’agit pas d’une mort naturelle. Selon une source militaire, Kabeya s’est fait injecter une substance non-déterminée ».  Les yeux humides, mon ami de murmurer: « La famille du soldat n’est pas encore au courant de la situation ».

Mon ami qui a une mémoire d’éléphant s’est souvenu du cas du colonel John Tshibangu qui a été arrêté en Tanzanie au mois de janvier 2018 et transféré à Kinshasa le 5 février avant d’être enfermé dans un cachot de l’ex-Demiap. L’ami me dit: « Le ministre de la Justice Alexis Thambwe avait déclaré que John allait être jugé incessamment. Rien ne s’est passé. Sa famille ne l’a toujours pas vu. Interrogé par jeuneafrique.com, en date du 20 avril 2018, le ‘général’ Delphin Kahimbi, patron de l’ex-Demiap a prétendu Tshibangu était en vie et qu’il n’était pas un détenu comme les autres ».

A en croire mon ami, le tortionnaire Kahimbi avait arraché quelques aveux au colonel Tshibangu. L’officier dissident avait « dénoncé » le jeune frère de Katebe Katoto, Moïse Katumbi, d’être un des « financiers » de son « mouvement insurrectionnel ». Sans rire, l’ex-maï maï Kahimbi a prétendu que « John » avait cité également les évêques catholiques.

Interrogé par jeuneafrique.com sur la date de l’ouverture du procès contre Tshibangu, Delphin Kahimbi bredouilla: « Très bientôt ». « 20 avril 2018-20 avril 2019, cela fait une année depuis que le patron de l’ex-Demiap s’est confié à ce magazine en ligne », me fait remarquer l’ami qui se dit inquiet du sort réservé tant au soldat Kabeya qu’au colonel John Tshibangu. « L’ex-Raïs et ses tortionnaires du genre Delphin Kahimbi ou John Numbi ont le plus grand mépris de la vie. Pour eux, leurs intérêts passent avant ceux de l’humanité », souligna l’ami qui se dit inquiet pour le temps que met le « fils de Tatu Etienne » à nommer un Premier ministre pour former le gouvernement.

Pour l’ami, un nouveau gouvernement permettra de connaitre la vérité sur la situation du soldat Kabeya de la « GR » mais aussi celle de Tshibangu. Selon l’ami, en cas de confirmation de décès, ces deux affaires pourraient éclabousser le « Président honoraire », alias sénateur à vie, alias ex-commandant suprême des FARDC, de la garde républicaine et de la police nationale et sa clique de tortionnaires.

Erudit, mon ami de conclure notre échange en citant l’écrivain français Anatole France: « La justice est la sanction des injustices établies ».

 

Par Jean-Robert Yuka ea Djema