Ne nous y trompons pas : le monstre est toujours parmi nous, en nous et même au-dessus de nous tous !

Drapeau
Dr François Mpuila
  1. Deux méthodes d’aborder un problème

Cessons d’aborder les problèmes avec les sentiments, les émotions, les informations approximatives et non vérifiées, le tribalisme, le fanatisme aveugle, les supputations, les superstitions, la superficialité, la naïveté, la complaisance, l’étroitesse de vision et d’esprit et la médiocrité. Un tel comportement nous empêche de trouver une solution appropriée à nos problèmes et c’est un comportement propre aux êtres arriérés, abrutis, crétinisés, archaïques, inférieurs, primitifs et aliénés. Malheureusement, nombreux compatriotes ont cette attitude.

C’est pourquoi les ennemis les distraient, les ballotent facilement dans tous les sens comme des jouets, des marionnettes, des enfants en diffusant les fausses informations sur les réseaux sociaux. Et nos compatriotes, sans avoir vérifié la véracité et la faisabilité de ces informations, sans discernement ni lucidité, s’y focalisent pendant plusieurs jours ; gaspillent leur temps et leurs énergies en discutant là-dessus pendant que les ennemis préparent, dans la discrétion et le silence, quelque chose de grave contre notre Peuple et contre notre Pays. Quand le coup fourré éclate, les congolais sont souvent désagréablement surpris. Les survivants au coup fourré se mettent à réagir. Les congolais sont presque toujours dans la position de la réaction, ils n’anticipent pas, ne prévoient pas, ne préviennent pas.

Un homme sérieux, responsable, mûr et crédible recourt à la raison, à l’esprit critique et au sang-froid devant tout problème : il met en branle le discernement et la lucidité ; il s’attèle à identifier rationnellement la nature du problème, sa cause principale, ses causes secondaires, ses corollaires, ses effets collatéraux, ses conséquences immédiates et à long terme ; et il cherche une solution appropriée, définitive et durable.

Actuellement, les réseaux sociaux sont pleins d’informations sur le Monstre. Qui se donne la peine de vérifier la source et la fiabilité et la source de ces informations ?

Une analyse superficielle amène certains congolais à se convaincre que le Monstre est définitivement parti du pouvoir ; qu’il n’a plus une quelconque influence sur la gestion et la marche de notre Pays, sur nos vies et sur nos perspectives ; qu’il appartient définitivement au passé et qu’il est déjà placé pour toujours dans les archives. Cette assertion est fausse.

  1. Par son héritage toujours vivant, le monstre continue à être parmi nous, en nous et même au-dessus de nous tous
  1. Son premier héritage toujours vivant est sa constitution qui est toujours en vigueur dans notre Pays

A travers sa constitution, le Monstre est au-dessus de nous tous. Il est notre Autorité juridique, politique, morale, sociale et spirituelle car sa constitution demeure jusqu’à ce jour la loi suprême de notre pays et de l’ensemble de notre peuple ; elle est la source et le fondement de toutes nos institutions ; elle réglemente la légitimité et la légalité du pouvoir, de son organisation, de son fonctionnement et de son exercice ainsi que toute la vie politique, juridique, morale, sociale, économique et spirituelle de notre pays.

Le Peuple congolais n’est pas la Source, le Fondement et l’Auteur de cette constitution. Les concepteurs, géniteurs, auteurs et rédacteurs de l’actuelle constitution sont des étrangers qui sont parmi les géniteurs, les tuteurs et les parrains politiques du Monstre. Ils l’ont rédigée à l’extérieur de notre Pays (à Liège, en Belgique). Aucun expert congolais n’a participé à la conception et à la rédaction de la constitution. Et c’est une constitution taillée exclusivement sur la mesure du Monstre.

Elle a été imposée aux « parlementaires » congolais pour adoption le 16 Mais 2005 sans que ces derniers ne l’aient même lue, et elle a été promulguée le 18 Février 2006 et imposée à notre peuple par le Monstre, un imposteur étranger parachuté manu militari le 16 Janvier 2001 par les étrangers dans le Palais Présidentiel Congolais.

Le hold-up référendaire du 18 Février 2005 s’était soldé par 43% d’abstentions et 11% de Non selon les chiffres de la CEI (43% + 11%= 54% de rejet).

A travers sa constitution, le Monstre s’est approprié notre Destin et nos Ames. Il est le Maître de notre Destin et le Capitaine de nos Ames. Il a fait de nous ses esclaves avec des chaînes placées non aux mains et aux pieds, mais placées dans nos cerveaux.

En outre, sa constitution est un virus qui nous vide chaque jour de notre substance noble et de notre consistance métaphysique (notre être profond et notre faculté thymotique), de notre densité axiologique (notre référence aux valeurs), de notre capacité de transcendance spirituelle (humanisme transcendant, ouverture vers le Haut et élévation vers l’Absolu).

Nous sommes devenus des coquilles vides, des êtres ambigus (Cheikh Hamidou Kane), des êtres entre les eaux (Y.V. Mudimbe), des êtres perdus dans la nature, sans boussole, sans référence, sans identité, sans culture, sans âme et sans génie propres.  

Nous rappelons la valeur de la constitution pout un peuple et une nation :

  • Une constitution est « l’âme de la cité”, elle est « une représentation de soi d’un peuple comme sujet agissant” (Isocrate).
  • “Un code A.D.N. spécifique à chaque peuple” (Baguenard, J.).
  • “l’organisation d’une communauté politique, d’une unité politique enracinée dans un ensemble culturel” (Duhamel,O.).
  • Lorsqu’on demanda à Solon quelle était la meilleure Constitution du Monde, il répondit : “Dites-moi d’abord pour quel peuple et quelle époque ?”
  • “Chaque société génère son propre Etat dont les caractéristiques les plus intimes ne peuvent être transposées ailleurs, de sorte qu’il n’existe pas un Etat prototype universel, mais des Etats dont les traits reflètent l’histoire, la géographie, et tout ce qui contribue à identifier la culture propre à ces peuples. Chaque Etat présente une personnalité spécifique faite des particularités non transposables. Il en va de l’Etat comme de tout être humain irréductible génétiquement et rebelle selon les règles biologiques à tout clonage” (Baguenard J.).
  • La constitution, “c’est le peuple et vice-versa” (Eboussi Boulaga).
  • “Autant de constitutions, autant des récits qui racontent l’histoire des hommes, donnent un sens à leur vie individuelle et collective” (Dominique Rousseau).
  • “Les constitutions sont comme un sémaphone : la description de ses pièces et de ses mouvements n’apporte pas grand’ chose quand on ignore la signification des signaux transmis” (Michel Alliot).
  • Un texte constitutionnel voile un projet de “communauté politique liée à un imaginaire historique partagé” (Rousseau D.).
  •  “La constitution nous permet de saisir l’arrière-fond de la constitution” (Crabb, J).
  • “Chaque Etat possède une identité génétique particulière, un code A.D.N. spécifique, même si le terme générique d’Etat demeure universellement adopté” (Baguenard, J.).
  • “La constitution dévoile la centralité souterraine d’un Etat, de là découle son articulation en forme et en régime. En effet, s’il y a un trait commun à toutes les sociétés, c’est bien que chacun construit son propre univers mental, pensé et impensé, qui traduit sa vision du monde, du vivre ensemble”. (Baguenard J.). 
  • La Constitution est la « loi suprême du pays ». (La constitution est la loi suprême d’un pays – Bing).
  • Le principe suprême de la Constitution et de la constitutionnalité indique que la Constitution est le principe suprême du droit d’un État et que son respect, obligatoire et nécessaire, est assuré par l’Organe suprême de la Justice dans tous les pays. (La constitution est la loi suprême d’un pays – Bing)

Il est incompréhensible qu’un peuple qui se dit indépendant et souverain depuis 60 ans continue à appliquer jusqu’à ce jour une constitution étrangère.

Nous mettons à votre disposition, pour la nième fois, l’analyse critique de l’actuelle constitution par les constitutionnalistes, les intellectuels et les experts étrangers et congolais.

  • Le 2ème héritage que le Monstre nous a légué est le mépris de nous-mêmes et de nos valeurs ainsi que l’horreur d’être indépendants, souverains et libres

Qui peut expliquer à l’opinion nationale et internationale la raison pour laquelle nous continuons à garder jusqu’à ce jour, dans les tiroirs, les Résolutions de la Conférence Nationale Souveraine (CNS, 7 Août 1991-7 Décembre 1992) et nous préférons appliquer une constitution étrangère et qui n’est même pas un chef-d’œuvre.

La raison la plus probable est le mépris qui nous a été inculqué avec succès envers nos propres valeurs, le complexe d’infériorité, l’aspiration à l’esclavage et non à la liberté.

Les Congolais ne sont-ils pas ces hommes qui crient sur le Toit du Monde qu’ils veulent être indépendants, souverains et libres, mais quand l’ancien Maître, mis sous diverses pressions, ouvre la porte de l’étable pour qu’ils sortent et jouissent de leurs libertés et de leurs droits, ces hommes vont jusqu’à la porte, mais au lieu de sortir de l’étable, ils rentrent tous à l’intérieur de l’étable et continuent à vivre selon la Loi Suprême que l’Ancien Maître leur avait imposée. Ils ont l’horreur d’aller vivre dehors et de s’assumer en tant que les êtres libres, indépendants et souverains, capitaines de leurs âmes et maîtres de leur destin.

  • Le 3ème héritage est l’explosion du tribalisme

Le Monstre, aidé par la médiocrité de nombreux congolais, a réussi à morceler et à dissoudre notre conscience patriotique et démocratique, l’unité, la cohésion et la solidarité nationales.

Il a obtenu le résultat escompté : créer la division et enfoncer les congolais dans des conflits tribaux et provinciaux irréductibles ; détruire le ciment de la nation.

Aujourd’hui, la RDC est plus que jamais un pays en proie à des menaces de la balkanisation et un pays habité, non par un peuple, mais par un agrégat de tribus juxtaposées les unes à côté des autres et ces tribus se chamaillent à longueur des journées, s’entredéchirent et se haïssent.

Il est très significatif qu’un congolais qui est nommé à un poste de responsabilité publique reçoive en premier lieu, non les félicitations de son parti politique ou de son organisation de la société civile, mais celles de sa tribu. C’est comme si les ressortissants d’une même tribu partagent tous une vision tribale monolithique !

Aujourd’hui, les congolais soutiennent ou haïssent un leader congolais, non sur base de son profil, de sa vision, de son projet de société, de son programme d’action et de son bilan, mais sur base de son appartenance familiale, clanique, tribale et provinciale. Le Monstre a ainsi réussi à ramener les congolais au Moyen-Age.

Le Monstre a laissé, à l’Est de notre Pays, l’héritage d’une multitude de groupes armés congolais et étrangers, des conflits armés permanents. Nos compatriotes de l’Est vivent un véritable supplice, mais ceux de Kinshasa et des autres provinces de la RDC ne se sentent pas concernés par le drame de l’Est ; ils ne démontrent pas leur solidarité avec nos compatriotes de l’Est par la mobilisation permanente, les manifestations à travers tout le pays, l’intensification des pressions multiformes sur les Dirigeants congolais, sur les Dirigeants des pays limitrophes, sur l’Union africaine et sur les Décideurs internationaux. Les compatriotes de Kinshasa et des autres provinces vivent dans l’indifférence ; ils sont étrangers envers le drame de l’Est ; ils continuent à être nombreux dans des bars ; à organiser des fêtes et à vaguer à leurs occupations.

Le drame de l’Est exige la mobilisation nationale globale. Ce drame devait être l’une des priorités des priorités de l’Exécutif et du Législatif ; il a des conséquences néfastes sur l’intégrité de notre Territoire, l’étanchéité de nos frontières, l’instauration de l’Autorité de l’Etat sur l’ensemble du Territoire national, la paix, la sécurité, l’unité des familles, le respect de la vie, de la dignité humaine et de la femme, la scolarisation des enfants, l’emploi des adultes, l’économie congolaise, la nationalité congolaise, le domaine foncier, la gestion des richesses naturelles, le développement du pays, le trafic des armes, l’approvisionnement du terrorisme international, le blanchiment de l’argent sale…   

  • Le 4ème héritage est le chaos généralisé : nous n’en avons pas encore effacé les empreintes, les stigmates et les traces qui nous rappellent la présence et l’action nuisible et destructrice du Monstre

Voici certains de ces paramètres et indicateurs internationaux qui démontrent le sinistre, le chaos, la désolation et le deuil :

Classement de 200 meilleures universités africaines ; Indice de développement humain ; Indice de démocratie ; Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMS) ; Sécurité alimentaire ; Empire du crime permanent ; Indice de pauvreté multidimensionnel ; Indice de sécurité ; Indice de criminalité ; Indice domestique de la faim ; Les pays les plus pauvres du Monde ; Classement des puissances militaires africaines ; Indice de perception de la corruption et lutte contre l’impunité et la liste des pays les plus corrompus du Monde ; La Liste des puissances économiques africaines ; Indice de la Bonne Gouvernance (Mo Ibrahim, Banque Mondiale, FMI, Union Européenne, Institutions de Bretton Woods) ; La Capitale mondiale du Viol ; Les Budgets annuels de différents pays africains ; Indicateur Global de Compétitivité Durable ; Indice de facilité de faire des affaires (en anglais : Ease of doing business index) ; Top 20 pays les plus dangereux au Monde ; Les conflits les plus meurtriers de l’Histoire ; Classement des pays par l’indice de paix globale (Global Peace Index) dans le monde (a-contresens.net) ; Indice d’insécurité et délinquance ; Classement annuel des pays selon le taux de croissance du PIB ; Plusieurs livres sur la Tragédie congolaise, différents Rapports des Experts internationaux, de l’ONU (Rapport Kassem, Rapport Roberto Garreton…), de l’Union Européenne (Rapport Emma Bonino) et des Organisations humanitaires et de défense des droits de l’homme ; Reportages des Médias nationaux et internationaux…

  • La peur paralysante d’un coup fourré 

Nous jouons avec le Diable quand nous laissons vivant et libre un Monstre qui a suffisamment démontré qu’il est l’Ennemi du Genre Humain ; qu’il a une propension irrésistible au crime et au vice ; qu’il a une soif insatiable du sang humain ; qu’il a une grande capacité de destruction et de nuisance et qu’il possède les moyens (des dizaines des milliards $ amassés dans des paradis fiscaux) pour exécuter ses desseins perfides.

Fait le 28 02 2021

Pour le Leadership National Congolais de Progrès

Dr François Tshipamba Mpuila (GSM et WhatsAAp : +32-493-325-104)