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Lettre ouverte à Samba Kaputo On prend la DGI, la DGRAD…On laisse la Banque centrale et la SNEL |
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3 NOVEMBRE 2005 Monsieur le Conseiller Spécial, Le mois d'octobre finissant a connu une vedette sortie on dirait des cuisses de Jupiter. Vous avez accaparé les projecteurs de l'actualité avec votre coup de filet réalisé dans les principales régies financières de l'Etat. Les principaux responsables de la Direction générale des impôts (DGI) et de la Direction générale des recettes domaniales et de participation (DGRAD) ont été appréhendés pour détournement des deniers publics. Près de 20 millions de dollars constituent le fonds de ce scandale dit de Crédit d'impôt. A la réaction multiple et répulsive de la population, le conseiller du chef de l'Etat que vous êtes a réservé une séance d'éclaircissement au travers des journalistes invités au Grand Hôtel Kinshasa. Pour tout dire, M. Samba Kaputo a justifié l'action de son service par le souci de mettre hors d'état de nuire un réseau maffieux saignant les ressources publiques. Pour se faire propre, l'entreprise du conseiller spécial a décroché le quitus de l'ensemble de l'espace présidentiel. Comme pour témoigner de la convergence de vues dans cette sphère pour combattre l'érosion des recettes du Trésor public. D'aucuns ont voulu croire monsieur le conseiller spécial bien que son réveil paraît tardif au moment où même la communauté internationale n'a de cesse déploré la saignée des recettes de l'Etat en RDC. Hélas, votre démarche vient de gripper avant terme. Après la décapitation des responsables de la DGI et de la DGRAD, la tempête s'est calmée. Sur le pied de ce goût d'inachevé se ressourcent les nombreuses conjectures qui nourrissent les conversations dans les rues comme dans les milieux de travail. Le discours n'est pas au soutien de M. Samba Kaputo accusé, à tort ou à raison, d'avoir initié son action dans le seul but d'atteindre une cible préalablement désignée. Comment pourrait-on réfléchir autrement quand votre coup d'épée s'émousse prématurément alors que les finances publiques sont charcutées dans maints entreprises et services publics. Pour bien se dédouaner de la présomption d'une action de règlement des comptes, Vous devriez réagir de la même manière à la Société nationale d'électricité (Snel) victime de scandales à répétition. Quel traitement de faveur devrait jouir le gouverneur de la Banque centrale dont les coffres-forts de l'institution demeurent poreux. Les millions de dollars volatilisés à la Snel et à la Banque centrale, et dont les coupables présumés avaient été bien identifiés, n'ont ému outre mesure le conseiller spécial et l'espace présidentiel qui lui aurait donné l'ordre d'agir uniquement dans le cas des régies financières. Pourtant l'enveloppe détournée est plus de deux fois la somme détournée à la DGI et à la DGRAD. Comment n'est pas conclure à une politique de complaisance et d'actions ciblées pour des raisons gardées secrètes ? L'opinion devrait se poser des questions sur les raisons de cette complaisance: c'est à croire que si la Banque centrale et la Snel bénéficient de ce traitement de faveur, c'est parce que leurs dirigeants les plus en vue sont de la même province que M. Samba Kaputo. Il aura beau argumenté à la presse, le conseiller spécial du chef de l'Etat ne se mettra pas au-dessus de soupçons si son action ne s'étend pas sur l'ensemble des entreprises du Portefeuille et des services générateurs des recettes de l'Etat. De cette attitude honnête dépend l'adhésion de l'opinion nationale à cette entreprise que d'aucuns qualifient de main propre. Mais pour l'être, M. Samba Kaputo doit laver les siennes propres pour ne pas placer sous ses aisselles des prédateurs plus voraces que les anciens patrons de la DGI et de la DGRAD. Patriotiquement vôtre. Jean-Jacques Mwana Mputu in Salongo-hebdo n°0262 |
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