Nord Kivu: Crise de confiance entre les FARDC et la population de Beni

Depuis le mois d’octobre 2014, les habitants du Territoire de Beni, au Nord-Kivu, ne cessent de compter leurs morts. Et ce après chaque attaque des prétendus et insaisissables rebelles ougandais des « ADF ». Près de deux mille citoyens ont été tués à ce jour. Les assassins courent toujours. Impuissante face aux « ADF », l’armée montre ses biceps face aux étudiants. On a appris, jeudi 15 août, l’arrestation du président de la coordination inter-estudiantine du Territoire de Beni. Il lui est reproché d’avoir « tenté » de « rassembler » des étudiants pour suivre une « formation militaire » pour affronter les fameux « rebelles ougandais ». En réalité, il y a une ambiance de ras-le-bol dans cette partie du pays. Les citoyens sont désillusionnés par les « promesses » des autorités. Des promesses non-suivies d’effets. Ils n’ont plus confiance en l’armée de leur pays.

La défense du territoire fait partie des fonctions fondamentales d’un Etat.  L’Etat tire sa légitimité notamment de son efficacité à garantir une existence paisible à sa population.

Depuis le mois d’octobre 2014 à ce jour, les habitants du Territoire de Beni sont devenus des adeptes de « Saint Thomas ». Ils ne croient plus aux promesses faites jadis par l’ex-président « Joseph Kabila ». Encore moins, à celles faites en avril dernier par son successeur Felix Tshisekedi Tshilombo. Ce dernier avait promis de remplacer les militaires qui sont en place depuis longtemps par des « nouvelles unités afin d’en finir une fois pour toute avec les ADF ».

Près de quatre mois après la visite du président « Fatshi » à Beni, les natifs de cette partie du pays ont commencé à douter de l’autorité des pouvoirs publics. Aussi, ont-ils décidés de « se prendre en charge ».

Mercredi 15 août, on apprenait l’arrestation, au Stade Kalinda, de Clovis Mutsuva, un activiste de la LUCHA (Lutte pour le changement). L’homme serait également le président de la coordination inter-estudiantine de la région de Beni.

D’après une dépêche de l’APA, il est reproché à « Clovis » d’avoir « tenté de rassembler les étudiants et autres jeunes » au Stade précité afin de suivre une « formation militaire » pour affronter les ADF. Mutsuva et ses camarades considèrent qu’il est temps d’agir. Selon eux, « personne ne viendra sauver notre région de Beni à part nous ».

L’interpellation de Clovis Mutsuva a suscité mercredi l’ire des jeunes de la ville de Beni. Ceux-ci l’ont savoir en brûlant des pneus. Plusieurs boutiques et magasins avaient baissé les volets.

Général Edmond Ilunga Mpeko

Comme pour justifier cette arrestation opérée par la police, le général Edmond Ilunga Mpeko, commandant de la 34ème Région militaire est sortie de son silence. Dans un communiqué daté du 15 août 2019, l’officier a rappelé, sans rire, que « seules les forces armées ont reçu mission de défendre les frontières (…), de protéger les populations et leurs biens (…)« . Il a rappelé également l’article 190 de la Constitution qui est sans équivoque: « Nul ne peut, sous peine de haute trahison, organiser des formations militaires, paramilitaires ou des milices privées, ni entretenir une jeune armée ».  Et pourtant, les véritables milices sont parmi nous.

CRISE DE CONFIANCE ENTRE L’ARMÉE ET LA POPULATION

Le général Edmond Ilunga – qui semble refuser de voir le fond du problème, à savoir que l’armée nationale n’inspire plus confiance aux citoyens pour défendre les frontières – estime que les « jeunes désireux » de servir dans l’armée doivent suivre le « processus normal ».

Pour lui, « tout mouvement de jeunesse armée, toute milice armée sera considéré comme une force négative et traitée comme telle ». Ce général a du boulot dans ce pays où chaque parti politique possède sa « jeunesse ». Au lieu de chercher la cause du problème, cet officier préfère la facilité en s’attaquant, tel un robot, aux effets.

Aucun Congolais digne de ce nom ne peut encourager des jeunes concitoyens à se constituer en milice. Peu importe la noblesse de la cause à défendre.

Quel est le problème? Depuis l’avènement de l’AFDL (Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo-Zaïre), le 17 mai 1997, l’ex-Zaïre, rebaptisé République démocratique du Congo, a été dirigé jusqu’au 24 janvier 2019 par des anciens miliciens ou chefs miliciens. Ceux-ci n’ont guère brillé par leur exemplarité.

Sous prétexte de contrer les combattants pro-rwandais du RCD (Rassemblement congolais pour la démocratie) dont la progression menaçait Lubumbashi en 1999, le président Laurent-Désiré Kabila a eu la « fausse bonne idée » de distribuer des armées, sans discernement ni suivi, à des jeunes désœuvrés du Katanga. C’est la naissance des fameuses « forces d’autodéfense populaires ». L’ex-chef milicien Kyungu Mutanga, alias « Gédéon » constitue un des avatars de ce phénomène.

Succédant à LD Kabila le 26 janvier 2001, « Joseph Kabila » s’est empressé, dans son allocution d’investiture, de rendre un hommage appuyé notamment aux « forces d’autodéfense populaires ». Aux milices. Dans une interview accordée au quotidien bruxellois « Le Soir », le nouveau Président d’avouer qu’il a vécu dans les « maquis de Ruwenzori ».

Des sources suspectent « Joseph » d’avoir fait connaissance, à cette occasion, avec un certain Jamil Mukulu, présenté comme étant le leader des rebelles ougandais des « ADF ».

LIBÉRER CLOVIS MUTSUVA

Durant sa présence à la tête de l’Etat, « Kabila » admirait le despote burundais Pierre Nkurunziza et sa milice, les tristement célèbres « Imbonerakure ». A la surprise générale, on a vu des membres de la « Jeunesse » du parti de « Kabila » – dont certains ont la quarantaine révolue – partir « en stage de formation » au Burundi. Les « jeunes du PPRD » sont reconnaissables par leurs bérets rouges.

Le 25 juillet 2018, soit cinq mois avant les élections du 30 décembre, ces « jeunes » inciviques, dirigés par un certain Papy Pungu, ont désigné « Joseph Kabila » – l’homme qui a pris par deux fois l’engagement solennel de défendre et de veiller au respect de la Constitution – comme leur candidat à l’élection présidentielle en dépit du fait que le deuxième et dernier mandat de leur « idole » avait expiré depuis le 19 décembre 2016. L’annonce a été faite à dessein. Aucune voix ne s’est élevée pour rappeler à ces « jeunes » le respect du prescrit constitutionnel.

La veille de l’élection du Président du Sénat, fin juillet dernier, les Kinois ont vu surgir d’autres « bérets rouges » avec à leur tête un certain Henri Magie wa Lifetu. Mercredi 14 août, ce dernier apparaissait sur Twitter en train d’échanger une poignée de mains avec l’ex-président « Kabila ». Aux dernières nouvelles, le fameux « Magie » serait le président d’une milice dénommée « Jeunesse populaire gardienne de la révolution du 17 mai ». En clair, le Congo-Kinshasa a été dirigé du 26 janvier 2001 au 24 janvier 2019 par un chef milicien, déguisé en chef d’Etat.

On espère qu’à la force brutale ainsi qu’aux méthodes dignes de voyous de son prédécesseur, Felix Tshisekedi Tshilombo optera pour l’écoute et le dialogue. S’en prendre à des étudiants dont l’acte constitue, en réalité, une dénonciation de l’inefficacité des pouvoirs publics revient à s’attaquer aux effets en laissant la cause. Une cause à rechercher dans ce qui ressemble bien à une crise de confiance entre la population de Beni et la force publique. Et pourquoi pas le personnel politique? L’activiste Clovis Mutsuva doit être relâché.

 

Baudouin Amba Wetshi

22 thoughts on “Nord Kivu: Crise de confiance entre les FARDC et la population de Beni

  1. Tandis que la catastrophe humanitaire, sanitaire, militaro-securitaire continue a l’Est, a Kinshasa, les « Mange-ocrates » de la bande Cache-FCC n’ont de temps que pour se disputer des postes de jouissance, et ce huit mois apres la pretendue « Alternance » au sommet.
    Le tres faineant Bruno Tshibala et son « boss » Nehemie Mwilanya eux ne demandent pas mieux pour aussi continuer a saigner le Tresor.
    Signalons en passant que leur Ministre de l’Action Humanitaire vient de se faire ecrouer en prison a l’ANR pour, tenez bien, detournement.
    « Peuple d’Abord » ou bien FaTshi-ViKam finalement a la « Mange-oire »?
    Que des irresponsables n’ayant rien a envier aux voyous Kabilistes!

  2. Du jamais vu depuis que le monde est monde. Notre population a déjà compris que FARDC = Forces Armées Rwandaises Déployées au Congo, quoi donc d’étonnant, cher BAW? Et comble de l’ironie, notre Tshilombo national a publiquement fait allégeance au satrape des mille collines, il l’a même dédouané en déclarant que ce n’etait pas lui le tueur de nos populations à l’Est en dépit des multiples preuves. Le super-pouvoir de Tshilombo consiste uniquement à multiplier des voyages assortis des effets d’annonces farfelues. Quel malheur pour notre peuple!

    1. KUM
      « Notre population a déjà compris que FARDC = Forces Armées Rwandaises » : NON, wana eza SIMPLIFICATION, expression de l´étroitesse de ton esprit.

  3. Chaque élément du réel dans le monde d’homme (Visible) est équilibré par son contraire, afin de maintenir la fluidité Non-Visible du courant mystérieux connu des Initiés au Verbe (la Véritable Parole Divine) du Véritable Dieu Tout-Puissant qui vit inexplicablement hors de toutes les réalités, hors du continuum temps et espace.
    Peuple Kongolais ecoutez bien, prêtez l’oreille ! L’autel satano-occulto-nécromancien (Sirènes des eaux, Lilith, Incubes, Succubes, Maris de nuit, Mamiwata, Mauvais esprits) dressé au Kongo pour envoûter les Kongolais a été renversé par l’Entité Divine des châtiments en charge du domaine de la Nature dans le Non-Visible. Les dignes filles et fils du Kongo les Maï Maï Yakutumba autochtones d’autodéfense au pinacle de leur popularité l’ont vaincu dans le Visible. Libérez-vous de l’emprise malveillante de l’actuelle classe politique Kongolaise corrompue toutes tendances confondues qui considère l’imposteur Rwandais alias Kabila comme vrai Kongolais depuis 2001 jusqu’à ce jour… L’article dit ceci « L’ex-Zaïre, rebaptisé République démocratique du Congo, a été dirigé jusqu’au 24 janvier 2019 par des anciens miliciens ou chefs miliciens.’… Nenni Les pseudo rebelles agresseurs de l’AFDL, RCD, CNDP, M23 sont toujours là derrière Udps familiale, ils (FCC, PPRD, AFDC, UNC) ont donné un poste sans impérium (effectivité du pouvoir) de présidence protocolaire à Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo qui est pieds et poings liés par son Deal mafieux de Kingakati pour leur sert de verrou, de paravent, d’alibi pour éviter la vindicte populaire… Le sursaut d’orgueil des jeunes Kongolais de Beni c’est de la légitime défense en droite ligne des exploits militaro-guerriers des désormais célèbres Maï Maï Yakutumba autochtones d’autodéfense « Arc-en-ciel » qui donnent des insomnies, des sueurs froides aux Nomades Occupants Unpowered Rwando-Burundo-Ougandais, aux multinationales et leur bras armé logistique « La Monusco (Mission des Nations Unies pour la Scission du Congo-Kinshasa)… Ainsi soit-il… Ingeta

  4. # Vous concluez, cher BAW, en « espérant qu’à la force brutale ainsi qu’aux méthodes dignes de voyous de son prédécesseur, notre nouveau PR optera pour l’écoute et le dialogue. » En effet si pour toute action contre les violences de Beni on se précipite à embastiller un jeune homme qui s’est « pris en charge » selon ses moyens contre la tragédie qu’il vit faute de la force publique, on fait de la diversion en se dédouanant de sa mission qui est de s’attaquer aux causes et non aux effets. On espère surtout que le président Tshisekedi mettra enfin les bouchées doubles pour en finir avec les violences meurtrières à Beni et dans toute cette région. Entre-temps ils doivent vite relâcher ce jeune homme, cela va de soi…
    # N’empêche question capacité présidentielle à ramener la paix on ne peut manquer d’en douter lorsqu’on voit qu’à l’issue de la Réunion du Haut Commandement militaire qu’il a présidé il y’a une semaine, le Président ne s’est pas embarrassé de clamer que les tueries de Beni étaient « inadmissibles » et s’est empressé de donner des instructions « fermes » aux forces de l’ordre pour éradiquer « rapidement » l’insécurité à l’Est. Depuis quand date l’insécurité dans cette partie de notre territoire et depuis quand notre nouveau PR est à la tête du pays ? Que l’insécurité date d’avant son arrivée ne l’excuse nullement de se réveiller le 9 août à près de 7 mois de mandat pour s’alarmer d’une insécurité meurtrière (1 900 civils tués, plus de 3 300 enlevés et des centaines de déplacés entre juin 2017 et juin 2019) de 5 ans à Beni et depuis plus de deux décennies dans tout l’Est du pays. Il était passé en avril et n’avait pas manqué de promettre déjà le retour à la paix ; bon il n’est jamais trop tard pour mieux mieux, de mettre fin à cette hécatombe, dirons-nous mais ça sonne faux dans la bouche de quelqu’un qui s’est donné comme mission de changer de gouvernance…
    # Devant l’inacceptable impuissance ou démission de notre armée et des autorités civiles face aux groupes armés (130 recensés dans tout l’Est), la population fatiguée n’a pas légitiment tort de ne plus leur faire confiance et d’appeler comme elle peut à la résistance comme les jeunes à se constituer en groupes d’autodéfense dans l’espoir de barrer eux-mêmes la route aux rebelles ADF et autres, au risque de se faire maladroitement justice et ainsi violer la loi…
    # Maintenant la dernière sortie du PR sera-t-elle enfin la bonne, il y’a deux mois le Commandant de la région se vantait d’avoir éradiqué la milice à Djugu mais les attaques et les morts continuent ? Pas de chance la mission est au moins double car à côté Ebola continue ses ravages.
    En même temps à cette réunion du Haut Commandement il a aussi été question de l’insécurité dans le reste du pays, à Kinshasa, au Kongo central, et aux Kasaï ; la police devrait enfin disposer des moyens suffisants pour intervenir à temps et pour éradiquer le phénomène. Espérons-le, la mission en devient plus complexe, le niveau sécuritaire rejoint la gouvernance générale du pays, l’État de droit, la lutte contre la corruption et l’impunité ainsi que la bonne gouvernance que promet la nouvelle présidence n’en seront que difficiles à obtenir dans un pays en proie à une insécurité récurrente.
    Dans tous les cas, au-delà de l’existence des milices cachées ici et là il devient urgentissime de la part du pouvoir public et d’abord de son Magistrat suprême de faire que les promesses ici et partout soient enfin suivies d’effets sinon c’est d’en désespérer pour longtemps de notre qualité d’Hommes, nous Congolais et de douter davantage du succès du mandat de Tshisekedi …

  5. Beni;
    Notre combat pour la DEMOCRATIE doit recommencer au point 0 ; car nos institutions avec Sylvestre Ilunga Ilukamba, Jeanine Mabunda et Thambwe Mwamba à leurs têtes, c’est la catastrophe politique et le désastre démocratique!
    Golden Misabiko

    1. SOULIGNONS SURTOUT LE TRES ARROGANT VAGABOND THAMBWE MWAMBA, JADIS MOBUTISTE, PUIS RCD-KAGAMISTE, ENSUITE MLC-BEMBISTE, ET AUJOURD’HUI « PLUS KANAMBISTE QUE KANAMBE » SE TREMOUSSANT A KINGAKATI POUR BESOINS DU VENTRE (& SEXE).

  6. ARTICLE 190, IRONIE ET CYNISME ?
    Ce général qui cite la constitution sait parfaitement bien que les « milices et groupés » armés recoivent les armes et les munitions en provenance de l´arsenal des FARDC. Haute trahison? Ces généraux qui possedent des « groupes armés privés » au Kivu dans les zones minières peuent-ils se retrouver devant la justice pour « haute trahison » ?
    CRISE DE CONFIANCE, UNE OPPORTUNITE POUR FELIX ?
    Felix a eu la « sagesse » de ne pas faire comme Lumumba et Kasavubu qui avaient mal gerés les mutineries de l´ANC en faisant des mutins des officiers.. et revoquant les officiers « belges » ex Force Publique.
    Felix a gagné du « temps » en laissant ces généraux de Kabila á la tête de l´armée. Il leur fait « confiance » .. mais en réalité, c´était un TEST pour démontrer leur incompetance et surtout leur limites sur le plan militaire.
    Maintenant que la population manifeste une « crise de confiance », il est temps de passer á la seconde phase de la stratégie qui consiste á « mettre en reserve ».. ce qui signifie d´envoyer en retraite anticipée un grand nombre des généraux.. Eux même auront du mal á refuser leur « retraite » quand ils ont démontrés suffisament leur limites sur le plan militaire.
    La prochaine phase doit necessairement inclure une approche innovatrice. Felix qui prepare son second voyage aux USA devrait en profiter pour demander une implication significative du Pentagone dans la « preparation » des nouvelles unités et officiers des FARDC qui vont remplacer progressivement toutes les unités deployées au Kivu actuellement.
    Á la place de Felix.. cette réaction de la population est une opportunité pour enfin contrôler l´armée.. N´est-il pas temps de changer de nom pour cette armée ? Lol

    1. Cher Ghost,
      « […]Felix a gagné du « temps » en laissant ces généraux de Kabila á la tête de l´armée. Il leur fait « confiance » .. mais en réalité, c´était un TEST pour démontrer leur incompetance et surtout leur limites sur le plan militaire.
      Maintenant que la population manifeste une « crise de confiance », il est temps de passer á la seconde phase de la stratégie qui consiste á « mettre en reserve ».. ce qui signifie d´envoyer en retraite anticipée un grand nombre des généraux.. Eux même auront du mal á refuser leur « retraite » quand ils ont démontrés suffisament leur limites sur le plan militaire.[…]
      Attention quand même à ne pas accorder « trop d’indulgence » à votre tour à Tshisekedi en lui attribuant votre vision des choses alors qu’entre-temps lui-même navigue quelque part à vue au gré des Peaux de bananes que pose sur son chemin l’ancien système représenté par son prédécesseur. C’est lui-même qui avait prévu à juste titre de relever les forces du front de l’Est. S’il ne l’a pas fait jusque-là c’est d’abord parce qu’il n’a pas toute la main sur l’armée.
      Lui attribuer trop vite votre compréhension et votre stratégie peut ainsi s’apparenter une méconnaissance du terrain. Or ici c’est la pleine conscience du terrain qui dicte toute stratégie gagnante et à mon avis celle-ci recommande d’agir vite et fort pendant que son crédit de nouveau venu est encore là. Demain il risque d’être trop tard surtout qu’en dehors du secteur militaire, l’ancien système revient en force et légalement dans le domaine politique : une répartition ministérielle fort en sa défaveur après la main-mise du FCC au Parlement et dans les Assemblées provinciales.
      Bref tant mieux s’il pense comme vous mais le terrain ne nous interdit pas de penser le contraire…

  7. @GHOST,
    Je suis navré, mais toutes ces belles intentions que prêtez à Felix Tshilombo ne sont que pures chimères, car je doute qu’il soit lui-meme intéressé à mener de telles actions. Comment va-t-il s’y prendre pour « mettre en reserve » ces dizaines d’officiers généraux Tutsi qui pullulent dans les FARDC et qui dépassent en nombre les officiers congolais toutes tribus confondues.
    Ne rêvons pas, voyons! Félix Tshilombo a le super-pouvoir de bourlinguer sur toutes les mers. en racontant n’importe quoi au passage; voilà le seul sujet pourquoi Tshilombo fait sonner ses mérites 

  8. PS
    Vous dites : « […]Felix a eu la « sagesse » de ne pas faire comme Lumumba et Kasavubu qui avaient mal gerés les mutineries de l´ANC en faisant des mutins des officiers.. et revoquant les officiers « belges » ex Force Publique.[…] »
    Soit, mais en quoi laisser sur place des généraux et autres officiers ainsi que des troupes défaillants ne rassemble pas à une prime à la « mutinerie » pour le seul objectif d’un statu-quo toujours moins dangereux que le changement à votre goût.
    Ainsi votre syllogisme entêté risque de transposer un mélange des termes peu crédible à l’usage : des hypothèses se transforment en thèses et vice versa et à la fin on n’y voit plus clair…

    1. IMPROVISATION…
      Bonnes intentions ou syllogisme.. En tout cas, Felix et Kamerhe sont entrain de « survivre » la repetition de la bourde de 1960.. peut-être 1959 á la Table Ronde quand nos pères de l´indépendance n´avaient pas eu l occasion de negocier et planifier l´avenir de la Force Publique.
      3 mois après l´indépendance, les congolais de l´ANC ex FP commencent des mutineries.
      Selon les pages de l´histoire du Congo, Kasavubu et Lumumba se retrouvent devant une crise sécuritaire et pire decident d´africaniser l´armée nationale… en faisant des congolais qui ne possedaient ni l´éducation militaire ni surtout des capacités intellectuelles necessaires des officiers..
      Vous connaissez la suite de l´histoire sans doute avec les 2 coups d´État de Mobutu… civil devenue « officier » dans l´armée par le canal de ce decret de Kasavubu et son premier ministre Lumumba?
      CHUTE DE MOBUTU
      Quand l´AFDL renverse Mobutu, LD Kabila applique une très mauvaise decision inspirée du Rwanda et de l´Ouganda en revoquant tous les officiers superieurs ex FAZ.. Vous connaissez la suite avec la seconde invasion et l´occupation de la moitié du territoire congolais par l´Ouganda et le Rwanda..
      Ce que LDK s´est retrouvé sans les généraux capables de l´aider á défendre le territoire national.. Quand il va recuperer les ex FAZ, plus de 50 % du pays se retrouvait sous occupation á l´Est.
      ENSEIGNEMENT ?
      Ecarter les généraux de Kabila quand Felix accède au pouvoir serait comparable á la decision de Kasavubu et Lumumba de se passer des officiers Belges ex FP.. ou LDK des officiers ex FAZ.
      Felix et Kamerhe survivent encore parce qu´ils n´ont pas refais la bourde de Kasavubu et Lumumba.
      Eviter une crise sécuritaire du genre 1960 était une option intelligente.
      Nono@ Pour voir « clair », il faut relire l´histoire autrement… et surtout être capable de tirer des enseignements pratiques de cette lecture.

      1. @Ghost
        # Justement je récuse votre « lecture de l’histoire » qui pour moi est piégée par des prérequis idéologiques non fidèles à la réalité : notamment une bourde anachronique en tenant compte de la situation d’alors de Kasa-Vubu et Lumumba et derrière, une condamnation systématique des pères de l’indépendance par quelqu’un qui s’autoproclame plus intelligent qu’eux. Qu’ils n’aient pas consacré un dossier spécifique sur les forces de l’ordre (non plus d’ailleurs sur le secteur économique) à la Table Ronde peut leur être reproché mais au-delà de toutes les impréparations et de leur culture politique faible, ce désintérêt tient d’abord à tort ou à raison à une conception d’une armée sous tutelle du politique et n’explique pas en tant que telle les mutineries comme le justifie d’ailleurs le destin (politique) des armées en Afrique comme ailleurs notamment en Amérique latine où le passage par des coups d’États militaires a été la règle plutôt que l’exception. Mieux, on voit sous nos régimes successifs le pilier qu’elle a représenté sous Mobutu ou ‘JK’…
        # Plus généralement je vous reproche donc votre condamnation endémique et excessive sinon usurpée et arrogante de nos premiers dirigeants politiques, leur exercice n’a pas toujours été performant mais le bilan que vous en faites est souvent anachronique et à bien l’examiner dans les faits à terme plus mitigé que vous le dites. Pis vous en faites la cause de nos maux d »aujourd’hui comme si quelque mauvaise gestion elle ait faite condamnait les Congolais d’après d’être aussi défaillants qu’eux.
        Je vous reproche aussi de trop prendre l’armée chez nous comme un parent pauvre, elle ne l’a jamais été comme vous le ressassez sans tenir compte de remarques qu’on vous fait : le péché dans notre gouvernance n’est pas tant de ne pas avoir doté l’armée des moyens, de la logistique et de la formation mais de l’avoir « politisée », instrumentalisée au point de faire toujours corps avec le politique.
        les « gardes prétoriennes (DSP, GR) » ont ainsi tout accaparé. Peut-être qu’en tant qu’ancien militaire vous êtes obsédé par ses qualités techniques puisant alors vos arguments dans une réalité logistique fantasmée ou idéalisée alors que l’histoire de notre gouvernance nous montre une armée non pas peu outillée mais peu républicaine, fût-il malgré elle et à ses dépens…

  9. Je continue à me demander pourquoi la rédaction de CI reste muette quand à l’évolution de la riposte de la maladie à fièvre EBOLA conduite par le Prof MUYEMBE? Est-ce parce que les rumeurs ne circulent pas sur MAB114, cette réalisation noble d’un fils du pays qui fait honneur à notre pays?. Car il s’avère de plus en plus que CI exploite les rumeurs pour en faire des gros titres. Qu’en dites-vous sur la récompense du gouvernement japonais sur MAB114 que Oly voulait étouffer?
    Il n’ y a personne pour répondre?
    Même ceux qui sont engagés par CI comme NONO pour faire la sous-traitance en tirant à bout portant comme Lucky-Luck, jusqu’ à injurier tous ceux qui ont une opinion contraire restent bouches fermées?
    Les élucubrations de Oly avait fait l’objet d’un gros titre sur CI jusqu’ à sortir sa biographie pour retracer ses études de médecine à HARVARD, une façon de nous dire qu’il était mieux placé pour conduire la riposte que le Dr MUYEMBE.
    Je répète: Naza MULUBA te, naza mpe Rwandais te. Naza Boyomais 100%. Personne n’a le droit ya kopekisa nga na pona FATSHI parce que FATSHI aza Chance pour le Congo.
    Contrairement aux pseudos-politiciens congolais qui nous ont endormis par des combines politiciens depuis l’indépendance, tout celui qui entre en contact avec FATSHI reconnait sa sincérité, son honnêteté et sa détermination à se battre pour un Congo nouveau. Depuis GENEVE, CI akoma nyoso contre FATSHI: Bofingi ye, botioli ye, boseki ye…. heureusement, nzete ya mbila bozo kata, ezo kola, ezokotisa misisa. La pierre rejetée par ceux qui voulaient bâtir, deviendra certainement la pierre de l’angle.., il continue de garder le cap, une nouvelle histoire s’écrira. Oboyi sala mokili nayo.
    Biso mpe toko tika bino te.Tokoloba tiii boko yoka. Kanda te Zua mpe te.

    1. @Lokumu
      Nayebisaki yo omema ngai na buzoba na yo te, ozali kizengi to obotama mukala ?
      Vous vous donnez le droit de jeter votre dévolu inconditionnel sur Tshisekedi et vous êtes assez bête de ne pas comprendre que je reste critique, le juge à l’acte ? Mayele muke kasi olingi kaka oganga pamba pamba et le comble, vous n’avez même pas honte de vous approprier Muyembe après avoir « zaïranisé » Tshilombo ?
      Je suis Congolais comme Muyembe et en vrai Compatriote je suis fier de lui; de ses exploits et surtout s »ils rendent service au pays.
      Alors arrêtez de me mêler dans vos élucubrations avec votre refrain inepte, est-ce difficile à comprendre ?

      1. « Alors arrêtez de me mêler…  »
        Peut-être que Lokumu l´a appris de vous, vous ayant déjà vu mêler Armand (Ce dernier vous l´a fait remarquer) dans un post sur Procongo.

      2. @Procongo
        Pitoyable et pathétique remarque comme quelqu’un à court d’arguments trouverait n’importe quoi à dire pour se montrer. Relisez-vous de temps à autre et votre obsessionnelle logique formelle ne manquera pas de vous indiquer l’inanité de fond de votre allusion…

    2. @ Lukumu
      Au dela de ton insolence sur ce site inbue de manque d’egard vis-vis son Editeur, sans parler d’autres intervenants, tu peines de t’exprimer en langue de Moliere – vu tes approximations grammaticales.
      Mais, de grace, prochainement, priere d’avoir un minimum de politesse et t’exprimer en une seule langue, donc, ton Lingala Boyomais.

      1. Norbet Muzungu,
        – « …sur ce site inbuE »: oyo accord ya participe passé ? Soki otiaki b´accents, souci na yo ya rigueur en langue de Molière elingaki ezua plus de sens. Bon, passons.
        J´ai relu le post de Lukumu (Lokumu) et ne vois pas en quoi il manque de respect na BAW (qui l´a sans doute lu). Vous pouvez citer une phrase de sa part qui justifie votre critique/reproche.
        – « … prière … de t´exprimer en une seule langue… » : Euh, depuis quand ? Complexe ? Êtes-vous le mokonzi de ce site?

  10. LE PREMIER CIVIL DEPUIS KASAVUBU
    Felix est le premier président « civil » depuis 1965.. Il n´a jamais fait un service militaire en Belgique pendant son sejour dans la diaspora. L´UDPS n´ayant jamais optée pour la lutte armée, Felix ne possede pas un entourage militaire dans ses fonctions.
    Ainsi, pour la première fois depuis 1965, un président non issue de l´armée ou d´une milice armée se retrouve en face des militaires au Congo.
    Cette fonction de « Commandant Suprême » est l´un des aspects le plus important de la présidence sous Felix.
    En attendant de lire le dernier ouvrage de JJ WONDO publié sur www.amazon.fr qui traite de la « Sociologie des militaires africains », nous recommandons la lecture d´un article qu´on trouve sur la Net_
    Tapez sur google ou yahoo « DES ARMEES AFRICAINES: COMMENT ET POURQUOI FAIRE ?  »
    L´article est publié par CAIRN.INFO
    Page 360
    > FRACTURE CIVILO-MILITAIRE ET LOGIQUE DU COUP D´ETAT.
    Le problème essentiel des dirigeants africains s´est toujours résumé á un souci: comment rester stable dans un contexte social fragilisé par une situation économique déporable ? De même, qu´ils soient régis par un parti unique ou qu´ils aient optés pour le pluralisme, les **gouvernements se sont toujours retrouvés face á une seule organisation sutrúcturée: l´armée.
    …Si les premières années de l´indépendance les ont marginalisés, les échecs successifs des pouvoirs politiques,la disparitions des premières générations de cadre et le soutien des pays progressistes ont peu á peu donné aux militaires une autre image d´eux mêmes.
    Leur institution leur est apparue plus structurée, plus cohérente face á la vision désabusée des populations confrontées á la dégradation de leur quotidien et au discrédit pesant sur le pouvoir politique.
    Dans le marasme ambiant, la societé militaire s´est posée non comme un choix idéal mais comme le seil volet acceptable d´une alternance déprimante. La seule, aussi á s´imposer sur fond d´inexistence, d´incurie, voire de démission des partis.
    …. L´échec et la faiblesse des gouvernements civils ont donc conduit certaines armées á se substituer á eux… ( le cas Mobutu)
    FELIX ?
    Il se retrouve avec une nouvelle génération des officiers dont les plus fiables sont des ex EFOistes.
    Comme civil, Felix se retrouve sous une constante pression d´un coup d´État militaire.
    Sa capacité á survivre cette situation repose sur une solide stratégie où (selon GHOST) le Pentagone va jouer un grand rôle comme avec Mobutu (comparaison n´est pas raison**).
    La démocratie au Congo ne peut se faire sans tenir compte du « poids » de l´armée. Mais le Kivu est aussi la source de ce qui peut soit aider Felix á « contrôler » l´armée ou provoquer sa chute s´il ne trouve pas des options intelligentes et pratiques pour faire la guerre contre les groupes armés.

Comments are closed.