Les 100 jours du gouvernement Sama: Gare aux pseudos sondages d’opinions

Le Premier ministre Jean-Michel Sama Lukonde Kyenge a commémoré les 100 premiers jours du gouvernement qu’il dirige dans un climat maussade au plan tant politique que socio-économique. La cohésion nationale est fragilisée par des discours et des postures tribalo-régionalistes. Les citoyens ne cachent plus leur impatience face au « changement » qui tarde à se manifester dans la vie quotidienne. Le successeur de Sylvestre Ilunga Ilunkamba a été bien inspiré de faire organiser, mercredi 4 août, une « messe d’action de grâce » en lieu et place d’un « diner au champagne ». Il n’y avait rien à fêter. Sans gêne, certains membres du gouvernement se réjouissent d’un nébuleux sondage d’opinion.

La présence du président Felix Tshisekedi Tshilombo a donné un cachet assez particulier à cette cérémonie organisée par la primature. On dira autant de la participation des représentants des principales confessions religieuses. C’est le cas notamment du Révérend Eric Nsenga, secrétaire général de l’ECC (église protestante) et de l’Abbé Donatien Nshole, secrétaire général de la Cenco (Conférence des évêques du Congo). Il y avait comme une volonté de tendre la main à l’autre dans un élan de « grand pardon mutuel » qui ne dit pas son nom entre le pouvoir temporel et le pouvoir spirituel.

L’Abbé Nshole s’est montré fort conciliant dans son adresse. Il a, à plusieurs reprises, relevé la présence du premier magistrat du pays. Faux-semblant? L’avenir le dira. Cette cérémonie intervient au moment où les huit confessions religieuses chargées de choisir le nouvel animateur de la Ceni « sont d’accords sur leur désaccord ». Le temps, lui, continue à courir. Des « mauvaises langues » suspectent, à tort ou à raison, la Cenco et l’ECC de faire trainer la résolution du dossier Ceni afin d’inciter les acteurs politiques à exiger un « dialogue politique ».

Dans sa brève allocution, le « Premier » Jean-Michel Sama Lukonde Kyenge s’est gardé de faire allusion à ce que d’aucuns considèrent comme une « guerre de basse intensité » entre le pouvoir politique et les églises chrétiennes. Il a, néanmoins, déclaré, que cette cérémonie a été conçue « sous le signe du rassemblement ». Les Congolais ont franchement besoin d’être rassemblés. D’ailleurs, derrière les masques de protection contre la pandémie Covid-19, on pouvait percevoir, mercredi, des mines assez graves.

LE GOUVERNEMENT SAMA AURA-T-IL LES MOYENS DE SA POLITIQUE?

On assiste à la montée en puissance des discours et postures tribalo-régionalistes qui ont fini par « mettre en mal » la cohésion nationale. Il faut être un parfait naïf pour croire que la seule proximité géographique suffit pour engendrer la cohésion au sein d’une communauté humaine. L’heure a sonné pour que les gouvernants congolais quittent les slogans creux. Il s’agit de réaliser qu’il n’y a pas de cohésion possible en l’absence de la solidarité économique et de la justice sociale. Il faut agir.

Sama Lukonde Kyenge semble l’avoir compris: « Au-delà de tout, nous ne devons pas oublier ce qu’est notre mission la plus loyale. C’est celle d’être au service du peuple congolais », a-t-il souligné.

Le successeur de Sylvestre Ilunga Ilunkamba qui aime bien faire référence à la « vision » du chef de l’Etat a promis et rassuré qu’à l’avenir « les actions du gouvernement seront axées beaucoup plus sur le terrain ». Le gouvernement en exercice dispose-t-il des moyens de sa politique? Chaque ministère sera-t-il doté d’un budget d’investissement?

Les Congolais, dans leur grande majorité, ne cessent de se plaindre de l’incapacité des pouvoirs publics à satisfaire leurs besoins les plus « basiques »: l’eau courante, l’électricité, la mobilité, les soins de santé, l’éducation, l’emploi etc. Comble de l’ironie, certains citoyens n’hésitent pas à jeter un regard nostalgique sur l’époque de « Joseph Kabila ». « La vie n’était pas aussi difficile sous Joseph Kabila », entend-on dire. Un comble! Pire, les « communicants » de la mouvance kabiliste ne rasent plus les mûrs.

LE TRIPTYQUE MISSION, MOYENS, RESULTATS

Sama Lukonde a réitéré sa promesse d’être à l’écoute de ses concitoyens. Et après? « Les hommes ont dans l’esprit un ordre d’urgence et ne peuvent durablement soutenir un gouvernement qui s’en écarte beaucoup », écrit Gabriel Ardant dans son ouvrage « La révolution suédoise » (éditions Robert Laffont). Une phrase à méditer.

Le gouvernement du Premier ministre Sama Lukonde devrait innover en dotant chaque ministère des moyen d’action pour réformer leurs secteurs respectifs d’activité selon le fameux triptyque: Mission, Moyens, Résultats.

Dans une interview accordée à Congo Indépendant en janvier 2011, l’ancien vice-Premier ministre en charge de l’Agriculture, François-Joseph Nzanga Mobutu avait créé l’événement en déclarant qu’il n’avait jamais vu l’ombre d’un budget d’investissement de son ministère durant les années passées au gouvernement (2007-2010). Selon lui, chaque ministre recevait juste une « enveloppe » destinée au fonctionnement de son cabinet.

Le Premier ministre Sama et ses ministres devraient se méfier des pseudos sondages d’opinion. Des sondages d’une complaisance qui crève les yeux. On cherche en vain non seulement le nombre des personnes interrogées mais aussi l’échantillon représentatif (sexe, âge, catégorie socio-professionnelle, niveau d’études, lieu de résidence, province etc.). Le « Premier » serait mal inspiré de gouverner en gardant les yeux rivés sur des pseudos baromètres politiques.

 

B.A.W.

7 Commentaires on “Les 100 jours du gouvernement Sama: Gare aux pseudos sondages d’opinions

  1. « les actions du gouvernement seront axées beaucoup plus sur le terrain ».
    Ça c’est du déjà entendu!
    En tant que Congolais, nous voulons savoir ce que ce « gouverne-et-ment » des [Mb]warriors et distributeur automatique des promesses compte faire pour stopper l’explosion du génocide dans la partie est du pays, malgré leur état de siège préfabriqué.

  2. Nous congolais, nous avons la mémoire courte. Les observateurs honnêtes et rigoureux savent dans quelle situation socio-économique était le Congo il y a à peine 2 ans. Structurellement, tous les indicateurs économiques étaient dans le rouge vif. La rupture avec les organisations financières internationales a fini par plomber définitivement tous les fondamentaux de l’économie congolaise. Le fait de renouer avec le FMI dans un délai aussi record est à mettre au crédit de ce gouvernement. Bien sûr que les problèmes liés au vécu des congolais sont réels, mais l’utilisation abusive de ce qu’on appelle  » le social de congolais  » relève souvent de la méconnaissance du fonctionnement des politiques publiques. Ce n’est pas l’Etat qui crée des emplois, ce sont les entreprises privées à travers le secteur marchand qui investissent et qui recrutent la main d’œuvre dont ils ont besoin pour faire fonctionner leurs entreprises. Faire croire que la création d’emplois peut venir de la seule volonté du pouvoir public est une erreur. Evidemment, l’Etat a pour obligation de mettre à la disposition des opérateurs économiques les conditions indispensables pour qu’ils puissent réaliser leurs objectifs. Ils faut des reformes structurelles et conjoncturelles à tous les niveaux: fiscales, administratives etc…Ce qui fait mal aujourd’hui au Congo, c’est la haine de l’autre, la jalousie. Ce sont ces démons d’une autre époque qui font courir au pays un risque que beaucoup de nos compatriotes ne mesurent pas la gravité. Le repli sur soit ou sur sa tribut et ethnie ne fera que retarder le développement du pays. Nous sommes libres de focaliser nos débats sur les sujets qui nous passionnent, mais, si nous perdons de vue l’intérêt général et la cohésion nation, ce pays n’aura aucun avenir. Oh, je vois venir les réflexions du genre: vous défendez le Tshisekedi, vous êtes pro ceci ou pro cela.. etc. Sincèrement, cela m’est complètement égal, ce qui m’intéresse, c’est l’avenir du Congo. Les basses querelles et polémiques stériles ne me font ni chaud ni froid.

    1. Ndeko Elombe,
      Vous parlez des « indicateurs économiques »? Ce qui compte pour les congolais, c’est leur quotidien, et non des chiffres savamment conçus pour plaire au FMI. A cet effet, je vous propose pour la re-lecture ce court paragraphe extrait de l’article de B.A.W.
      « Les Congolais, dans leur grande majorité, ne cessent de se plaindre de l’incapacité des pouvoirs publics à satisfaire leurs besoins les plus « basiques »: l’eau courante, l’électricité, la mobilité, les soins de santé, l’éducation, l’emploi etc. Comble de l’ironie, certains citoyens n’hésitent pas à jeter un regard nostalgique sur l’époque de « Joseph Kabila ». « La vie n’était pas aussi difficile sous Joseph Kabila », entend-on dire. Un comble! Pire, les « communicants » de la mouvance kabiliste ne rasent plus les mûrs. »
      Eteyi yo nini?

  3. Comme le rappelle l’article, Sama et son gouvernement doivent vite relever les défis du SOCIAL.

  4. @ A ne surtout pas se tromper de quoi cause ce sujet, il n’est pas à vendre au spéculateur le plus offrant venu comme on peut lire sur certains murs des propriétés à Kinshasa, il évoque bel et bien le bilan à 100 jours du gouvernement Sama Lokonde et des éventuels sondages biaisés exprès à ce propos. En effet à lire certains il faudra aussi attribuer ceux-ci à des tiers tapis dans la nature qui en vrais apprentis-sorciers en sortent comme par génération spontanée pour bouffer du Tshisekedi. A avoir vite oublié que les faits qui ont un impact significatif sur la vie nationale comme cet incongru bruit de tribalisme qui rôde aujourd’hui partout sont d’abord des produits nés de la gestion du pays ou plutôt de ses échecs. Les maisons bien tenues ne véhiculent pas d’odeurs, n’ont pas de nouvelles, dirait-on et le le social de congolais reste d’abord chez nous du ressort de la planification publique ; les haines ou les jalousies personnelles ne sont rien si elles n’empiètent pas sur la scène publique…
    @ Quant au bilan réel du premier des fameux Warriors Sama Lukonde en oeuvre depuis la rupture de l’ancienne alliance avec l’ancien régime et la création de la nouvelle majorité Union sacrée le moins qu’on puisse dire au-delà de l’autosatisfaction qu’il s’en fait ressemble à ce qu’a dit un journaliste : quelques réussites comme la signature avec le FMI d’un financement d’un pauvre milliard et demi de dollars sur trois ans toujours bon à prendre, l’amélioration des réserves de change, de la collecte des recettes…, mais surtout encore des défis majeurs en vue notamment un budget mieux orienté et surtout la grosse épine de l’insécurité à l’Est où les groupes armés sont toujours difficiles à juguler, et plus généralement l’incapacité du gouvernement à répondre efficacement aux immenses attentes socio-économiques des populations. Beaucoup si pas tout reste encore à faire, dirons-nous …

  5. 100 jours du Gouverne et ment d’Occupation Rwandaise composé en majorité des Ministres « Sinistres » (Bras cassés pieds nickelés) Lubas et Banyarwanda sont une ÉPREUVE INSOUTENABLE (UNE VRAIE GALÈRE) pour les RDCIENS contemporains de Tshilombo-Pétain ! Tous les indicateurs Micro-économiques [Inflation, Chômage, Emploi, Pouvoir d’Achat, PIB, Surchauffe Immobilière, Balance commerciale=Différence entre la Valeur des Exportations et des Importations de Biens et Services…] sont en ROUGE SANG… Le Népotisme et le Tribalisme de FATSHI BIDON vont de paire avec la Balkanisation prônée par les ennemis extérieurs et interieurs du Grand KONGO-ZAÏRE qui se comportent en terrain conquis, qui ne se cachent même plus depuis la nomination à la présidence protocolaire de leur marionnettte de l’Udps Familiale Aile Maman Marthe Kisalu… Roosevelt a dit « En politique, rien n’arrive par hasard. Chaque fois qu’un événement survient, on peut être certain qu’il avait été prévu pour se dérouler ainsi »… Au KONGO-ZAÏRE faussement appelé RDC occupé par les Banyarwanda, ce n’est plus la Politique qui s’y fait mais le Déroulé Machiavélique d’un Plan d’Extermination savamment conçu, orchestré par l’Empire Hima Tutsi qui a corrompu tous les Politichiens, ces derniers avides d’argent facile et des biens matériels privilégient leurs intérêts personnels dans une DICTOCRATIE-DÉMOCRATURE alliant Crimes Imprescriptibles contre l’Humanité et Occupation Économique, Politique, Sociologique et Militaire… La Volonté dolosive de ce Gouverne et ment Sama Lukonde
    (Un Munyarwanda) sans « Projet Politico-Économico-Social » est uniquement de détruire leTissu Social, de fragiliser l’Economie de brader la Souveraineté de notre Grand et Beau Pays afin de faciliter l’Occupation Rwandaise n’est plus un Secret de Polichinelle… « Quittez les Institutions d’Occupation Rwandaise » dixit Honore NGBANDA… Ainsi soit-il… INGETA

  6. Ce gouvernement a un vrai défis celui de travailler de sorte que les congolais dans l’ensemble retrouves le sourire, et ce c’est qu’il fait.
    Le mal chez le congolais est qu’il critique sans tenir compte des enjeux et autres.
    Mais ce gouvernement promet de frapper fort.

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