Mensonges et trahisons

A l’instar des sorciers, des cambrioleurs et du diable, qui aiment opérer la nuit, la CENI (Commission électorale nationale indépendante) et la cour constitutionnelle ont tous deux attendu la profondeur de la nuit pour imposer leur forfaiture.

Ainsi le sieur Nangaa, pour avoir volé les voix de millions de personnes et les avoir dépossédés de leur rêve d’un avenir meilleur, fera son entrée dans les rangs des grands criminels de la RDC.

Notre pays, détenant déjà les tristes records de misère de ses populations, de corruption généralisée, d’atteintes aux droits humains, de personnes déplacées, s’attribue en plus le douteux record – jamais vu – de fraude électorale massive organisée avec la complicité du principal parti d’opposition.

L’euphorie régnant dans les rangs de l’UDPS et dans le Kasaï, le danger de manifestations est écarté et grâce à une majorité absolue déclarée à l’issue des élections législatives et provinciales, le pouvoir réussira à garder la plupart des leviers du pouvoir réel.

L’UDPS perdra de nombreux sympathisants qui sont en désaccord avec la fraude et avec le reniement de ce qui a fait la renommée et la fierté de ce parti: la résistance à la dictature et un sens de l’éthique qui interdit de pactiser avec celui qu’on combat.

A l’image du reniement de ces deux principes, un grand nombre d’intellectuels, surtout des juristes et des hommes de presse, tentent de justifier l’injustifiable. D’autres voient que de nouveaux chemins menant à la mangeoire s’ouvrent et opèrent des virages à 180 degrés avec une amnésie qui relève de la pathologie.

Que nos hommes politiques tournent la veste et sont dépourvus de tout sens de l’éthique est presque considéré comme normal, mais la majorité des congolais n’est pas dupe et l’a démontré lors des élections. Ce qui n’est pas normal et inacceptable c’est quand nos intellectuels essayent de nier la vérité et quand ils manifestent subitement leur confiance dans la CENI et dans la cour constitutionnelle qu’ils ont vilipendées pendant des mois. Leur pire infamie est mettre en doute le sérieux de la CENCO (Conférence épiscopale nationale du Congo) allant jusqu’à traiter nos prélats de menteurs et d’agents de puissances étrangères.

Il ne s’agit pas de se retrancher dans la victimisation et les lamentations. On espère tous que le président nommé puisse réaliser quelques promesses de campagne. Que l’espace politique soit ouvert, que les prisonniers politiques soient libérés, que les exilés politiques puissent rentrer en toute sécurité, que la liberté de presse soit respectée, que des audits soient réalisés etc.

Mais ce n’est pas une raison pour travestir la vérité pour justifier ses reniements.

Il faut espérer que Martin Fayulu reste le « soldat du peuple » et ne tombe pas dans le piège de « la réconciliation ». Il devra jouer son rôle d’opposant, en continuant à dénoncer ce qu’il a toujours dénoncé et à préciser son programme. Il devra développer un vaste mouvement sachant maintenant quels sont ses vrais amis, collaborer avec les mouvements de jeunes et s’assurer des appuis dans le pays et à l’extérieur.

La composition du futur gouvernement créera probablement de nombreuses frustrations au sein de la coalition FCC/UDPS et surtout au sein du FCC. Certains seront tentés de s’allier à l’UDPS mais d’autres pourraient choisir Fayulu.

Dans les semaines à venir, beaucoup de masques vont encore tomber.

 

Par Jean-Marie Lelo Diakese

13 thoughts on “Mensonges et trahisons

  1. Un mouvement front-nationaliste s’avère plus que prioritaire. Un front qui exige clairement la fin de l’occupation rwandaise au Congo, en attendant des actions en justice contre les collaborationnistes congolais. Le peuple est prêt. Il a exprimé sa nausée pendant les élections chaotiques de décembre, malgré les embuches parsemées par le gang rwandais & affidés. Le peuple est allé aux élections dire NON à l’occupation rwandaise. Ses votes ont été volés par la force de l’occupation et la trahison des plus pourris de l’industrie politique congolaise. Le peuple n’est pas résigné, malgré les signes de temps. Il a attend une direction, un leader. Celui-ci est tout trouvé. C’est Martin Fayulu. Qu’il demande à ses soldats de Lamuka de ne pas siéger avec les nominés de Nangaa au parlement et au sénat. C’est à lui de porter le peuple dans la lutte contre le partenaire & Co pour mettre fin à cette humiliation qui dure depuis deux décennies.
    Pour ce faire, il doit nécessairement couper tout lien avec le préfet rwandais Ruberwa. En a-t-il les moyens ?

    1. « NATIONALISME »
      La défaite de Shadary est celle des « nationalistes » sans doute? Depuis 1965, les « nationalistes » inspirés par Lumumba ont dirigés la RDC. Mobutu ex membre du parti politique de Lumumba, LDK et Joseph Kabila si « nationalistes » et lumumbistes ne vont pas nous contredire.
      En réalité le terme « nationalistes » est en perdiction au Congo avec 18 ans de propagande de Mende.. Le bilan des « nationalistes » est si maigre depuis 1965 qu´il faut changer de terme.. ou de concept..
      FELIX ET FAYULU
      Tous les deux « fils » de Tshitshi politiquement parlant devaient en principe mettre fin á l´hégemonie des « nationalistes » pseudo-nationalistes congolais. Dommage que Lamuka ne possede pas la majorité au Parlement sinon on allait plus parler des nationalistes.. mais de sociaux-démocrates congolais.
      Felix le fils de l´un des assassins de Lumumba est un symbole en soi… quand il va devoir croiser le fer avec des pseudo-nationalistes lumumbistes du FCC.. ou presque.
      SIEGER AU PARLEMENT ?
      Lamuka n´est pas une organisation politique de Fayulu. Lui même proche de Tshitshi avait dit non au « fatwa » de Tshitshi et á siiegé au parlement. Il n´est pas du genre á exiger une telle option politique.
      En réalité, Felix « candidat » de Katumbi et Kamerhe « candidat » de JP Bemba ne sont pas si éloignés politiquement parlant.
      Observez que le meilleur programme politique est celui de Lamuka.
      Faire la resístance ou devenir faire une opposition républicaine ? C´est le choix que Lamuka devrait faire dans quelques semaines.

  2. La triste vérité est que certains des nôtres qui sont dans l’euphorie de voir l’un des leurs à la présidence et beaucoup d’autres qui se satisfont quand même d’un ‘JK’ nommément dehors et veulent y voir un début d’alternance, ont aujourd’hui tendance à ne voir dans Fayulu qu’un mauvais perdant. Ils en oublient du coup la légitimité de sa deception et son exploit lors de la campagne et dans les urnes. La bêtise humaine qui n’a pas de limites pousse même le premier venu à se croire plus intelligent que lui en en faisaint un benêt incapable du moindre calcul – on a ainsi vu sur le net des gens sortis de nulle part lui contester ses chiffres – et d’un borné qui ne comprendrait rien à rien à la résignation obligée de tous.
    Le combat de Fayulu quel que désespéré qu’il puisse paraître ici et là, est d’abord celui de tout patriote avisé pour l’Etat de droit, le respect des règles sans lesquels la présidence de FT sera un fiasco de plus ; dans ce sens il est celui de tout ce pays.
    Heureusement cela n’empêche qu’on le prévienne de ne pas s’enfermer dans des revendications concrètes sans issue, cela n’empêche qu’on souhaite à notre nouveau président de réussir malgré sa compromission originelle et la prison où celle-ci l’a enterré. Ce sera donc difficile mais il ne tiendra qu’à lui de tenter de s’en libérer. Souhaitons qu’il en soit conscient et agisse en conséquence. Son succès est à ce prix pour un peuple qui a massivement exprimé son exigence de changement.
    Attendons voir déjà dans la formation de son gouvernement : un formateur comme l’y somme son nouveau partenaire qui veut d’une coalition et non d’une cohabitation ou un informateur pour s’accorder ainsi un minimum d’autonomie dans sa composition et par la suite ?

  3. Bien dit Monsieur Lelo Diakese. Non seulement des masques vont tomber; mais aussi et surtout, le dévergondage politique et la trahison de la Patrie dont M. Félix Tshilombo est désormais l’incarnation même dans notre pays aujourd’hui, va advantage s’empirer. Avec ce genre de leadership dérivé sorti tout droit des combines nocturnes et criminelles qui vient d’élire domicile au palais de la Nation, le cercle dirigeant congolais deviendra un taudis immonde. Car on ne peut attendre un sursaut patriotique de celui qui s’est si gravement compromis avec l’ennemi d’hier qui demeure le maître d’ouvrage mais sous une nouvelle désignation et dans un nouvel échafaudage.

  4. Martin Fayulu n’a que deux choix: soit continuer de collaborer avec le pouvoir d’occupation qui demeure en place avec une marionette d’origine congolaise, Felix Tshilombo Tshisekedi nomme au sommet d’un Etat-rate reconnu a tort comme la « Republique democratique » du Congo; soit rejoindre la resistance! Apres tout, ne s’identifie-t-il pas comme « soldat du peuple »?

  5. Je ne suis pas d’accord avec toutes les modalités émises par les uns et les autres pour nous libérer de la dictature et de l’occupation mais je suis convaincu qu’au moins une indignation nous lie tous. Je ne supporte pas en effet de voir ‘JK’ pavaner en ‘père de la nation’ modèle qui prodigue conseils et leçons à l’abri de toute sanction alors que ses crimes divers lui valent un séjour sinon pas directement en prison au moins sur les bancs de l’accusé.
    Les hommages de F Tshisekedi à son endroit avant ceux des siens, tous subitement au charme de celui qu’ils condamnaient avec virulence hier m’ont beaucoup choqué. Qu’ils soient si soudainement et si facilement retournés en dit long sur l’absence et la tromperie de leurs convictions et surtout sur leur inommable boulimie vers la mangeoire dont ils ont été longtemps sevrés.
    C’est hélas cette trahison qui caractérise notre classe politique et au-delà, comment en sortir, la « résistance » en dehors de tout système, en dehors de tout ‘collaborationisme’ et … ?
    Voilà où nos diverses modalités et priorités différent mais pourquoi pas à chacun de fermement en valider et en mettre en pratique la sienne selon sa sensibilité et ses moyens pourvu qu’elle porte des fruits. Comment chacun peut mieux présenter librement ici sa vision des choses ?
    Voilà un premier challenge pour notre communauté avant de passer à l’acte…

  6. Chers Compatriotes,
    C’est la première fois que le vois que les vertus sont nécessaires dans la vie et que tout le monde parle de la vérité. Mais combien sommes-nous à être véridiques dans notre propre vie de chaque jour ? Pensez-vous que vivre dans le mensonge chaque jour vous affranchira de ce poids une fois que vous allez vous mettre en course pour des fonctions publiques ? Le pays n’a eu que ce qu’il mérite. La trahison, le mensonge et autres anti-valeurs ont élu domicile au Congo et cela à tous les niveaux, dans tous les domaines. La trahison, elle ne se passe pas seulement à la CENI, elle se passe aussi au Parlement. J’aime bien quand on parle de Martin, mais qui ont été les témoins de Martin qui parlent publiquement avec leurs preuves avérées et publiées ? Chers compatriotes, regardons-nous. Martin, libre alors qu’il est à côté de Katumbi, de Bemba avec un directeur de campagne qui vient du camp du président sortant ? Il se définit « soldat du peuple », mais de quel peuple ? S’il était soldat du peuple, il se poserait en rassembleur dans cette crise. Mais on l’a entendu appelé la communauté internationale pour défendre ce dont lui-même n’avait pas de preuves publiquement exposées et venant de témoins crédibles. Chers compatriotes, ne nous perdons pas dans des tourbillons qui risquent de nous faire oublier l’essentiellement: le redressement du pays. L’autre qui est au pouvoir, nous ne savons même pas si son espérance de vie est bien longue à cet endroit. Car, l’expérience du Mzee nous invite à une prudence. Mais je déplore un fait, que les Congolais ne soient pas capables de déloger quelques étrangers qu’ils pointent du doigt et qui exploitent leur pays au détriment du peuple congolais. Alors pour se défouler de ces frustrations, on doit trouver un vendeur du Congo et un acheteur. Mais ce qui est étonnant est que l’acheteur est entouré de propriétaires qui n’ont cessé de se battre entre eux au lieu de chasser l’acheteur qui est minoritaire. Absurde, Absurde, Absurde. Faisons un effort de nous unir, pas forcément parce que nous nous aimons, mais parce qu’il y va de l’avenir du Congo et de nos enfants. Essayons de transformer notre faiblesse en force en faisant taire nos égoïsmes, et nos complexes multiformes que nous portons volontiers, et qui ne nous aident pas au plan collectif. Que Dieu nous vienne en aide.

    1. @Elili
      S’il faut que je fasse une seule remarque sur vos propos, ce serait de vous inviter à arrêter de croire qu’en répétant mille fois des rumeurs qui circulent partout elles deviendront des vérités si ce ne sont que des mensonges… En effet comment pouvez-vous continuer à aligner des contrevérités selon lesquelles Fayulu n’aurait produit aucune preuve pour revendiquer sa victoire ? Il avait quelques PV des bureaux de vote peut-être pas assez pour sa propre défense mais à côté il y’a eu des chiffres de la Cenco d’un échantillon suffisant à confirmer sa victoire, ils étaient corroborés par ceux que les journaux internationaux ont publiés, sortis du serveur central de la Ceni. La CC n’avait aucun intérdit juridique de ne pas les mettre au dossier comme l’a demandé la défense du requérant, au contraire il en avait obligation et cela devrait autoriser le recomptage des voix. Non seulement la CC ne l’a pas fait mais plus grave la Ceni ne nous a jamais livré la somme de ses PV sur lesquels elle a fondé ses proclamations décrétant la victoire du vainqueur comme l’exige la loi.
      Le deal Tshilombo – ‘JK’ qui a abouti à la nomination du premier, vous n’en êtes pas non plus au courant alors qu’à l’Udps ils n’ont pas hésité à le confirmer à demi-mots ?
      Oui, allons de l’avant mais pas en travertissant la vérité de ce qu’il s’est passé…

    2. @Elili,
      Je vous lis depuis pas mal de temps sur ce forum et je suis vraiment surpris par votre absence totale d’une construction cohérente de raisonnement dans cette affaire. Que Dieu vous vienne vite en aide.
      A vous lire, je n’ai pas l’impression que vous comprenez de quoi s’agit-il. Les espagnols qualifieraient l’échafaudage de votre raisonnement de CHAPUZA qui d’ailleurs ne fait pas avancer le débat.
      Si Fayulu à vos yeux a construit un attelage peu recommandable avec Lumbi, Katumbi et Bemba que dire de Tshilombo avec Kamerheon (pourquoi j’ai choisi kabila) et kin kiey Mulumba (kabila désir). Je ne parle même pas du génocidaire aka Kabila devenu partenaire avec des hommages insupportables de la part de Tshilombo.
      Sans prétention aucune, si je peux vous aider un peu dans la compréhension sans convoquer Dieu, je dirai que la Ceni est une institution d’appui à la démocratie. La loi oblige l’état à lui donner les moyens nécessaires pour organiser les élections. Cette même loi oblige la ceni à publier les résultats et les PV par bureau. C’est une obligation légale sans effet à ce jour !
      Puisque FT a gagné, il ne reste plus qu’à la CENI de satisfaire aux obligations légales: publier les PV et les résultats par bureau de vote et tout le monde applaudira. Il n’y avait même pas besoin d’aller devant la CC.
      L’histoire de Fayulu qui ne voulait pas de machine, qui n’a pas de témoins et de preuves, qui a envoûté FT à Genève, qui a fait un deal pour faire des élections anticipées dans 2 ans … c’est juste du grand n’importe quoi. On parle juste du contentieux électoral.
      De surcroît, il est curieux que la ceni qui a multiplié des artifices pour le glissement de aka Kabila allant jusqu’à incendier elle-même son entrepôt qui ne contenait aucune MAV soit devenue plus crédible que Cenco avec 40 mille témoins.
      Pour votre information, 11 gardes étaient en poste devant l’entrepôt le jour de l’incendie. L’un a pris la fuite et les autres n’ont plus jamais donné signe de vie. Comme les assassins sont devenus de partenaires, personne ne se préoccupera de leur sort.
      La question est de savoir, si FT a réellement gagné, pourquoi la publication par la ceni des PV conformément à la loi pose problème ? S’il n’a pas gagné pourquoi a-t-il accepté la fraude et pourquoi devons-nous cautionner cette forfaiture. Pourquoi ne pouvait-il pas se mettre derrière ou avec Fayulu contre le FCC ?
      Nous sommes convaincus qu’il n’y aura pas de développement en RDC sans la démocratie. Pas de démocratie sans la paix. Pas de paix avec 25 à 30 mille Ntaganda et kabarebe dans les FARDC qui tuent et violent. Pas de paix sans la justice. Pas de justice si l’ont transforme des génocidaires, violeurs et pillards en partenaires faisant ainsi de l’impunité la règle.
      En gros, je n’ai jamais travaillé, je suis le fils à papa Avec un faux diplôme et je suis un fraudeur aux élections. Mais il faut me soutenir, moi et mes nouveaux partenaires qui ont massacré les congolais …
      Nous sommes nombreux à dire NON ! Non parce qu’on ne résout pas un problème avec l’aide de ceux qui l’ont créé.
      Voilà le problème et le débat. Je ne suis pas sûr que je me suis fais comprendre mais j’ai essayé et j’espère que Dieu vous viendra en aide nos réactions courroucées.

  7. Jean Marie Lelo fait un constat qui un sécret de polichinelle, déjà le processus électoral était vicié et à guichet fermé, dès sa conception , nos politiciens toutes tendances l’ont crédibilisé.Jo Bongos commence à prendre de la hauteur pour le bien de tous en proposant un front-nationaliste , il a posé une question capitale , en aura-t-il le moyen ? c’est déjà quelque chose de positif.je crois qu’il y a une solution moins coûteuse mais très efficace,qui consiste en un éveil de conscience positive à travers notre opinion mentale du pays si vous croyons tous en un pays Béni plus Béni il sera ,le contraire étant tout aussi possible , d’ailleurs le pas a été déjà marqué nous avons refusé le 3e mandat,le résultat est là ,comme processus ,maintenons le même type des pensées positives cette fois-ci , pour la bonne gouvernance et le mieux être , ça va se manifester , nos parents l’ont fait avec le colonialiste, et l’ont vaincu pourquoi pas nous avec l’occupant ? le temps presse ça fait 21 ans d’occupation.

  8. Lu pour vous
    Le Juge Constitutionnel Corneille Wasenga Critique L’arrêt De La Cour, La Requête De Fayulu Était Fondée.
    Le dernier arrêt rendu par la cour constitutionnelle relatif à la requête en contestation des résultats provisoires de l’élection présidentielle initiée par la dynamique de l’opposition pour le compte du candidat président de Lamuka, Martin Fayulu a laissé une frange importante de l’opinion sur sa faim. Cette insatisfaction s’étend jusque dans le rang des juges ayant constitué la composition de la cour .
    Un juge de cette haute cour n’a pas su se contenir . Il a aussitôt émis une opinion dissidente par laquelle il estime, arguments à l’appui , que tous les moyens de droit contenus dans la requête auraient dû être déclarés fondés.
    Corneille Wasenga N’songo, par ce que c’est de lui qu’il s’agit, n’a pas hésité d’émettre une opinion dissidente par rapport aux autres membres ayant siégé et statué sur le dossier enregistré sous RCE/001/PR. CR.
    Dans son texte daté du 19 janvier 2019 et dont copie est parvenue à la rédaction de politiquerdc.net, le juge Corneille Wasenga N’songo estime que la requête de Martin Fayulu avait toute sa raison d’être déclarée fondée au regard de l’aveu de violation dans le chef de la CENI pour le premier moyen , au regard de ce que les procès verbaux ont été soumis au débat contradictoire et de ce que la force majeure pourrait à la rigueur justifier le « report » et non la « privation » de droit de voter.
    Ce juge dissident souligne que l’aveu de violation de l’article 70 de la loi électorale, contenu dans le troisième paragraphe du procès verbal de la réunion de l’Assemblée plénière de la commission électorale nationale indépendante relative à la publication des résultats provisoires de l’élection présidentielle du 30 décembre 2018, est clair dans la mesure où la CENI considérait que le centre de compilation de l’élection présidentielle est le secrétariat exécutif national déduisant en cela qu’il ne pouvait-être installé plus d’un centre local de compilation par circonscription électorale.
    Pour lui, la cour avait fait une mauvaise lecture de la loi. Car, la CENI n’a prévu que les centres locaux de compilation et elle n’a aucunement créé un centre national de compilation.
    À l’en croire, l’alinéa 2 de l’article 70 de la loi électorale est clair en la matière. Le président de chaque centre de compilation était tenu de rendre publics les résultats partiels, notamment de l’élection présidentielle au niveau de chaque ville ou territoire.
    Ne l’ayant pas fait, le juge Corneille Wasenga N’songo pense que la cour devrait tout simplement annuler les résultats provisoires publiés par la CENI et exiger la compilation manuelle de ces résultats au niveau des centres locaux de compilation, conformément à la loi.
    Quant aux procès verbaux produits sur le banc par la dynamique de l’opposition et rejetés par la cour, le juge Corneille Wasenga , note également que les avocats de l’udps avaient renoncé au droit de « contradictoire » consacré par la constitution. La partie défenderesse avait le droit de solliciter un délai pour consulter ces PV produits par l’accusation.
    Aussi, Corneille Wasenga N’songo rejette l’argumentaire de la CENI évoquant le cas de force majeure , ayant justifier l’annulation des scrutins dans les circonscriptions de Beni, Beni-ville, et Butembo, dans le Nord Kivu, ainsi que Yumbi , dans la province de Mai Ndombe. Il souligne que la CENI devrait toujours recourir comme par le passé à la cour constitutionnelle au lieu de décider seule.
    En conclusion, le juge Corneille Wasenga soutient que la cour constitutionnelle devait tout simplement :
    – déclarer irrégulière la décision de la CENI portant publication des résultats provisoires de l’élection présidentielle, l’annuler et ordonner à la centrale électorale de poursuivre avec la compilation dans les centres locaux de compilation ;
    -ordonner à la CENI d’organiser les élections dans les 4 circonscriptions illégalement exclues ;
    – enfin, ordonner à la CENI de ne publier que les résultats compilés dans les centres locaux de compilation.
    Cette opinion du juge Corneille Wasenga N’songo, vient apporter de l’eau au moulin de Lamuka , mais aussi de certains observateurs qui n’ont cessé de décrier l’infeodation de cette haute institution judiciaire du pays , par le pouvoir sortant.
    Toutefois, les éléments apportés par ce juge pourraient servir de référence pour la suite du contentieux électoral , avec les différentes requêtes initiées par rapport aux irrégularités constatées dans les résultats provisoires des élections législatives nationales et provinciales publiés par la CENI.
    L’arrêt de la cour constitutionnelle, rendu dans la nuit du 19 janvier dernier, avait déclaré recevable et non fondée la requête de la dynamique de l’opposition, notamment pour absence des preuves.
    Jean Médard LIWOSO

  9. Chers Compatriotes,
    Je remercie notre Mwana Mukolo Lopango pour sa réaction concernant ce que j’ai écrit. Je ne saurais lui répondre sur tout son propos qui est long et qui mérite des réponses nuancées que je ne peux pas lui livrer maintenant. Je crains que nous ayons tous une chose commune à défendre : « le redressement du Congo » à partir de la situation actuelle. Je ne reviens pas sur les élections pour la simple raison que nous lisons la réalité de différentes manières. Il serait erroné de penser, comme quelqu’un d’autre me l’a dit, que je soutiens Fatshi. Eh bien non, si vous (Mwana Mukolo Lopango), me suivez, vous avez déjà lu ma réaction au lendemain de la publication des résultats provisoires. Mais, je devais au moins vous poser une question pour m’aider, car ma connaissance très limitée de l’Espagnol ne me permet pas de comprendre le terme savant que vous utilisez CHAPUZA en me le traduisant dans une des langues congolaises que vous connaissez le mieux. Car, là, j’estime mon bagage capable de vous suivre. Ce qui est intéressant pour moi c’est ce que vous écrivez ici : « Nous sommes convaincus qu’il n’y aura pas de développement en RDC sans la démocratie. Pas de démocratie sans la paix. Pas de paix avec 25 à 30 mille Ntaganda et kabarebe dans les FARDC qui tuent et violent. Pas de paix sans la justice. Pas de justice si l’ont transforme des génocidaires, violeurs et pillards en partenaires faisant ainsi de l’impunité la règle ». Pouvez-vous me donner un exemple d’un pays qui s’est développé suite à l’utilisation de la démocratie ? Je pense que je pourrais vous suivre. Car, le concept de démocratie et celle du développement ont fait et continuent à constituer un centre d’intérêt personnel. Quand vous dites : « Pas de paix sans démocratie », voulez-vous dire, la paix est la conséquence de la démocratie ou l’inverse ? D’où tirez-vous cette sagesse de la vie ? Bien, aujourd’hui Ngbanda « terminator » n’est pas devenu un grand chantre de la démocratie pour le Congo avec des alliés lui qui a servi un dictateur qui n’a pas daigné faire ce que le Raïs a fait ? Vous parlez des Ntaganda, et Nkunda ou les membres du M23 qui sont dans l’armée ? Mais j’ai toujours trouvé cet argument ridicule. Ils ne sont pas majoritaires les 500 officiers dont Kuebe Kimpele parle avec autant d’éloquence. Vous savez combien d’officiers belges étaient dans la Force publique du Congo quand elle s’est mutinée contre le général Jansens ? Vous parlez de l’impunité ? L’impunité est-elle un phénomène du Congo uniquement ? Lorsque je pose cette question, je ne fais pas l’éloge de l’impunité.Tout citoyen d’un pays doit obéir à la loi, quelque soit ce qu’il est. Mais si nous voulons que nous arrivions à quelque chose pour le pays, nous devons être patients et avancer progressivement sans perdre de vue les objectifs que nous voulons atteindre. Nous ne devons pas nous arrêter au constat et nous livrer à des spéculations théoriques sans penser ni à la stratégie, ni à des actions tactiques. Je suis désolé, sur la toile nous ne pouvons que nous livrer à des réflexions tout en reconnaissant les limites de ce fait. Nous avons un grand défi : « le redressement du Congo ». Pour cela, nous devons taire certaines divergences qui ne nous avancent plus, et nous focaliser sur ce que nous devons faire à partir de ce qui est immédiatement dans nos mains. Que Dieu nous vienne en aide (tenez, je ne prends pas Dieu à témoin, mais je demande sa force et son intelligence parce que je ne suis qu’un être imparfait, qui n’est même pas digne de dire quelque chose de sensé à ses compatriotes, mais qui a décidé comme eux de se livrer à cet exercice d’échange qui n’a aucun impact sur la majorité de nos compatriotes qui n’ont pas d’ordinateurs et qui n’ont pas le temps de nous lire).

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