Noël Tshiani et l’accès à la magistrature suprême

Mayoyo Bitumba Tipo-Tipo
Mayoyo Bitumba Tipo-Tipo

La « crasse » politique congolaise s’est récemment emballée à la suite d’un tweet posté par Noël Tshiani Muadiamvita, candidat à l’élection présidentielle de 2018 qu’on ne présente plus. « Dans les modifications prochaines de la Constitution, [écrit Tshiani], il faudra veiller à verrouiller l’accès à la présidence de la république en ne réservant cette haute fonction qu’aux Congolais et Congolaises nés des père et mère congolais. Il y a de bonnes raisons pour cette disposition ». Et l’auteur de poursuivre: « Il est important que le nettoyage de la Constitution se fasse pour protéger le pays contre le risque d’infiltration au sommet, avec tout ce que cela comporte comme danger pour la souveraineté de notre pays. Ce n’est pas une question de compétences ou de richesses, il est plutôt question d’empêcher l’arrivée à des fonctions sensibles des personnes à loyauté partagée ou des personnes ayant une allégeance douteuse à la nation, et qui seraient susceptibles d’avoir un pied ailleurs ».

Cependant, pour ses détracteurs, « l’article 72 de la Constitution actuelle a tout réglé ». Pour être candidat à l’élection présidentielle, il faut remplir les conditions ci-après: Posséder la nationalité congolaise d’origine; être âgé de 30 ans au moins; jouir de la plénitude de ses droits civils et politiques; ne pas se trouver dans un des cas d’exclusion prévus par la loi électorale. Certains vont jusqu’à voir dans la proposition de Tshiani une manœuvre politique visant à écarter Moïse Katumbi, de père occidental, de la course au pouvoir de 2023. Qui leur donnerait tort quand on sait que conscient du racisme atavique de l’homme blanc contre l’homme noir et de la montée de la cote d’amour du métis Kengo wa Dondo auprès des chancelleries occidentales, Mobutu avait barré la route de la présidence à ce dernier par le même artifice constitutionnel?

Laissons de côté les procès d’intention. Que valent les arguments des uns et des autres dans le débat suscité par la proposition de Tshiani? Pour bien répondre à cette question, il conviendrait de s’en poser bien d’autres. Pourquoi faut-il détenir « la nationalité d’origine » pour être candidat à l’élection présidentielle au Congo-Kinshasa? Pourquoi les candidats doivent-ils être âgé de 30 ans au moins et non 18, 25 ou 40 ans? Pourquoi selon la Constitution américaine, tout candidat doit être âgé de plus de 35 ans et non 25, 45 ou 55 ans? Pourquoi faut-il être citoyen des Etats-Unis à la naissance et non à 1, 5 ou 10 ans? Pourquoi faut-il avoir résidé aux États-Unis pendant au moins 14 ans et non 5, 10, 20 ou 30 ans? Pourquoi faut-il, en France cette fois-ci, être français [à la naissance ou non], électeur et âgé d’au moins 24 ans [et non 18, 34 ou 44 ans] au 1er janvier de l’année d’élection? Pourquoi le candidat doit-il réunir 500 parrainages et non plus voire moins? Ce questionnement qu’on peut étendre à tous les Etats du monde démontre que partout, les conditions de fond de même que les contraintes d’accès à la présidence de la république sont discutables. Pire, elles sont toujours discriminatoires puisqu’elles écartent de la course au pouvoir l’écrasante majorité des citoyens. Les détracteurs de Tshiani devraient le savoir.

Qu’en est-il alors des arguments avancés par Tshiani et ses partisans? Quand un Etat ou un peuple se dote d’une Constitution, il attend une et une seule chose de ses dirigeants, à commencer par le magistrat suprême. Il s’agit du respect de la Constitution. C’est en respectant la Constitution qu’on reste loyal envers son Etat ou sa nation. A cet égard, il n’existe aucun lien de cause à effet entre le fait d’être de père et de mère congolais et la loyauté à la nation congolaise. L’expérience humaine démontre que n’importe qui peut violer la Constitution. D’où les sanctions prévues à cet effet. Tshiani et ses partisans ont beau s’époumoner pour trouver et expliquer les « bonnes raisons » de sa proposition, la Constitution congolaise a déjà réglé la question de l’allégeance douteuse à la nation à travers la notion de crime de haute trahison. En effet, selon l’article 165 de la Constitution du 18 février 2006, « il y a haute trahison lorsque le Président de la République a violé intentionnellement la Constitution ou lorsque lui ou le Premier ministre sont reconnus auteurs, co-auteurs ou complices de violations graves et caractérisées des Droits de l’Homme, de cession d’une partie du territoire national ».

La Constitution congolaise va plus loin en prévoyant d’autres cas de haute trahison dans ses articles 7 et 63. Le premier article dispose que « Nul ne peut instituer, sous quelque forme que ce soit, de parti unique sur tout ou partie du territoire national. L’institution d’un parti unique constitue une infraction imprescriptible de haute trahison punie par la loi ». Aux termes du deuxième article, « Les Forces armées sont républicaines. Elles sont au service de la Nation toute entière. Nul ne peut, sous peine de haute trahison, les détourner à ses fins propres ».

La Constitution congolaise a tout réglé. Tout, sauf une chose que Tshiani, ses partisans et ses détracteurs ne voient pas. Il s’agit de la bonne disposition des choses qui doit permettre au pouvoir d’arrêter le pouvoir. « Les Forces armées sont républicaines. Elles sont au service de la Nation toute entière. Nul ne peut, sous peine de haute trahison, les détourner à ses fins propres ». Cela est aussi vrai pour les forces de police. Pourtant, pendant les trop longues dix-huit années de pouvoir de la Kabilie, les Forces armées et la Police congolaises étaient constamment détournées de leurs fins propres et cela en toute impunité. Prenons un exemple. Pendant la campagne électorale de 2018, les forces de l’ordre ont empêché un candidat de battre campagne à l’étape de Lubumbashi. Il s’agissait là ni plus ni moins d’un cas flagrant de haute trahison. Mais tout s’est passé comme si rien ne s’était passé. Tous les autres candidats ont poursuivi leurs campagnes. Juge du Président de la République et du Premier Ministre, la Cour constitutionnelle est restée aux abonnés absents. Le Président Joseph Kabila, lui, pouvait se réjouir d’être un despote dans un système politique dit démocratique.

Que conclure de tout ce qui précède? En matière de réformes censées sortir un jour le Congo-Kinshasa des marais, les élites congolaises ont toujours botté en touche à chaque moment clé de l’histoire du pays. De Kasavubu à Mobutu, le pays avait besoin d’un système politique capable de juguler les effets pervers des forces centrifuges. Aucune réflexion n’avait été menée dans ce sens. On a laissé la loi du moindre effort remettre au goût du jour le despotisme colonial, cette fois animé par un Congolais soutenu de l’extérieur. La dictature de Mobutu était ainsi née. Depuis lors, le pays a besoin d’un système politique qui permettrait au pouvoir d’arrêter le pouvoir, surtout celui détenu par le président de la république. Jusqu’à ce jour, aucune réflexion de portée nationale n’a eu lieu dans cette direction. Faut-il alors s’étonner que chaque nouveau pouvoir impose au peuple les mêmes maux jadis décriés?

 

Mayoyo Bitumba Tipo-Tipo

19 thoughts on “Noël Tshiani et l’accès à la magistrature suprême

  1. C’est vraiment très agréable d’intervenir lorsque le débat est placé à un aussi haut niveau. Merci Mr Mayoyo Tipo Tipo. Au Congo, on a pris la fâcheuse habitude de prêter des mauvais intentions aux gens lorsqu’on est en désaccord avec eux ou tout simplement a cours d’arguments. Certains ont parlé de « congolité » pour donner une connotation discriminatoire au débat, ce qui n’est le cas dans la mesure où personne n’a renié à Katumbi sa nationalité congolaise. Nous savons qu’au Congo, les constitutions sont souvent taillées sur mesure, dans ces conditions, le pouvoir n’arrête pas pouvoir, ce qui conduit à toute sorte de dérives. Sans vouloir sortir du débat, nous avons suivi avec étonnement la déclaration surprenante de Francis Kalombo sur un des pères de l’indépendance, Joseph Kasavubu, a qui il a reproché de n’avoir rien fait pour le pays. Cette façon de trouver de bouc-émissaires chaque fois qu’on pose une question d’actualité qui concerne le pays ne fait pas avancer le débat encore moins le pays. Encore une fois bravo mon frère Mayoyo.

  2. @Mpangi Mayoyo Bitumba Tipo-Tipo,
    Que faire pour amorcer cette réflexion qui nous conduirait à un système politique capable de juguler les effets pervers des forces centrifuges quand les acteurs de la classe politique sont déjà incapables de respecter quelques lois inscrites dans une constitution, imparfaite soit-elle ?
    D’après vous, qui devraient mener cette réflexion ? Les élites ( encore faudra-t-il définir ce qu’on entend réellement par élite ), les citoyens ?
    Qu’est ce qui explique ce blocage ? La précarité qui caporalise les  » élites  » dans des réflexes de  » Makila ya ekolo  » et les citoyens dans l’incapacité totale de se sortir d’un mode de survie pour des dynamiques citoyennes ou simplement l’acceptation – par tous – de la fatalité induite ( mboka oyo ekobonga na yango te ) ?
    D’après vous, où se situe exactement le problème ?

    1. @Mpangi Jo Bongos,
      Le problème qui se pose dans les démocraties de façade africaines, ce n’est pas que les présidents violent les lois. Le problème, c’est qu’ils les violent en toute impunité. Ce faisant, ils sont au-dessus des lois et ils distribuent leur impunité à qui ils veulent. Il y a des raisons systémiques qui conduisent à cette impunité. La trop grande capacité de patronage des présidents dans les corps constitués de l’Etat en est la principale. Il nous faut donc des systèmes politiques qui réduiraient drastiquement le clientélisme politique. Au cours de notre histoire, nous avons eu plusieurs occasions de réfléchir sur le système politique. Le blocage si situe au niveau de la colonisation des cerveaux qui nous pousse à considérer la démocratie occidentale comme l’unique horizon de notre temps. Et même quand nous copions les Occidentaux, nous le faisons aveuglement. Vous le savez, cher Jo Bongos. Depuis le 24 avril 1990, date officielle du deuxième processus de démocratisation de notre pays, je ne cesse de répéter que le système politique que nous avons mis en place peut nous conduire partout sauf vers la démocratie.

  3. A propos de la violation de la Constitution, voici ce qu’a déclaré le président gabonais Ali Bongo : “Si dans son pays, M. Tshisekedi ne respecte pas la Constitution ou les lois, c’est son problème. Mais ici, il ne fera pas selon son bon vouloir. Nous avons toujours fonctionné par consensus. Il voulait profiter de sa fonction de président en exercice de l’Union Africaine pour en tirer un avantage personnel, c’est intolérable. »
    CELA SE PASSE DE TOUT COMMENTAIRE!

    1. Cher KUM,
      Le président gabonais Ali Bongo que j’ai rencontré une fois dans son palais dans l’exercice de mes fonctions n’a aucune leçon à donner au président congolais Félix Tshisekedi en matière de respect des lois. Ali Bongo est un despote. Comme le furent Joseph Kabila, Idriss Deby et Pierre Nkurunziza. Comme le sont Denis Sassou Ngouesso, Paul Biya, Teodoro Obiang Nguem, Yoweri Museveni et Paul Kagame, pour ne citer que ceux-là. Dans leurs pays comme au Congo-Kinshasa, la démocratie n’est qu’un vernis de surface. Tous, ils sont au-dessus des lois. Non pas parce qu’ils sont des Rambo, mais parce que le système politique, le même, les place automatiquement au-dessus des lois. Car les contre-pouvoirs prévus dans les Constitutions ne peuvent être opérationnels. C’est ainsi qu’ils peuvent rester au pouvoir tant qu’ils veulent. Au Congo-Kinshasa, nous avons eu la chance d’avoir un contre-pouvoir efficace venu d’ailleurs : les Etats Unis d’Amérique à travers le message sans équivoque de l’ambassadrice Nikky Haley au despote Kabila. Ce sont les mêmes Américains qui ont rendu possible l’émancipation de Felix Tshisekedi que Kabila tenait dans ses griffes. Souvenez-vous, Tshisekedi avait eu l’intelligence de demander leur aide.

  4. N. Tshiani a dit: «… en ne réservant cette haute fonction (présidentielle) qu’aux Congolais-es nés des père et mère congolais ». __Bof, raisonnement absurde__. NB: B.Obama, père Kenya+mère américaine, a servi élogieusement les USA. Mobutu, père+mère congolais-es, a laissé la RDC dans la misère innommable.

    1. Cher Kulutu,
      Quand Barack Obama avait déposé sa candidature à l’élection présidentielle américaine, Donald Trump l’avait contestée en déclarant qu’il n’était pas citoyen des Etats-Unis à sa naissance. Obama était contraint d’exhiber son Acte de naissance attestant qu’il était bien Américain de naissance. Pour la petite histoire, une fois devenu président, Obama avait humilié publiquement Trump pour sa contestation. Et c’est de cette humiliation qu’était né le désir de Trump de déposer sa candidature à la présidence. La condition d’accès à la présidence congolaise proposée par Tshiani n’est ni moins ni plus absurde que celle des Américains. Partout au monde, les conditions de fond de même que les contraintes d’accès à l’élection présidentielle ne reposent sur rien de vraiment rationnel. Elles sont toujours discutables.

      1. @Mayoyo Bitumba TipoTipo : Merci, j’en conviens à propos de vos arguments irréfutables. La condition d’ « être citoyen des USA à sa naissance » m’avait échappée. Je voulais juste relevé qu’un congolais qui ne remplit pas les exigences de présidentiable préconisées par N. Tshiani, pourrait bien être plus patriote au service de la RDC. Donc, il ne faut pas que l’on passe à côté de personnes intègres et compétentes sous prétexte que l’un des parents est étranger, ou pas né en RDC. Donc, si, comme vous dites petinement, je cite : « Partout au monde, les conditions de fond de même que les contraintes d’accès à l’élection présidentielle ne reposent sur rien de vraiment rationnel. Elles sont toujours discutables », il faudrait néanmoins axer prioritairement le débat à la manière d’éviter les erreurs des Présidents passés qui pèsent lourdement sur le bien-être depuis 1960 et éviter une loi politisée taillée sur mesure juste pour barrer la route au seul politicien, semblerait-il, M. Katumbi, à défaut de le combattre par des actions politiques. Mr KATUMBI EST CONGOLAIS — ni plus ni moins que tout autre -, et à ce titre il est PRÉSIDENTIABLE au regard des normes en vigeur.

  5. Mon cher Myoyo,
    @ J’avoue n’avoir pas tout compris, il faudra peut-être que je vous relise mais voici pour le moment ! Vous partez de la proposition de loi Tshiani qui voudrait que le PR soit né de père et de mère – il a fait plus qu’un tweet, depuis quelque temps il écume les estrades pour expliquer et défendre avec talent son fameux « verrouillage’ de l’accès à la magistrature suprême – pour embrayer longuement sur le respect de la Constitution alors que le propos de Tshiani est ailleurs, ajouter un amendement à la Constitution. Passons…
    @ Nous connaissons votre avis selon lequel nos élites politiques et intellectuelles depuis 60 ans ne se sont jamais penchées sur les bonnes propositions constitutionnelles et surtout institutionnelles qu’il nous faut, n’empêche que je n’ai pas lu ce que vous pensez exactement de la proposition de loi de Tshiani à part dire que partout les conditions et les contraintes d’accès à la présidence de la république sont « discutables » et même , « discriminatoires » ; deux adjectifs qui contredisent quelque part vos louanges de la Constitution : ses lois adoptées ‘consensuellement ne peuvent être ainsi prises pour discutables ou discriminatoires, elles sont seulement dans la règle, il faut simplement les respecter, comme vous le dites vous-même.
    @ La Constitution congolaise a tout réglé notamment le crime de haute trahison sauf nous dites vous « la bonne disposition des choses qui doit permettre au pouvoir d’arrêter le pouvoir ». Une vielle querelle entre nous : est-ce parce que le PR se montre tout puissant chez nous qu’il n’y a aucune disposition constitutionnelle qui l’enjoint de ne pas le faire ? Si le Congo (l’Afrique) était simplement tel que seules des lois dictatoriales – antidémocratiques – peuvent forcer nos apprentis dictateurs à respecter ces contraintes ? La loi ne suffit pas, encore faut-il que l’homme appelé à la respecter ou à la faire respecter soit lui même dans la bonne disposition à bien le faire. Mais c’est vrai, il y’a de lois meilleurs que d’autres, peut-être devons-nous attendre une autre génération d’élites pour les promouvoir et surtout trouver comment les promouvoir.

    1. Cher Nono,
      L’objectif de la proposition de Tshiani est d’avoir un président de la république qui soit loyal à l’Etat congolais. Qu’est-ce qu’être loyal à un Etat ? C’est respecter sa Constitution. Y a-t-il un lien de cause à effet entre le fait d’être de père et de mère congolais et le respect de la Constitution ? Non. Un président de père et de mère congolais peut violer la Constitution du pays. C’est pour cela que la Constitution congolaise énumère ce qu’elle considère comme crimes de haute trahison. C’est pour cela que la Constitution congolaise prévoit des sanctions pour ces crimes. Donc, la proposition de Tshiani n’a pas sa raison d’être. Faut-il pour autant crucifier Tshiani comme le font ses détracteurs ? Non. Car, partout au monde, les conditions d’accès à l’élection présidentielle ne reposent sur rien de vraiment rationnel. Toutes ces conditions sont discutables et hautement discriminatoires. Et il n’y a rien de contradictoire entre ces deux adjectifs. Discutable. Pouvez-vous me donner, par exemple, la différence d’impact qu’aurait l’élection d’un homme né américain d’avec celle d’un homme devenu citoyen américain à un âge de 1 mois à 5 ans ? Discriminatoire. On accuse Tshiani de vouloir introduire de la discrimination entre les Congolais. Quand on opte pour la nationalité d’origine comme critère, n’est-ce pas de la discrimination ? Quand on exige 100.000 dollars de caution, n’est-ce pas que plus de 99% de Congolais sont discriminés ?
      Vous écrivez : « La loi ne suffit pas, encore faut-il que l’homme appelé à la respecter ou à la faire respecter soit lui-même dans la bonne disposition à bien le faire ». Laissons de côté les belles phrases si chères aux élites africaines. Prénoms un exemple. Quand le pouvoir de Joseph Kabila avait poursuivi et massacré les chrétiens laïcs jusque dans les églises, Kabila et son Premier ministre venaient de commettre un acte de haute trahison selon la Constitution congolaise. Dites-moi quel contre-pouvoir au pouvoir du président de la république et du premier ministre pouvait-on mettre en branle pour trainer ceux-ci devant la Cour constitutionnelle et que ce serait-il passé alors ? Comprenez-vous maintenant ce que vous écrivez : « l’homme appelé à respecter [la loi] ou à la faire respecter soit lui-même dans la bonne disposition à bien le faire » ? C’est cela la bonne disposition des choses qui fait tant défaut aux « démocraties » africaines et que vous ne semblez pas comprendre.

      1. @ Vous n’allez pas me dire qu’il n’existe aucun prescrit constitutionnel qui doit arrêter le pouvoir dans notre Constitution ; les contre-pouvoirs y sont bien inscrits mais au Congo comme ailleurs en Afrique ils ne sont pas opérationnes. Pourquoi ? Vous pouvez trouver que c’est de la littérature, mais donnez moi une raison autre que celle du défaut chez les hommes qui sont appelés à respecter et à faire respecter les lois. C’est d’ailleurs pourquoi malgré toutes les bonnes volontés et les divers amendements, le changement tarde a venir en Afrique.
        # Vous ne trouvez pas de cause à effet entre la loyauté à son pays et le fait d’être né de père et de mère Congolais, vous oubliez curieusement le rôle d’une Constitution qu’ailleurs vous louez. Ce n’est pas pour rien que les différents rédacteurs constitutionnels de par le monde ont fixé des conditions particulières à l’accès à la magistrature suprême sinon pour installer des gardes-fous qui prêtent moins à des conflits d’intérêts dommageables ou pour marquer l’importance et la solennité de la fonction. Et cela malgré le crime de haute trahison présent dans la Constitution.Il y’a donc un lien entre loyauté et tous les verrouillage constitutionnels. C’est d’ailleurs un jauge de la qualité et de l’efficacité d’une Constitution.
        @ Ailleurs, là où vous vous acharnez à prendre ‘discutable et discriminatoire’ comme des qualificatifs pejoratifs, moi je veux les prendre pour ‘réglementaires’ parce que leurs contraintes relèvent ici de la Constitution que les citoyens se sont donnee.

  6.  » Au Congo-Kinshasa, nous avons eu la chance d’avoir un contre-pouvoir efficace venu d’ailleurs : les Etats Unis d’Amérique à travers le message sans équivoque de l’ambassadrice Nikky Haley au despote Kabila. Ce sont les mêmes Américains qui ont rendu possible l’émancipation de Felix Tshisekedi que Kabila tenait dans ses griffes. Souvenez-vous, Tshisekedi avait eu l’intelligence de demander leur aide ».
    Faut-il s’en réjouir? Mobutu et LD Kabila avaient également bénéficié de l' »aide » des Etats-Unis et nous savons tous à quoi cela a conduit et comment ça s’est terminé!!!
    L’homme venu d’ailleurs lui-même serait-il devenu président du Congo sans avoir bénéficié encore une fois de l »aide » des Etats-Unis?
    Cette « aide » n’est-elle pas finalement un redoutable poison pour celui qui en bénéficie momentanément et pour le pays?????

    1. Cher BOKULU NKOY,
      Le problème dans mon texte n’est pas de savoir s’il faut se réjouir d’un contre-pouvoir venu d’ailleurs. C’est de souligner l’inefficacité des contre-pouvoirs prévus dans les constitutions des démocraties de façade africaines. Pour le reste, personne ne vous contredira quand vous soulignez qu’un contre-pouvoir venu d’ailleurs est un « poison ». De l’indépendance à ce jour, Lumumba et Kasa-Vubu sont les seuls dirigeants congolais à avoir été choisis par le peuple ou ses représentants. Mobutu et les deux Kabila sont arrivés au pouvoir dans des wagons yankee. Tshisekedi est arrivé au pouvoir par la volonté de Joseph Kabila et du Rwanda, avec la bénédiction molle des Yankees. Voilà pourquoi il faut travailler pour un système politique dans lequel les contre-pouvoirs seraient effectifs.

  7. @BOKULU NKOY,
    Vous avez touché le point…peut-on devenir président dans nos républiques bannières sans l’  » aide  » des Etats-Unis ?
    J’ai toujours pensé qu’il n’y aura jamais un coup d’état à Washington parce qu’il n’y a pas d’ambassade américaine à Washington.
    Maintenant que faire pour changer la donne ?
    Personnellement, je considère que quoique n’étant pas neurologue, je ne suis pas plus gogo que Trump. Si celui-ci a été président des EU, je ne comprends pas pourquoi mon destin doit être dessiné par les EU.
    Fatshi beeeeee ?

  8. Chers Kulutu et Nono,
    @Kulutu
    Quand vous écrivez : « Donc, il ne faut pas que l’on passe à côté de personnes intègres et compétentes sous prétexte que l’un des parents est étranger, ou pas né en RDC », vous devriez comparer le taux d’exclusion de cette condition à celui, par exemple, de la caution à verser pour être candidat à l’élection présidentielle. Laquelle de ces deux conditions exclue le plus de « personnes intègres et compétentes » ? Pourquoi n’excluez-vous pas la deuxième condition, qui est de loin plus exclusive, pour la même raison ? Répondre à cette question, c’est comprendre que toutes les conditions sont discutables. Quand plus loin vous écrivez : « Mr KATUMBI EST CONGOLAIS – ni plus ni moins que tout autre -, et à ce titre il est PRÉSIDENTIABLE au regard des normes en vigueur », vous devez savoir que la démarche de Noel Tshiani ne s’inscrit pas dans le cadre des normes en vigueur mais celui du changement de ces normes, pour des raisons tout aussi discutables.
    @Nono
    J’ai écrit ceci : « Quand le pouvoir de Joseph Kabila avait poursuivi et massacré les chrétiens laïcs jusque dans les églises, Kabila et son Premier ministre venaient de commettre un acte de haute trahison selon la Constitution congolaise. Dites-moi quel contre-pouvoir au pouvoir du président de la république et du premier ministre pouvait-on mettre en branle pour trainer ceux-ci devant la Cour constitutionnelle et que ce serait-il passé alors ? ». Si vous aviez pris la peine de répondre à ces deux petites questions que je vous ai posées, vous n’alliez pas vous lancer dans votre dernière intervention. Essayez de répondre a ces deux questions et vous allez vous en rendre compte.

    1. Cher Mayoyo,
      @ Je ne sais pas mais je crois que vous revenez à la case départ car pour moi tout mon propos a servi à répondre à ces questions : le non-respect des lois, la non-application effective des prescrits et des règlements. Pourquoi et comment en arrive-t-on à cela dans nos pays : par défaut des lois appropriées ou par la mauvaise qualité d’un peuple habitué à ces démissions ? C’était déjà donc ma tentative de réponse aux questions que vous répétez !
      @;Ailleurs vous ne reconnaissez que la pertinence de mes interrogations : la proposition de Tshiani ne s’inscrit pas dans le cadre de normes en vigueur mais dans leur mise en cause sauf que je ne comprends pourquoi il serait à l’avance discutable qu’un autre citoyen propose des amendements à notre Constitution alors que vous-meme vous vous inscrivez dans cette même voie.

  9. Cher Nono,
    Je vais vous répondre dans un prochain article sur votre réponse à la question de savoir pourquoi les contre-pouvoirs sont impuissants. Pour l’instant, retenez que je n’ai jamais écrit qu’il est d’avance discutable qu’un autre citoyen propose des amendements à notre Constitution. Proposer des amendements à une Constitution est un droit inaliénable de tout citoyen. J’ai écrit que partout au monde, les conditions fixées pour l’accès à l’élection présidentielle sont discutables.

    1. Un article magistral rien que pour moi, j’en suis tout émoustillé, mon cher Mayoyo. Permettez quand même de ne pas en attendre autre chose que je n’ai pas encore lu de vous depuis qu’on en discute vous et moi sur ce site. Et ma réponse vous devriez la connaître s’il vous arrive de bien lire les autres, ce qu’ils écrivent réellement et non ce que vous croyez ou voulez qu’ils écrivent.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Please reload

Veuillez patienter...